Vers le futur quartier Masséna-Bruneseau
L’implantation de la ZAC Rive Gauche (PRG dans le 13e arrondissement), lancée au début des années 90, est à mi-parcours. Reste entre autres à aménager le quartier Masséna-Bruneseau, carrefour de circulation routière, ferroviaire et fluviale et centre animé d’activités industrielles et commerciales. C’est une occasion à saisir car il est rare de disposer à Paris de terrains disponibles de cette ampleur, aussi bien desservis par les transports en commun. Mais des contraintes spécifiques rendent cette opération complexe : ce secteur, occupé par des infrastructures et équipements lourds et isolé à la marge de la ville, est peu attractif. Il présente d’importantes différences de niveaux et il est soumis à de fortes nuisances sonores et atmosphériques.
Situé au sud-est de la capitale, ce quartier de 44,5 hectares est délimité par le boulevard des Maréchaux (Masséna/Jean-Simon), le périphérique, l’avenue de la Porte de Vitry et la Seine. Il est traversé par les voies ferrées de la gare d’Austerlitz. Il jouxte une zone d’Ivry qui présente les mêmes caractéristiques.
En 2002, Yves Lion a été choisi comme architecte coordinateur pour la préparation du projet en raison de la qualité de sa réflexion sur les liens entre Paris et Ivry. En 2008, il a été chargé d’un projet plus précis sur la base d’une programmation préétablie :
Dès 2007, on a envisagé de déroger au plafond des hauteurs de la capitale (37 m maximum) pour gagner de la place, en installant conjointement les fonctions diversifiées qui sont celles d’un « quartier parisien », c’est-à-dire logements, activités, commerces, équipements, espaces verts : 50 m de haut pour les logements et jusqu’à 200 m pour les bureaux et activités. Les grandes hauteurs permettraient de créer un paysage urbain marquant, visible à Paris et au-delà, d’utiliser au maximum les infrastructures de transport existantes et de faire écran aux nuisances liées à la proximité du périphérique. Les rez-de-chaussée accueilleraient commerces et services assurant mixité des fonctions et convivialité.
L’objectif est aussi d’assurer la continuité avec les quartiers environnants (ancien 13e, Bercy) et de renforcer les liens avec Ivry. Les préoccupations environnementales s’accompagnent d’une volonté d’encourager les circulations douces.
Le nouveau projet Lion s’inspire de ces orientations :
- Le nombre de logements prévu (+ 30 %) est conforme aux engagements de la municipalité et aux objectifs définis par la Région. Des immeubles (jusqu’à 50 m) seraient construits le long du boulevard du général Jean Simon et dans le « Triangle Sud » en continuité du quartier Bédier-Boutroux. Il pourrait y avoir aussi une augmentation des surfaces au sol de 200 000 m2, pour atteindre 480 000 m2 au total. Cette augmentation des densités permettrait de gagner 1 500 logements au total et devrait permettre de répondre au besoin crucial de logements sociaux à Paris.
- Pour favoriser l’activité dans la capitale, et notamment à l’est, des immeubles de grande hauteur (jusqu’à 200 m) peuvent être construits pour abriter bureaux, hôtels ; ils seraient situés à proximité du périphérique, là où il n’est pas possible d’implanter des logements. Il est prévu d’augmenter les surfaces attribuées aux activités, aux PME et d’encourager les incubateurs et pépinières d’entreprise. La proximité des centres de recherche de l‘université Paris-Diderot et d’entreprises dynamiques dans la commune voisine d’Ivry est une opportunité à saisir.
- Des commerces doivent être implantés en rez-de-chaussée des immeubles (avenue du Général Jean Simon, allée Paris-Ivry) et dans la nouvelle voie du Triangle-Sud. Ces installations profiteraient au quartier Bédier-Boutroux en déficit de commerces.
- Des équipements nouveaux sont prévus : établissements scolaires, crèche, équipements sportifs. Il faudrait également de nouveaux services.
Il s’agit de créer un quartier animé prolongeant les quartiers voisins et favorisant les circulations douces. Il est prévu d’y développer la verdure : vastes trottoirs plantés, esplanade ouverte sur le paysage d’Ivry (au débouché de l’avenue de France), jardin public vers l’avenue de la porte de Vitry. Les constructions nouvelles doivent respecter les normes environnementales selon des critères d’exposition à la lumière, au soleil et au vent, de protection contre les nuisances sonores et les pollutions. Elles doivent aussi tenir compte du plan climat qui vise à lutter contre le réchauffement climatique.
Cet accroissement important des activités et des logements modifie en profondeur le programme initial de la ZAC et induit de prévoir des équipements supplémentaires. Il faut donc des procédures réglementaires de modification de la ZAC PRG et du PLU de cette zone. La ville et la SEMAPA ont organisé, au printemps 2009, une réflexion avec les partenaires habituels de la concertation et un débat public avec les habitants. Ils ont convié ceux-ci à assister à des réunions publiques et ateliers participatifs, à visiter une exposition et aller sur le site <parisrivegauche.com/massena-bruneseau>. Il est prévu une enquête publique à l’automne et une nouvelle délibération pour début 2010, avec l’éventualité d’une modification du projet Lion pour tenir compte de l’avis des habitants et usagers. Les travaux doivent démarrer en 2012.
