La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for avril 2011

Gazette 79 L’edito

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Ce fut une belle année, comme une consécration. L’an 2010 nous a offert le plaisir de fêter les vingt ans de la Gazette. Abonnés, amis, vous étiez nombreux à partager le bonheur d’une soirée particulièrement chaleureuse et qui témoignait de nos valeurs. En vous présentant ses vœux pour l’année nouvelle, l’équipe de la Gazette vous invite à participer à notre projet commun. Autour du journal, nous pouvons imaginer des rencontres, sorties, visites. Pour cela il est nécessaire de nous renforcer car les idées peuvent jaillir de chacun d’entre vous. Vous connaissez tous votre coin de rue, les histoires cocasses ou touchantes, les actions solidaires menées par les uns ou les autres ; ça nous intéresse, n’hésitez pas à nous raconter.

Les perspectives pour année 2011 dans le monde sont plutôt sombres et nous pouvons nous sentir impuissants. Pourtant il existe des entreprises qui répondent à leur mesure aux grandes inégalités du monde d’aujourd’hui. La Gazette vous en présente quelques unes dans ce numéro : SOS enfants, Habitat-Cité, la COPAF (Coordination pour l’Avenir des Foyers). D’autres associations s’engagent sur un terrain plus proche : l’atelier Stéphane Gérard, aux Frigos propose un concept porteur d’avenir, d’autres se battent pour sauver le Grand Écran. Cette parution fait également le bilan de la Semaine de Solidarité Internationale. Toutes ces formes d’actions nous intéressent. En matière de résistances la Gazette vous raconte celle d’Anise Postel-Vinay. Et puis nous parlons bien sur urbanisme, transports et même… nous vous racontons une belle histoire d’amour.

Nous vous souhaitons donc une année riche de rencontres, d’amitiés, et pourquoi pas, de solidarité avec l’une ou l’autre de nos associations. Ca donne la pêche, ça rompt l’isolement, ça fait du bien, l’anti-sclérose pour l’année à venir !

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Gazette 79 Forum Léo Ferré

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Au pied du Moulin d’Ivry, bien connu des amateurs de bonne chanson, le Forum Léo Ferré accueillait ce samedi 4 décembre Philippe Forcioli. Malgré les frimas la salle de ce cabaret-restaurant était pleine. Je venais à la découverte et j’ai vécu un moment rare de poésie, de chaleur humaine, de bonheur. Avec sa voix douce aux modulations expressives, ses gestes tendres qui enveloppent l’espace, ses textes dans la lignée des Apollinaire, Brassens, Paul Fort, Forcioli, fin diseur, qui aime les ânes et les oiseaux, est un vrai poète, une « âme en liberté », un être lumineux, vagabond sans entraves. On voudrait qu’il continue, encore et encore, comme les oiseaux, pour lui des « copeaux tombés de la varlope du charpentier du monde ».

À la fin du spectacle avec un conte de son cru, Forcioli nous a souhaité « Joyeux Noël ».

Pour prolonger l’atmosphère de fête, un conseil : Il peut venir chez l’habitant, s’il y a de l’espace, ou vous avertir de ses spectacles.

N’hésitez pas à lui écrire : forciolichante@club-internet.fr ou à visiter son site : http://www.philippeforcioli.com

Tout le programme sur http://forumleoferre.pagesperso-orange.fr

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Gazette 79 L’amour prend le Bus

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Conte de fée dans le 64

 Il était une fois un vaillant chevalier aux commandes d’un carrosse parisien et une princesse lointaine, passagère de la diligence

Elle venait d’un continent étranger, comme tant d’autres elle avait pensé rejoindre l’eldorado. En attendant d’atteindre son rêve elle vivait de petits boulots. Les études sanctionnées au pays d’origine sont rarement validées au beau pays de France.

La vie quotidienne, entre difficultés de logement, travail ingrat n’avait pas de quoi enchanter ses jours et ses nuits.

Maria, pourtant, gratifiait notre voisinage de rires en cascades  communicatifs, on la voyait rarement maussade.

Nous, ses amies, connaissions bien ses lourds soucis : la privation d’êtres chers, l’enfant quitté sans espoir de retrouvailles, la peur qu’éprouvent tous ceux dont les papiers tardent à venir. C’était donc merveille de découvrir des sourires si souvent suivis de rires.

Pour se rendre au travail Maria prenait tous les jours l’autobus 64 qui va de la place d’Italie à la place Gambetta. Astreinte à des horaires réguliers, c’est bien souvent qu’elle abordait le chauffeur du bus au départ de la mairie du 13e. A chaque trajet partagé, Maurice, de plus en plus, couvait des yeux la charmante passagère. Il faut dire qu’elle était coquette, gracieuse et tellement souriante ! Bien vite il n’eut d’yeux que pour elle tout en gardant un œil sur la circulation. Jamais notre habile conducteur ne provoqua le moindre accident !

Son regard attentif s’assombrit parfois, il devinait sous la mine joyeuse un univers de tracas, qui, parfois, se lisait sur le visage de Maria. Un jour, au passage, prenant prétexte d’un air plus sombre, Maurice remis à sa passagère un papier portant son numéro de téléphone « au cas où vous auriez besoin de quelque chose ».

C’était assez discret, le papier fut conservé et le jour où un déménagement se profila pour Maria, elle fit appel à lui. Inutile de dire que le transport des maigres effets de la jeune femme fut expédié rapidement. L’occasion était fournie pour inviter à dîner sa passagère accompagnée d’une amie.

Ainsi commencent certains contes de fées, qu’ils soient urbains dans le cadre d’un autobus ou campagnards à l’occasion des vendanges.

Ils se revirent dans le bus, parfois ailleurs, elle n’était pas si farouche et l’employé de la RAPT ne manquait ni de charme ni de gentillesse. Un jour il fut question de vivre sous le même toit. Pour une décision si grave, Maria fit appel au jugement de ses amies.

