La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for janvier 2010

Sommaire de la Gazette 74

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

L’édito : L’eau dans tous ses états

Coup de sang

Abel Pautré aime le 13e

Rencontre

Le quartier Croulebarde

A découvrir Monuments et Histoire

Foyers : histoire de cuisines (suite)

Fable du XXIe siècle

Ou la vraie vie du 13e arrondissement

Faut s’f…tre à l’eau !

Tous dans le bain

Piscines et Handicaps

Le courage de Mathilde et de Bertrand

Histoire d’eau

Une ressource rare, fragile et malmenée

Le circuit de l’eau à Paris

La gestion de l’eau à Paris

Maitriser sa consommation d’eau

Les fontaines dans le 13e

Miracle de la Bièvre

Notre puits artésien

La Bièvre de J.K. Huysman

Un jardin dédié à l’abbé Pierre

Dans le quartier universitaire

Associations

La butte aveyronnaise

Le dansoir revient

Les jardins numériques

Partager savoirs et connaissances grâce aux nouvelles technologies

Littérature

On a bien le droit de manger du poulet

Village éco-citoyen de Noël

A paris Rive-Gauche

Cette année, nous irons au théâtre…

La saison théâtrale 2009-2010

Parcours symbolique

En mémoire de la Bièvre

Publicités

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Gazette 74 Coup de sang

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Nous étions réunis, quelques associations du 13e, à l’initiative de la Ligue des Doits de l’Homme à propos de cette fameuse Vidéosurveillance que la préfecture veut installer dans notre ville. Nous en avions parlé dans le numéro 73 de la Gazette. Outre que le système a largement prouvé sa totale inutilité, on peut se demander à qui de telles dépenses profitent.

Des yeux partout, censés nous surveiller, nous épier, une mesure comme une autre pour faire de nous des êtres peureux, incapables d’initiatives, captifs.

Vous pensez que j’exagère ? Chaque jour, bavardant avec toutes sortes de gens je découvre les effets délétères d’une politique qui sème le sentiment d’insécurité au dépit des réalités quotidiennes. Et j’entends des dames qui ne sortent jamais le soir par peur des mauvaises rencontres, des propriétaires qui redoublent les alarmes censées protéger leurs biens.

Je rêve ! Habitante du 13e depuis plus de 60 ans, je peux témoigner que ce quartier n’a jamais été aussi tranquille, je me souviens, dans les années 50, des apaches qui semaient la terreur dans certains coins de l’arrondissement.

Mais, voilà, il faut nous faire peur, nous faire rentrer dans le troupeau bêlant des citoyens sans voix, des morts vivants.

Si ce n’était pas si triste, on en crèverait de rire, le terrorisme, la grosse menace qui plane, vous l’avez rencontré dans les rues ? Tous ces employés qui sondent sacs à main et sacoches, ça fait des emplois, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils seraient plus utiles ailleurs.

Alors au moindre bruit d’un paquet suspect, on arrête tout ! Le colis contenait un baril de lessive ? Il aurait pu contenir une bombe.

Tout ça, ça occupe, on en parle et justement Madame Machin s’est fait arracher son sac à main, comme si c’était nouveau.

Vous pensez peut-être que tout cela est anodin ? Quand j’y pense je me mets en colère. Ce climat-là de suspicion de mesquinerie peureuse bouffe les énergies, ternit l’imagination, paralyse les projets. Je pense à ces enseignants qui annulent des sorties éducatives devant les tonnes de précautions exigées par l’administration, je pense à ces braves dames qui se privent de sorties et ruminent leur solitude et je me révolte. Le climat de méfiance installé n’est pas favorable à la convivialité, il contrarie notre désir de Gazetteuses de voir chacun, chacune entrer de plain-pied dans une vie de quartier fertile.

Une Gazetteuse en colère

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Gazette 74 Abel Pautré aime le 13e

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Abel Pautré aime le 13e arrondissement : s’il habite toujours la maison où il est né en 1932 c’est qu’il s’y sent bien. Et même, plus encore que le 13e, c’est son quartier Croulebarbe qui lui plaît bien. Il ne tarit pas sur le sujet, toujours enthousiaste, évoquant fréquemment aussi bien « l’Histoire » locale que les petites anecdotes de la vie quotidienne. Pourtant, sa vie n’a pas toujours été facile. Ce n’était pas la richesse, sa santé a été très vite précarisée par des maladies infantiles mal soignées. Dès 13 ans, les difficultés de la vie l’ont amené à « s’occuper de la maison » et à prendre soin de son petit frère. Il l’a fait avec tant de sérieux que les commères du coin voyaient en lui le « gendre idéal ». C’est qu’Abel a un solide sens de l’humour et ne se laisse pas abattre. Dans sa famille on aimait lire, réciter. Sa mère chantait l’opéra et, lui, a très vite appartenu à la chorale « à cœur joie ». Il a toujours fait du sport : adolescent, il jouait au basket sur un terrain vague du voisinage. Pendant la guerre, dans l’abri souterrain de la station place d’Italie, il faisait avec ses copains des concours pour lancer le plus loin possible des cailloux sur les rails du métro. Jusqu’à la soixantaine, il a pratiqué des activités sportives à l’ASPTT de Paris.

Après le certif’, il est entré dans les postes : télégraphiste, facteur, employé aux chèques postaux. Il évoque les grèves très dures d’alors. En 1958, il épouse une consœur de la poste puis a une fille. Il se reconvertit en 1963-1964, en entrant dans l’entreprise créée par son frère, à l’enseigne de « Pautré frères », spécialisée dans la peinture et la décoration. Il apprécie beaucoup cette nouvelle vie : des architectes leur confient un travail « merveilleux », ils engagent des compagnons qui connaissent bien leur affaire. Ils assurent la décoration de personnalités de l’époque : l’éditeur Gallimard, le cinéaste Marco Ferreri, le chanteur Charles Aznavour, le ministre Jacques Duhamel… Autant d’occasions pour connaître d’autres horizons. Aimer le 13e ne dispense pas d’aller voir ailleurs ce qui s’y fait. Abel, dans son expérience postière, a été chargé de réceptionner, rue du Louvre à Paris, les colis endommagés qui arrivaient au Havre du monde entier, véritables boîtes à merveille qui réveillaient son âme de bourlingueur. Il aurait aussi bien aimé être cuisinier sur un paquebot, mais la formation était trop chère. Après les voyages obligés du service militaire (Allemagne puis Maroc et Algérie), il est parti pour aller faire de la décoration (Arabie Séoudite, Côte d’Ivoire). Avec sa famille, il a aussi beaucoup voyagé, dans toutes les parties du monde.

Rester attaché à son lieu d’existence signifie une capacité d’adaptation aux changements intervenus au fil du temps. Quand on lui parle de son quartier, il a des regrets bien sûr : la vue imprenable depuis son 6e étage vers le Panthéon, bouchée désormais par la construction du building Arago. Il évoque aussi la perte de convivialité : il raconte les mères à la fenêtre, supporters passionnées de leurs petits jouant au ballon dans la rue et contre le mur de la tannerie d’en face ; les services qu’on se rendait entre voisins, le rab de soupe qu’on portait à la voisine ; la confiance mutuelle : la clé était sur la porte, il n’y avait pas de code, on parlait facilement sans avoir besoin d’être présenté. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi ; on sursaute avec inquiétude si quelqu’un vous aborde. Abel se souvient aussi de l’animation du quartier : il y avait des commerces, des ateliers, des entreprises (tannerie, confection, textile, pansements, torréfaction…). Et au coin des rues Croulebarbe et des Reculettes, était implantée une antenne SNCF pour l’expédition des colis déposés par les artisans locaux. Chaque soir, par tous les temps, il y avait une montagne de colis encombrant le trottoir et qui étaient ramassées à 18 h. C’était très vivant, en contraste avec d’autres quartiers de l’arrondissement moins attractifs. Côté loisirs, il y avait beaucoup de cinémas aux alentours et, jusqu’aux années 60, la fête foraine de la place d’Italie, avec ses stands de tir, ses rings de boxe, son train fantôme. Avenue de la Sœur-Rosalie, on trouvait le cirque et sa ménagerie. Quant aux marchands de glaces, il y en avait partout. Et, avec ses pourboires de télégraphiste, il jouait à la loterie pour gagner des kilos de sucre qu’il rapportait à sa grand-mère.

