Soutien à la MECI
Fidèles lecteurs de notre Gazette, nous vous avions alertés, dans le n° 70, vous vous en souvenez, sur l’expulsion des familles du 150 bd Vincent Auriol, qui abritait la Meci : Maison des Étudiants de la Côte d’Ivoire. Nous ne reprenons pas l’historique, sinon pour rappeler que ce n’était plus depuis longtemps des étudiants qui y résidaient. L’évacuation avait été « musclée », j’en témoigne.
Le n° 71 vous donnait quelques nouvelles desdits locataires expulsés et appelait à la vigilance.
Grâce à la mobilisation quotidienne de quelques membres très actifs du comité de soutien de la Meci, et à des réunions hebdomadaires, pour faire avancer le relogement des évacués et la régularisation des sans-papiers, voici le point de la situation, près de 8 mois après cette expulsion.
Sur 69 familles à reloger, 58 l’ont été. Il est évident que celles qui restent trouvent le temps long, mais elles savent que leur situation est suivie de près par tous les membres actifs du comité de soutien qui les accompagnent lors de leurs convocations et ont confiance dans leur efficacité.
Il faut souligner que tous les résidents se sont mobilisés sur le long terme, malgré leur dispersion due au fait qu’ils avaient été envoyés en grande banlieue.
Il y a eu des « expulsés hôteliers », si on peut ainsi les nommer, qui ont été renvoyés des hôtels où ils étaient hébergés « provisoirement ». Ce sont des « sans-papiers » en majorité, que le comité de soutien activement appuyé par le M.R.A.P., s’emploie à faire régulariser. Leurs hébergements ont été maintenus finalement jusqu’à leur régularisation et leur éventuel relogement. Pourtant, 7 d’entre eux ont été définitivement expulsés et « squattent » où ils peuvent dans des conditions très difficiles. Par ailleurs, l’absence de bonne volonté de la Préfecture de police et quelques lenteurs de l’Hôtel de Ville de Paris ralentissent les procédures.
Quand la Préfecture avait renvoyé ces « sans-papiers » à « France Terre d’Asile » cette association s’était déclarée incompétente et impuissante à les aider. L’association de soutien à la Meci et les résidents avaient envoyé une lettre le 28 janvier et 3 mois se sont écoulés avant les premières convocations.
Pourtant le 11 mai, la Mairie de Paris a assuré le comité de soutien de son appui auprès des Préfectures de police et de Paris, et a assuré qu’elle tiendrait compte du vœu que les « Verts » de la mairie du 13e ont obtenu de faire voter en conseil de Mairie : il l’a été à l’unanimité.
Actuellement, tout en se débattant au milieu des difficultés juridiques qui nécessitent l’aide d’une avocate, laquelle est en permanence sur la brèche, les membres des comités de soutien ont obtenu 6 régularisations : 6 personnes qui ne vivront plus dans la crainte d’être expulsées. Il y en a près de 40 encore, et toutes ne seront sans doute pas régularisées, car les conditions ont été durcies : il faut 10 ans de regroupement familial et non 5, par exemple. La mobilisation du M.R.A.P. , de la L.D.H., du R.E.S.F.* et de bien d’autres organisations, permettra peut-être d’en ajouter d’autres, en attirant l’attention sur les familles avec enfants.
Tout n’est donc pas réglé huit mois après la dispersion des résidents du 150 Bd Vincent Auriol, mais grâce à leur persévérance, au temps qu’ils donnent sans compter, les membres du comité de soutien ont aidé à trouver des solutions à des situations de détresse qui, sans eux et sans la mobilisation active des ex-résidents, risquaient de perdurer bien plus longtemps.
Pourtant, comme les feuilletons, celui-ci est « à suivre » tant que tous les problèmes n’auront pas été réglés.
G. Mennessons
