La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for avril 2010

Gazette 75 Sommaire

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Sommaire de la Gazette n°75

L’édito : 2010

Moi, Albert Jacquard Ministre de l’enseignement

Inaam Kachachi

Irakienne et française: Journaliste sans frontières

Emmanuel Terray, anthropologue

Immigration: fantasmes et réalités

Toungaranké

Une pièce, un débat, des actions

La Bienvenue

À l’écoute du quartier

Événement culturel

OPA sur l’école publique

Dans le 13e comme ailleurs

La carte scolaire dans le 13e

Les RASED

Est-ce que c’est normal d’avoir peur quand on va à l’école ?

Les parents d’élèves

Le sport s’expose au  Musée du sport

C’était un petit jardin…

Un projet d’école

Sportive !

Du côté de la rue Würtz

À bâtons rompus

Quand parents et enseignants parlent ensemble

Derrière le square de Choisy

Le lycée-collège Claude Monet

Parole d’Olivier

Maître en maternelle

Un siècle d’école dans notre 13e

De l’enfant sans droits à l’enfant de tous les droits

Où est passée l’odeur d’école ?

Entretien avec le directeur de la maternelle Porte d’Ivry

L’église Saint- Hippolyte :

La ferveur d’une centenaire

La parole est au citoyen

Premier débat public en France pour une installation de traitement de déchets

Un jardin partagé

À la Poterne des Peupliers

Sortie associative

Bièvre le 18 octobre 2009

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Gazette 75 Moi, Albert Jacquard

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Ministre de l’enseignement

Je déclare : l’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir.

Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller. À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions. Il faut que les rôles cessent d’être inversés : l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit.

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Gazette 75 Inaam Kachachi

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Irakienne et française : Journaliste sans frontières

Inaam Kachachi a signé récemment son roman : Si je t’oublie, Bagdad à la librairie Maruani, et j’ai voulu en savoir plus sur cette femme chaleureuse, qui habite notre arrondissement depuis qu’elle a quitté son pays pour émigrer en France.

Son métier, sans lequel elle n’envisage pas de pouvoir vivre, c’est le journalisme. En riant, elle m’avoue souhaiter, comme la doyenne des Italiennes (116 ans) qui a exercé son métier de tailleur jusqu’à 104 ans, vivre de son journalisme jusqu’au même âge.

Elle a toujours mené en parallèle cette profession et des études à l’Université de Bagdad. Voici 38 ans qu’elle est journaliste, et une trentaine d’années qu’elle vit dans notre pays. Elle a fui quand elle s’est rendu compte qu’il n’était pas possible de rester propre dans le milieu de l’information en Irak. Sous prétexte de continuer ses études en France, elle est partie au moment où beaucoup de journalistes opposants ont été emprisonnés, torturés, et qu’il était devenu impossible d’exercer ce métier, correctement, dans son pays.

De la rue des Cordeliers, en passant par le Bd. Blanqui, d’un studio à un appartement plus grand pour vivre avec le petit garçon, né en Irak, âgé de 2 ans à son arrivée en France, et sa petite sœur, née en France, c’est toujours dans le XIIIe que la famille Kachachi a établi ses pénates. Inaam n’a pourtant jamais cessé de retourner fréquemment dans son pays pour voir par elle-même ce qui se passait, même pendant la période d’embargo.

De naissance elle est chaldéenne, et dans son village on parle l’araméen, la langue de Jésus-Christ. Les Chaldéens sont catholiques et, du temps de Saddam Hussein, qui lui-même était musulman, ils n’ont pas souffert de discrimination.

Comme beaucoup d’Occidentaux, j’ai des idées soient pauvres, soient faussées sur ce pays, et la situation actuelle n’est pas faite pour les éclaircir. À mon étonnement, elle m’apprend que son pays a été à la pointe de l’émancipation féminine. Les femmes du Bahreïn, du Koweït les prenaient pour exemples. Dans les années 1930-40 les Irakiennes ont été les premières à ôter le voile : Abaya. Le représentant irakien à la ligue des Nations dans les années 1930 était une femme, des femmes furent médecins, ministres et à des ministères importants : C’est une femme qui fut Ministre des travaux publics en 1959. Elles ont été ambassadrices en Inde. La législation était favorable aux femmes avant la guerre contre l’Iran, qui a détruit toutes ces avancées. Même maintenant des femmes sont chefs de service dans des hôpitaux, mais désespérées, vu le manque de moyens.

La situation actuelle de ses parents, cousins, sœurs qui ont subi trois guerres en vingt ans, est très triste. Ce pays pétrolier était assez agréable à vivre. Les guerres y ont propagé peur et absence d’espoir. Comme elle, beaucoup d’Irakiens ont fui leur pays. Pour Inaam la France est devenue l’endroit où elle se sent chez elle, au retour de ses voyages. Elle a été naturalisée il y a 15 ans, quand son passeport iranien n’était pas accepté partout et l’empêchait d’exercer son métier. Aussi elle a fait venir beaucoup de ses connaissances dans notre arrondissement, ce qui est source d’enrichissement mutuel.

Son essai : Paroles d’Irakiennes est sorti directement en français, un mois avant la guerre américaine. Un de ses amis irakiens lui traduisait le soir ce qu’elle écrivait dans la journée. La maison d’édition Le Serpent à plumes, contactée, lui a donné une semaine après une réponse positive. Inaan y donne la parole à des femmes pour évoquer leur état d’âme pendant les années de guerre, puis d’embargo.

L’éditrice du roman, Liana Lévi, a entendu parler de ce livre bien reçu dans les pays arabes, et récemment chez les Turcs et les Chinois et a parié sur son argument : Une jeune fille émigrée aux États-Unis à l’âge de 15 ans, revient quand elle a 30 ans comme interprète de l’armée américaine. Elle pense qu’elle va rétablir la démocratie dans son pays d’origine. Mais sa grand-mère n’accepte pas cette prétention et entreprend de la rééduquer.

Toute la complexité de l’Irak actuel est vue par les yeux de deux femmes.

Quand on sait qu’elle a été choisie dans le Booker Prize pour les pays arabes, on mesure l’envergure d’Inaam, correspondante littéraire d’un quotidien basé à Londres et diffusé dans les pays arabes, d’Inaam, amoureuse de la France, mais sans oublier sa culture d’origine. Nous sommes heureux qu’elle soit une « treiziémiste ».

Georgia

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Gazette 75 Emmanuel Terray, anthropologue

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Immigration : fantasme et réalités

À l’occasion de la Semaine de solidarité internationale 2009, Les violons de la baleine ont eu le plaisir de recevoir l’anthropologue et philosophe Emmanuel Terray pour parler de l’ouvrage collectif « Immigration : fantasmes et réalités »*.

Son exposé, à l’opposé de la perspective donnée par nombre de médias et de quelques idées reçues, s’appuie sur les quatre axiomes qui sous-tendent les politiques européennes d’immigration.

« Il est possible d’endiguer l’immigration par des mesures administratives et policières. »

Comme le montrent toutes les études sociologiques et anthropologiques, notre histoire est une histoire de migrations. La migration n’est en fait que l’expression la plus ancienne de la plus élémentaire des libertés : la liberté de mouvement, et toute tentative visant à l’arrêter a échoué notamment du fait de stratégies de contournement.

Les migrants actuels ont conscience que la migration est un droit fondamental qui ne devrait pas être l’apanage des seuls ressortissants des pays riches.

Instaurée sous la Révolution française, la liberté de constituer un marché national a eu entre autres répercussions de placer la migration au cœur de notre système économique et social. Jusqu’à aujourd’hui la liberté du marché du travail et, par conséquent, celle de mouvement des travailleurs ont été défendues par le patronat. Autre élément « en faveur » des mouvements migratoires : la diminution du prix des transports et des communications induite par la mondialisation.