Tout cela est raconté sereinement, sans amertume ou nostalgie. Abel, maintenant converti en retraité, a le temps de lire, aime aller voir des expositions, assister à des conférences. Sa sociabilité naturelle l’entraîne vers les autres, toujours à l’écoute du service à rendre, de l’information à fournir, du compliment à tourner (surtout aux dames). Sa bonne humeur est réjouissante.

Brigitte

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Gazette 74 Le quartier Croulebarbe

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Quand on évoque le 13e, on pense souvent Place d’Italie, Gobelins, Butte-aux-Cailles, Paris Rive-gauche, fleurons de l’arrondissement. Bien peu songent à ce quartier Croulebarbe, dont l’identité propre est méconnue, même de certains de ses habitants. Et pourtant ce secteur, très vivant et accueillant, est riche de son passé. On est ici au bord du faubourg Saint-Marcel, qui s’est développé grâce à l’affluence de pèlerins, attirés par les miracles du saint homme, mort en 436. Le nom Croulebarbe, l’un des plus anciens toponymes de Paris, vient d’un des fondateurs du moulin du même nom, situé sur la Bièvre, à l’entrée de l’actuel square Le Gall. C’est la Bièvre qui a structuré ce quartier situé à l’ouest de l’avenue des Gobelins et lui a donné son caractère industriel avec ses tapissiers, tanneurs, teinturiers, brasseurs, bouchers… sans oublier les odeurs !

L’histoire du quartier se retrouve à partir de quelques monuments historiques et de souvenirs de ses habitants :

– Le château de la Reine Blanche est le plus ancien édifice du 13e arrondissement (fin XVe siècle). Très délabré, il a abrité longtemps des ateliers. On sait peu de chose à son sujet mais il a été classé monument historique : une partie a été restaurée et le reste reconstruit d’après des gravures d’époque.

– La prestigieuse Manufacture des Gobelins, a été construite en 1601 ; à proximité, le Mobilier National, édifié par Auguste Perret entre 1934 et 1936, était destiné à abriter les collections de meubles, tableaux, tapisseries saisis à la Révolution ou acquises ensuite. Aux alentours, on trouve les jardins créés à la suite d’une décision d’Henri IV qui, en 1604, a décrété que les terrains du bord de la Bièvre, vive et morte, « l’île aux singes », seraient dédiés aux artisans des Gobelins. C’est sur cet emplacement que s’est implanté ce qui deviendra le square René Le Gall (inauguré en 1938). Aujourd’hui, le square est témoin chaque dimanche des prouesses gymniques de plein air de quelques riverains (dont quelques gazetteuses notoires).

– Au 33 de la rue Croulebarbe, sur l’emplacement d’ateliers d’artistes, se dresse le premier « gratte-ciel » de Paris, édifié en 1959-1960 par Édouard Albert. Ce bâtiment inaugurait la recherche architecturale dans le domaine de l’urbanisme vertical mais était aussi innovant par sa structure métallique. Il est devenu une référence. Malheureusement sa terrasse, qui devait être accessible au public, a été privatisée dans les années 70.

– Boulevard Arago, la cité fleurie a été construite en 1878 avec des matériaux de récupération de l’Exposition universelle. Des ateliers d’artistes ont accueilli des peintres comme Gauguin et Modigliani. En 1973, ils ont été sauvés de la démolition grâce à l’action initiée par le peintre Henri Cadiou qu’Abel a connu lorsqu’il était télégraphiste.

– Rue Gustave Geffroy, le fameux « terrain aux lapins », laissé à l’abandon pendant de trop longues années, vient enfin de trouver une destination honorable : on va y installer une crèche et la salle polyvalente tant attendue par les associations du quartier.

Le quartier, c’est aussi la pittoresque rue des Reculettes, à la pente accentuée. À côté, la rue Croulebarbe a, jusqu’aux années 1950, été témoin des essais effectués par les usines Delahaye qui faisaient circuler à grande vitesse des moteurs sur châssis, entre le Mobilier National et la rue Corvisart : sur la chaussée des traces noires et glissantes rappelaient ces exploits.

On pourrait aussi parler de l’École Estienne dédiée aux Arts Graphiques qui date de 1898 ou du cinéma l’Escurial qui a conservé son décor des années 50. Quant à l’avenue de la Sœur-Rosalie, elle rappelle l’action solidaire qu’elle a menée en faveur des déshérités si nombreux dans ce secteur et son attitude courageuse en 1848 (tradition de solidarité continuée par la JOC, installée dans cette « petite » avenue) ; rue Corvisart, le patronage de l’Église, consacrée à la même Rosalie, a vu arriver en 1939 les « héroïques » piou-pious venus creuser des tranchées destinées à arrêter l’ennemi.

Les projets d’aménagement du quartier ne manquent pas. En 2010, square le Gall, doivent être installés des jardins partagés permettant aux habitants de disposer d’une parcelle à cultiver. Il est question aussi d’y réaliser un terrain de foot mais certains riverains préféreraient qu’on y privilégie la biodiversité. En particulier, notre ami Abel a proposé à la Mairie d’y faire un « jardin des merveilles et de la découverte » (voir Gazette n° 69).

Il est aussi prévu de restructurer les ateliers de la RATP, au pied de la tour Albert. C’est à suivre, comme tout ce qui se passe à Croulebarbe.

Brigitte

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Gazette 74 FABLE DU XXIe siècle

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Ou la vraie vie du 13e arrondissement

Maîtresse-handicapée allait à son habituel RV

Las, c’était le jour de la gay pride et de son défilé

Point de bus ni autres transports à proximité

Elle finit par arriver au but visé

Mais un retour plus difficile encore s’annonçait.

Marcher était la solution que tous empruntaient,

Si bien qu’au milieu de la foule elle se faisait remarquer.

Elle sentait que les minutes étaient comptées

Qui lui permettraient d’avancer.
Encore un pas, encore un autre.

Ah, si j’avais quelqu’un pour m’aider !

À peine avait-elle pensé cela qu’apparut un monsieur-ouvrier noir

Il sortait du chantier de rénovation d’un lycée.

Il ouvrit sa voiture et mit ses chaussures de « ville ».

Elle l’aborda, déjà tout ankylosée :

« Monsieur, pouvez-vous avoir la gentillesse

de me déposer à la place d’en haut ? »

« Mais vous y êtes presque, Madame ! »

« Oui, mais voyez comme je suis ! »

Il la regarda plus attentivement. « Montez donc ».

« vous allez où comme ça ? » « chez moi »

« Je vous y emmène, c’est pas loin ».

« Attendez, je préviens Maître-de l’handicapée ! » –

« Bon, où est-il ? » — « A la sortie du métro de la place d’en haut ;

Je vais lui dire de sortir à la station suivante ».

« On le prendra en passant » dit le sympathique conducteur.

Ce qui fut dit, fut fait.

Et le mari interloqué, ne comprenant rien,

sauf que quelqu’un l’appelait, qu’il ne voyait pas…

alors il ouvrit les yeux !

ouf : personne n’enlevait sa maîtresse-handicapée ;

elle était, au contraire, l’heureuse bénéficiaire d’un geste solidaire

dont la rareté de nos jours mérite d’être soulignée.

Arrivés devant chez eux, monsieur-ouvrier noir, avec délicatesse,

leur dit « bonne fin de journée » et partit à toute vitesse.

