La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for juin 2009

Gazette 72 Sommaire

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

1-La Guadeloupe

Prenons-en de la graine

 2-L’Auberge de la Butte

 3-La Cimade

            Aux côtés de étrangers

 4-L’institut interculturel franco-chinois

            Passerelle entre cultures française et chinoise

 5-Banc

 6-Vu de haut

 7-13e pour tous

            Une association qui crée du lien social

 8-From Chili

 9-Petite histoire des logements sociaux dans le 13e

            Des H.B.M. modèles

 10-Errance et légèreté

            Un certain art du tissage

 11-Un marginal aux Gobelins

 12-Mémoire de l’eau

            Lézarts de la Bièvre

 13-Le Crabe

            Pour une médecine humaine

 14-Précieux dispensaires

 15-Une santé menacée

            Va falloir bien choisir sa maladie !

 16-La Manufacture

 17-Frites & gazon

 18-Ils sont partis, les habitants

            Mais ils vont revenir

 19-Diderot contre l’obscurantisme

            Sauvons l’université

 20-Arbres libres !

 21-Kellermann fait son cinéma

 22-Des cerfs-volants

            Au-dessus de la bibliothèque

 23-L’Apostrophe Café

 24-La Chope a fait peau neuve

 25-Un air de renouveau souffle

            Rue Abel Gance sur « Le ballon Rouge »

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Gazette 72 l’édito La Guadeloupe

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Prenons-en de la graine

 La Guadeloupe subit de plein fouet une crise économique et écologique, le peuple vient de mener une lutte exemplaire et de découvrir au quotidien un autre modèle de société. Quelques intellectuels guadeloupéens ont écrit un manifeste qui mérite d’être découvert*. Vous me direz : « quel rapport avec le 13e ? »

 Ce manifeste*, à la fois, lyrique, poétique, politique, parfois utopique et même philosophique dégage la notion de produits de « haute nécessité », biens qui échappent au marché : « Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) et l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre ».

 Nous aussi subissons une crise et déplorons dans ce numéro les atteintes au droit à la santé et les dégradations de nos services publics. Nous pouvons aussi inventer ces biens de « haute nécessité ». La Gazette espère y jouer son rôle en parcourant les chemins d’un vivre ensemble au cœur de notre quartier, associations, lieux de rencontres. Nous vous invitons, en compagnie de deux écrivains, à savourer le plaisir singulier de nos errances dans ce quartier, à goûter cette appartenance, ce sentiment d’être chez nous en vendant la Gazette dans les marchés du 13e. Ensemble, visitons ces lieux de rencontres que sont certains cafés, restaurants. Ne craignons pas de pousser la porte des salles qui proposent conférences, débats, spectacles. Notre blog affiche bien des rencontres que vous ne trouverez pas ailleurs. Pour le printemps, la Gazette vous propose des ailes colorées comme celles des cerfs-volants lancés au grand vent de la BnF, des pattes vives avec les « Lézards de la Bièvre ». À l’image des arbres de la Grande bibliothèque en cage depuis toujours, libérés depuis quelques semaines, il est temps pour nous de sortir des grilles habituelles.

 Pour les curieux d’architecture et de rénovation, lisez l’histoire des HBM et des transformations du 124-126 avenue de Choisy et, cette fois, place aux jeunes pour relater la mobilisation de la faculté Diderot.

N’oubliez pas, surtout de nous faire partager vos coups de cœur sur notre blog

* Sur google, Manifeste, produits de haute nécessité

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Gazette 72 La Cimade

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Aux côtés des étrangers

CIMADE_bandeau

Depuis 18 mois, en juillet 2007, c’est le 13e arrondissement qui abrite au 64 rue Clisson le siège national de la Cimade. Le siège régional est, lui, resté au boulevard des Batignolles dans le 17e.

Comité Inter-Mouvements Auprès des Évacués, la CIMADE a été fondée en 1939 par des mouvements de jeunesse protestants pour venir en aide aux « évacués » d’Alsace et Lorraine. Réfugiés dans le Sud, en Haute-Vienne et Dordogne, ceux-ci étaient traités comme des étrangers en raison de leur langue et de leur religion. En 1940, s’ajoutèrent des étrangers, réfugiés de la guerre d’Espagne et Allemands fuyant le nazisme. Dans les camps où tous étaient internés, la Cimade aidait les plus démunis et dénonçait le sort réservé à ces exilés. Ses équipiers, après 1942, furent forcés d’entrer dans la clandestinité.

Si de nos jours la Cimade a pignon sur rue, son rôle de défenseur des droits de l’homme et des droits des peuples la rend suspecte et indésirable au gouvernement actuel qui, depuis un an, veut lui ôter par décret le droit, obtenu en 1984, d’entrer dans les centres de rétention administrative, où elle fournit une assistance juridique, une aide pratique et un soutien psychologique aux étrangers en voie de reconduite à la frontière. À cet effet le ministère lance des appels d’offres à de petites associations, moins bien structurées et armées, et essaie de diviser pour régner, mais les principales associations alliées, pour ne citer que « France, terre d’asile » soutiennent la Cimade pour demander le retrait de ce décret.

Aussi nous apprécions que Laurent Giovannoni, son secrétaire général actuel, ait accepté de recevoir La Gazette du 13e malgré le surcroît d’investissement que réclame cette situation conflictuelle, avec de multiples audiences au Conseil d’État, entre autres.

Les conflits et les situations de déni des droits de l’homme, depuis la Seconde Guerre mondiale, c’est là le terrain d’action de cette association qui a soutenu les réfugiés d’une Europe détruite, puis ceux des pays du Sud, dans la période de décolonisation, où elle a œuvré en Algérie auprès de toutes les populations arabes, européennes et berbères pour préparer le « vivre ensemble » après la guerre.

Le premier choc pétrolier, en 1973, a réactivé de vieux réflexes xénophobes contre l’immigré, devenu un problème, et dans notre contexte de mondialisation, cette association s’implique de plus en plus aux côtés des étrangers en France.