Cela méritait bien un dîner, Maurice nous fut présenté, nous dûmes tester l’élu. Il passa brillamment l’examen de passage auprès des deux mentors consultés. Les mois passent, la famille de Maurice tombe sous le charme, elle accueille chaleureusement l’élue. Et voilà que, comme dans tous les contes : ils se marièrent, nous, ses marraines, furent invitées à être les témoins de Maria.

Un très beau mariage, une mariée toute en dentelles, maquillée comme une star, c’était l’hiver, pourtant une chaleur heureuse présidait à la fête dans une mairie de banlieue bien accueillante. Les musiciens du pays de la mariée contribuaient aux réjouissances. Plus tard, les amis se retrouvaient au château, résidence du comité d’entreprise de la RATP, un lieu assez féerique entouré d’un parc somptueux, d’une pièce d’eau digne des plus belles demeures.

La soirée fut d’autant plus réussie que les invités pouvaient dormir sur place, partager le petit déjeuner, dévorer le parc  qu’un rayon de soleil éclairait. On a chanté, on a dansé, l’imagination n’a pas manqué pour inventer une chanson de circonstance, un film qui nous faisait découvrir le marié dans tous ses états et, cerise sur le gâteau, la pièce montée : petit chef- d’œuvre qui reproduisait à base de petits choux, nougat et chocolat, l’autobus 64.

Quand les contes de fées naissent place d’Italie, quand les rêves survolent nos rues, la Gazette s’en réjouit, elle les partage avec ses lecteurs.

                                                                                                Sabine

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Gazette 79 Résistants héroïques et discrets

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Le couple Postel-Vinay

 André Postel-Vinay avait 29 ans en juin 1940, sa femme Anise, 18 ans. Tous deux se sont révoltés contre la honte de l’armistice signé par Pétain, et ont décidé de ne pas l’accepter. Voilà pourquoi La Gazette se doit de vous faire connaître ce couple de citoyens apparemment tranquilles et sans histoire qui ont traversé des moments terribles et pleinement assumés pour que nous tous puissions vivre dans un pays libre.

            André Postel-Vinay a attendu sa retraite pour écrire Un fou s’évade où il ne relate que les souvenirs de 1941à 1942. Comme beaucoup des résistants il avait besoin de silence et de temps pour évoquer l’indicible. Dès la défaite de 1940 il a cherché à aider les forces d’opposition au gouvernement de Vichy. Quand on cherche, les rencontres se font, et, à partir d’octobre 1940 ce jeune inspecteur des finances se trouve pris dans les réseaux à risques de l’IS (Intelligence service, pour aider en France des agents de la France libre) Dès lors autour de lui les arrestations se multiplient avant qu’il ne tombe lui aussi dans le piège tendu par un certain Paul qui, sous prétexte de lui faire connaître son nouveau patron devant fournir des liaisons radio fiables pour joindre Paris à Londres, va le faire arrêter par la Gestapo.

Nous avons tous vu des films sur la période qui ne font pas l’impasse sur les méthodes barbares pour arracher des renseignements. Mais ce livre-témoignage prend ses distances, celle du détachement historique et de l’humour : « J’eus le sentiment d’entrer dans un autre univers… fâcheusement voisin de ces enfers où les sculpteurs du Moyen Âge précipitaient les damnés ». Hanté par la peur des interrogatoires où il pourrait faillir à l’honneur : « Voilà un mot bien sonore et désuet… si je lui avais manqué… je serais devenu fou, déséquilibré par un conflit interne et obsédant » il décide de se tuer en se précipitant de la balustrade du deuxième étage de la Santé. Las ! il se rate. Toujours sur le mode détaché, la suite de ce récit conduit le lecteur, au travers des souffrances, des diverses péripéties et changements de prison ou d’hôpitaux, jusqu’à son ultime évasion, qui finira par l’amener à Londres, auprès de De Gaulle.

Un des enseignements qu’il va tirer de son expérience est qu’il faut réviser les préjugés : la police nazie n’est pas aussi organisée que féroce, et se méfier des apparences : un gardien allemand, qu’il nomme irrévérencieusement Gorille et qui doit serrer quotidiennement ses menottes, va au contraire lui témoigner de la compassion et le nourrir. Son corps délabré par la chute lui vaudra d’être emmené à une infirmerie : le pavillon Quentin à la Pitié-Salpêtrière et là encore il rencontrera un officier humain. Sa sœur et son beau-frère arrivent par l’intermédiaire d’un médecin à lui suggérer de contrefaire la folie, ce que les autres pensionnaires de Quentin simulent aussi, ou dont ils sont vraiment atteints. Des Allemands, Hans, ou Français, Clovis, jalonnent en anges gardiens ce parcours éprouvant, toujours décrit avec humour : « Le secteur centre-sud de mon dos commençait à s’irriter de façon tout à fait déplaisante ». La nuit de Noël un gardien allemand lui apportera du chocolat chaud. Il arrivera à ne pas sombrer dans la folie, malgré des maux de tête intenses, et son dernier psychiatre, un Allemand, l’a vraisemblablement laissé s’évader en douceur de Ste. Anne. En septembre 1942 il est donc libre, se cache dans Paris chez des amis, s’en va à Gibraltar, puis à Londres où les Anglais lui feront subir des interrogatoires pendant un mois avant de le laisser se présenter à de Gaulle. Celui-ci le nomme directeur-adjoint de la caisse centrale de la France libre. C’est donc en Angleterre qu’il commencera à exercer son métier d’origine, mais au service de l’intérêt public pour libérer son pays.