Ils ne le revirent jamais,

malgré une visite au chantier qui était presque terminé.

G.Juillet

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Gazette 74 Faut s’f… tre à l’eau !

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Tous dans le bain

C’est curieux des pointillés dans un titre : en fait, en le cherchant ce titre, une chanson de Mouloudji m’a trotté dans la mémoire : «On ne peut pas passer sa vie à s’f tre à l’eau », et il est bienséant en français de ne pas écrire ce mot en entier, d’où les points de suspension.

Comme l’esprit de contradiction m’habite, j’ai pensé qu’il fallait au contraire piquer souvent une tête dans nos piscines et pour ce, vous aider à faire votre choix. Dans notre 13e arrondissement nous sommes gâtés : 4 lieux où aller s’ébrouer toute l’année, et pas uniquement en cas d’été caniculaire.

Suivez le guide, de la plus ancienne, La Butte aux cailles, à la plus récente, Joséphine Baker en glissant plus rapidement sur les intermédiaires, celles de la rue du Château des Rentiers et de la rue Dunois.

En 1866 on découvre une nappe d’eau chaude souterraine, dans le secteur de la Butte aux Cailles, (1) et on y édifie un établissement de bains douches en 1908. Quand l’architecte Louis Bonnier dépose en 1921 le projet de construction d’une piscine, il n’y a dans tout Paris que 3 piscines publiques et 2 privées. Les travaux durent de 1922 à 1924. Aujourd’hui l’eau du puits artésien est encore exploitée grâce à un système de pompage.

Cette piscine, associée pour la première fois à des bains douches dans le même bâtiment, a été conçue selon des critères nouveaux d’exigences sanitaires et les nageurs passent par les douches et le pédiluve avant de rejoindre la piscine.

Elle offre 3 bassins, dont 2 extérieurs, et un solarium pour les beaux jours.

Son architecture, tant intérieure avec une voûte en ciment armé et 7 arches de béton, qu’extérieure : elle est en brique rouge, style art nouveau, lui vaut d’être une des 2 piscines classées de Paris.

Pour plus amples renseignements pratiques, voir les coordonnées à la fin de l’article.

Notre « Joséphine Baker » (2) est placée, elle, sous l’égide de la Direction de la jeunesse et des sports et de l’architecture de la Ville de Paris. Dès la fin 2003, son architecte Robert de Busni commande les 20 flotteurs métalliques servant à assurer sa flottaison aux chantiers navals d’Ostende en Belgique et de Tulcea en Roumanie. Les barges et les 7 caissons en béton supportant la piscine, ont, eux été construits à Cormeille en Parisis et Rouen-Moulineaux. L’Europe l’a donc tenue sur ses fonts baptismaux, XXIe siècle oblige ! Son ouverture au public a été deux fois interrompue pour cause d’étanchéité à revoir, mais ça y est, tout est réparé, et elle fonctionne avec son bassin principal aux 4 lignes de nage, sa pataugeoire, qui n’est pas utilisée seulement par les enfants – essayez donc le hérisson à eau et le parasol d’eau et vous comprendrez pourquoi – ses solariums, sur le toit et sur le quai, un accueil et des vestiaires conçus pour tout type de public. Confort acoustique, qualité de l’air et gestion de l’eau sont respectueux de l’environnement ; pas de risque d’yeux qui piquent. L’établissement est chauffé autant que possible grâce au soleil.

De plus elle peut circuler sur la Seine, condition nécessaire pour son stationnement le long du quai de la Gare ; elle est donc démontable pour être délocalisée. On a prévu sa sécurité en cas de crues exceptionnelles.

Bref consultez notre 2 en fin d’article pour tout savoir sur le seul lieu de Paris où l’on s’offre le luxe de nager au rythme du passage des péniches et bateaux-mouches.

Plus modeste, mais placée au centre d’un ensemble sportif, la piscine Dunois (3) fut construite dans les années 70, quand le quartier se hérissait de tours. Elle jouxte une école élémentaire.

Avec son bassin à 5 couloirs c’est un lieu de détente apprécié, qui malgré sa situation en sous-sol, donne sur un jardin verdoyant, et est décorée d’une grande mosaïque. C’est un havre de détente pour beaucoup d’habitants qui apprécient ses cours de natation, de plongée, et d’aquagym. Tentez l’expérience si vous habitez dans le coin.

La piscine « Château des Rentiers » au 184 de ladite rue, (4) est appréciée pour la convivialité de son accueil. Elle aussi est en sous-sol et assez sombre, mais ses murs sont très colorés. On peut vraiment y nager, car elle est moins fréquentée que les autres, surtout en ce moment où la construction d’un immeuble de rapport rend difficile la découverte de son entrée. Un bémol, sa propreté est douteuse, d’après des témoignages nombreux. Il faudrait peut-être engager plus de personnel ?

Ondine

1 Piscine de la Butte aux Cailles 5 place Paul Verlaine  Mo. Place d’Italie

2 Piscine Joséphine Baker Amarrée au port de la gare 01 56 61 96 50 Mo. Quai de la Gare, ligne 6

3 Piscine Dunois 70 rue Dunois 01 45 85 44 81

Mo. Nationale ligne 6

4 Piscine Château des Rentiers 184 rue du Château des Rentiers 01 45 85 18 26 Mo Nationale ligne 6

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Gazette 74 Piscines et handicap

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Le courage de Mathilde et de Bertrand

La Gazette a reçu à la boîte postale le récit d’une aventure édifiante, c’est l’histoire vraie de deux personnes handicapées qui veulent vivre comme tout le monde et le prouvent.

Le récit nous a été envoyé par Annie Motel, présidente du Moulin à Café haut lieu de la vie associative dans le 14e arrondissement, c’est le reflet du quotidien partagé au Moulin avec des voisins handicapés devenus proches des animateurs, je lui laisse la parole :

« Ce texte est un appel à trouver des solutions, pas forcement compliquées… Ce texte est un cri d’injustice et je voulais montrer les difficultés rencontrées pour aller simplement se rafraîchir à la piscine en été… Ce texte a été approuvé et signé par la CA du Moulin à Café

Ça passe et on se casse pas !

Paris le 23/07/09

11 h 15 : départ du foyer, rue R. Losserand, dans le 14°.

11 h 30 : arrivée à la piscine de la Mairie du 14°

11 h 35 : achat des billets d’entrée

11 h 40 : discussion avec les employés de la piscine. L’ascenseur est en panne ! La piscine ne peut pas prendre la responsabilité de faire porter Mathilde (50 kg) et Bertrand (60 kg) par un employé municipal.

11 h 45 : appel de l’agent d’accueil à la piscine de la Butte aux Cailles. La chaise électrique marche, on a accès au bain ! On y va !

11 h 50 : remboursement des tickets

11 h 55 : départ pour aller prendre le bus 62 à Alésia.

12 h 05 : le 62 arrive, après 2 minutes d’attente ! Il n’est pas muni du système d’accès pour accueillir des fauteuils roulant. On attend le suivant.

12 h 10 : un 2° 62 arrive. La chauffeuse dit que le système fonctionne. Petit problème, un camion mal garé empêche le bus de se mettre près du trottoir et de toute façon des barrières de sécurité pour les enfants des écoles rendent la montée impossible. La chauffeuse propose gentiment de nous attendre à l’arrêt suivant. Cavalcade pour rejoindre le bus.

12 h 15 : le système fonctionne et comme le bus est double, nous pouvons monter avec les 2 fauteuils.

12 h 25 : arrêt à l’église de. Tolbiac et remontée de la rue Bobillot.

12 h 35 : arrivée à la piscine de la Butte aux Cailles. Achat des billets.

12 h 40 : contrôle des billets.