Comment ? Loin d’être un repaire « d’idéo­logues gauchistes » comme la qualifient ceux qu’elle gêne, la Cimade privilégie les actions concrètes, au niveau national et international. Mouvement laïc, où se mêlent gens de droite et de gauche, croyants et agnostiques, athées, elle pratique le partenariat avec des Églises, des mouvements politiques ou militants tels que le réseau d’éducation sans frontières RESF, des avocats et des magistrats.

Elle regroupe 120 salariés et 20 000 membres actifs bénévoles. 60 à 70 groupes à travers la France sont regroupés en 13 régions : 12 régions métropolitaines et 1 région des DOM, et fournissent ainsi divers services d’accompagnement aux étrangers.

Une aide juridique leur fait connaître leurs droits sociaux, comme celui à la santé dont s’occupe à Aubervilliers une permanence, aidée par la COMEDE (Comité Médical pour les Exilés) organisme créé par la Cimade, avec Amnesty international, il y a 25 ans.

Pour aider à l’insertion existent deux centres de formation à Massy et à Béziers.

À Paris, des centres de Français Langue Étrangère (FLE) permettent aux étrangers de maîtriser le français et donc d’apprendre une autonomie totale. Mais, en attendant, des bénévoles accompagneront les étrangers dans leurs démarches de régularisation, demande de logement, recherche d’emplois.

 Les visites dans les centres de rétention et l’aide aux prisonniers apportent un soutien essentiel dans ces situations de détresse.

Sur le plan international, des partenariats avec des O.N.G. du Sud sont noués au Maroc, Sénégal, Mali, en Algérie et Mauritanie. Ils gèrent ainsi les demandes d’asile des Congolais ou Maliens au Maroc et veillent au respect des droits de l’homme.

Dans le monde actuel, un organisme comme la Cimade joue un rôle essentiel pour éviter que soient broyés les plus faibles dans une machine économique et sociale qui donne l’impression de s’emballer sans suivre de boussole.

Pour plus de renseignements et en cas de besoin, voici leurs coordonnées :

 G.M.

Cimade

Tél. 01 44 18 60 50

e-mail : infos@lacimade.org

site http://www.lacimade.org.

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Gazette 72 L’institut interculturel franco-chinois

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Passerelle entre la culture française et la culture chinoise.

 L’institut culturel franco-chinois a été créé en octobre 2007 dans le but d’établir des passerelles entre la culture française et la culture chinoise, pour les amener à se découvrir mutuellement et à mieux se comprendre. Il est né de la rencontre de Béatrice Sculier, fondatrice de l’association Par ce qu’on sème, qui a découvert la Chine à travers ses jardins, avec Jean-Jacques Piard, formateur au sein du Mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs, et Bertrand Guillon, passionné de Chine depuis son plus jeune âge. Suite à des études de mandarin, ce dernier a vécu en Chine continentale et à Taiwan et s’est beaucoup intéressé aux arts divinatoires. Il est l’auteur d’un mémoire de DEA d’anthropologie sociale et d’ethnologie intitulée « Les techniques ésotériques ; présentation d’un corpus publié en République populaire de Chine ». Actuellement il enseigne le chinois dans deux écoles primaires du 13ème dans le souci de transmettre cette culture, cette façon différente de voir le monde.

En effet ce qui intéresse Bertrand et les autres membres de l’association, ce n’est pas de surfer sur la vague un peu « new age » de la méditation, du feng shui, ou des pensées orientalistes, mais de s’ouvrir à une autre culture. Il ne s’agit pas de se positionner en maître ou de transmettre une croyance mais de tenter avec des exemples pratiques de changer de regard sur le monde, d’essayer de comprendre la façon dont les « chinois » perçoivent le monde et leur relation aux autres. Et les guillemets sont ici importants car la Chine est une mosaïque de peuples dont l’identité s’est construite par l’imposition d’une culture et d’une langue dominante, le mandarin. Il existe de nombreuses pratiques culturelles et dialectes régionaux qui sont encore vivaces bien que peu connus. Certains éléments de la culture chinoise, comme le thé et les arts divinatoires, sont des filtres intéressants pour mieux approcher cette culture, de même que le culte des ancêtres ou encore la piété filiale.

 Il ne s’agit pas non plus d’étudier les traditions de façon figée ou désincarnée mais de les approcher comme des pratiques vivantes, un art de vivre.

Cette approche se développe surtout grâce à des ateliers en direction des scolaires, des seniors ou du grand public. En 2008, plusieurs conférences ont eu lieu avec pour thèmes : les signes du zodiaque chinois, la signification des trois souhaits du nouvel an : Bonheur, Prospérité, Longévité, la comparaison entre l’astrologie chinoise et l’astrologie occidentale, reflets de deux visions du monde…. Cette année, un cycle de conférences a débuté à la mairie du 13ème par la présentation des arts de l’horoscope traditionnel suivi d’une autre sur sur les nombres et la divination. En effet, les anciens chinois tout comme les pythagoriciens ne faisaient pas de distinction entre la numérologie (prédire) et les mathématiques (calculer). D’autres encore sont prévues dans les mois qui viennent. Des rencontres culturelles permettent à des groupes de collégiens chinois d’être accueillis par des collégiens français et de partir avec eux à la découverte de Paris. De même, des ateliers autour de la langue et de la calligraphie chinoises réunissent élèves francophones et élèves chinois vivant en France afin de développer mutuellement leur connaissance de la langue et de la culture. Dans notre quartier où la communauté asiatique est nombreuse, il est important qu’existe ce type d’initiative pour apporter des clés à une compréhension mutuelle et s’éloigner des préjugés que la culture occidentale et la culture chinoise ont l’une envers l’autre.

 Institut interculturel franco-chinois

17, rue de l’Interne Loëb – 75013 Paris – 01 75 00 39 56

iifcparis@gmail.com

M.C.A.

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Gazette 72 Bancs

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Si vous nous connaissez un peu, vous savez qu’à la Gazette nous avons un faible pour les bancs. Nous n’aimons pas qu’on les enlève des places ou des avenues sous prétexte qu’ils prennent de la place, que les sans-domicile fixe y élisent précisément domicile ou qu’ils gênent le nettoyage. Et bien nous ne sommes pas les seuls ! En naviguant sur Internet nous sommes tombés sur un blog… où l’on ne parle que de bancs publics. Allez y faire un tour, vous saurez tout sur les bancs : http://bancspublics.canalblog.com/.