Sa femme il ne la rencontrera que lorsqu’elle sera revenue du camp de Ravensbrück. Il l’avait entr’aperçue à la Santé lors de son arrestation. Cette grande jeune fille blonde faisait aussi partie d’une famille violemment opposée au nazisme. Son père, médecin issu de paysans jurassiens l’éduque comme ses frères et sœurs, « à la dure » ce qui lui permettra de résister au régime inhumain des camps. Sa mère, alsacienne, est au courant avant 1939 des horreurs du nazisme et a toujours soutenu la résistance de ses enfants. Anise, en prison, a la révélation de l’idéalisme communiste. Ces militants qu’elle croyait voués au matérialisme, ont un courage et une flamme extraordinaires, en particulier Auguste, nom de code de Raymond Losserand. Après avoir été transférée à Fresnes, galvanisée, elle essaie aussi de s’évader en attaquant une surveillante, ce qui lui vaudra l’admiration et l’estime amoureuse d’un officier allemand qui l’autorisera à recevoir des colis de ses parents, alors qu’elle est cataloguée NN : Nacht und Nebel : Nuit et brouillard, ceux qui devaient être considérés comme disparus. Comme elle l’écrit simplement,« Nous ignorions les termes de résistance et de réseau, simplement nous faisions quelque chose avec un petit groupe de gens ». Un mois après son père qui a échappé au poteau d’exécution elle est envoyée comme lui en octobre 1943, en Allemagne, et à Ravensbrück elle fait une double expérience qui la marquera à vie : celle de la déshumanisation à laquelle sont soumises les prisonnières « au-dessous d’un certain seuil de sous-alimentation, de maladie, d’épuisement, de harcèlement, la lutte pour la survie devient animale, incontrôlée », mais aussi celle exaltante des rencontres et amitiés avec des femmes d’élite de l’Europe entière : les Françaises Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, l’Allemande Margarete Buber-Neumann, la Tchèque Milena Seborova. Elles ont toutes frôlé la mort par dysenterie, typhus, tuberculose. Elles s’en sont sorties par leur volonté, leur résistance physique, l’aide apportée par les « bons kapos », ces prisonnières, aides des oppresseurs qui, malgré leur mauvaise réputation, ont en fait souvent aidé leurs consœurs. Une grande douleur d’Anise sera de n’avoir pu empêcher la mère de Germaine Tillion d’être gazée et, quand elle sort de ce cauchemar vivante, d’apprendre la mort de sa sœur fusillée par les Allemands près de Paris le 27 août 1944.

 Revenue à Paris, elle sera présentée à André par la sœur de celui-ci, et ils ont fondé ensemble un couple soudé par l’estime et l’amour. Après son retour, elle ne fréquentera que ses amies du camp, collaborera au bulletin des déportés, et soutiendra son époux quand il entreprend la rédaction de son livre.

Je lui suis reconnaissante d’avoir accepté de me recevoir, car il lui coûte à son âge de raviver ces souvenirs. Elle a été heureuse, à la fin de notre entrevue, de m’apprendre qu’en ce début décembre, la Banque d’Angleterre va organiser une exposition, à son siège londonien, du travail accompli sous la direction de son mari pour mettre en place l’emprunt à la dite Banque, emprunt nécessaire pour financer la libération de la France, emprunt remboursé dans sa totalité après-guerre.

Anise a partagé avec André, disparu il y a 3 ans, les qualités qui, selon lui, font les vrais héros : « Il n’y a pas d’héroïsme vrai sans vision réaliste des événements… il n’y a pas non plus d’héroïsme sans la vivacité d’imagination qui fait mesurer à l’avance l’ampleur et les détails du péril. »

Elle demeure toujours sur la Place Pinel, dans la discrétion.

G. Mennessons

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Gazette 79 La Commune célébrée

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Les « Amis de la Commune de Paris », mouvement reconnu d’éducation populaire a son siège rue des Cinq Diamants dans le 13e. Juste à côté, à l’angle de la rue de la Butte aux Cailles, la place a été baptisée place de la Commune de la Butte aux Cailles, il s’y tient régulièrement des animations destinées à faire connaître et revivre les grandes idées de la Commune de Paris.

L’année 2011 va célébrer l’anniversaire des 140 ans de la Commune. Plusieurs manifestations sont prévues à Paris et en province, réalisées par « les Amis de la Commune de Paris ». Il s’agit de faire découvrir au plus grand nombre les idéaux qui animèrent les Communards.

Le vendredi 18 mars 2011, de 17 heures à 20 heures, la Commune serait célébrée sur la place de l’hôtel de Ville. Des tableaux scéniques présenteront différents épisodes de l’histoire. Des comédiens installés sur des mini-estrades disséminées parmi les participants incarneront les principaux personnages de la Commune. Sans oublier l’animation musicale, les chansons, les stands d’information.

Ce premier événement sera suivi d’expositions, l’une aura lieu à la salle des Cordeliers, 15 rue de l’école de médecine du 20 mai au 20 juin (dates à confirmer), une autre à la Mairie du 13e du 21 mars au 1er avril. Conférences et débats à venir sont à découvrir sur le site : www.commune1871.org

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Gazette 79 S.O.S. Enfants

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Logés dans le 13e

La Gazette a rencontré Alfred Blanchet président de l’association S.O.S. Enfants située rue du Château des Rentiers. Je remercie mon interlocuteur pour son accueil chaleureux, j’ai apprécié le climat convivial et la présentation qui m’a été faite de la petite équipe

 Une histoire personnelle

 C’était un jeune couple de la banlieue parisienne très impressionné par l’activité militante d’une amie proche. Un exemple fertile, une belle contagion. Si le couple ne savait pas par quel bout commencer, leur désir de « servir » ne faisait que croître.

Comme souvent, tout part des rencontres, du milieu dans lequel on évolue. Ce fut d’abord « Terre des hommes », des expériences variées dans les domaines de l’aide à la personne. Il semble que les compétences actuelles de l’association soient le fruit d’une longue pratique, comme un patient apprentissage fait de l’analyse des bilans, réussites comme échecs.

Alfred Blanchet en parle avec simplicité comme d’une école qui l’a armé pour les missions à venir. Soucieux  d’acquérir les savoirs utiles à l’aide des populations, il abandonne son travail dans la restauration pour accomplir une formation d’infirmier.