À l’heure actuelle, le nomadisme du travail se voit confronté à la concurrence du nomadisme des capitaux financiers, capital dominant s’il en est.

Selon l’Union européenne, il y a 4,5 à 8 millions de personnes en situation irrégulière sur le territoire européen ; d’après l’OCDE**, chaque année 500 000 personnes traversent les frontières sans papiers. Force est de constater que les États ne possèdent pas le pouvoir d’endiguer ou de contrôler la migration.

– « Nous serions menacés de submersion et l’équilibre social et économique serait en péril. »

Pour l’ONU, un migrant est une personne qui s’installe pour un an ou plus à l’étranger ; il y a environ 200 millions de migrants à travers le monde, un chiffre en augmentation lente et régulière. Et même si la majorité des migrants est issue de pays pauvres, seulement 45 % d’entre eux cherchent à rejoindre un pays riche.

Contrairement à une idée reçue, la misère n’est pas la première cause d’émigration, et les foyers d’émigration sont toujours bien circonscrits.

Ce serait plutôt l’absence de perspective qui serait le déclencheur des migrations. D’après un sociologue américain, un individu placé dans une situation insupportable n’a qu’une alternative : la fuite ou la protestation. Mais pour que protestation il y ait, il faut qu’elle puisse se manifester et devenir collective. Or, dans les pays de départ, la liberté d’expression et la liberté d’association existent peu. Ainsi, pour lutter efficacement contre l’immigration, il faudrait mieux y imposer la démocratie.

Il est avéré que les sans-papiers trouvent facilement du travail ; il y a donc une forte demande en main d’œuvre en situation irrégulière – une main d’œuvre craintive et moins exigeante.

Certaines études sociologiques ont relevé un paradoxe apparent qui met en regard la croissance du nombre de migrants en situation irrégulière et le durcissement par les pays développés de leur législation sur le travail illégal qui réduit la migration légale mais pas l’illégale.

Quant à la politique d’expulsion, elle ne concerne qu’une fraction infime des sans-papiers mais a en revanche pour effet de maintenir les migrants dans la peur.

– « En période de crise, on ne peut pas absorber l’arrivée de main d’œuvre supplémentaire. »

Cette argumentation ignore qu’il n’y a pas qu’un seul et unique marché du travail ; en effet, il en existe plusieurs, avec des demandes mais aussi des conditions d’emploi très différentes.

Il n’est pas inutile de rappeler ici que le président du syndicat patronal de l’hôtellerie française réclame actuellement cinquante mille régularisations dans son secteur !…

– « Le développement des pays d’origine permettrait de limiter la migration de leurs ressortissants. »

Penser ainsi c’est ignorer qu’une des ressources essentielles de ces pays est constituée par le transfert de fonds des migrants vers leurs familles. À court terme, c’est un moyen rapide et efficace pour obtenir des ressources.

De plus, le migrant acquiert des compétences dont il fait ensuite bénéficier à moyen terme son pays d’origine. Là, le développement commence en général par celui du monde agricole ; il est suivi par une migration des campagnes vers les villes mais, l’environnement urbain n’offrant pas immédiatement des conditions satisfaisantes de développement, on retrouve une situation favorable à la migration vers un pays étranger. Ce n’est qu’à partir d’un nombre d’années conséquent que les choses se stabilisent. Il est faux par conséquent de prétendre que le développement des pays permettrait de limiter la migration.

Robert Mégy

* Immigration : fantasmes et réalités – Pour une alternative à la fermeture des frontières, sous la direction de Claire Rodier et Emmanuel Terray, La Découverte, 2008.

** Organisation de coopération et de développement économique.

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Gazette 75 Toungaranké

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Une pièce, un débat, des actions

Vous connaissez la boisson au gingembre ? Elle est délicieuse : poivrée et sucrée à la fois, vivifiante, tonifiante, saine. Cette soirée était à l’image de cette boisson. C’était la soirée des migrants. Nous les avons découverts, avec leur énergie, leurs espoirs, leurs actions, leur organisation.

En première partie, nous avons pu voir une courte vidéo sur les ateliers de théâtre puis un film de la pièce Toungaranké, traduction de « migrant » en soninké, langue parlée par l’ethnie du même nom, originaire d’Afrique de l’Ouest, très représentée dans la région parisienne de par la tradition d’émigration pratiquée par les Soninkés. Cette pièce est née de la rencontre de Fabrica Teatro avec Gare au théâtre en 2006, lors du Festival « Nous n’irons pas à Avignon ». Dans ce cadre Fabrica Teatro a proposé une intervention sous forme d’atelier-théâtre au foyer de travailleurs migrants ADEF de Vitry-sur-Seine. Puis, suite à sa rencontre propose un atelier-théâtre. Une cinquantaine de personnes y participe au cours de l’année et un groupe se forme pour créer la pièce. Le dialogue et le partage entre les participants s’organisent autour du thème de la migration et la pièce s’écrit en commun. Le récit exprimé plus par les corps que par les mots commence par la vie au Mali où ils étaient tous cultivateurs puis le désir de partir, le voyage avec pour certains les dangers de la mer, puis l’arrivée en France, à Paris ; les difficultés pour se repérer, trouver un logement, un travail… Il se termine sur une scène de panique en pleine nuit : la rafle de février 2008 au foyer Terres au curé. Pour Fabrica Teatro, le théâtre n’est pas seulement une expression artistique mais aussi un moyen de communication et de réflexion sociale. « Le théâtre était à l’origine un moyen d’expression, de dialogue, de revendication ; ce n’est qu’après qu’il est devenu intellectuel, mondain » rappelle Mayle Sanchez, directrice artistique de la compagnie.

Ce travail a permis aux acteurs d’exprimer leurs sentiments, de partager avec un public leur récit de vie sans dévoiler leur intimité ; il les a aussi obligés à aller vers l’extérieur, à parler d’eux afin de changer le regard de l’autre.

Lors du dialogue qui a suivi la projection du film, d’autres migrants présents dans la salle ont évoqué une suite possible, le retour du migrant expulsé par exemple, et ont proposé des variations sur certains thèmes. Certains sont venus vers Mayleh pour lui dire qu’ils souhaiteraient eux aussi faire du théâtre ; ce qui, nous confie-t-elle, est sa meilleure récompense.

Les travailleurs qui vivent en foyer sont tous très proches de leur famille restée aux pays et de leur village. La plupart d’entre eux leur envoient entre 40 % et 60 % de leurs revenus ; très nombreux sont ceux qui cotisent chaque mois à une association créée pour aider au développement de leur village. C’est grâce à eux que peuvent se construire dispensaires, écoles et que de nouveaux projets agricoles voient le jour. L’évolution des conditions climatiques a rendu inefficaces certaines techniques anciennes, comme le brûlis. C’est pour se renseigner sur d’autres possibilités de cultures plus respectueuses de l’environnement qu’un groupe de migrants, issus de la région de Kayes et soutenus par l’association AARAO[1] est allé à la rencontre d’agriculteurs français en Ardèche et a ainsi tissé des liens avec trois lieux de formation et de réalisation : Le Viel Audon (village coopératif), Terre & Humanisme (agro écologie) et l’association Geb-Nout.

C’est ce voyage et les actions en cours dans leur village d’origine qui sont racontés dans le second documentaire plein d’émotions. Beaucoup de migrants étaient interviewés : ambulanciers, travailleurs du BTP, de société de nettoyage, de service de sécurité, tous plein d’énergie, d’idées, pour développer une agriculture adaptée et pensée dans leur village. On découvre des jardins superbes avec des légumes gorgés de soleil. Cette culture est le fruit d’un effort partagé entre les migrants, les familles restées au pays et de jeunes paysans français respectueux de la nature et qui se sentent beaucoup plus proches des paysans africains que des paysans beaucerons. C’est impressionnant de voir comment ils réussissent à apprivoiser la terre. En deux ou trois ans, une surface qui ressemblait à une chape de béton est transformée en une terre aérée, enrichie avec du compost savamment confectionné. Les migrants, élèves très attentifs à l’écoute des explications, découvraient un autre environnement, d’autres pratiques et un dialogue chaleureux et constructif s’est construit avec des agriculteurs, formateurs ou stagiaires, assez étonnés de voir débarquer ce groupe d’Africains.