Et si vous avez envie de raconter vous aussi des histoires de bancs ou d’autres, envoyez un mail à l’adresse: lagazou@gmail.com ou connectez-vous sur le site : https://lagazou.wordpress.com et laissez un commentaire. 

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Gazette 72 Association 13e pour tous, place Vénétie

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Une association qui crée du lien social

J’avais rendez vous avec Carole Ressy au centre social « 13e pour tous », place de Vénétie. Je dois dire en préambule que le sourire de la maîtresse des lieux laisse présager une ambiance détendue et conviviale.

Nous évoquons d’abord la création du centre en 2005, les démarches entamées pour bénéficier de l’agrément de la CAF et du soutien acquis aux équipes qui bénéficient du label décerné par la Politique de la Ville.

A Paris, la Politique de la Ville vise l’amélioration de la vie dans 12 quartiers « prioritaires », défavorisés en terme de cadre de vie, d’équipement, d’emploi, de santé etc. Dans chacun de ces quartiers, une Equipe de Développement Local (EDL) remplit une mission d’animation et de coordination autour d’objectifs et de projets partagés.

Dans le quartier, les EDL recensent les acteurs locaux (habitants, associations, services publics…), participent à leurs réunions, mettent en place et animent des groupes de réflexion… Ce travail de terrain favorise la structuration et la cohérence des actions de développement local. Il permet aussi, en complément du diagnostic territorial, de définir des priorités pour les projets concertés.

Les EDL ont pour rôle, en collaboration avec les animateurs du centre, d’impulser des projets qui répondent aux besoins prioritaires des habitants. C’est un appui, mais l’essentiel pour animer le centre consiste à recueillir et susciter les demandes des habitants proches, faire émerger les besoins des voisins, être à l’écoute et mener ensemble les activités qui créent du lien social. Carole Ressy raconte comment quelques femmes du Maghreb ont proposé, pour le Ramadan de préparer un couscous convivial. Le centre bénéficie d’une vraie cuisine, c’est un atout de taille. Elle relate aussi les rencontres au cours desquelles un voisin venu d’Asie fait le portrait de sa région d’origine.

Beaucoup de mamans assistent au cours de français, c’est donc elles qui, tout naturellement, confient les besoins de leurs enfants, les animateurs formulent leurs projets,  une certaine symbiose s’opère. On perçoit que les adolescents souffrent du manque de projets ; sur la dalle on ne propose rien. On a donc mis en place un atelier Pose toi là ? ? ? pour organiser soirées débats, danse, slam en partenariat avec Saga (ARC 75). Saga est une association qui se donne pour but d’aller à la rencontre des jeunes, d’établir avec eux une relation de confiance et parfois un accompagnement éducatif.

Cinq personnes animent le centre autour de deux « adultes relais », ce sont des personnes ressources, capables de faire le lien entre le quartier et les activités qu’on y trouve. Ici, par exemple, dans ce quartier asiatique, l’une des animatrices parle le mandarin.

Le budget alloué par les administrations concernées couvre à peine 50% des frais de fonctionnement, c’est dire combien l’apport des 31 bénévoles s’avère précieux. Bien des activités sont assurées par eux : accompagnement à la scolarité, cours de français, soties culturelles, couture, tricot et autres ateliers. Groupées sous le vocable « Entre femmes » ces derniers ateliers correspondent à la demande des femmes qui bénéficient d’un peu de temps libre en début d’après midi.

Afin de colorer le tableau, de vous donner envie de participer ou d’inventer de nouvelles réjouissances, citons pèle mêle quelques activités du trimestre : la galette des rois, crêpes party, jeux et débats contre la discrimination, visite de la manufacture des Gobelins, sortie théâtre, rallye culturel, visite du musée du quai Branly . . .  et j’en passe.

Un voisin précieux, Au sein du centre deux structures se touchent littéralement, c’est une grande chance pour le centre qui semble en profiter sans modération, il s’agit d’une structure juridique « le plan d’accès aux droits ». Les usagers du centre doivent souvent résoudre des problèmes juridiques, cette proximité facilite beaucoup les démarches.

Carole Ressy me fait visiter les lieux, clairs, assez spacieux, elle précise que les locaux peuvent être prêtés et servir aux initiatives de ceux qui veulent se réunir. Notez bien la chose, souvent on a bien du mal à trouver un lieu accueillant.

 Centre social « 13e pour tous »

 4 place de Vénétie 01 53 79 92 63

32 rue du Javelot 01 53 61 34 72

http://www.13pourtous.org/

S. L.

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Gazette 72 From Chili

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Les Asiatiques et les Maghrébins ne sont pas les seuls étrangers dans notre 13e.

Il y a aussi une communauté chilienne d’environ 3 000 membres en Île de France sur 20 000 dans le territoire national. C’est Notre-Dame de la Sagesse qui est leur lieu de rassemblement spirituel. Elle se trouve rue Abel Gance, près de la Grande Bibliothèque.

Celui qui m’a donné ces chiffres est arrivé en France en 1964 et de suite s’est épris de Paris, sa Ville Lumière, où selon lui chaque pierre que l’on soulève cache parfois un chapitre de notre histoire. Journaliste et féru d’histoires, il couvre des événements culturels et sociaux ; M. Torti « adore » le 13e si varié où il habite, comme beaucoup de journalistes, et où il se sent en parfaite sécurité.

GJ 

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Gazette 72 Petite histoire des logements sociaux dans le 13e

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Des H.B.M. modèles

Notre arrondissement ne se distingue probablement pas des autres quartiers longeant le périphérique, si ce n’est par son rôle de pionnier dans l’histoire du logement social ; de plus, il possède, encore de nos jours, le pourcentage le plus élevé de logements sociaux, soit environ 30 %.