Pas possible d’entrer ! La piscine équipée d’un siège électrique est fermée, seules les acquagymastes en cours actuellement sous la surveillance de leur moniteur maître nageur ont droit d’accès. Faute de maîtres nageurs (4 sur 8), tous sont occupés par les 2 piscines extérieures. Donc pas possible d’aller se baigner ! Nous sommes tout de même 4 accompagnatrices dont une, ayant un diplôme équivalent à celui requis. Le personnel est désolé, l’entrée nous est refusée.

12 h 45 : coup de fil au maître nageur responsable de la piscine pour essayer de trouver une solution. Nothing to do ! Nada que hacer ! Malgré nos qualifications en natation, rien n’y change.

12 h 50 : alors, on se casse et on se fait une bouffe !

Remboursement de tickets.

12 h 55 : arrivée du maître nageur en chef.

Petits échanges entre gens civilisés :

« Tout va bien dans le meilleur des mondes. Ceux qui n’ont pas de chance, n’ont jamais de chance ! Bon bain aux acquagymnastes ! On reviendra une autre fois. Un jour avec… »

« Attendez, on va pouvoir s’arranger. Un maître nageur accepte de vous surveiller, il va prendre sur sa pause. »

13 h : Alléluia ! Alléluia !

13 h 10 : tout le monde est en maillot. La chaise fonctionne. L’arrivée dans l’eau surprend. Dur, dur d’être dans le bain !

13 h 15 : le maître nageur nous met la musique disco de l’acquagym à fond les manettes, c’est génial ! En plus, le grand bain de la piscine de la Butte aux Cailles pour nous 5 seulement, un rêve !

Mathilde et Bertrand rigolent, gigotent. Le maître nageur les charrie, on danse tous ensemble, c’est super !

Leurs corps, entourés de bouée, de boudins flottent à la surface de l’eau, léger, léger.

Mathilde bat des pieds, déplace ses bras. Bertrand reste immobile en surface. Il claque des dents, mais ne veut pas sortir.

14 h : sortie du bain et petit bronzing derrière les baies vitrées.

L’accès extérieur n’est pas possible aux fauteuils. Il suffirait d’un socle en bois, légèrement incliné…

Bon, ce sera pour un prochain combat !

14 h 30 : départ de la piscine pour un repas bien mérité. »

Annie Motel, avec l’accord de Mathilde, Bertrand

Merci au beau et gentil maître nageur remplaçant qui nous a accueillies comme des princesses.

Chapeau aux accompagnatrices pour leur humour, leur self-control et leur persévérance !

Envoyé à La Page, journal du 14°, à la Gazette du 13°

A la mairie du 14°et du 13°

A la piscine de la butte aux Cailles et de l’aspirant DUNAND

Aux conseils de quartier Mouton – Duvernet, Pernety et du 13°

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Gazette 74 Histoire d’eau

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Une ressource rare, fragile et malmenée

Globalement, la quantité totale d’eau douce sur terre reste constante puisque qu’elle est recyclée en permanence. “L’eau que vous buvez a été pissée six fois par un diplodocus” disait Paul-Émile Victor. Les besoins en eaux sont grandissants car la population augmente mais aussi parce qu’un besoin inconsidéré existe. Par ailleurs, l’agriculture et les industries polluent champs et rivières et il devient de plus en plus difficile de se débarrasser de certaines molécules qui polluent les eaux. Il est clair que la surexploitation et la pollution de l’eau actuelle mettent en péril cette ressource naturelle.

Le circuit de l’eau à Paris

Le circuit de l’eau dans les villes se découpe en deux phases, son arrivée (production et distribution) et son évacuation (assainissement). A Paris nous avons la chance d’avoir un double réseau de distribution : l’un d’eau potable pour les individus ; l’autre d’eau non potable pour le nettoyage des rues et des égouts ainsi que pour l’arrosage des fleurs des parcs publics. Ce réseau, en mauvais état, risque malheureusement d’être bientôt supprimé.

L’arrivée

La Seine et la Marne, ont toujours été une source d’inspiration pour les artistes. Ces fleuves et rivières sont aussi un milieu de vie pour la faune et la flore. Mais, une de leurs fonctions essentielles actuelles est de fournir de l’eau potable aux Parisiens. En effet, à Paris, la moitié de l’eau potable consommée est de l’eau souterraine, l’autre moitié provient de la Seine et de la Marne traitée respectivement dans les usines d’Orly et de Joinville. La quantité d’eau nécessaire est colossale (de l’ordre de 600 000 m3 par jour), cinq réservoirs alimentent Paris.

L’évacuation

Jusqu’au Moyen-âge, les eaux usées étaient rejetées dans les rues, les fossés, les champs alentour et se retrouvaient soit dans la Bièvre, petit affluent de la Seine, traversant le 13e, soit dans le ru de Ménilmontant dans le 20e, pour finalement être déversé dans la Seine. Ces eaux sales se répandaient à ciel ouvert, polluaient et empestaient tout sur leur passage. Ce n’est que sous Philippe Auguste, aux alentours de 1200 qu’un effort d’hygiène a été fait. Les rues ont été pavés et dessinées de manière à collecter les eaux usées en leur centre. C’était l’ancêtre du caniveau. Sous Louis XIII, une avancée importante a vu le jour, si l’on peut dire, avec la construction des premiers égouts souterrains. Au fil du temps, ce réseau va s’accroître pour atteindre environ 600 km de long en 1878, sous l’impulsion du baron Haussmann, préfet de la Seine et de l’ingénieur Eugène Belgrand. Aujourd’hui, le réseau est constitué de 2350 km de galeries techniques.

La gestion de l’eau à Paris : une lutte réussie mais un collectif qui reste vigilant

L’eau est un élément naturel tout comme l’air ou l’énergie du soleil. L’eau devrait donc être gratuite. Il est stupéfiant de confier la distribution de l’eau à des sociétés privées dont le but est de faire du profit ! Cependant, il y a tout de même un petit bémol à cette gratuité ; le transport, la distribution, l’évacuation, le traitement de l’eau ont un coût. Seule une gestion publique  de l’eau peut assurer à l’usager une facture prenant en compte seulement le coût réel du service.

D’ailleurs, jusqu’en 1984, l’eau de Paris était gérée par la Ville de Paris en régie municipale. Mais, en 1984, le maire de Paris de l’époque, Jacques Chirac a octroyé le marché de la distribution de l’eau aux deux sociétés, la Générale des Eaux/Vivendi (Véolia) pour la rive droite et la Lyonnaise des Eaux (Suez) pour la rive gauche. Des contrats de 25 ans  étaient alors signés ! Pour la « petite histoire », la Lyonnaise des Eaux était dirigée à l’époque par Jérôme Monod, un ami personnel de Chirac ! Jusqu’à il y a quelques mois, la distribution de l’eau de Paris était entre les griffes de ces deux sociétés multinationales. Depuis 1987, la production était assurée par une société d’économie mixte, la Société Anonyme de Gestion des Eaux de Paris (SAGEP).

A Paris, comme partout en France, la délégation au privé de ces contrats juteux est contestée. En 2003, à l’initiative de quelques citoyens, un « collectif eau » *  voit le jour pour défendre une gestion publique de la distribution de l’eau. Cette lutte a pris naissance dans le 13e à partir d’un petit groupe de militants d’Attac qui s’est mobilisé : une exposition sur ce sujet à la mairie et la réunion d’un Comité d’initiative et de consultation d’Arrondissement ont permis de commencer la sensibilisation des usagers parisiens à la question du retour en régie publique de la gestion de l’eau.

Le « collectif pour la remunicipalisation de l’eau à Paris » s’est ensuite ouvert dans tout Paris à d’autres associations, des syndicats et même des partis, pour interpeller les élus et convaincre les habitants… La bataille de l’eau était engagée !