En 1982, avec des amis et des anciens des associations « Terre des Hommes » et « Enfance et partage » il se lance et crée S.O.S. Enfants. Très vite il comprend que le travail en réseau apporte beaucoup à chacun, il ne cessera d’en user et d’en abuser comme il usera de la pratique du questionnement et des remises en cause.

Au fil des ans  l’association s’engage sur des projets de santé, d’éducation, de formation et développement dans nombre de pays défavorisés : en Afrique, Amérique latine, Amérique centrale, Asie, mais aussi en France.

Le président confie : « pour aider véritablement, il faut ajouter du cœur à la raison ! Mais aussi un peu de déraison tant la tâche est immense et complexe ». Le mot d’ordre omniprésent est : « Aider sans assister ! » aider la personne à se relever ! Puis l’accompagner, la conseiller pour qu’elle puisse prendre ou reprendre en mains son propre avenir.

Le président confie : Il y a tant à faire avec si peu de moyens, parfois la déraison permet d’entreprendre toujours plus ! « L’esprit d’équipe » prend une importance capitale pour tout projet mis en place. Chacun va apporter le meilleur de lui-même au bénéfice de tout le groupe pour la réussite du projet. Et sourtout il faut l’implication totale des bénéficiaires du projet ! Ne pas « faire à la place de »   mais au contraire « construire ensemble ». Chacun doit se sentir propriétaire de l’idée et de la réalisation du projet.

Pour qu’une action ait du sens, il faut qu’elle puisse faire changer les choses en profondeur et durablement. Ceci implique de s’attaquer à toutes les causes du problème en même temps, d’où l’importance de pouvoir aussi collaborer avec d’autres partenaires sur un même projet.

Et c’est dans ce cadre qu’un mot important va prendre tout son sens, le mot « respect »

Respect pour les personnes aidées, les partenaires, les volontaires et bénévoles, les parrains et donateurs

 Il faut aussi créer un « tissu social » autour du projet, les membres de la communauté doivent se sentent partie prenante du projet et pas seulement  bénéficiaires !

 C’est la garantie idéale d’une optimisation de l’action et d’une pérennisation des résultats.

Ainsi dans le bidonville de la « Cité Soleil » à Port au Prince, en Haïti, nous avons construit un complexe scolaire accueillant jusqu’à 13000 enfants par jour. Pour cela nous avons embauché les parents d’élèves habitant dans ce quartier. Or lors d’évènements tragiques (échauffourées, affrontements), certaines écoles ont été brûlées dans le bidonville. Celle de SOS enfants a été épargnée car les habitants se sentent propriétaires de cette école fréquentée par leurs enfants, qu’ils ont construite de leurs mains !

Peu à peu les compétences acquises au sein de la structure sont reconnues et  certaines petites associations viennent demander conseil.

Dans le dernier rapport moral le président fait preuve de beaucoup de modestie : lorsqu’on fait appel à son expérience il rappelle que : « l’expérience ne trouve son utilité que si elle permet d’évoluer pour mieux préparer l’avenir ».

En France « SOS enfants » s’investit aussi dans beaucoup d’actions en faveur des plus déshérités en partenariat avec des associations  oeuvrant dans le même esprit.

Ainsi des partenariats sont mis en place entre « SOS enfants », des associations locales comme « les restos du cœur », les « sœurs de la charité », « la Chorba », « Entraide et partage » pour l’aide aux sans abris et aux familles en grande difficulté.

Dans le département 93, c’est avec « Coup de main », association fonctionnant sur le mode Emmaüs que s’instaure un partenariat avec « SOS enfants » en vue de l’insertion des Roms roumains par le travail et le logement. Il s’agit d’un important programme abordant tous les aspects du problème ; il propose des alternatives : soit une aide à la réinsertion dans le pays d’origine avec la mise en place d’un projet local de développement, soit une aide à l’insertion en France offrant plusieurs stades, de l’accompagnement simple jusqu’au « montage » d’un projet professionnel et familial. L’importance des contrats établis est gage de responsabilité et de respect.

 Pour en savoir plus

 En Haïti : Programme de scolarisation-formation-santé, développement (projet piscicole à Tilapia.

Au Burkina : Scolarisation, programme agro-pastoral.

Au Congo : Réinsertion des enfants soldats, enfants sorciers, enfants des rues

Au Rwanda : Réinsertion des enfants des rues et orphelins du sida.

Au Cameroun : Scolarisation des enfants pygmées, campagne d’état-civil pour la reconnaissance des droits des Pygmées

A Madagascar : Scolarisation, formation, développement.

Au Népal : Scolarisation, campagne d’état-civil pour les réfugiés tibétains.

Pour d’autres pays, Bénin, Bolivie, France, on vous conseille de consulter le site :

Campagne d’éducation au Burkina, développement d’un projet agricole dans le Sahel, une école au Népal, Prise en charge des enfants victimes du Sida au Rwanda, Formation à l’implantation de cultures à Madagascar, Citons aussi de parrainages au Burundi  et bien d’autres projets scolaires, de réinsertion au Bénin, au Cameroun, au Congo, en Bolivie, à Haïti. Ce n’est qu’une énumération incomplète, nous voulions surtout donner le fil rouge qui traverse toutes ces actions pour plus de vie et d’autonomie aux peuples concernés.

Pour en savoir plus, le site www.sosenfants.org vous mènera aux 4 coins du monde

Parlons un peu finances

 Il y a mille manières de soutenir l’association, de l’accompagnement à la réinsertion, à la récupération de matériel en passant les recherches de partenaires, le savoir faire technique, agricole où industriel, l’animation de mission dans les pays d’autres continents. Il y a aussi les dons occasionnels ou réguliers, les parrainages individuels et collectifs.