La politique du logement social est récente dans la capitale, même si, dès la fin du xixe siècle, une sous-commission administrative des HBM (Habitations bon marché) a pour but d’examiner les terrains appartenant à la Ville de Paris et à l’Assistance Publique, afin de déterminer lesquels seraient disponibles et aptes à la construction de ces logements

IMG_1436 collectifs qui devaient répondre à des critères d’économie. Étaient disponibles les terrains des anciennes fortifications et les terrains plats situés sur d’anciennes zones inondables du Val de Bièvre ; ces dernières étaient dépourvues de pentes, à quelques exceptions près, comme la rue de Tolbiac qui nécessita d’importants remblaiements. Pour tenter de résorber la crise du logement au début du xxe siècle, le Conseil municipal commença à s’occuper sérieusement de ces populations grandissant en fonction du développement rapide de l’industrie dans notre arrondissement. C’est donc à partir de 1905 que le nombre des lotissements augmente ; ceux-ci sont construits d’abord de manière anarchique, puis réglementés par les lois du 14 mars 1919 et du 19 juillet 1924. Ensuite viendront les lois Sarrault et Loucheur qui mettront en place, entre autres, un dispositif de prêts et d’avance à des taux très bas (2 %) aux particuliers et aux Offices publics, sociétés et fondations d’HBM, et aux sociétés de Crédit Immobilier. Ainsi, entre les deux guerres, cette politique prendra un nouvel essor.

 Les premières constructions furent l’œuvre de fondations philanthropiques ; l’État décidera de prendre le relais dès 1913. Alors se multiplient des formes d’habitat fort différentes : dans la rue Daviel, par exemple, existe, depuis 1913, un ensemble d’habitations pavillonnaires disposées autour d’une cour centrale appelé « la Petite Alsace » et destiné aux familles nombreuses… Mais ces lotissements deviendront de plus en plus rares et presque sans jardin.

Pour tenter de résorber la crise du logement, le Conseil municipal confia à la SAGI, créée pour cela, la mission de construire 20 000 logements en quelques années. Ce sera la grande période des HBM, habitations collectives-types de 5 à 7 étages, entourant une cour intérieure leur donnant un semblant d’allure de «village » ou bien simplement édifiées de chaque côté des rues, sans cour intérieure.

Pendant ce temps, la population de la classe moyenne augmentait et s’intéressait à ces nouvelles formes d’habitats collectifs, repoussant, une nouvelle fois, les populations ouvrières vers la banlieue, là où le prix des terrains était plus abordable.

Dans notre 13e, les problèmes dus aux nombreux remblaiements dans le Val de Bièvre ont ajourné les constructions, si bien que les HBM de ces quartiers ont été réalisées seulement à partir des années 1920. Ces logements deviennent, en quelque sorte, un modèle imité par un certain nombre de sociétés ; ils se distingueront par leur confort, tenant compte de l’avis du Conseil d’Hygiène publique et de salubrité (1922).

 À partir des années 30, les opérations de l’O.P.H. (Office Parisien de l’Habitat) de la Ville de Paris travaillent sur des terrains plus vastes, permettant le percement de nouvelles rues. La maturité de ce type d’habitat collectif se situe aux alentours de 1934 ; le système morphologique du logement social se présente ainsi : des cours-jardins fermées par les blocs d’immeubles de 5 à 7 étages, dont les façades comportent : balcons, bow-windows, en brique et ciment. Un seul HBM comporte une riche décoration avec des motifs de mosaïques sur les trumeaux des fenêtres encastrées ; celui-ci donne à la fois rue de la Fontaine à Mulard et rue Brillat-Savarin. Les appartements sont petits, principalement des 2 pièces et quelques 3 pièces.

 Le logement collectif social a un bel avenir devant lui ; d’ailleurs n’est-il pas toujours d’actualité ?

G. Juillet

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Gazette 72 Errance et légèreté

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Un certain art du tissage

 Par où commencer pour parler de cet homme, de cet auteur ; comment s’y prendre pour retranscrire ses réflexions sur le XIIIe, son corps à corps avec cet arrondissement ?

 Certes, il y aurait l’approche biographique : depuis plusieurs générations déjà, une partie de la famille Evrard vit ici. Franck Evrard, lui, y arrivé avec ses parents en mai 1968 et, depuis, ne l’a plus quitté. Avec eux, il a tout d’abord emménagé dans la tour Corvisart – « au-dessus de la Bièvre » – puis au fil des années, des étapes de la vie, il a sillonné l’arrondissement en habitant dans différents quartiers : Place d’Italie – de nouveau dans une tour – au-dessus de Galaxie, pardon d’Italie 2 – « un lieu de rencontres extraordinaire pour tout type de population –, puis square LeGall – « un lieu magique », à la fois sauvage et domestiqué, qu’il n’a cessé de fréquenter – sans oublier rue de la Glacière, et enfin rue de la Santé, à une adresse impaire qui, en flirtant avec le XIVe, le met dans un rapport de fidélité/infidélité avec le XIIIe.

Une scolarité à Rodin, toujours au coeur de l’arrondissement donc, puis des échappées continues et régulières ailleurs, avec des études dans les « beaux quartiers », le Ve et le VIe, et maintenant un poste de chargé de cours à Paris VII ; mais dans quatre ans, son département va devoir déménager pour rejoindre l’université Paris Diderot dans la ZAC Paris Rive Gauche…

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On pourrait également tenter d’approcher Franck Evrard et sa relation structurante (il tiquera probablement sur l’emploi de cet adjectif) avec le XIIIe en citant le nom de quelques-uns des auteurs qu’il y a rencontrés, côtoyés ou croisés et qui, eux-mêmes, vivent ou ont vécu ici : Fatima Gallaire, André Lagrange, Jean-Pierre Roulet, Simone Balazard, Fajardie, en rappelant qu’il a, entre autres activités de ces dernières années, dirigé un atelier d’écriture au Centre d’animation Daviel, participé à diverses revues littéraires du cru, et qu’il collabore aujourd’hui au Café littéraire de notre arrondissement crée à l’initiation de Jacqueline Victor.