En novembre dernier, le Conseil de Paris a voté la remunicipalisation du service de l’eau. La régie autonome « EAU DE PARIS » créée depuis le 1er mai 2009 sera mise en place en 2010. L’eau redeviendra alors un service public local. Ce bien vital a évité d’être à nouveau livré à la loi du marché.

La bataille sera plus rude pour nos voisins de la banlieue où des tensions font rage au sein du Sedif (Syndicat des Eaux de l’Ile de France) qui regroupe 146 communes.

Le « collectif pour la remunicipalisation de l’eau à Paris » peut se réjouir de son succès cependant il reste vigilant car les modalités d’application de la réforme sont encore inconnues. Le privé sera-t-il totalement écarté ? Quel sera le statut des employés ? Il garde aussi un œil grand ouvert sur le prix et la qualité de l’eau. Par exemple la régie maintiendra-t-elle cette clause abusive des anciens contrats qui permettait de faire augmenter le prix du m3 quand la consommation baissait ?

On en saura plus en novembre prochain car le Conseil de Paris votera une délibération sur les grands axes de cette réforme. Mais auparavant, l’Observatoire de l’eau auquel participe le Collectif pour la remunicipalisation de l’eau doit se réunir en Septembre pour parler du devenir du circuit d’eau non-potable et des modalités de la réforme. Espérons que la réforme tiendra ses promesses !

Maîtriser sa consommation d’eau

A Paris, nous pouvons nous réjouir du fait que la consommation d’eau potable a baissé de 28% en vingt ans. Cette diminution provient essentiellement de la diminution des fuites, suite aux travaux sur les canalisations.

Cette diminution de la consommation d’eau témoigne aussi d’une certaine prise de conscience des Parisiens. On consomme en moyenne 130 litres d’eau par jour et par personne. La majeure partie de la consommation provient des douches et bains, vient ensuite la consommation des toilettes, puis des lave-linge et lave-vaisselle.

Il est important de maîtriser sa propre consommation d’eau. L’un des moyens est en premier lieu de se rendre compte de la quantité d’eau que l’on dépense. Actuellement, ceci est difficile car, les compteurs d’eau sont généralement collectifs, avec un abonnement par immeuble ; la facture étant ensuite calculée par appartement en fonction de la superficie de l’appartement (nombre de millièmes). Dans les logements sociaux de la Ville de Paris, un autre système plus judicieux existe. En plus d’un compteur général par immeuble correspondant à un abonnement, il existe des compteurs divisionnaires par appartement avec affichage de la consommation personnelle. Chaque appartement doit donc payer en fonction de sa propre consommation. Ce système semble convenir à une prise en main de sa propre consommation. Un troisième système a essayé d’être mis en place par les entreprises privées Véolia et Suez. Il s’agissait d’instaurer un abonnement par compteur et donc par appartement et non plus par immeuble (comme pour les abonnements EDF ou téléphone). Le Conseil de Paris a adopté ce dispositif, beaucoup plus coûteux pour les citoyens, mais sans le rendre obligatoire. Le collectif s’est battu pour que la Ville de Paris étende la formule des compteurs divisionnaires existants dans les logements sociaux à tous les logements de Paris.

L’eau dans le 13e : eau de ville et eau de source

Le 13ème est soumis à la même distribution et évacuation de l’eau que les autres arrondissements. Cependant, il a en plus la particularité de posséder un puits artésien à la Butte aux Cailles. Et oui, on peut aller chercher son eau de source à la fontaine de la place Verlaine. Ce puits a été construit à l’époque d’Haussmann ; il est encore en service. Il a fourni, jusqu’à il y  a quelques années, l’eau à l’une des plus anciennes piscines de Paris, la piscine de la Butte aux Cailles, place Verlaine.

Les fontaines dans le 13e

Les fontaines parisiennes les plus classiques sont les fontaines Wallace, soutenues par les quatre cariatides, dessinées par Sir Richard Wallace mais réalisées par le sculpteur Charles-Auguste Lebourg. Ces quatre cariatides représentent la bonté, la simplicité, la charité et la sobriété. Elles représentent également les 4 saisons : Simplicité représente le printemps, Charité l’été, Sobriété l’automne et Bonté l’hiver. Deux gobelets en fer étamé étaient accrochés à ces fontaines. Cependant, en 1952, le conseil d’Hygiène Publique du département de Seine a supprimé ses gobelets pour des raisons d’hygiène. Une cinquantaine de ces fontaines ont été offertes par Wallace, généreux donateur britannique en 1872. Il en existe actuellement une centaine dans Paris dont 5 dans le 13e. Savez-vous où elles se trouvent? Vous avez la réponse à la fin de l’article. Mais, peut-être en avons-nous oublié ? Dites-le nous !

D’autres, de facture très variées, jalonnent l’arrondissement. Vous pouvez les voir sur le site http://www.parisfontaines.fr/13e_1486.htm mais rien ne vaut une découverte in situ !

Les fontaines de la place Verlaine moderne et alimentée par l’eau du puits artésien, de la Place d’Italie, de la Place Souham, du square Héloïse et Abelard, du square Hélène Boucher, du square Baudricourt, du parc Kellermann, du parc de Choisy, du jardin du Moulin de la Pointe, du jardin Juan Miro. Il en existe probablement d’autres, nichées dans des cours ou à un coin de rue. Envoyez-nous l’adresse, une photo, nous les répertorierons sur le blog de la gazette.

Les fontaines Wallace :

-60 rue de Domrémy, angle de la rue de Richemont

-38 rue de la Butte aux Cailles, angle de la rue de l’Espérance

-10 rue des frères d’Astier de la Vigerie

-4 rue Dumeril, angle de la rue Jeanne d’Arc

-Face au 11 quai d’Austerlitz, devant le pavillon Navigation

Quelques chiffres

– 97,2% de l’eau sur terre est salée.

– Sur les 2,8% d’eau douce, seul 1% est accessible.

– Prix de l’eau par m3 à Paris est de 2,89 euros le m3.

– Depuis 1984, le prix de l’eau dont la distribution était gérée par le privé a augmenté de 343% alors que le coût de la vie de 67%. La consommation d’eau a triplé.

– Alimentation : 571 484 m3 d’eau potable par jour en 2007 et 600 km d’aqueducs.

– Distribution : 1 800 km de canalisations (jusqu’aux compteurs).

– Assainissement : 2350 km de canalisations d’égouts et 3 millions de m3 d’eaux usées nettoyées par jour.

* Le collectif s’appelait groupe eau au début puis est devenu « collectif pour la remunicipalisation de l’eau à Paris » lorsqu’il s’est élargi. Il regroupe : ACME, ATTAC Paris, CGT Paris, CNL 75, Eau Secours IdF, Solidaires Paris, UFAL,  CDDSP 75, NPA 75, Gauche alternative et des usagers de l’eau…    Contact : collectifeauparis@attac.org    .

Pour plus d’informations, vous pouvez également consulter le site de l’ACME (Association pour le Contrat Mondial de l’Eau). Pour que l’accès de l’eau devienne un droit pour tous. http://www.acme-eau.org/

Anne Tit’goutte

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Gazette 74 Notre puits artésien

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Artésien ? Que vient faire l’Artois dans nos terres ? Il paraît que les moines d’Artois ont développé la technique de forage ainsi nommée mais peut-être y a-t-il d’autres sources.

En ces temps là Paris manquait d’eau propre, les épidémies de choléra, en particulier celle de 1832, rendent la recherche urgente, de plus les logements se construisent dans bien des quartiers de Paris. Le premier puits artésien à Grenelle attira sur Arago tous les sarcasmes des Parisiens jusqu’à ce que l’eau jaillisse enfin. Il faut dire qu’avant d’atteindre la côte 548 on avait pu voir un manège de chevaux tourner pendant huit ans.