 Il faut savoir que les dons sont pratiquement tous reversés aux projets. Les volontaires qui s’impliquent paient eux-mêmes leur voyage, assurent leur entretien, « prennent » sur leurs vacances où demandent des congés sans solde. C’est essentiel pour les donateurs de connaître cet  aspect des choses.

Si le cœur vous en dit, le site vous donnera plus amples détails et la marche à suivre pour soutenir les projets, vous pouvez aussi aller les voir au 8 rue du Château des Rentiers.

Sabine revu et largement réécrit par Alfred Blanchet

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Gazette 79 Habitat-Cité

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

lutte contre le mal-logement et la pauvreté ici et là-bas

Le projet est né au sein d’un groupe d’amis urbanistes et architectes qui voulaient travailler autour de l’habitat de façon différente. Au cours de voyages dans les pays de l’Est, en particulier en Slovaquie, plusieurs membres de l’association ont été frappés par la situation de la population rom, leur discrimination, leurs conditions de logement ; ils les trouvent « hébétés de misère ». Afin de pouvoir agir, ils créent en 2003 l’association Habitat Cité pour mener des projets de réhabilitation-rénovation de l’habitat en Slovaquie d’abord puis au Nicaragua et au Cap Vert. Avant de s’investir dans un projet, l’association étudie la situation, voit quelles sont les organisations sur lesquelles elle peut s’appuyer sur place, prend contact avec les autorités locales, discute avec les bénéficiaires. Le projet en Slovaquie ne se développera pas par manque de relais sur place et d’appui des collectivités locales.

Au Nicaragua au contraire, l’association rencontre une ONG qui fait un travail remarquable sur place depuis 1979, « la Casa de la mujer », la Maison de la femme. C’est un réseau d’associations qui a un rôle économique et social mais aussi un rôle de plaidoyer par rapport aux droits de la femme et de la famille. Habitat-Cité rencontre aussi une ONG espagnole déjà implantée dans la région. Elle va donc collaborer avec ces associations, échanger savoir-faire et compétences et participer aux financements des projets de construction ou de réhabilitation de logement. Dans toutes les actions de l’association, les habitants sont d’importants acteurs. Lors des constructions de logements, ils participent à la conception et à la réalisation, ils apportent une partie du matériel, travaillent à la construction dans la mesure de leurs moyens et remboursent sur deux ans une petite somme d’argent qui alimente un fond qui permet de construire d’autres logements. Les autorités locales accordent souvent le terrain ; le projet « Solidaridad » à Granada, mené de 2007 à 2009, correspond à la résorption d’un bidonville de 2000 personnes soit la construction d’à peu près 300 logements auquel Habitat-Cité a contribué avec le soutien de la Fondation Abbé Pierre. Dans les zones rurales, il s’est plutôt agi d’interventions d’urgence, réfections de toits, opération « Un toit pour ne pas me mouiller », et de distribution de microcrédit agricole. Un autre projet mené en 2010 « Construire pour les constructeurs » a consisté à appuyer les constructeurs impliqués dans les projets d’Habitat-Cité dans la construction de leur propre maison.

Au Cap Vert, sur l’île de Maio, l’association participe à la construction de maisons pour la population locale en partenariat avec la mairie qui a une politique d’emprise foncière en faveur des familles locales dans cette île touristique où les résidences secondaires sont nombreuses. Ce projet d’amélioration de l’habitat se double d’une action de formation afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Ce projet a obtenu un financement de la Fondation Abbé Pierre, de la Guilde et de la Fondation Baudoux.

Sensibilisée à la question des Roms, l’association a été contactée par la Mairie de Paris en 2005 pour mener un projet avec une quarantaine de familles installées dans un campement, Boulevard Mac Donald dans le 19e. Il s’agissait d’accompagner les familles qui avaient des projets de retour ; au bout du compte seule une famille souhaitait vraiment rentrer en Roumanie dans son village de Transylvanie, région d’où sont originaires beaucoup de Roms vivant en France. Cet accompagnement a permis de nouer des contacts avec les autorités locales, les associations qui travaillaient déjà sur place, Caritas, Roms Action (Grenoble) et de poursuivre sur d’autres projets avec les Roms. Elle a commencé à suivre des familles qui font des allers-retours entre ici et là-bas sur un mode de « migration de survie » car elles n’ont pas la possibilité de s’installer dans de bonnes conditions ni en France, ni en Roumanie. En France, ces familles vivent dans des conditions extrêmement précaires et en Roumanie elles habitent en général dans les quartiers les plus pauvres et ont beaucoup de mal à s’intégrer économiquement et socialement en raison de la crise économique et aussi de la discrimination dont les Roms sont victimes. L’association travaille donc en partenariat avec les acteurs français et roumains à la mise en place d’un réseau d’accompagnement en Roumanie pour ceux qui souhaitent s’y installer et agit en France en partenariat avec les associations « Une famille un toit » à Nantes et Roms Action à Grenoble. Actuellement un projet pilote est en cours avec une cinquantaine de personnes financé par le FSE, la région Ile de France, la ville de Nantes, le Conseil général de l’Isère et la Fondation Abbé Pierre. C’est l’occasion d’échanger des bonnes pratiques, de capitaliser des connaissances et de développer des outils afin d’accompagner les politiques publiques dans le processus d’insertion de cette population.

Depuis 2005, l’association s’occupe de la situation d’hommes seuls réfugiés ou demandeurs d’asile vivant dans plusieurs squats en Seine-Saint-Denis et souvent issus de Tchétchénie. Elle intervient pour améliorer leurs conditions de vie, effectuer le suivi social et juridique individualisé d’une vingtaine de personnes, permettre à certains de trouver une solution alternative d’hébergement. Depuis le 1er décembre, l’association a ouvert un second local situé à Pantin, il lui permettra d’être plus proche et de mieux accueillir les personnes suivies dans le cadre de ce projet.

L’association créée en 2005 par une petite équipe bénévole emploie actuellement 6 personnes et a de nombreux projets. Une belle réussite.