Et tous ces éléments seraient loin d’être suffisants si l’on oubliait de préciser que Franck Evrard revendique avec une fougue pleine de tendresse et de respect sa filiation avec ses deux maîtres, ou du moins l’influence déterminante qu’ils ont exercée sur lui : Roland Barthes – « Ses écritures : un délice, un bonheur » – et son directeur de thèse, Jean-Pierre Richard – « Cette chaleur, cette corporalité ». Ou encore si l’on omettait d’évoquer qu’il se sent « évidemment » beaucoup plus proche d’auteurs de polar comme Alain Demouzon – qui se démarque par «  une espèce d’errance » – et, dans un autre registre, de Gilles Deleuze – qui privilégie « les lignes de fuite aux points que l’on voit disparaître les uns après les autres » – plutôt que de Léo Malet ou encore de Frédéric Fajardie – qui, tous deux, s’inscrivent plus dans le champ de « la nostalgie, de la recherche de traces, de l’unité ». Et bien sûr, si l’on ne soulignait pas que le fil rouge volontaire de ses travaux et de ses recherches est de donner ou de rendre leurs lettres de noblesse (ceci étant une expression consacrée, on fermera un œil sur son décorticage dans le contexte présent) à des genres délaissés dans nos contrées (le théâtre, la nouvelle, la poésie), à des sujets « un peu à part », a priori hors du champ littéraire (les lunettes, le strip-tease ou le XIIIe dans la littérature policière), et à des « thématiques singulières ayant trait à la représentation du corps et à l’érotisme ».

Il serait alors éventuellement possible de vous faire ressentir par écrit l’interaction naturelle et évidente entre Franck Evrard et le XIIIe, un arrondissement « qui se réinvente sans cesse, un quartier toujours en mouvement […] où, de plus, rien n’est vraiment cloisonné ». Un lieu qui ne propose/présente pas « de traces extraordinaires », qui ne présente pas « de grosse mémoire historique ». Un lieu sans pathos. Un lieu où il est assez aisé d’observer les différences sociales et sociologiques en jeu dans le temps et l’espace. Un lieu en forme de mosaïque au fort pouvoir d’intégration, « qui brasse de façon spectaculaire mais non visible » des habitants très différents qui jamais ne le colonisent, des endroits divers « qui n’aimantent pas l’attention » de manière figée. Un lieu qui offre, pour se rendre de A à B, de multiples parcours. Un lieu propice à des changements si ce n’est incongrus, du moins étonnants comme par exemple l’apparition, côte à côte, de deux magasins de luxe adossés à la Cité Daviel ou encore la construction et l’essor de la ZAC Rive Gauche – « Un endroit merveilleux, d’une très grande beauté [mais qui me pose] un gros problème… Je n’arrive pas à m’y rendre, à y avoir accès. Que faire de cette ZAC qui est une espèce d’enclave, […] qui ne colle pas encore à l’arrondissement. Le lien tarde à se faire, mais je pense qu’il se fera… un jour. »

Enfin, un lieu riche « en lignes imaginaires de communautés » qu’il faut savoir prendre le temps de découvrir avec un désir gourmand. Un lieu qui invite à une curiosité sans cesse renouvelée, « à une démarche d’écrivain », même si Franck Evrard se définit plutôt comme essayiste.

Un lieu fertile en mythologies rêveuses, fantasmées – « Chaque matin, [en entendant le bruit de l’eau qui ruisselle], me dire que c’est la Bièvre qui sort de Paris alors que c’est un robinet souterrain que l’on ouvre… ». Autant de caractéristiques, de qualités qui font que, ici, « on est sans arrêt à la dérive, voire même dans une sorte d’exil. Je le vis comme une chance cette espèce de déracinement que provoque le XIIIe, cette espèce d’errance rassurante [qui, tout compte fait, permet] d’être toujours dans un cheminement. C’est cette légèreté du XIIIe qui est attachante. »

M. Fuchs

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Gazette 72 Un marginal aux Gobelins

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Pour une amoureuse du quartier la découverte est stupéfiante. Voilà soixante ans que je « perche » en haut des Gobelins, presque autant que je me passionne pour le 13e, son histoire, sa vie foisonnante. Grâce à une amie orientaliste je viens juste de découvrir des pages d’histoire qui se sont déroulées à quelques mètres de chez moi. J’en suis encore « sous le coup », un coup que j’aimerai faire partager et j’envie nos lecteurs qui auront le privilège de la découverte.

Né en 1915, Maxime Rodinson, historien, sociologue, grand spécialiste de l’Islam a  passé une bonne partie de sa vie au 59 avenue des Gobelins, puis rue Véronèse. D’une famille juive et russe immigrée, ce grand militant, après avoir fréquenté la communale du boulevard Saint Marcel, « monta » avec sa famille au 69 avenue des Gobelins. A l’époque, les anciens s’en souviennent, deux passages conduisaient de l’avenue des Gobelins à la rue Rubens, entourés de maisons basses. La famille s’installait, l’atelier de vêtements  jouxtait les pièces d’habitation dans l’un de ces passages. Maxime du quitter l’école à 14 ans, faute de moyens, il fallait travailler. Ses capacités, sa curiosité  firent de lui le grand orientaliste qu’on connaît. La communauté juive russe, autour des Rodinson  animait les assemblées de quartier favorisant une conscience politique en éveil. Nombre de réunions, la participation actives aux fêtes et meeting du Parti, les débats, parfois houleux, les actions lancées par les Communistes, un monde vivant, coloré se développait dans ce passage vétuste.

Ceux qui ont connu la pizzeria situé dans ce lieu historique savent ils qu’elle avait pris la place de la Bibliothèque des Amis de l’Instruction du 13e arrondissement ? Que dans ce coin secret les grands classiques de la littérature voisinaient avec ceux du Marxisme. Ce fut un lieu de vie  bouillonnent pour ces familles de militants riches de curiosité et pauvres en ressources.

Un peu plus tard la famille s’installait au 3, rue Véronèse, aujourd’hui repris par le restaurant Nuits d’Asie. L’auteur nous raconte : il existait une géographie communiste de Paris parsemée de lieux où la ferveur pouvait s’exprimer » Il cite boulevard Auguste Blanqui une sorte de hangar ou l’on jouait des pièces qu’on dirait aujourd’hui politiquement correctes. Il fait revivre le florilège des manifestations euphorisantes, révolutionnaires, animées de chansons et de blagues. Il nous ouvre, cinémas et théâtre de l’avenue et nous fait rencontrer les grands noms du monde politique, Rappoport et bien d’autres.