A la Butte aux Cailles un arrêté signé par Hausmann en juin 1863 donnait le signal du début des travaux, le chantier ne débuta qu’en août 1866. Le forage devait avoir un diamètre de 120 centimètres. Au bout de six ans on parvenait à cinq cent trente-deux mètres. Faute d’accords à propos des techniques les travaux s’arrêtaient et longtemps la haute tout en bois fit partie du paysage. Nous ne sommes pas au bout de l’aventure, c’est seulement en 1903 trente-sept ans après le début de l’entreprise qu’enfin on atteignit la nappe d’eau située à cinq cent quatre-vingt-deux mètres. Il aura fallu pour cela les interventions du conseiller municipal Ernest Rouselle et la technique du maître d’œuvre Paulin Arrault qui préconisa un tubage plus réduit. L’homme de l’art avait déjà présidé au forage du puits artésien de l’usine Say.

Que faire de cette eau sortie à 28° dont le débit approchait les six mille mètres cubes quotidiens. La solution envisagée de créer un établissement thermal fut retenue. Le guide Baedéker utile aux touristes avertis parlait « d’un établissement balnéaire pour l’hygiène des pauvres habitant le quartier ». Aujourd’hui on n’emploierait pas ce style, il reste que les pauvres du quartier accèdent aux douches gratuites au sein de la piscine.

Henri Rouselle, à qui l’on doit la décision d’installer la piscine, a donné son nom au square de la place Verlaine, l’action bénéfique de son frère Ernest se voit récompensée puisque qu’une rue voisine porte le nom des deux frères.

Aujourd’hui une fontaine a été installée à laquelle beaucoup viennent remplir bidons et bouteilles. Le spectacle est presque champêtre malgré l’esthétique discutable du monument.

J’ai lu quelque part : « on vous laisse apprécier l’esthétique tubulaire chromée inoxydable. On imagine que le désigner écoutait en boucle les Tubular Bells de Mike Oldfield dans sa jeunesse » J’avoue que le commentaire est réjouissant !

Sabine

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Gazette 74 Un jardin dédié à l’abbé Pierre

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Il faisait bon se promener le samedi 19 septembre à la découverte du jardin des Grands Moulins, prévu par l’architecte C. de Portzamparc, et nouvellement ouvert.

En fait ce jardin s’articule en trois espaces verts distincts :

Le jardin central de 8 000 m², surplombant les Grands Moulins et la Halle aux Farines, est étagé en terrasses. Il est destiné à la promenade, à la détente mais aussi au plaisir de côtoyer une végétation diversifiée. Dans la partie est du jardin, se situe un espace de liberté appelé « les carrés nomades », où le sol volontairement marécageux favorise les espèces végétales qui aiment l’eau et celles qui se développent spontanément. Ailleurs, la pousse est maîtrisée mais elle est composée souplement, loin des stricts alignements des parcs à la française. Le « mur des pluies », les rigoles font le bonheur des enfants et agrémentent le paysage.

Le jardin des écoles, au voisinage de l’école Primo Levi, propose ses 2 100 m² aux enfants de l’école Primo Levi. On y trouve les jeux d’enfants mais aussi un échantillon des plantes qui composent les carrés nomades. Dans un but pédagogique, des panneaux décrivent ces plantes, pour l’information des petits (mais aussi des plus grands).

Le jardin de l’avenue de France, de 2000 m2, est composé d’une pelouse frangée d’arbres et d’un terrain destiné aux jeux de ballon. Il devrait faire le bonheur des adolescents.

Pour ces trois jardins, le choix a été fait d’employer des matériaux nobles (schistes, bois), d’assurer la sécurité des équipements de jeu (contrôles fréquents, sols amortissants), d’encourager la diversité végétale et la circulation des eaux. L’eau de pluie, récupérée à partir des toits des immeubles voisins, est stockée dans une cuve. Elle sert à l’arrosage des parties plantées. Elle alimente aussi les espaces aquatiques : les rigoles qui desservent les « carrés nomades » et le ruissellement continu sur le « mur des pluies », construction en schiste qui s’aligne en haut du jardin central.

On essaie d’imaginer ce jardin, dans son développement à venir, quand les espèces végétales en germe auront trouvé leurs marques et que les usagers auront pris leurs habitudes. Dans l’immédiat, il semble cependant que ce nouveau poumon vert est accueilli avec bonheur par les résidents, parents et enfants, par les étudiants et par les promeneurs.

En ce samedi soir d’inauguration, la bonne humeur et la convivialité étaient au rendez-vous. Le beau temps et le repas de quartier de ce jour favorisaient certes l’animation mais il semblait enfin qu’on voyait vivre ce nouveau quartier depuis trop longtemps en friche. Le soleil couchant mettait en valeur les tons orangés et rouges des immeubles environnants. La courbe du bâtiment des Grands Moulins rimait avec le tracé onduleux des chemins du jardin et celui des espaces végétaux, et avec les inclinaisons de la passerelle. Cela donnait envie de revenir arpenter ces jardins.

Brigitte

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Gazette 74 Les jardins numériques

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Partager savoirs et connaissances grâce aux nouvelles technologies

Les Jardins Numériques ont pour objet : la constitution, l’aménagement, l’installation et la maintenance d’espaces numériques partagés (ENP) ayant vocation à réduire la fracture numérique, à « défricher » et à cultiver collectivement les nouvelles technologies en proposant, avec les structures associatives partenaires : des initiations, des perfectionnements, des ateliers, des projets de développement local.

Qui sont-ils ?

C’est Yann Vandeputte qui a baptisé l’association lors de sa création en novembre 2005 ; il était alors vice-président du jardin partagé de l’Aqueduc dans le 14e et l’association souhaitait appliquer à l’espace numérique les principes de mise en commun des compétences, la mutualisation et le partage de savoirs et de ressources. C’est le premier président de l ‘association. En binôme avec Isabelle Coueignoux, première secrétaire des Jardins Numériques et administratrice aussi de l’association du 13e « Les Amis de la Bienvenue », ils ont débuté les activités par des cours de français avec l’outil informatique et Internet. Isabelle Coueignoux a impulsé la volonté d’ouvrir les nouvelles technologies à tous. Joseph Han, membre fondateur et coordinateur actuel de l’association, a apporté son grain à la structure en tant qu’ancien adhérent d’un Sel (Système d’échange local) : le principe d’échange des connaissances et de services. Pierre Bissery, l’actuel président, a participé à la fondation de l’association en apportant sa sensibilité associative et a fixé l’implantation des Jardins numériques dans le Sud de Paris, notamment dans le 14e en raison de ses connaissances et de ses liens étroits avec cet arrondissement. Michel Delapierre est secrétaire depuis 2008 ; il est animateur numérique bénévole et organise aussi des randonnées pédestres ouvertes aux membres de l’association, il est aussi le lien direct avec l’association SNC (Solidarités nouvelles contre le chômage).

L’association fonctionne comme une pépinière d’association et compte plusieurs types de membres associations, notamment 3 pour les associations :

1/des membres associations associés, participant au développement des activités numériques avec les Jardins Numériques et constituent le réseau des JN,

2/des membres associations partenaires, proposant des activités numériques autonomes pour leurs projets et leurs membres en utilisant les ressources des JN (salles, matériels, animateurs…).

3/des membres associations participantes sans activité numérique propre qui participent à celles proposées par le réseau associatif des Jardins numériques.

Que font-ils ?

Après ces présentations parlons un peu de leurs activités.

L’association gère des espaces numériques partagés dans trois arrondissements : 13e, 14e et 19e, soit une quarantaine de postes informatiques et a des activités dans cinq arrondissements en rajoutant le 12e et le 15e.

Dans notre arrondissement près de la Porte de Choisy, l’association a établi un « partenariat de développement d’activités numériques » avec l’association Femmes initiatives et avec le foyer de jeunes travailleurs Relais Accueil. Elle mène deux types d’activités principales : les activités numériques de base et les projets numériques.