Plus d’informations : www.habitat-cité.org association@habitat-cite.org ou Tel 01 45 88 71 75 – 62 rue Vergniaud 75013

Marie-Claude

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Gazette 79 Aller-Retour

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

L’histoire de deux jeunes migrants

Cette pièce met en scène deux personnages en quête d’un destin. Le premier souhaite faire un voyage du Mali à la France pour devenir joueur de football professionnel. Le second, après dix ans passés en France, souhaite rentrer au Mali où l’attend une femme que sa famille lui a choisie. Inquiets ils consultent un marabout qui lit dans les cailloux leur destin. C’est l’occasion d’échanger sur la vie ici et là-bas, ses rêves et sa dure réalité. Cette pièce qui met en scène trois personnages (Abdoulaye Coulibaly, Matenin Magassa, Gaye Niakate) est le fruit d’un atelier-théâtre animé par la Compagnie Fabrica Teatro, réalisé dans les foyers de travailleurs de Vitry-sur-Seine et du 13e (Terres au Curé). Mayleh Sanchez a mis en scène les paroles et écrits des travailleurs migrants issus de leur vécu. Ce travail est doublé d’un travail filmique du Collectif « 1filmparmois1filmparnous » qui suit tout le processus de création et de réalisation de la pièce.

La pièce a été jouée à Vitry et au Grand Parquet où elle a été suivie d’une pièce de la compagnie malienne BlonBa « Vérité de soldat » qui évoque les débuts de l’histoire du Mali après l’indépendance. C’est un docu-fiction théâtral inspiré du récit de Soungalo Samaké, « Ma vie de soldat », qui entra dans l’histoire pour avoir arrêté le 19 novembre 1968, Modibo Keïta premier président de la République du Mali.

Il s’agissait aussi lors de la soirée au Grand Parquet d’une rencontre entre les acteurs amateurs d’Aller-Retour et les professionnels de BlonBa.

Nous spectateurs avons beaucoup apprécié le jeu des jeunes acteurs et l’humour avec lequel ils évoquent leur vie ici et là-bas et leurs relations avec la culture française et leur propre culture. Les acteurs de la troupe Blonba nous ont fait entrevoir, avec une grande qualité, la complexité de l’histoire politique du Mali et nous ont permis d’apprécier la musicalité du bambara.

Le Grand-Parquet : 20 bis rue du Département 75018 Tel. 01 40 05 01 50 www.legrandparquet.net

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Gazette 79 Nouvelles de la Meci

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Voici 2 ans déjà que les résidents de la Meci, au bd. V. Auriol, ont été expulsés, et, grâce à la ténacité de leurs représentants et du comité de soutien, ils ont pour la plupart retrouvé des logements plus proches des écoles de leurs enfants et de leur lieu de travail. Mais tous les sans-papiers n’ont pas été régularisés, loin de là. Il ne faut donc pas relâcher l’effort. Dominique Devaux, un des plus investis dans cette action de longue haleine nous quitte pour sa Bretagne ; il va nous manquer, mais nous savons qu’il retrouvera des associations où employer sa générosité. Bon vent et reviens nous voir, Dominique.

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Gazette 79 RESF

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

C’était le samedi 27 novembre, le réseau RESF avait eu la bonne idée de réunir tous les parrains et marraines qui depuis plusieurs années contribuent à soutenir les jeunes élèves sans papiers. Tous ensemble en parrainant à la Mairie des enfants du quartier, ils font vivre un réseau qui procure aux jeunes en situation précaire l’occasion de se confier à des adultes amicaux. C’est un peu de sérénité dans la jungle de la ville si dure aux « sans » de tous genres.

Autour d’un film qui donne la mesure de leurs souffrances et pour quelques-uns de la terreur éprouvée à l’idée d’un retour au pays, nous étions nombreux et nombreuses. Nous nous sommes retrouvés autour d’un buffet préparé par les amis du réseau dans un lieu magnifique au-dessous de la salle de projection.

La Gazette salue cette heureuse initiative, elle vous conseille d’aller voir, toute affaire cessante, ce film aussi convainquant que réussi sur le plan de l’art.

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Gazette 79 Des migrants parmi nous

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Histoires de foyers

Les premières formes de logements collectifs meublés à Paris apparaissent au début du XXe siècle. Quelques foyers privés aidés par l’état sont destinés aux ouvriers nord-africains. En 1925 la préfecture de police abrite une section d’affaires indigènes nord-africaines dont une des fonctions est la gestion des foyers. Il faut « encadrer » cette population, particulièrement les « coloniaux » vivant en célibataires.

On se souvient qu’à partir de 1945 le France fait venir de très nombreux étrangers pour la reconstruction du pays. D’abord logés en bidonvilles ces travailleurs vont progressivement rejoindre des structures collectives.

L’état crée en 1956 la Sonacotral qui deviendra la Sonacotra, premier gestionnaire de ces logements sociaux de type particulier : logements à l’économie construits en des lieux difficilement concédés, financés partiellement par les travailleurs eux-mêmes.

L’immigration liée au travail s’arrête en 1970, le sort des travailleurs se dégrade, ils mènent des luttes dures et se trouvent face à des réponses répressives.

À partir des années 80, on assiste à des mutations profondes des politiques de logement, elles témoignent d’une vision d’ensemble, d’une manière nouvelle de gérer l’accueil de publics « très social ». Il s’agit de personnes défavorisées à qui on proposera des « logements d’insertion ».

Un nouveau cycle de foyers : les résidences sociales

On en parle comme « d’un nouveau produit logement foyer » susceptible d’accueillir pour un certain temps des personnes fragiles. C’est un moyen de sélectionner les résidents, c’est aussi une tendance omniprésente aussi bien dans les lieux d’hébergement des « sans » : Mie de pain, Armée du salut et autres structures. Une sorte de prise en charge individuelle des hébergés au prix de la récession du nombre de personnes accueillies. Une politique qui contribue à laisser sur le bas-côté au moins trois millions de mal-logés.