À la fin de la projection, les participants ont partagé leurs impressions dans une ambiance conviviale et une écoute de grande qualité. Le temps a manqué pour échanger sur les différents projets portés par les migrants et regroupés au sein de la « pépinière » d’AARAO-Les Messagers. Comme le souligne Madihery Diaby, président de l’association et qui a créé une association pour le développement de son village à Madalaye (Mali), il ne suffit pas d’envoyer de l’argent, il faut transmettre des idées, du savoir-faire, monter des projets au village. Et pour cela les compétences de tous sont nécessaires.

Alors n’hésitez pas à contacter l’association.

Le dialogue a continué autour de délicieux « pastels » et boissons au gingembre et à l’hibiscus préparés par AFAF 13 et des rendez-vous ont été pris pour prolonger cet échange.

Contact : AARAO-Les Messagers : aarao-coordination@gmail.com

Marguerite Fatus : 06 28 06 30 38

Madihery Diaby : 06 73 80 99 05

MCD


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Gazette 75 La Bienvenue

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

À l’écoute du quartier

Rue de la Butte aux Cailles : c’est une rue très animée le soir, de plus en plus branchée, les décors s’y renouvellent mais le numéro 17 reste fidèle à l’image des années cinquante. Une façade modeste, puis une sorte de couloir et une salle au fond.

Au commencement, en 1958, la petite maison est achetée par l’église réformée de France grâce à un don de Françoise Perotte. Cette militante très ouverte et dynamique avait vendu sa maison de Normandie afin de créer un espace mis au service du quartier. Le pasteur Rognon et sa femme Marcelle faisaient équipe pour animer le lieu, l’un comme l’autre travaillait en usine, ils étaient donc moins présents que Françoise Perotte.

C’était la période de la guerre d’Algérie, celle des prêtres ouvriers, de l’alliance avec les communistes et le temps d’un œcuménisme nouveau. Ce fut aussi une époque au cours de laquelle les chrétiens progressistes s’investissaient dans des actions ouvertes à tous.

Au début, les réunions d’études bibliques voisinaient avec des rencontres du groupe Croix Bleue*, des réunions culturelles, la bibliothèque fonctionnait au service de tous.

-1970, c’est le départ en retraite de Mademoiselle Perotte, les Rognon viennent habiter au 1er étage, ils animent des rencontres qui abordent des problèmes plus sociaux et politiques. Des conférences « connaissance des hommes et du monde » donnent souvent l’occasion d’analyser les grands mouvements du monde. Les études bibliques se poursuivent entre catholiques, protestants et, c’est nouveau, des athées.

-1974 L’association « les Amis de la Bienvenue » est créée afin que les habitants du quartier prennent une part active à l’animation et à la gestion des projets.

-1994 Depuis 20 ans, l’association est animée par un conseil d’administration riche d’une douzaine de personnes qui se réunissent régulièrement.

-Au fil des ans, fidèle à l’esprit des fondateurs, l’équipe répond à de nouveaux besoins : accompagnement des chômeurs, animations périscolaires, cours de français langue étrangère pour ceux qui arrivent de partout, soirées-débats, atelier d’écrivain public.

Des liens informels se sont noués avec d’autres associations (CLAP, ATD Quart Monde, Centre social, Solidarités nouvelles face au chômage, différentes écoles, la paroisse protestante de Port Royal).

La Bienvenue, lieu de rencontre et de solidarité.

Lors de ma rencontre avec Laurent Barban et la bibliothécaire, toute l’équipe était mobilisée autour d’un apprenant africain en grand danger d’expulsion. J’ai ressenti combien Diaguely Cisse avait trouvé ici une grande famille et combien les « Amis » prenaient la chose à cœur.

Et les enfants ? Les ateliers fonctionnent dans l’esprit de la méthode Freynet : ateliers lecture, dessin, conte, préparation aux métiers, fabrication de journaux. Il ne s’agit pas d’aide aux devoirs mais d’une pédagogie centrée sur l’enfant et ouverte sur le monde extérieur.

Ateliers pour adultes, ils viennent de partout, Asie, Afrique, Amérique latine, certains sont totalement analphabètes, d’autres instruits dans leur langue d’origine. Répartis dans 16 ateliers, il est facile de comprendre qu’il s’agit presque de leçons particulières tant les besoins sont variés et les apprentissages inégaux. L’enseignement demande donc de nombreux bénévoles d’autant plus que le souci d’ouvrir à d’autres cultures et d’apprendre à se connaître fait totalement partie de la démarche.

La bibliothèque

La préoccupation principale semble être de correspondre à toutes les cultures, les sensibilités. Notre bibliothécaire se préoccupe donc de proposer des livres de qualité accessibles à des lecteurs très différents. Je peux témoigner que pour ce qui concerne le fonds, c’est-à-dire les livres parus depuis un certain temps, le choix est excellent.

Vraiment pour tous ?

Financièrement, la seule obligation est la cotisation qui se monte à 20 € par an.

Moyennant cette modeste participation, vous pouvez emprunter des livres et participer à tous les cours, conférences, permanences et autres réjouissances.

La Bienvenue, 17 rue de la Butte aux Cailles tel : 0145 85 60 02

Permanence d’accueil, les mercredis de 10h à 12h et de 16h à 18h.

Mail : amisdelabienvenue@tele2.fr

Site : www.la-bienvenue.org

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Gazette 75 OPA sur l’école publique dans le 13e comme ailleurs

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

1905 Séparation de l’Église et de l’État

20.. Séparation de l’école et de l’État ???

Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, la sape bien orchestrée de l’Éducation nationale a redoublé d’intensité.

La recette est simple : vous commencez par diminuer le nombre de postes et vous supprimez des classes. Cela conduit à des classes surchargées, des conditions de travail de plus en plus difficiles et a pour conséquence une détérioration progressive de la qualité de l’enseignement. Pour que les choses aillent plus vite (car il faut tout casser, vite, vite, vite) vous supprimez la carte scolaire. Parallèlement à cela, vous permettez aux établissements privés de se développer en les aidant financièrement (et oui nos impôts servent aussi à ça !). Alors, certains parents qui en ont les moyens retirent leurs enfants des établissements publics pour les inscrire dans le privé. Il y a ainsi un peu moins d’élèves inscrits, on peut de nouveau supprimer des postes et fermer des classes… Voilà comment on casse la mixité sociale et comment on va jusqu’à l’agonie de l’école en tant qu’institution de la république laïque. Il suffit de bien initier la destruction et le reste suit. Assez machiavélique non ?

Bien sûr, quelques établissements choisis sont épargnés et servent de vitrine. Mais, globalement, l’Éducation nationale commence à être moribonde et les établissements privés s’épanouissent grâce en partie à nos impôts. Il est facile dès lors de mettre les établissements en concurrence.