 En ces temps là et puisque l’école laissait les enfants à l’âge du certificat, les jeunes les plus motivés pratiquaient l’Auto-éducation parallèle. La bibliothèque, les cours d’espéranto se trouvaient à deux pas. Maxime s’y engouffra avec une ardeur peu commune.

Chers lecteurs, il vous faut découvrir ces périodes ferventes et savoureuses à travers le récit, véritable plongée dans notre treizième d’avant-hier.

Maxime Rodinson Souvenirs d’un marginal éditions Fayard 2005

S. L.

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Gazette 72 Journées portes ouvertes des ateliers d’artistes: Lézarts de la Bièvre

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Mémoire de l’eau

Comme chaque année depuis 2000, et ce à notre plus grand bonheur, l’association Lézarts de la Bièvre redonne un peu de sa liberté rêvée et de visibilité à une rivière mythique de Paris qui se jette – oh ! pardon : qui se jetait – dans la Seine… : la Bièvre.

Lezarts_Bievre_gif_logo_site

Comme de coutume, un ou plusieurs invités « surprise » balisent en amont le parcours de cette manifestation qui réunit en son sein des artistes du Ve et du XIIIe arrondissements de Paris.

Dès la mi-mai, partez à la découverte des œuvres de Jana und S qui succèdent cette année à Artiste-Ouvrier avec lequel ils collaborent au sein du collectif WCA.

Puis les 13 et 14 juin, de 9 heures à 14 heures, allez à la rencontre d’une centaine de peintres, dessinateurs, céramistes, sculpteurs, photographes, plasticiens, dessinateurs, pochoiristes, etc. qui, à titre gracieux, vous ouvriront les portes de leur atelier, vous accueilleront dans des lieux collectifs et vous proposeront diverses animations, démonstrations ou promenades sur les traces de la Bièvre. Je n’en cite qu’un exemple ici (choisi tout à fait arbitrairement !) : une installation végétale éphémère avec le concours Mini Hortus de la plus belle jardinière en objets recyclés.

M. Fuchs

Programme disponible prochainement sur :

http://www.lezarts-bievre.com/

et, à partir du 18 mai, dans les bureaux de poste et les mairies du Ve et du XIIIe ainsi qu’aux points d’information suivants :

6, rue de l’Arbalète – 7005

43, boulevard Arago – 75013

http://janaundjs.com/

http://www.serpentaire.net/

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Gazette 72 Le Crabe

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Pour une médecine humaine

Comme moi, vous avez dû, au moins dans votre jeunesse, courir dans le sable derrière cette  petite carapace sur pattes et vous gausser de sa démarche sur le côté, gauche mais ultra-rapide, qui lui permet de disparaître prestement en plongeant sous la plage, juste au moment  où vous pensiez l’attraper. Jeu frustrant mais plaisant.

En revanche, quand un examen médical vous avertit que cette petite bête, sous son appellation latine de Cancer, a élu domicile, sans  vous en avertir, dans votre corps, le jeu de cache-cache, tout d’un coup, vous paraît nettement moins drôle. Il ne s’agit plus cette fois-ci, d’attraper le crustacé, mais de s’en débarrasser par tous les moyens.

 Pour cela, il faut vous abandonner aux hommes de science, et, après quelques nuits qui vous apprennent, si vous en étiez exempts jusque-là, ce qu’est l’insomnie, vous allez faire connaissance avec chirurgien, oncologue, chimiothérapeutes, radiothérapeutes, et passer d’autres innombrables radios et examens, dont vous appréhendez par avance les résultats. Bref,le fameux parcours du combattant, où, je vous rassure tout de suite, vous êtes épaulés.

Car le but de ce témoignage d’une “ patiente” (et c’est vrai qu’il faut en avoir de la patience au fil des jours et des mois! ) c’est de rendre hommage à l’hôpital public. L’article sur les transformations dans l’esprit de gestion des hôpitaux publics, que vous lirez par ailleurs, vous alerte sur les dangers de déshumanisation qui le menacent L’important, n’est-ce pas ne serait pas la santé du patient mais la rentabilité de l’entreprise qui doit distribuer des dividendes à ses actionnaires.

Or, en tout cas dans le grand hôpital public de notre arrondissement, qu’est La Pitié-Salpêtrière nous avons encore la chance, de rencontrer une médecine humaine.

J’ai eu et j’ai encore affaire à tous les niveaux : à l’accueil, aux admissions, chez les femmes ou hommes de ménage, aides-soignant(e)s, brancardiers, infirmiers et infirmières, internes, techniciens, patrons chefs de service, à des êtres humains qui n’obéissent pas à la rentabilité, qui sont attentifs et fermes à la fois, qui savent plaisanter, prendre leur temps pour expliquer les traitements, malgré le nombre des malades, malgré, pour certains du moins, la rémunération très modeste perçue.

On se trouve embarqué pour de longs mois dans des soins, moins douloureux souvent qu’on se l’imaginait, mais qui “mangent” votre temps. Je peux témoigner que les relations humaines qui se nouent alors rendent cette contrainte supportable. Comme me le disait une co-patiente” je viens ici comme chez le coiffeur”.Autre façon de dire que l’appréhension, la crispation ont disparu, parce qu’on n’est pas perçu comme un “cas”, un numéro,mais quelqu’un avec son identité qui est accueilli avec le sourire, à qui on souhaite un bon week-end, de bonnes fêtes.

De plus, diététicien ,esthéticien(ne), psychologue sont là pour vous embellir le corps et l’esprit.

N’en concluez pas “Vive le crabe”, mais “Vive une médecine” qui vous aide à l’éliminer avec coeur et intelligence, pour le moment, dans une France qui se soucie du bien-être de tous et non du profit des plus favorisés.

