Le nom déjà est tout un poème « semer ou s’aimer » ? Que fait cette association, quel est son but, ses activités ? Pour le savoir, nous avons rencontré Béatrice Sculier fondatrice de l’association.
C’est à la suite d’un voyage en Chine et de la découverte des jardins chinois traditionnels de Suzhou, dans le Jiangsu, qu’elle a créé, avec Anouk Bassier, Par ce qu’on sème le 12 août 2002. Le thème du jardin en est le cœur : jardin comme lieu d’accueil de la culture de l’autre mais aussi comme espace de découverte du monde naturel dans sa relation au monde construit par l’être humain.
Les actions de l’association se répartissent sur deux grands axes :
– des actions concernant le jardin en tant qu’espace éphémère ou durable
– des actions d’animations d’ateliers de découverte de la langue française à travers l’environnement quotidien.
La découverte de la culture passe par le jardin qui est un monde en miniature ; la relation au jardin symbolise la relation au monde et est une forme sensible d’accès à une autre culture. Il ne s’agit pas de cours de jardinage mais d’une approche de la culture asiatique par le jardin. Plusieurs actions ont déjà eu lieu avec les écoles : d’abord dans les Yvelines puis dans le 13e.
En 2002/2003, une centaine d’écoliers des Yvelines, ont découvert conjointement l’art du paysage, le métier de paysagiste et la Chine, en créant et en installant sur une parcelle du Potager du roi, à Versailles, plus de 300 jardins miniatures, entièrement réalisés par eux.
En 2004/2005, c’est au tour d’une classe de CP-CE1 d’écrire un conte évoquant la création du Cambodge, autour du phénomène du « retournement » des eaux du fleuve Tonlé Sap : « Sovandara. Quand les eaux se retournent — Un si long voyage pour une si petite graine ».
En 2005/2006, Par ce qu’on sème conduit avec cinq classes de 4 écoles maternelles et primaires du 13e arrondissement de Paris, un travail sur le thème du jardin chinois, intitulé « Dong Nan Xi Bei (Est, sud, ouest, nord) — Parcours dans un jardin chinois ».
Ces classes situées dans des écoles du quartier dit « chinois » participent à la création dans leur quartier d’un jardin chinois éphémère en juin 2006, sur un espace situé dans l’environnement urbain au pied des grandes tours du quartier. Ce projet est accompagné d’un travail audiovisuel qui a pour objectif d’en garder la mémoire.
En 2006/2007, l’association travaille à la réalisation d’un jardin pictural avec le Centre d’accueil d’urgence de l’Aide sociale à l’enfance de l’hôpital Saint-Vincent de Paul. Les enfants accueillis découvrent la calligraphie chinoise et c’est pour eux une pause dans leur parcours souvent douloureux.

De 2006 à 2008, c’est avec une école du « quartier chinois » que deux petits jardins, « Les jardins du soleil et de la lune », ont été créés avec un artiste plasticien, une calligraphe et peintre chinoise et une musicienne chinoise. La première année a été consacrée à la découverte de la représentation plastique de la nature des Chinois, la seconde, qui vient de s’achever, à la découverte de la musique.
C’est dans cet esprit innovant et toujours en s’appuyant sur la relation à l’environnement quotidien que se développent les ateliers de découverte de la langue française. Il ne s’agit pas de cours de FLE (Français Langue Étrangère) mais d’appropriation de la langue par des personnes d’origine asiatique à travers une prise en compte et une valorisation des jardins publics, de l’architecture et des lieux de la vie coutumière. En collaboration avec le centre social 13 Pour Tous, l’association a mené en 2007-2008 un projet photographique sur le thème « Mon quartier, ma vie » avec un groupe de personnes non francophones. Ces photos ont été exposées, au mois de juin, lors des différentes fêtes de quartier (Baudricourt, place de Vénétie/Villa d’Este).
De nombreux projets sont en cours :
- création, en collaboration avec l’association Par les petites portes du 13e, d’un petit jardin de plantes médicinales par une classe de grande section maternelle et des habitantes du quartier.
- échange autour des fruits et légumes et condiments souvent inconnus qu’on n’ose pas acheter parce qu’on ne sait qu’en faire alors que nombre d’habitants du quartier les connaissent et les utilisent quotidiennement
- réalisation de cerfs-volants, pour explorer les énergies du vent sur le plan scientifique et sur le plan esthétique et approcher la culture asiatique et les énergies douces dans la cité. Un festival du cerf-volant ou « Jardins du ciel » pourrait conclure cet atelier accompagné d’un colloque autour de l’usage des énergies douces dans la ville.
Voilà un bouquet d’idées innovantes, poétiques pour permettre la rencontre interculturelle dans notre arrondissement si riche de sa diversité.
Contact : Par ce qu’on sème : 01 75 00 38 56
Courriel : parcequonseme@club-internet.fr
MCA