La carte scolaire dans le 13e

La sectorisation

Elle a été mise en vigueur en 1963. Elle concerne les établissements primaires (maternelles et écoles élémentaires) et les collèges ; les lycées n’y sont pas soumis. Les secteurs répartissent les établissements scolaires en fonction du domicile familial. La définition est simple : 1 adresse = 1 école (voir http://perimsco.paris.fr pour Paris). Les contours des secteurs sont définis par la mairie. Ils ont bougé au fil de toutes ces années, mais la sectorisation n’avait jamais été remise en cause jusqu’à l’ère Darcos. Les collèges du 13e sont majoritairement situés sur un axe nord-sud, rendant difficile une répartition simple. En revanche, pour les écoles primaires, les contours étaient plus simples à dessiner ; et pourtant leurs contours apparaissent parfois surréalistes. On pouvait noter de véritables enclaves à l’intérieur d’un autre secteur tel Berlin-Ouest en pleine Allemagne de l’Est (pour faire référence à des idées modes) ! C’était bien souvent le résultat de lutte de pouvoir entre directeurs d’école. Depuis 8 ans, la mairie a essayé de rationaliser les choses, en gommant toutes les petites verrues. Cette carte s’est donc plutôt globalement améliorée.

Maintenant, avec l’ère Darcos, la carte s’est considérablement assouplie (il était difficile de la supprimer complètement car il aurait fallu changer la loi). Il y a environ 20 % de demandes de dérogations. Ces demandes sont faites auprès du rectorat auprès de la mairie pour les écoles primaires et auprès du rectorat pour les collèges, selon des critères définis (mode de garde, famille monoparentale, handicap…). En 2007, X. Darcos a décidé d’assouplir les règles et le rectorat de Paris a encouragé les demandes de dérogation pour les collèges. Ce changement, que l’on aurait pu imaginer positif car moins rigide, a des conséquences très néfastes. On ne peut que faire le constat de la dégradation de la mixité sociale. Alors que X. Darcos mettait en avant à la rentrée 2007 le fait que 82 % des boursiers avaient obtenu leur dérogation (contre 47 % pour les non-boursiers), un examen un peu plus attentif montre que seuls 11 élèves boursiers avaient demandé une dérogation (que 9 ont obtenu) à Paris, à comparer aux 2 793 demandeurs non boursiers. Une fois de plus, on a monté en épingle quelques élèves boursiers pour cacher les ravages de la sélection sociale en action.

La sectorisation stricte avait pour avantage de favoriser la mixité sociale relative (relative, car la population d’un quartier n’est pas aléatoire), et de tisser des liens de voisinage importants et durables. Il est clair que les adultes d’un quartier font bien souvent connaissance par le biais des enfants, ils sont amenés à se côtoyer, à se rencontrer dans la rue, au marché et faire un petit brin de causette, échanger. Un véritable réseau se crée. Il est évident que si les enfants vont à l’école dans d’autres quartiers ces relations de voisinages ne peuvent être aussi développées. Les parents, tout comme les enfants, sont beaucoup plus isolés. Par ailleurs, cette sectorisation permettait de prévoir les effectifs des années à venir et donc de pouvoir anticiper les besoins en classe dans les différents secteurs.

La remise en cause de la carte scolaire a donc deux conséquences très néfastes : la perte de la mixité sociale et l’impossibilité d’avoir une politique scolaire à long terme cohérente.

Les fermetures de classes

Les ouvertures et fermetures de classes sont du ressort de l’Éducation nationale. Elles sont faites d’après un contexte démographique et politique. La mairie de Paris intervient par sa présence au conseil départemental de l’Éducation nationale qui n’a qu’un pouvoir consultatif. Cependant, le rectorat ne peut faire fi de demandes très fortes émanant de la mairie. Depuis quelques années, le ministère diminue le nombre de postes et le recteur a pour consigne de rendre le plus possible de postes. Depuis 10 ans, le 13e arrondissement a été l’arrondissement parisien le plus touché : 3 classes perdues à la rentrée 2007, 1 à la rentrée 2008, 2 encore à la rentrée 2009. Et ce, alors que l’effectif scolaire global du 13e est stable (les nouvelles familles arrivant sur la ZA Paris Rive Gauche compensant le vieillissement du centre de l’arrondissement).

La répartition des postes n’est malheureusement pas toujours effectuée avec une vision éclairée des effectifs et aboutit parfois à des absurdités qui peuvent avoir pour conséquence des fermetures de classes inopportunes. L’arrivée des enfants du baby-boom de 1997-2000 à l’école élémentaire et au collège aurait largement pu être mieux anticipée par exemple.

Les RASED

Les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) existent depuis 1990 et concernent les établissements primaires, notamment les classes élémentaires. Ils sont constitués d’enseignants spécialisés et de psychologues. Un réseau complet est constitué d’un maître E (pour les difficultés d’apprentissage), d’un maître G (pour les difficultés d’adaptation à l’école) et d’un psychologue. Ils interviennent auprès d’élèves en difficulté sur demande de l’enseignant ou des parents et dans tous les cas requièrent l’accord des parents. Chaque école est affiliée à un RASED et chaque RASED a en général la charge de 3 à 4 écoles. Généralement, un RASED s’occupe d’une centaine d’élèves. Cette organisation fait le lien entre l’école et les parents. Bien que se déroulant au sein de l’école, elle développe des relations nouvelles et différentes avec les élèves. Les aides sont très personnalisées, très souples. Un RASED peut intervenir ponctuellement auprès d’un élève mais il peut également le suivre sur l’année si cela est nécessaire.

Le 13e est constitué de trois circonscriptions. Il existait 45 RASED pour les 63 écoles de l’arrondissement. Ce chiffre était insuffisant car tous les réseaux n’étaient pas constitués des 3 intervenants. Maintenant, la situation est bien pire. Les RASED ne sont plus menacés, ils sont en train d’être exterminés à petit feu comme le reste. À la rentrée 2009, 11 postes viennent d’être supprimés !!! Cette organisation était un bel et indispensable effort de l’Éducation nationale qui dans l’ensemble a du mal à répondre aux difficultés particulières des élèves et ne sait pas gérer les cas qui sortent de la norme. Cette organisation est là pour ça, pas seulement pour apprendre mais pour redonner le désir d’apprendre. Au lieu de renforcer cette organisation, le gouvernement veut la supprimer, supprime l’école du samedi matin et met en place 2 heures de soutien scolaire individualisé pendant l’heure du repas de midi !!! Ce dispositif qui a été un fiasco complet pendant l’année 2008-2009 est néanmoins renouvelé.

Est-ce que c’est normal d’avoir peur quand on va à l’école ?

RESF et les enfants de sans-papiers.

RESF (Réseau d’Éducation Sans Frontière) a été créé en 2004 à l’initiative de syndicats d’enseignants et personnels de l’Éducation nationale confrontés à des situations dramatiques et inhumaines, et a été très vite rejoint par les associations de parents d’élèves. RESF n’est pas une association mais un réseau très réactif grâce en partie à l’utilisation d’internet et des téléphones portables. L’organisation n’a pas de dirigeants, mais fonctionne au consensus. Cette particularité a probablement été très bénéfique pour l’implication de certains actifs de RESF. En effet, ce réseau est un lieu de dialogue et d’échange très ouvert qui, par exemple, touche des parents d’élèves qui ne sont pas par ailleurs dans des associations. La demande de RESF est la régularisation de tous les élèves scolarisés. Cela signifie la régularisation des élèves majeurs et la régularisation des familles d’élèves mineurs.

Dans le 13e, le réseau est associé avec celui du 5e arrondissement. Il travaille en étroite collaboration avec la Ligue des Droits de l’Homme, notamment pour les questions juridiques ; et est en lien avec la CIMADE (Comité Inter Mouvements Auprès Des Évacués) et le GISTI (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés).

Concrètement le rôle de RESF est de détecter les cas d’élèves sans papiers afin de les aider et de pouvoir anticiper les drames. En effet, bien souvent les élèves ont peur et ne se manifestent pas d’eux-mêmes. Des affiches existent dans les établissements scolaires pour indiquer aux élèves les responsables de RESF à joindre. Les CPE des établissements ont aussi un rôle important dans le dispositif. Ce sont bien souvent eux ou les directeurs d’établissement qui savent et qui contactent RESF.