Quand il s’agit des foyers de travailleurs immigrés cette perspective est particulièrement désastreuse. Les résidents, issus souvent de mêmes régions forment une communauté. Leurs valeurs, leurs traditions nécessitent des espaces collectifs, ils le manifestent clairement à travers leurs revendications. Nous les avons accompagnés dans leurs manifestations et comprenons bien l’enjeu d’une conception des espaces communs compatibles avec leurs choix de vie. On peut bien s’étonner d’ailleurs que malgré de nouvelles mesures destinées à organiser la concertation (loi SRU de décembre 2000), les comités de résidents ne parviennent pas à se faire entendre. Il faut dire que les gestionnaires des foyers : Aftam, Adoma, * ne pratiquent pas vraiment le dialogue.

Les foyers, comme des villages

Au sein des foyers, on trouve comme au village les artisans, coiffeurs, tailleurs, petits vendeurs, bouchers. C’est la reconstitution d’un monde familier. Pour les instances administratives, c’est absolument incongru, voir malsain.

Pour les résidents, c’est une source d’économie essentielle quand on sait qu’une partie de leurs maigres salaires fait vivre beaucoup de gens dans leur lieu d’origine (on a pu dire que l’argent d’un salarié durement économisé nourrit 40 personnes au pays).

Les cuisines comme lieux de vie

Nous l’avons dit, la tendance est au développement de petites chambres avec coin cuisine, une plaque électrique et des espaces communautaires réduits. Parfois on crée des murs qui cloisonnent des surfaces qui auraient pu favoriser la rencontre.

Bien que toutes les consultations aboutissent au même constat, il faut bien dire que les instances qui décident n’en tiennent absolument pas compte.

La revendication dans les foyers est partout la même : des cuisines collectives suffisantes et en bon état. Non seulement ces cuisines gérées par des Africaines permettent à tous de manger « à l’africaine », ensemble pour la somme de 2 € environ. Ouvertes, parfois aux voisins, elles donnent aux plus pauvres les moyens de se nourrir. Il s’agit de plats de longue cuisson impossibles à réaliser sur des petits réchauds individuels. On n’imagine pas que celui qui rentre épuisé d’une journée de travail se mette à cuisiner dans sa chambre minuscule déjà bien encombrée. C’est une question de bon sens et de respect de la vie de chacun.

Des espaces de non-droit

Les travailleurs sont des adultes responsables, ils payent un loyer très conséquent en regard à l’espace occupé et à la vétusté des installations. Ils sont pourtant tenus à des obligations et à des interdits dignes d’anciens pensionnats :

Ils ne peuvent recevoir de visites après 21 heures.

Il leur est interdit de mettre une serrure.

Les gestionnaires n’ont aucun scrupule à entrer sans prévenir dans les chambres, quand à la police elle avait trouvé plus viril de casser les portes. En fait les résidents sont traités souvent comme des délinquants.

La section des 13e/5e de la Ligue des droits de l’Homme vient de consacrer une réunion à l’information sur les foyers elle compte se rapprocher des résidents, établir des contacts.

La Gazette souhaite se faire l’écho des tentatives, qu’elles viennent des conseils de quartier ou d’autres associations. Cela relève de notre dignité et de notre solidarité

*ASSFAM, Association Service Social Familial Migrants

*ADOMA, Nouvelle appellation de la Sonacotra

 Affaire à suivre

 S.L

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Gazette 79 Aires de rien

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Le conseil de quartier n° 8 (Chevaleret Bibliothèque) s’est réuni le 16 novembre place Jeanne d’Arc à l’école « rouge ». Un des points à l’ordre du jour était le projet « Aires de rien ». Le bureau d’animation qui disposait d’un reliquat important de budget avait lancé en 2009 une étude participative sur l’aménagement de certains endroits vides au sein de l’espace urbain, comme l’espace sous le métro aérien, Bd Vincent Auriol. Un petit groupe de travail s’est réuni régulièrement pour recenser ces « aires de rien » et rédiger un cahier des charges afin de choisir un professionnel qui animerait le groupe et permettrait à des non experts de rédiger un document. Après appel d’offres, le cabinet Hénin qui a déjà travaillé sur le quartier a été choisi. Il s’agit donc en 2011 de constituer un groupe de travail plus important pour travailler sur le projet en plusieurs étapes : identifier les lieux, travailler sur leur potentiel pour attribuer des destinations et formuler des préconisations. Les habitants doivent être les acteurs du projet ; le groupe doit produire un document et rendre compte aux habitants. La réunion du 16 novembre a permis aux habitants intéressés de rejoindre le groupe. Les réunions devraient durer trois heures et comporter trois parties ; un invité pourrait donner un éclairage différent sur la question en première partie, le travail du groupe se ferait sur la deuxième heure, la dernière étant consacrée à choisir la forme adaptée pour restituer l’avancée de la réflexion aux habitants. Les autres conseils de quartier seraient invités afin d’essaimer l’idée et pourquoi pas de l’étendre dans l’arrondissement. À suivre donc !