Dans le 13e les activités d’initiation à l’informatique et à Internet ont débuté le 28 septembre avec des permanences renseignements inscriptions, les premières sessions d’initiation, et notamment des sessions avec support linguistique en chinois. Les autres formations se mettront en place au cours de l’année.

Les projets numériques sont souvent co-écrits avec d’autres associations et mobilisent souvent une demi-douzaine de personnes rémunérées.

– La réalisation du Portail des jardins partagés et d’insertion d’Île de France a été portée avec l’association Graines de Jardin (www.jardinons-ensemble.org)

– Le Portail multilingue d’accès aux droits en cours de réalisation devrait proposer des informations en français, arabe et chinois (prototype du site prochainement en ligne http://www.voix-citoyennes.org)

– Une exposition numérique pour la Journée des femmes a été présentée en mars 2009 dans le 14e ; elle réunit quatre projets numériques réalisés par des femmes sur le thème de la lutte contre les violences faites aux femmes. Cette exposition sera reprise du 22 au 25 novembre à la Maison des associations du 13e (www.faitsdefemmes.fr) pour la Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes.

– Le projet « Acteur et citoyen » pour lequel les Jardins numériques mobilise des associations de l’arrondissement, est une manifestation conçue, encadrée et organisée avec la compagnie Kokoya, les associations Récit 2000 et Culture 21 pour permettre de réunir élus, associations et habitants afin de débattre sur des sujets de société par le biais du théâtre-débat action et du théâtre témoignages. Il devrait y avoir un événement le samedi 12 décembre 2009 dans l’après-midi dans le 13e, quartier Masséna, avec le soutien de l’EDL 13 et la participation d’associations du 13e.

Comme vous avez pu le constater l’association ne donne pas que des cours d’informatique !

Renseignements et inscriptions pour les formations :

Lundi et vendredi de 10 h 00 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 16 h 00 chez Femmes initiatives, 7 rue Lachelier 75013 (Porte de Choisy)

Lieu des formations : Femmes initiatives les lundis matins et après-midi et Foyer Relais Accueil, 21 rue des Malmaisons, 75013, les vendredis matins et après-midi

Site : www.jardins-numériques.net

Mail : jardins.numeriques@gmail.com

Portable : 06 28 06 74 01 ou 06 24 36 78 83.

MCA

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Gazette 74 On a bien le droit de manger du poulet !

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Le livre vient juste de sortir, il est écrit par Suzanne Mauclair qui vécut une grande partie de son enfance au 34 rue du Moulinet. Elle nous livre une chronique extrêmement vivante de la vie quotidienne des « petites gens ». Son récit commence dans les années trente, elle était une petite fille au sein d’une famille très nombreuse qui survivait dans une misère extrême. On a peine à imaginer l’insalubrité, la faim, les conditions de vie. On croirait lire du Zola ou du Victor Hugo. Le titre de l’ouvrage fait référence aux très rares occasions où l’on mangeait du poulet. C’est le cri spontané d’une fillette : quitte à manger des pommes de terre jusqu’à la fin du mois on a bien le droit de manger du poulet ! On connaissait dans le voisinage les dettes chez l’épicier, le recours à « la mie de pain » quand on n’avait plus rien, le tablier qui cachait des guenilles. On prenait ombrage qu’un jour la famille puisse accéder à ce luxe.

Rue du Moulinet, il y avait presque autant de boutiques que de maisons, des cafés nombreux où l’on se retrouvait autour d’un blanc pour parler ou taper le carton. On savait tout sur tous, la vie était horriblement dure avec parfois de menus plaisirs et des enfants rieurs, des blagues de galopins. L’école Vandrezanne mérite des pages, si les méthodes ont changé elle reste un lieu de mémoire essentiel. L’auteur dès son enfance avait rêvé d’être maîtresse d’école. Bonne élève, aidée par des âmes charitables, bonnes bourgeoises ou dames patronnesses, elle a pu trouver des « marraines » et entrer à l’école normale. Elle cachait dans la gêne et une certaine souffrance sa condition misérable.

L’aventure est magnifique, l’élève a gagné de haute lutte sa place dans l’éducation nationale et dans la vie. Le texte est très attachant, il parle d’une rue qui fait partie de notre univers (la maison du 25 rue du Moulinet mériterait, a elle seule, un livre). C’est donc pour nous, passionnés du quartier, de son histoire populaire, un document incontournable

On a bien le droit de manger du poulet. De Suzanne Mauclair aux éditions A à Z patrimoine.

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Gazette 74 Village éco-citoyen de Noël à Paris Rive gauche

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

Depuis l’année dernière l’équipe d’éco-citoyen rive gauche se mobilise pour créer une dynamique dans le nouveau quartier autour de la BnF ; cette équipe d’une trentaine de personnes qui regroupe des institutions locales, des entreprises, des associations, des étudiants, l’université et des habitants, a pour objectif de créer une dynamique éco-citoyenne. Après un diagnostic partagé un certain nombre de projets ont été mis en place et présentés le 17 décembre 2008 lors d’un village éco-citoyen installé à la BnF. Plus de 200 usagers du quartier ont échangé avec les porteurs des 13 projets qui visent à développer des performances environnementales (économie d’énergie, mobilité et itinéraires doux, espaces verts, etc.), mais aussi à améliorer le « vivre ensemble » dans le quartier (partage de pratiques culturelles dans le quartier et interculturalité, développement de formation, etc.)

Cette année autour du thème « Penser, vivre et consommer autrement » le village éco-citoyen de Noël rassemblera sur trois jours, du jeudi 17 décembre au samedi 19 décembre, ateliers, spectacles, expositions, tables rondes autour de trois thèmes principaux :

« Raconter Noël au rythme du monde » : ateliers de contes, bourse à la mémoire et soirée contes, le jeudi à partir de 16 h 30 à l’Université Paris Diderot

« Vivre ensemble ici et maintenant » avec des ateliers d’initiation en partenariat avec les enseignes présentes sur le quartier (de 12 h à 14 h), une présentation de documents sur l’histoire du quartier (films d’archives, fiction) à partir de 16 h 30 (BnF, MK2, collège Thomas Mann) et une soirée au Dansoir avec une création de Karine Saporta, « L’enfance ou les plages du temps », avec la participation d’habitantes du quartier.

« Construire l’avenir du 13e », le samedi de 14 h 30 à 16 h : nombreux ateliers localisés surtout au Collège Thomas Mann : Photo-vidéo, Architecture/Urbanisme, Dessine moi ton quartier, Manger/Bouger,… Table ronde sur la vision du quartier Paris Rive gauche dans 20 ans, concert participatif et repas de quartier.

Tout un programme pour se retrouver et mieux découvrir ce quartier.

Ce programme est provisoire et donc susceptible de modifications dans les détails

Pour plus d’informations consultez le site www.ecocitoyen-parisrivegauche.org ou les affiches très largement diffusées qui informent mensuellement sur les animations/activités se déroulant dans le quartier et ses alentours.

MCA

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Gazette 74 Cette année, nous irons au théâtre…

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

La saison théâtrale 2009-2010

C’est la rentrée… Les derniers rayons du soleil automnal ne sont pas à dédaigner mais il est temps de feuilleter les programmes de nos théâtres favoris du 13e et de ses alentours très proches. La Gazette s’est attelée à cette tâche très agréable et vous confie ses choix en avant-première.

Premier programme : celui du Théâtre 13 qui nous invite cette année à « voyager au cœur de l’humain » et qui commence sa saison avec une pièce de Juliet O’Brien de Nouvelle-Zélande « L’Écrivain Public » qui tourne autour des questions du sol, des racines, de l’exil et du rapport au langage.