Dans le 13e, comme dans le 12e et le 14e par exemple, existent des parrainages et marrainages d’enfants sans papiers. C’est un baptême républicain qui a lieu à la mairie. À cette occasion, les parents fournissent aux parrains/marraines les photocopies de tous les papiers dont ils disposent qui prouvent qu’ils travaillent ici et vivent ici (quittance de loyers, EDF, carnet de vaccinations, acte de naissance, taxe d’habitation, feuille d’impôt sur le revenu…). Et oui, cela peut paraître surréaliste de voir que les sans-papiers ont en réalité plein de papiers et qu’ils travaillent car en revanche ils n’ont pas droit aux aides sociales ! Ce parrainage permet en cas d’arrestation de réagir très vite, de pouvoir fournir tous ces papiers immédiatement et de montrer que la famille n’est pas seule.

Les parents d’élèves

La FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves) est l’association de parents d’élèves la plus représentée. Elle est présente dans de nombreuses instances (académie, mairie, conseil d’école, conseil d’administration, commission d’appel, commission de dérogation, caisse des écoles…). L’autre association est la PEEP (Fédération des Parents d’Élèves de l’Enseignement Public) avec qui les rapports sont globalement bons même si les grands principes des 2 associations ne sont pas les mêmes.

Les grands principes de la FCPE sont la gratuité, la laïcité et la nécessité de réussite pour tous les élèves.

Dans le 13e, la FCPE est présente dans presque tous les établissements (à l’exception de quelques écoles, surtout des petites maternelles et des lycées professionnels). Une de ses réussites est d’avoir participé à l’action qui a permis d’éviter des fermetures de classes comme au 47 avenue d’Ivry ou au 33 place Jeanne d’Arc, par exemple. Les parents avaient occupé, non pas le bureau du directeur ce qui se pratique plus classiquement, mais les classes. La situation s’était réglée rapidement !

Les rapports avec l’administration des établissements sont globalement bons. Chacun a sa place avec ses droits et ses devoirs. Cependant, dans la pratique, il est parfois difficile de faire respecter tous les droits (conseils de classe après 17 h, droit de voir les dossiers avant les conseils, distributions de certains documents aux autres parents, empêcher la tenue de préconseil de classe). Malgré ces constatations qui peuvent paraître négatives, de nombreuses collaborations au sein des établissements sont possibles. Dans les cas d’élèves sans papiers par exemple, une belle solidarité a toujours existé.

Quelques chiffres

63 écoles primaires

11 collèges

3 lycées d’enseignement général

2 lycées d’enseignements techniques

7 lycées professionnels

1 300 élèves en 6e par an dans l’enseignement public

À Paris, 1/3 des élèves sont dans des établissements privés

Dans le 13e, 20 % des élèves sont dans des établissements privés

Resf Paris 5e et 13e : numéro de veille : 06 37 86 45 32

Permanence tous les samedis matins de 10h à 12h et le 2e et 4e mercredis de chaque mois à la Maison des associations, 11 rue Caillaux 75013 Paris.

Avec des propos recueillis auprès de Dominique Delande

(responsable de l’Union locale de la FCPE du 13e jusqu’en 2008)

Nicole Efini !

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Gazette 75 Quand le sport « bouste » les écoliers

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Elle en a fait son combat, Brigitte Muller depuis des années milite pour le sport à l’école. Fille de gymnastes accomplis, elle a très tôt fait sienne l’idée que le fait d’être bien dans son corps favorise le développement de l’esprit.

Une conviction qui s’est concrétisée en 2004 par la création de l’association « Sport, Culture Choisy Perret ». Elle prenait la suite de Monsieur Martin au sein d’une structure dépendante de la Direction de la Jeunesse et des Sports.

Sa fonction de directrice et d’animatrice exigeait un diplôme, qu’à cela ne tienne, la voilà lancée dans de sérieuses études afin d’obtenir le fameux sésame, le brevet d’État ouvrant à l’exercice de sa charge.

Brigitte Muller fut, tout à la fois, professeur de sports, gestionnaire, trésorière pour le plus grand bien des enfants qui s’éclatent chaque semaine au cours des « mercredis du sport ». Mercredis voués à l’entraînement : gymnastique, piscine, basket, foot, cirque, rollers, agrès.

Accro de la piscine, elle a sélectionné parmi les candidats les élèves de CM1 qui n’avaient pas d’entraînement nautique au programme et les CM2 non nageurs, il faut dire que les places sont rares : 130 places pour de nombreux candidats. Rares mais accessibles, en effet la cotisation pour l’année se monte à 35 € et, pour les familles en difficulté, le comité olympique prend en charge la moitié de la somme. Pour les parents, la prise en charge est complète, de 9 h 30 à 11 h 30, le centre de loisirs assure l’animation, après la cantine, c’est le club sportif qui prend le relais. Pour notre fervente du sport qui poursuit l’enseignement en cours moyen, rien ne vaut le sport pour favoriser une attention soutenue en classe. Les enfants ont besoin de bouger, de jouer, de découvrir les joies du mouvement, et comme dit cette fervente de la gymnastique « être bien dans son corps » influe sur les relations au travail, facilite les rapports aux autres, apporte un équilibre et une joie de vivre qui rejaillissent avec bonheur au quotidien. En plus du préau, différents stades du quartier sont ouverts aux apprentis champions. Dans notre quartier cinq écoles bénéficient de l’apport d’activités sportives, il n’y a pas partout de fans à l’image de Madame Muller et c’est bien dommage.

Brigitte Muller entraîne déjà son petit-fils, un bébé de quelques mois, elle a donc laissé la place à Roland Gilemot, professeur de sport de la ville de Paris.

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Gazette 75 Fichés!

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Des collectifs s’opposent au fichage des élèves.

Le collectif finistérien de résistance à « Base élèves » a déposé le 9 décembre dernier devant le tribunal de grande instance de Quimper, comme dans une vingtaine de départements français, une plainte contre X concernant la mise en place du fichier « Base élèves ». Utilisé depuis 2007, il s’agit d’une application d’aide à l’inscription des élèves et à la gestion pour les directeurs d’école et les mairies de France. Depuis son instauration, beaucoup craignent un fichage des enfants et des familles. À l’été 2008, le ministre de l’Éducation nationale Xavier Darcos avait d’ailleurs pris la décision de retirer les informations sujettes à polémique comme la nationalité, l’année d’arrivée en France et la culture d’origine. Le collectif juge cette collecte illégale et appelle les parents à porter plainte au motif qu’elle nécessite une autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, que les familles sont peu informées de son existence et que la sécurisation des données n’est pas satisfaisante.

Plus d’informations :

http://retraitbaseeleves.wordpress.com/

http://www.cnil.fr/la-cnil/actu-cnil/article/article//base-eleves-1er-degre-mode-demploi/

http://eduscol.education.fr/cid47676/systeme-information-premier-degre.html

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Gazette 75 C’était un petit jardin…

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Un projet d’école

Lorsque l’on passe dans la rue du Dr Laurent, notre œil est attiré par un épouvantail. Insolite un épouvantail, un vrai ! À Paris ! Et que découvre-t-on autour de cet épouvantail ? Un petit jardin qui sentait bon le…

C’est un petit bijou. Sur une surface très limitée, le nombre de variétés cultivées est impressionnant, légumes, framboisiers et fleurs. Ça sent bon ! C’est un petit havre du temps retrouvé, les saisons y défilent tranquillement, chacune avec ses couleurs, ses senteurs. C’est bon, c’est rassurant. On s’attarde et on se plaît à penser que la ville a retrouvé son humanité, que les caméras de surveillance c’est de la mauvaise science-fiction, que le monsieur au coin de la rue n’est pas là à faire la manche pour survivre, mais pour profiter du jardin, que les sans-papiers qui longent le mur, rongés par l’angoisse de se faire attraper, se protègent en fait du soleil, que l’on vit tout simplement… normalement !