Ces soins sont coûteux: en radiothérapie, un accélérateur de particules, et un colimateur, par où passent les rayons(on n’est donc pas dans mais sous le colimateur !)sont des équipements lourds. Si, comme on a tenté de le proposer dans un ballon d’essai, il n’y avait plus de remboursement à 100%, beaucoup, dont je ferais partie, ne pourraient pas se soigner,et avoir un espoir de guérison

Or, ce à quoi engage le serment d’Hippocrate, c’est soigner et guérir.

Pourtant aujourd’hui certains médecins ne reconnaissent plus cet esprit dans lequel ils ont été formés; et, comme nous tous, ils ont peur du futur : soyons à leur côté pour exiger que perdurent humanité et solidarité. Une France en bonne santé est à ce prix.     Esculape

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Gazette 72 Et dans le 13e ? Que deviennent nos centres de soins ?

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Le désir de gérer l’hôpital comme une entreprise se traduit par une gestion de l’acte médical comme un service marchand ordinaire, avec deux conséquences:

-une mise en porte-à-faux du personnel médical: dès lors que le mérite se mesure aux nombres d’actes et se traduit par des primes financières, le rapport humain avec le malade est perverti;

– un risque de médecine à deux vitesses où les difficultés financières d’un établissement, d’un service, voire d’un praticien, créent la tentation de privilégier les actes les plus rentables, comme on le voit déjà dans certaines cliniques.

 

Les inquiétudes sur le sort réservé aux établissements de santé installés sur ou à proximité de la place de l’abbé Hénocque sont dans ces conditions parfaitement légitimes

 L’état des lieux suivant peut-être dressé d’après les renseignements possédés par le Conseil de Quartier :

Hôpital de la Générale de Santé  (ex Croix –Rouge): maintien d’un secteur un avec dépassements d’honoraires possibles ; projets de  développement en cancérologie et en kinésithérapie.

Le terrain qu’occupe cet hôpital étant réservé à des activités médicales, les possibilités d’évolution restent limités au domaine de la santé. Les bâtiments seront restructurés, sans modification substantielle des volumes construits existant

Mutuelle des Cheminots : la loi ne  permettant plus d’assurer le  financement du centre, la Mutuelle limite désormais ses activités au domaine dentaire, sans assurance d’une pérennité.

La plus grande partie des bâtiments sera mis en vente dans de brefs délais.

Il n’existe pas d’affectation obligatoire du terrain à des activités de santé ; la seule contrainte pour l’acquéreur éventuel est le classement de la façade sise place Georges Hénocque.

Dispensaire de la rue du Moulinet : il a repris une partie des activités de la Mutuelle. Les soins y sont assurés aux tarifs conventionnés, sans dépassement d’honoraires.

Il faut espérer que la réforme de la santé saura ménager l’existence de tels centres où les soins sont assurés aux personnes aisées comme aux plus démunis, sans qu’intervienne jamais des considérations de profit ni de lucre. Ce n’est pas gagné si l’on en croit les derniers bruits.

Eléments fournis par Jean Claude Bonafos

Du conseil de quartier Rungis-Peuplier

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Gazette 72 Ces précieux dispensaires de quartier

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Il y a bientôt vingt ans le dispensaire de la rue Charcot était menacé de fermeture. Ce fut une grande émotion dans le quartier tant ce lieu rendait à tous les services de proximité en matière de santé. L’émotion s’accompagnait alors d’une magnifique résistance dont la gazette se fit l’écho, relatant l’aventure dans les premiers numéros de notre, déjà longue existence.

Eh oui ! Déjà la santé coûtait trop cher ! Le dispensaire ouvert par les sœurs de Saint Vincent de Paul, puis repris par la Croix Rouge, menacé depuis 1988 bénéficia d’un sursis grâce aux élus locaux et à la mobilisation des habitants.

Déjà la ministre Georgina Dufoix en évoquant la rentabilité, avait accru les pressions exercées sur Charcot. Le 18 février 1990 près de 300 personnes déterminées décidèrent de la création d’une association de défense du centre.

Le personnel du centre sera au cœur de la mobilisation afin d’éviter que le lieu soit vendu à des « marchands de santé ». En avril, à l’annonce de la fermeture du centre, le personnel organise l’occupation des lieux. La direction de la Croix Rouge se livre alors à une opération musclée : saisie du matériel par des membres du Comité départemental accompagnés de maîtres-chien. Des membres de l’association sont arrêtés, ce qui n’entame en rien la résolution des voisins. Dès le 2 mai, aidé par le syndicat des médecins de centres de santé, le personnel de Charcot met en place des consultations gratuites. Ces médecins coupables d’avoir exercé bénévolement sont assignés à comparaître devant le tribunal des référés de Paris, et la petite guerre continue.

La Gazette, dans son numéro de juin 1992 relate une aventure exceptionnelle : voilà plus de deux ans que le dispensaire tient portes ouvertes 24/24 heures et 7/7 jours, grâce à la ténacité de 150 bénévoles, médecins, infirmières qui paient de leur personne, souvent une demi journée par semaine, grâce aussi à la mobilisation des « usagers »  du quartier. Pour la plupart, des personnes modestes qui savent la valeur d’un dispensaire proche et de soins gratuits.  Cette proximité avec les patients contribue fortement à la prévention  qui réduit le coût des soins  et donc le fameux « trou » de la Sécurité Sociale.

La Croix Rouge est une institution caritative, le dispensaire recevait environ 35 000 patients chaque année et le fonctionnement même du centre semble être presque équilibré. La Croix Rouge entend aujourd’hui vendre les murs pour un prix dix fois supérieur à la valeur d’acquisition. Ce qui se joue ainsi, c’est donc le droit à la santé contre le droit à la spéculation immobilière.

Nous disions, au printemps 95 comment le chat Charcot (emblème du lieu) « que le seigneur à la croix rouge croyait avoir tué un beau jour d’avril 92 se faufile en douceur tous les matins dans les locaux interdits du 24, rue Charcot … et là, a l’abri des regards se transforme en une multitude de personnages merveilleux : des dames charmantes qui vous accueillent à l’entrée, sept médecins pour soigner les maladies courantes, un autre pour le cœur, un pour les maladies des femmes,, un qui guérit les yeux, un les douleurs des articulations, des os, un les affections de la peau, trois les maux de dents et un les laies et les bosses que certains se font dans les rencontres, tournois et autres jeux auxquels ils se livrent. Car comment expliquer autrement, dans un univers tenu par le malin et ses âmes damnées du culte de l’argent-roi, l’apparition quotidienne de ces lutins à visage humain qui soignent ,qui accueillent, du matin jusque au soir, sans qu’aucune rétribution ne leur soit fournie en échange par quiconque ? »

 Le Centre Charcot a tout de même fermé, il est resté plus de trois ans au service du quartier. Une telle mobilisation, si totale et collective, est une belle aventure, une victoire de la soliarité.