Des pièces d’auteurs plus classiques suivent : « La Cruche cassée » d’Heinrich von Kleist, mise en scène Thomas Bouvet, lauréat 2009 du prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène, qui aborde le thème de la faute originelle et de la virginité perdue ; « Les Enfants du soleil » de Maxime Gorki, du 3 novembre au 13 décembre, avec les comédiens du Théâtre du Fracas… ou comment à travers des figures du monde d’hier : un chimiste réputé autour duquel gravitent des intellectuels, des artistes, des gens du peuple, des vagabonds et des marginaux, questionner le monde d’aujourd’hui ; enfin du 5 janvier au 14 février 2010, « La Vie est un songe » de Pedro Calderon, mise en scène de William Mesguich.

Un auteur à découvrir ensuite du 9 mars au 18 avril : Eudes Labrusse qui présente « Elias Leister a disparu », thriller poétique autour de l’enfance perdue, suite de variations libres et impressionnistes sur le mythe d’Œdipe.

Deuxième programme : celui du Théâtre du Lierre qui nous invite à prendre le temps de rêver. Rappelons qu’à la rentrée 2010 Le Théâtre du Lierre rejoindra de nouveaux locaux dans la même rue du Chevaleret, qu’il annonce aussi conviviaux, le confort en plus. Il reste une année entière aux nostalgiques pour s’imprégner du charme des lieux « historiques ».

Premier rendez-vous : le 18 octobre avec le spectacle d’Atelierres, création de fin d’ateliers du cycle consacré à l’absurde : « Dada Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer » d’après Tristan Tzara

Ensuite un premier temps fort autour de la danse en automne puis en début d’année 2010 trois spectacles de théâtre et de musique autour des thèmes des prémisses de la guerre et du devoir de mémoire. Se succèdent ainsi du 6 au 24 janvier « Vienne 1913 », comédie dramatique d’Alain Didier-Weil qui met en scène la montée du nazisme et de l’antisémitisme ou comment deux jeunes gens, l’un pauvre, l’autre riche se confrontent parallèlement et ensemble à tous les aspects de la société viennoise. L’un d’entre eux s’appelle Adolf Hitler ; du 27 au 31 janvier un spectacle musical autour de témoignages de républicains espagnols « Où vas-tu Pedro ? » par l’Eltho Compagnie et enfin du 3 au 7 février, une comédie dramatique de Matei Visniec, mise en scène Jean-Luc Paliès, né en Roumanie en 1956, venu en France en 1987 en tant qu’exilé politique et Prix européen SACD 2009. La pièce s’intitule « Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux ». A méditer.

La saison s’achève par une création de la Compagnie du Lierre du 10 mars au 2 mai, « Médée » d’Euripide, mise en scène Farid Paya.

Troisième programme : celui du Théâtre de la Cité Internationale qui, rappelons-le, offre un tarif préférentiel aux habitants du 13e et du 14e et est très proche géographiquement.

Parmi un programme très riche, ouvert à toutes les formes d’expression, on peut retenir plus particulièrement, du 26 au 31 octobre, « Meeting Massera », un essai mis en scène par Jean-Pierre Vincent sur des textes de Jean-Claude Massera, critique ironique d’un programme néolibéral inventé ? Nous retiendrons aussi du 5 au 20 novembre

CHTO trilogie, textes de Sonia Chiambretto, qui a recueilli les récits de trois voix flottantes une jeune fille tchétchène, une exilée slovaque et un légionnaire allemand qui dessinent un certain portait de l’Europe contemporaine. A noter qu’un café philo « identités et nations » précède le spectacle du samedi 14 novembre.

Nous terminerons par le titre alléchant mais énigmatique : « Les déplacements du problème » par le Grand Magasin, spectacle de la saison d’été.

Plus d’infos

Théâtre du Lierre-22, rue du Chevaleret. www.letheatredulierre. com

Théâtre 13 : 103 A, boulevard Auguste Blanqui. www.theatre13. com

Théâtre de la Cité Internationale : www. theatredelacite.com

Fabienne

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Gazette 74 PARCOURS SYMBOLIQUE

Posted by lagazou sur 15 janvier 2010

En mémoire de la Bièvre

On en parlait dans les chaumières : la Bièvre fait partie de notre imaginaire collectif, une rivière qui faisait vivre toute l’industrie des peaux et des teintures autour de laquelle ont vécu tant de populations laborieuses La ville a reçu le message, édicté aussi bien par les nostalgiques que par les poètes et les acteurs d’un visage plus souriant de notre quartier ; « qu’on nous rende notre rivière ». Pas si simple !

En 2002 la capitale s’engage dans une démarche d’enquête, la concertation est à la mode même si le citoyen n’a pas le dernier mot. Une large consultation réunit des acteurs divers : simples habitants, urbanistes, historiens, artistes en tous genres. Elle manifeste le grand attachement à ce cours d’eau mythique des habitants du quartier qui se sont déplacés en grand nombre. Deux instances, le comité de pilotage et le comité consultatif local élargi fusionnent pour mener le travail, il s’agit de faire vivre « la mémoire et le fil de la Bièvre ». On a évoqué le projet de ressusciter la rivière sur quelque 400 mètres, à la poterne des Peupliers, rue Croulebarbe et à proximité du jardin des Plantes. Le projet, s’il séduit certains, s’avère trop coûteux.

Dès 2004, la décision est prise, établir un parcours symbolique de la Bièvre : il s’agit d’un tracé continu depuis l’entrée de la rivière dans Paris au parc Kellermann jusqu’à son embouchure dans la Seine.

Quatre équipes se sont donc mises au travail, dotées chacune d’un budget de 600 000 €. Une phase de réflexion s’ouvre alors suivie de réunions du comité de pilotage et d’expositions en mairies du 13e et du 5e. Les avis du Comité (décembre 2006) et de la commission du Mobilier Urbain (mars 2007) ont retenu le projet Jullien/AEP Normand.

Il s’agit pour le lauréat de révéler la présence de la Bièvre à Paris par un parcours continu sur tout le parcours de la rivière et pour cela disposer sur ce parcours de balises, haltes-fontaines ou évocations historiques.

Privilégier deux pôles majeurs ; le parc Kellermann, la place Valhubert, proche du confluent de la Seine et de la Bièvre.

Plusieurs artistes des « Lézards de la Bièvre »* sont appelés à inspirer ou réaliser des éclairages, des passages colorés, des sculptures. Des ambiances végétales sont prévues, des engazonnements, des parterres de graminées sont au programme. On nous promet de bien belles choses. Pour le moment on peut suivre les bras de notre mythique rivière à travers les marquages au sol gravés sur des plaques de métal.

Pourquoi ne pas en faire une promenade du dimanche ?

Les plaques se différencient ; celles qui concernent le bras unique, le bras vif, le bras mort, les emplacements des lieux historiques.

Rolland Gagneux, auteur avec Jean Anckaert de « Sur les traces de la Bièvre parisienne », incollable connaisseur du sous-sol de notre quartier avait proposé pour mener le travail des cartes d’une fidélité absolue, éditées par l’office des carrières. Il y a fort à regretter, en effet que les marquages soient si peu précis. Ils ont été dessinés à partir de cartes beaucoup moins fines. Le tracé choisi, établi à une tout autre échelle a conduit les réalisateurs à des marquages qui déportent de trois jusqu’à dix mètres l’endroit précis où coulait la rivière. C’est d’autant plus regrettable que ces erreurs de tracés rendent moins vivante l’image d’un parcours historique, moins concrètes les marques de la géographie de nos rues. Tel rideau de peupliers, par exemple, tel mur de maison, liés à l’histoire de notre Bièvre ne correspondent plus au chemin « symbolique ». De ce fait, parfois, le symbole en prend un coup et c’est vraiment dommage !

* Les Lézards de la Bièvre est une association créée depuis plusieurs années. Elle regroupe les artistes, peintres, sculpteurs, plasticiens établis sur le parcours de la Bièvre parisienne sur les 13e et 5e arrondissements et invite régulièrement à ses « portes ouvertes ».

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