Ce petit jardin est entretenu par une passionnée qui ne peut vivre sans gratter la terre, la retourner, la bêcher, la travailler, la semer, l’arroser et… récolter. Elle a avec elle des petits bambins, futurs jardiniers (es) en herbe pour semer et récolter.

C’est une belle histoire qui a commencé avec des pots et des bacs en plastique dans la cour. Puis, le projet a pris une tout autre dimension parce qu’une personne a eu l’envie et la volonté de faire, parce que l’équipe d’enseignants a tout de suite compris la richesse de cette idée et parce que l’administration a eu figure humaine. La mairie a donné un sérieux coup de pouce en détachant une personne pour réaliser ce projet de jardin. Quand on ouvre la porte de l’école maternelle Damesme, on réalise que le projet est bien plus ambitieux : c’est un véritable projet d’école. La personne bénévole qui fait le jardin avec les enfants a une activité qui va bien au-delà du jardin. Elle vient régulièrement à l’école. Elle arrive avec des fruits, des légumes ou bien encore des plantes exotiques. Les enfants découvrent, observent, décrivent et dessinent ce qu’ils voient. Les parents participent aussi ; les enfants font eux-mêmes leur compost et les parents y mettent la main. La récolte des fruits et légumes est bien appréciée. Pendant la semaine du goût, par exemple, les enfants ont fait une soupe qu’ils ont pu ensuite déguster.

Derrière ce petit jardin, il y a une vilaine construction au milieu du béton. À quoi sert-elle cette construction ? Et ce béton ? À quoi sert-il ? À faire propre-net-facile-à-balayer ? !!! La réhabilitation des cailles à la butte paraît difficile certes, mais poules, coq, couvées, canards, lapins, pourquoi pas ? Un joli poulailler bien fourni à la place de la vilaine construction, qui serait contre ? Sûrement pas les enfants !

Ella Kekchosadir

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Gazette 75 Du côté de la rue Würtz

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

La Gazette a décidé d’interviewer des enseignants dans une école primaire et un lycée de notre XIIIe.

Pour le niveau CP-CM2 c’est à un professeur de l’École Würtz que nous donnons la parole.

G.M. (de La Gazette) : Comment ressentez vous les réformes qui se succèdent depuis 10 ans à votre niveau d’enseignement ?

A.L (CM2 à l’École Würtz): On présente une réforme nouvelle chaque année ou presque. Je pars de la suppression des RASED : (personnel spécialisé et formé pour l’aide à des enfants en difficultés psychologiques) : on l’a décidée, semble-t-il, « selon les résultats de l’évaluation », alors que ces deux questions sont différentes. Cette façon de procéder : amalgame trompeur de 2 réalités différentes permet d’entretenir le flou et d’empêcher la compréhension du public. Ceci m’amène à préciser que cette évaluation des élèves, qui se faisait auparavant en CE2 (début du cycle 3) et en 6e, se fait actuellement au niveau des CE1 et des CM2. Elle a lieu en janvier, très tôt dans l’année scolaire, et on demande aux élèves des réponses qu’ils ne pourraient donner que beaucoup plus tard, car les sujets proposés n’ont pas toujours été traités à cette période de l’année. Auparavant les critères visaient à relever les acquis positifs ; maintenant l’évaluation est moins nuancée : s’il y a 3 erreurs, l’élève est jugé n’être pas au niveau, même si une majorité de réponses est bonne. C’est une évaluation « couperet » qui ne correspond pas à la volonté affichée : améliorer le taux de réussite des élèves. Par ailleurs cette évaluation se faisait collectivement : un samedi matin, les enseignants discutaient et débattaient sur le sens des réponses données, maintenant on propose une prime de 400 € à l’enseignant qui évalue ses propres élèves. On individualise la réponse et même les enseignants qui voudraient partager cette prime au bénéfice d’un travail collectif, se voient déboutés de leur demande.

Par ailleurs, alors que la semaine de travail a été amputée de 3 heures, on demande de plus en plus aux enseignants : ont été ajoutés aux programmes histoire de l’art, informatique, anglais. Si cela semble alléchant car correspondant à une ouverture d’esprit et une adaptation à l’évolution de la société, on ne débloque aucun moyen pour former les enseignants à un travail correct, de qualité.

Quant à la fameuse « aide personnalisée » aux enfants en difficulté d’apprentissage, elle est envisagée sans souplesse aucune, 2 ou 3 fois par semaine à la fin de la matinée, ce qui retarde le repas des enfants concernés, et les trouve peu concentrés, car ils sont fatigués par leur matinée et ont faim, ce qui empêche aussi les maîtres de se retrouver à la cantine avec leurs collègues pour des échanges humains nécessaires. On ne veut pas envisager de reporter cette aide à un autre moment de la journée ou le mercredi matin.

Je ne veux pas allonger la liste des ratages, mais supprimer les IUFM nuit évidemment à la formation des maîtres, supprimer des postes d’enseignants conduit à sous-employer 200 enseignants titulaires, qui se retrouvent évidemment sans poste, supprimés comme les stages qui étaient offerts auparavant, et ne le sont plus. On demande donc toujours plus de travail aux maîtres et aux élèves dans un emploi du temps comprimé qui conduit à une accélération des cadences au détriment de la tranquillité d’esprit indispensable à une bonne assimilation des connaissances.

Tout le monde, maîtres et élèves, est conduit à se culpabiliser ; il faut être hyperactif. C’est le stress assuré pour tous et la démolition de la qualité d’un service public. On a beau jeu alors de se retourner vers l’aide de l’école privée.

C’est ce qui arrive parfois, car nous vivons sous le règne de l’enfant-Roi, à qui il ne faut faire aucune remontrance, que les parents soutiennent contre le maître, au point de le retirer pour l’aiguiller vers le privé, si on sollicite leur aide pour améliorer le comportement de leur progéniture.

G.M.: Et pourtant, comme vous le reconnaissez, votre secteur scolaire n’abrite pas une population spécialement défavorisée. A.L.: Non, en effet, il n’y a pas de ghetto scolaire.

G.M.: Il ne faut donc pas s’étonner que beaucoup de maîtres, professeurs des écoles marquent leur défiance vis-à-vis des soi-disant projets d’assouplissement de mesures qui marchent mal. Ils se sont exprimés dans une grève le 24 novembre pour montrer leur lucidité et leur volonté de crier « Stop » à la démolition de l’enseignement de base des enfants.

Séraphine

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Gazette 75 À bâtons rompus

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Quand parents et enseignant parlent ensemble de l’école

Grâce à Florence et Igor, la Gazette a rencontré Emmanuelle, Cécile et Olivier : tous sont parents d’élèves, et (ou) enseignants sur le groupe scolaire Perret Choisy. Olivier est enseignant en maternelle et parent d’enfants scolarisés.

D’entrée de jeu, Olivier qui a des enfants en primaire et au collège remarque : « Ce que dit l’école de l’enfant rejaillit sur les parents ».

Pour Olivier, l’école maternelle est en cours de transformation. À l’évocation des classes novatrices des années soixante, lorsque la priorité s’attachait à la créativité et que les petits produisaient tant d’œuvres joyeuses, on fait le constat d’une orientation plus scolaire. L’entrée en classe préparatoire intimide, il paraît même qu’elle fait un peu peur, il faut donc s’y préparer, Olivier parle d’un pré-CP, il évoque un travail d’initiation à la lecture et à l’écriture, la créativité en pâtit. Il semble que l’on n’ait pas le temps, il faut penser déjà au primaire, à la réussite, c’est ressenti comme une sorte d’industrialisation.