S.L

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Gazette 72 Une santé menacée

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Va falloir bien choisir sa maladie !

 

« Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. »

Hippocrate

 

Historique de la décadence

Nous avons la chance, dans le 13e, d’avoir un hôpital de pointe tel que l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Nous pouvons y rencontrer des soignants non seulement très compétents mais également, extrêmement dévoués à l’hôpital public. En début d’année, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Pr Grimaldi dans les locaux de l’hôpital et le Pr Hartemann-Heurtier lors d’une réunion publique organisée par ATTAC dans l’arrondissement. Ils ont su, tous deux, analyser très clairement la situation de l’Hôpital.

Il faut remonter au début des années 80, période où l’on parlait déjà de coupes budgétaires, pour comprendre l’évolution de la situation. Le gouvernement de gauche de l’époque voulait faire des économies. L’idée était que, l’offre créant la demande, si l’on diminuait le nombre de médecins, on devait diminuer le nombre de consultations de malades ! Par ailleurs et préférentiellement à droite, certains pensaient que si l’offre était moins importante, le prix des consultations pourrait augmenter. L’idée fût donc admise par le plus grand nombre et c’est ainsi que l’on a vu le nombre de médecins formés passer de 8500 par an dans les années 80 à 3500 en 2000. Certaines spécialités sont maintenant en déficit de médecins. Cette situation n’a pu être sauvée que grâce à l’aide de médecins étrangers. Il faut avoir conscience que ces médecins d’une part sont moins payés que les médecins français pour un travail identique et que d’autre part, ils ont été enlevés à leurs pays d’origine qui avaient grand besoin d’eux ; situation doublement amorale ! A l’hôpital public, le passage aux 35 heures par semaine sans création suffisante de poste a rendu la situation explosive du côté des paramédicaux.

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Nous assistons à l’heure actuelle, à la mise en place d’un système de marchandisation de la santé. Comment une telle chose a pu se produire sans que l’on ne réagisse massivement ?

Eh bien ! petit à petit, sans faire grand bruit ! Tout d’abord, pour tracer l’argent du contribuable, on a demandé au personnel hospitalier de codifier tous les actes médicaux. Puis, des tarifs ont commencé à être appliqués sur ces différents actes. Ceci a participé à la genèse de la fameuse T2A (Tarification à l’Acte) qui sévit actuellement.

 

Un hôpital-entreprise

L’hôpital qui auparavant recevait un budget global (certes trop inégal d’un hôpital à l’autre et prenant mal en compte l’activité) va maintenant recevoir de l’argent à l’acte. Il est facile d’imaginer les dérives qui se mettent en place, là encore, petit à petit, sans faire grand bruit!!!! Transformer une simple consultation en un acte à meilleur tarif (merci pour la Sécu !)… laisser sortir un patient pour le faire entrer à nouveau (merci pour le patient !)…bingo ! en repassant par la case départ, il fait gagner à l’hôpital une nouvelle entrée !!! Voilà comment nous sommes en train de passer d’un système qui avait pour objectif la qualité des soins à un système où la quantité prime. Ce système pervers profite aux  cliniques privées qui peuvent se faire de l’argent sur le dos de la Sécu. Contrairement à l’hôpital public, elles peuvent trier les malades, et ne faire que des actes programmés, pas chers et qui peuvent rapporter gros (la cataracte, l’adénome de la prostate, l’anneau gastrique, la prothèse de hanche …) ! Elles ne peuvent donc pas être en déficit puisque tous les cas difficiles, graves, urgents sont dirigés sur l’hôpital. En revanche, tout cela coûte très cher au système hospitalier. Lorsque les hôpitaux auront appliqué le même fonctionnement que les cliniques privées, il faudra bien choisir sa maladie si on veut être soigné dans les meilleures conditions, et avoir une très bonne assurance privée acceptant de prendre en charge les dépassements d’honoraires !

Pour couronner le tout, il est prévu que les médecins hospitaliers puissent être rémunérés à l’acte (pour 50% ou plus de leur salaire). On imagine tout de suite aisément « l’abattage » ! En revanche, il est prévu que les infirmières continuent à travailler plus sans gagner plus !!! Elles pourraient toutefois avoir droit à un intéressement si leur pôle est bénéficiaire !

Que dire aussi du fonctionnement et de l’organisation de l’hôpital : les hôpitaux vont être maintenant dirigés par des gestionnaires qui seront nommés. Le personnel sera mutualisé. Fini le temps des services où chacun avait sa compétence, son expérience, fini les projets de soins, fini la proximité avec le malade. Il faut de la rentabilité, de la quantité, du chiffre. Et pour qui, pour quoi ? Ce n’est même plus pour enrichir le médecin ; non ! C’est pour abreuver les actionnaires qui voudront investir dans la santé.

Quel avenir pour la Santé ? Qu’adviendra-t-il de la personne qui ne pourra pas payer ? Comment les médecins vont-ils pouvoir exercer leur mission qui est de soigner, tout en devant se plier à la loi du marché ? Comment la recherche hospitalière va être financée ? Comment les médecins pourront-ils être en accord avec ce fameux serment d’Hippocrate ?

L’hôpital n’est pas le seul service de santé à être en difficulté : la médecine de ville, la médecine scolaire, la médecine du travail, les centres de soins, la couverture sociale telles que la Sécu, la CMU, les mutuelles sont menacées. Si vous avez des témoignages, des suggestions vous pouvez ajouter un commentaire sur le blog.

Si vous le désirez, vous pouvez signer la pétition à l’adresse suivante : http://www.appel-sauver-hopital.fr

 

 Edith Rantrois

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