L’échange s’élargit aux parents pour aborder l’entrée en 6e, le saut est important et plutôt bien vécu. En même temps les lacunes et problèmes accumulés au fil des ans, produisent une difficulté à « suivre » qui se manifeste par des niveaux sensiblement différents au sein d’une classe.

Si « tout ne se joue pas avant six ans », il reste que les premières années sont fondatrices. L’école à elle seule ne peut pas tout, il existe des lieux utiles à bien des parents en butte aux difficultés de leurs enfants. Olivier nous parle du centre médico-pédagogique Claude Bernard, la structure propose des groupes de réflexion ; groupes de parents, d’enfants, groupes de paroles, une réflexion sur l’apprentissage. On évoque aussi le centre Binet* qui aide parents et enfants à mieux comprendre et mieux vivre des situations difficiles, au passage on remarque que bien des parents qui auraient fui autrefois ces lieux liés à la psychothérapie, les abordent plus facilement aujourd’hui.

Florence, Emmanuelle et Cécile ont pris des responsabilités au sein de la FCPE*, Emmanuelle et Cécile furent élèves de l’école Auguste Perret, elles sont attachées à ces classes qui accueillent maintenant leurs enfants. Leur dynamisme est certainement moteur des bonnes relations au sein de l’école entre parents, instituteurs et directeur. Elles racontent le temps qu’il faut pour travailler en confiance avec les acteurs, une patience récompensée, Cécile le dit « l’école est aussi une belle rencontre ».

À les entendre, les enfants du groupe scolaire ont bien de la chance. En comparaison avec ceux des écoles de banlieue, ils bénéficient de nombreuses sorties et de la rencontre avec des intervenants de qualité.

Dans l’ensemble, les enseignants se démènent vraiment pour aider les enfants.

On évoque quelques merveilleux enseignants : Lucie, à Auguste Perret, capable d’initier les enfants aux arts plastiques, peinture, sculpture de la manière la plus vivante et ludique qui soit, Madame Chartreux, à Claude Monet, experte à former des générations de musiciens, Christian Mazet, ce maître g (du RASED) si formidable, qui a aidé tant d’enfants à grandir dans plusieurs écoles du quartier.

Parmi les réalités qui font plaisir, il y a la richesse du melting-pot, ces classes de toutes les couleurs, les fêtes d’écoles nourries des cuisines du monde.

Emmanuelle s’émerveille de la curiosité, de la vitalité des enfants dans le primaire. Comme Florence et Cécile elle fait partie des battantes, une attitude qui permet de mieux apprécier les richesses de l’enseignement primaire dans notre quartier et de se lier à d’autres parents. À les entendre notre école a encore de beaux jours devant elle et, dans le primaire, bien des choses semblent positives.

Tout de même, il y a ce qui fâche

Et d’abord, il y a les « laissés pour compte », élèves en difficulté, handicapés.

La Gazette vous parle de ces fameux RASED, Réseaux d’Aides Spécialisés aux Élèves en Difficulté, instaurés en 1990, ils répondent à un besoin fondamental, celui de remettre en selle ces enfants en souffrance, leur chiffre était insuffisant, aujourd’hui ils sont menacés.

Nous l’avons dit les enseignants, pour la plupart, font un métier qu’ils aiment. Leurs conditions de travail, difficiles, les privent de moyens qu’ils souhaiteraient mettre en place, leurs classes avec des enfants de niveaux différents, on parle de cinq niveaux, nécessitent des dispositions qu’ils ne peuvent assumer.

Comme dans d’autres domaines, une politique de sécurité excessive fait craindre un fichage des élèves, le processus est d’ailleurs en cours, il risque de « figer » des enfants à partir de faits événementiels, de leur créer un « fichier judiciaire » précoce et dangereux.

Le gros problème serait donc le sort de « ceux qui sont mal partis » et du peu de moyens pour les remettre en selle.

Emmanuelle évoque les tracasseries administratives susceptibles de priver de piscine des élèves inscrits à l’association sportive, faute de prise en charge d’une heure vacante par le centre de loisirs. Elle est prête à impliquer les parents dans l’affaire, en tout cas à trouver une solution.

Quand à l’accueil des handicapés, des mesures ont été prises mais pour le moment elles ne sont pas appliquées.

J’ai voulu transmettre la parole de Florence, Cécile, Emmanuelle et Olivier.

Comme dans tous les domaines qui tissent le lien des treizièmois, il suffit parfois de quelques « fervents » pour changer la face des choses, nos amis font partie du club, alors un grand merci à eux quatre et en particulier à Florence et à Igor qui nous ont reçus et régalé d’une framboise subtile.

* Centre Binet, il dépend de l’Association de Santé Mentale du 13e et concerne enfants et adolescents.

*Fédération de Conseils de Parents d’Élèves

Sabine

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Gazette 75 Derrière le square de Choisy

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Le lycée-collège Claude Monet

Derrière le square de Choisy, le Lycée-Collège Claude Monet dresse sa structure en L allongé. Bâti après guerre sur des plans de 1939, il rend impossible la séparation matérielle entre les deux cycles d’enseignement, ce qui, nous le verrons, crée souvent des problèmes.

M.C., professeur d’histoire et géographie, commence pourtant par un satisfecit. Comme toujours les résultats au baccalauréat sont excellents, au lycée l’ambiance est bonne en général, le niveau d’ensemble est très correct.

L’innovation mise en place il y a une dizaine d’années des T.P.E. : Travaux Personnels Encadrés, qui encourage le travail en commun et l’autonomie des élèves, fonctionne bien. L’année de Première ils travaillent par groupes de 2 ou 3, sous la conduite de deux professeurs, et produisent une œuvre sur des thèmes nationaux, comme Prévert et Paris par exemple, qui croise lettres et histoire. Ils sont évalués par d’autres enseignants et les points au-dessus de la moyenne comptent pour l’examen.

Bref tout irait pour le mieux dans le meilleur des établissements possibles, si…

au Lycée il n’y avait pas depuis le début 2008 un net changement de recrutement qui se fait sur des affectations informatisées, donnant un niveau plus hétérogène au niveau de la Seconde, avec des élèves moins motivés pour des disciplines comme les Arts plastiques, par exemple.

Cela ne fait que prolonger la situation parfois préoccupante du collège. Vu le changement de carte scolaire, des élèves de plus en plus nombreux posent des problèmes difficiles à gérer : incivilité, façon polie de dire grossièreté, violence, indiscipline. Et ce n’est pas avec des suppressions de postes de surveillants que peut s’arranger la situation dans un bâtiment où aucun espace n’est réservé à ce cycle d’enseignement. On est face aux problèmes des ZEP dans les écoles, sans les moyens spéciaux affectés à celles-ci.

On a supprimé des classes : seulement 3 sixièmes et 3 cinquièmes, mais imperturbable le Rectorat y affecte toujours le même nombre d’élèves, donc les classes sont surchargées par rapport à d’autres collèges de l’arrondissement. À partir de la prochaine rentrée répercussion de cette surcharge dans les classes de quatrième et troisième.

Comme dans les écoles encore, l’utilisation des TICE (Technologies d’Informatique, Communication et Éducation) est difficile : la région les affecte au lycée, le département au collège, le matériel n’est pas toujours compatible, et souvent il n’y a pas de formation technique suffisante.

Quand il s’agit des Services non enseignants, leur gestion est passée à la région. Beaucoup d’agents ont demandé leur mutation, d’autres sont partis à la retraite, beaucoup de postes ne sont pas pourvus ; d’autres ont été supprimés. Dès qu’il y a un malade on rencontre des difficultés à assurer le ménage, le déjeuner, etc. ;;

Vu les vagues de départ à la retraite des enseignants issus du « Baby-boom » le renouvellement est important et il y a un grand rajeunissement du personnel. Il lui faudra sûrement toute son énergie pour affronter la réforme Chatel, qui doit se faire à la rentrée 2010 et dont personne ne sait rien, ou si peu, au hasard de la lecture de la presse. Or les dotations horaires se produisent dans quelques jours. Bref, opacité sur les changements, unanimité gouvernementale sur la suppression de postes, de classes, au final il y a tout de même lieu d’être inquiet, reconnaît la collègue interviewée, qui n’est pas mécontente de voir s’approcher la fin d’un service qu’elle continue pourtant d’accomplir avec passion.

G. Mennessons

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Gazette 75 Paroles d’Olivier, maître en maternelle

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

Pour moi l’école maternelle s’est déjà en partie transformée. Le travail d’initiation à la lecture et à l’écriture est une mission importante de la maternelle et cet apprentissage figure dans les instructions officielles. Cependant, un travail systématique et mécanique d’écriture sur fiche à la façon du CP est de plus en plus utilisé dans les classes de Grande section. Parce qu’il faut préparer au CP. Il faut rassurer (les parents) et se rassurer aussi. La peur de l’échec est présente chez les parents, chez les enseignants et parfois même chez les enfants. Alors on s’exerce, on fait des exercices… La Lecture, l’Écriture c’est sérieux. C’est vrai, c’est mille fois vrai… et la confiance en soi ? Le plaisir de chercher ? C’est pas sérieux ? La joie de trouver, le bonheur de faire des erreurs qui nous fait découvrir de nouvelles idées (de nouvelles recettes à la façon des sœurs Tatin et de la fameuse tarte !), c’est pas sérieux ? Ce sont des apprentissages essentiels à l’école maternelle. S’il y a bien un endroit où les enfants peuvent expérimenter, essayer, rater, essayer de nouveau, manipuler, fabriquer… c’est à l’école maternelle.C’est cette particularité qui se modifie peu à peu, c’est cette richesse que l’école maternelle perd petit à petit au profit d’un entraînement méthodique, d’un pré-cours préparatoire. L’école maternelle est et doit être une école, elle doit aussi être bien davantage.

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Gazette 75 Un siècle d’école dans notre 13e

Posted by lagazou sur 4 avril 2010

De l’enfant sans droits à l’enfant de tous les droits

Pour commencer, j’aimerais vous parler d’Yvonne, sa mère bossait aux chocolats Lombard, son père partait à 5 heures du matin travailler aux PTT boulevard Brune, il rentrait le soir vers 5 heures, il parcourait le trajet à pied par économie, plus tard il faisait l’ouvreur au Barbizon, il est mort à 37 ans, de fatigue.

Elle fréquentait, dans les années 20 l’école de l’avenue de Choisy ; « j’y ai fait toutes mes études, on était toutes en blouse noire, les différences on les voyait dans les chaussures ».

« Il y a une chose qui m’étonne toujours, aujourd’hui ces pauvres jeunes femmes sont submergées quand elles ont 25 élèves, nous on était 40, on ne l’ouvrait pas, on aurait entendu une mouche voler et j’en sais beaucoup plus que ma petite fille qui a BAC + 5. » Très fière de son école, Yvonne, elle raconte la chorale, elle dit, on ne chantait pas n’importe quoi, elle se souvient des Berceaux de Fauré. Elle aurait aimé continuer mais à 13 ans il fallait travailler. N’empêche qu’avec ses bases et l’école de la CGT Yvonne est devenue une personne vraiment cultivée.

On a bien du mal à imaginer la pauvreté des gens du quartier en ce début du siècle. Suzanne vint au monde à la maternité de Port Royal, quelques jours plus tard, dans la pièce unique où trois grandes sœurs partageaient l’espace avec le lit des parents, le réchaud, le broc, la table. Pour coucher le bébé on a trouvé un tiroir !

Pour la petite fille malmenée par les difficultés, « placée » quand la misère est trop noire, l’école Vandrezanne devient une planche de salut. Cette institution qui a vu tant de générations mérite des pages, si les méthodes ont changé elle reste un lieu de mémoire essentiel. Suzanne dès son enfance avait rêvé d’être maîtresse d’école. Bonne élève, aidée par des âmes charitables, bonnes bourgeoises ou dames patronnesses, elle a pu trouver des « marraines » et entrer à l’école normale. À l’école, elle cachait dans la gêne et une certaine souffrance sa condition misérable et se souvient aussi bien des humiliations subies que des maîtresses qui ont su ménager sa sensibilité.

Plus près de nous, les années 50 ont vu le développement de merveilleuses écoles maternelles. En la matière le 13e fut particulièrement gâté. Germaine Tortel, inspectrice des écoles faisait de la maternelle Stéphan Pichon un terrain d’expérience qui parut fabuleux aux parents des petits. Il en reste un témoignage filmé, Les primitifs du 13e, le document tourné par Pierre Guilbaud, animé par des textes de Prévert et la voix d’Arletty, reçut le prix spécial du jury à Cannes en 1960. Les petits restituent dans la peinture les images de Paris qu’ils ont pu découvrir au cours de leurs sorties, le document fait revivre si bien le quartier qu’il semble qu’on le sente. Il est visible à Paris, au Forum des images aux Halles, à la BnF et au pavillon de l’arsenal à Sully Morland.

Aujourd’hui si l’on sait que cette créativité des très jeunes se développe dans beaucoup d’écoles et d’ateliers, il faut se rappeler que ces primitifs ont tracé le chemin. Sortis de la maternelle, le choc était rude, en tout cas à l’école voisine rue Fagon, j’y ai conduit mes deux garçons, une discipline bornée régnait à l’opposé de l’ambiance de la bienheureuse école voisine. Le sifflet du directeur ponctuait les journées aussi bien dans les escaliers que dans la cour de récréation. Les punitions frisaient l’imbécillité, la répression aveugle punissait des vétilles. Les cours de morale ont bien failli déclencher l’esclandre, Henri, mon mari, n’avait pas avalé la maxime : « Je ne rougis pas d’être pauvre mais je rougirais d’être malhonnête », il menaçait d’en venir aux mains.

L’école, dans les années 1960, séparait encore les filles des garçons, la mixité a été rendue obligatoire par la loi Haby en juillet 1975.

L’effervescence de mai 68 a beaucoup contribué à transformer l’école d’aujourd’hui. On se souvient par exemple qu’au lycée Claude Monet, avant les événements de mai, le port de la blouse beige était obligatoire, le pantalon et le rouge à lèvres étaient interdits.

Les dégâts de la politique de l’enfant-roi

Et aujourd’hui dans un lycée du 13e les élèves « zappent leur prof ». Claudine Lespagnol n’apprécie pas qu’on téléphone, qu’on envoie des sms, qu’on se maquille pendant son cours d’anglais, elle a l’audace d’exprimer son désaccord. Les élèves, sûrs de leur bon droit, se révoltent qu’on puisse ainsi les brimer.

Le 20 octobre, ils signent – à la quasi-unanimité de la classe (on imagine que certains ont été fortement incités à signer…, NDLR) – une lettre au proviseur dans laquelle ils lui « conseillent vivement d’opérer un changement de prof ». La proviseur aura eu beau leur expliquer son refus, le groupe ne lâche pas prise, et sous la signature la TSTG2terminale sciences et technologie de la gestion – adresse une missive au professeur, à qui ils viennent de voler une clé USB.

Ils lui conseillent « de procéder à un changement d’attitude ». Singeant la rhétorique des bulletins scolaires, avant de descendre d’un cran leur registre de langage, ils ajoutent : « Si ce n’est pas le cas et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc… » Mme Lespagnol a déposé une plainte pour cette lettre, les menaces verbales qui l’ont précédée, et le vol de sa clé USB.

L’histoire est, nous l’espérons, très marginale, il reste que cette tendance existe, qu’elle est plus que préoccupante.

S.L.

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