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Gazette 79 Les Ateliers Stéphane Gérard

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Un concept porteur d’avenir

Comment une aventure personnelle se transforme-t-elle en réussite collective ? Très tôt, Stéphane Gérard, jeune « gars du Nord », a eu deux vocations : le sport et la création. Il a choisi la deuxième en suivant, dans les années 70, une formation professionnelle à l’école des Arts Appliqués de Roubaix et en se spécialisant dans les techniques de la forme et du volume. Il a découvert dès 14 ans le monde du travail et ses valeurs humaines, en exerçant des métiers variés puis en travaillant comme ouvrier., Il s’est aussi intéressé à la technique, avec le désir de comprendre « comment se font les choses ». Arrivé à Paris en 1976, il travaille en indépendant comme technicien du volume, tout en continuant une formation créative. Plus tard, suite à de nombreuses demandes, il décide de créer son entreprise. Il cherche certes les meilleures conditions pour assurer sa production mais surtout il désire mettre en application sa réflexion de fond sur les métiers qu’il veut faire évoluer dans le domaine technique et sur le plan humain. Il s’agit, pour Stéphane, d’utiliser la base du métier parfaitement maîtrisée, non pour s’y asseoir, mais pour faire évoluer le métier autant que l’humain. Sa vision de l’entreprise n’est pas de chercher un profit personnel, mais de l’utiliser comme levier et de faire émerger des compétences, en progressant toujours dans la voie de l’innovation et de la très haute qualité. Cet angle permet aussi de dépasser la « concurrence ». Stéphane veut s’installer dans un quartier industriel mais c’est devenu rare à Paris. Sa prospection « raisonnée » l’amène dans le 13e arrondissement où il s’installe en 1987 : les locaux de 160 m2 sont en en friche et il va falloir les réhabiliter. Ils sont situés aux « Frigos », bâtiment industriel emblématique, dédié maintenant aux pratiques d’art et artisanat.

Stéphane est vite rejoint par Danièle Allemand qui a suivi les cours du soir qu’il donne alors dans le cadre de la Ville de Paris. Littéraire de formation, elle fabrique et commercialise des bijoux en polymère et désire se perfectionner. Dès 1987, elle vient travailler et apprend le métier à l’atelier qu’elle contribue fortement à développer. Elle en assure la direction aujourd’hui sur les fondements posés par Stéphane.

L’équipe des « Ateliers Stéphane Gérard » s’est étoffée et il y a maintenant 10 salariés. Le problème est que, dans le domaine des matériaux nouveaux, il n’existe pas encore de formation et qu’il faut former les techniciens en interne. Leur profil d’origine est varié mais doit relever du travail manuel (de l’ajusteur aux arts appliqués). Il faut aussi qu’ils aiment apprendre, travailler en atelier, faire de belles choses, innover. Cette production impose de toujours chercher de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux. C’est la condition pour se maintenir et se développer de façon durable. Aux ateliers, ce qui importe n’est pas la machine mais le métier, le geste. Danièle a beaucoup contribué à la démarche de Recherche & Développement de l’entreprise. Elle a acquis par l’expérience une bonne expertise des matériaux mais a voulu y ajouter une approche scientifique pour la compréhension des processus et la recherche de solutions. Grâce aux cours du soir du CNAM, elle est devenue ingénieur matériaux. Les compétences acquises ont aussi favorisé le rapprochement avec les écoles techniques, d’art appliqué et scientifiques. La collaboration est constante avec les deux IUT de science et génie des matériaux de la Région Parisienne. Ceux-ci mettent à la disposition de l’atelier des machines pour tester les caractéristiques des matériaux et lui confient des stagiaires. Ces jeunes sont bien accueillis car la solidarité et la cordialité sont de mise aux Ateliers Stéphane Gérard. L’efficacité est aussi liée à une bonne ambiance de travail.

Les stages donnent la possibilité d’embaucher des jeunes formés en interne. Sinon, le personnel est recruté par le biais du Pôle Emploi ou par des annonces professionnelles, en tenant compte de la proximité avec le domicile. Dès le début, Stéphane a voulu privilégier les « riverains », conscient du taux particulièrement élevé de chômage dans ce secteur de l’arrondissement. Il a dû constater cependant qu’il était difficile d’intéresser à son activité des jeunes Parisiens encore trop éloignés d’une culture technique et de l’exercice d’un travail manuel même prometteur. Malgré cette difficulté, Stéphane s’implique dans le 13e qu’il aime, trouve vivant et plein de ressources. Il participe aux instances locales (conseils de quartier, concertation Paris Rive gauche) dans le but d’aider à implanter de petites unités de production dans les nouveaux quartiers. Il y incite à développer des entreprises typiques de l’activité parisienne, répondant à de réels besoins, en continuité avec la réalité sociologique locale, innovantes et créatrices d’emplois qualifiés sur la base d’une formation dans l’entreprise. Il soutient également le sport au niveau local.

Les ateliers sont ouverts aux étudiants et élèves des écoles voisines, et lors des journées portes ouvertes : c’est l’occasion de faire de la pédagogie auprès de jeunes pour les sensibiliser aux métiers techniques de demain. L’ouverture sur l’extérieur est assurée aussi par les cours que donne Stéphane dans l’enseignement supérieur (histoire des techniques, sémiologie, sculpture), par sa participation aux jurys de concours et par son travail avec la Chambre des métiers. S’y ajoute aussi un rôle auprès de réseaux de compétences d’Ile-de-France,

Tout cela assure le rayonnement de cette entreprise originale, industrie créative innovante, en continuité avec l’histoire industrielle de l’arrondissement.

Brigitte Einhorm

Les ateliers Stéphane Gérard, qu’est-ce que c’est ?

� Une production qui associe industrie, art, science, savoir-faire, qui est destinée à des besoins précis sans chercher le spectaculaire et qui évolue en permanence : création de formes nouvelles, mise au point de matériaux et process nouveaux.

� Une entreprise active, unique en son genre avec des débouchés assurés (17 commandes parallèles en permanence) et dont les productions s‘exportent jusqu’en Asie.

� Une clientèle fidélisée (parfois depuis 20 ans) et variée : architectes, artistes, designers, industries (Peugeot, Saft…) mode et luxe (Kenzo, Lancel…), institutions scientifiques (CNRS, Institut Curie, IRD…), musées, municipalités, monde du sport…

� Une gamme étendue de produits fabriqués :

– de toute taille : de l’épine d’acacia moulée à la pièce de 7 mètres de haut ou aux 100 m2 de motif en fibre de carbone, en passant par les supports de bijoux ou les bonhommes Michelin.

– en matériaux traditionnels (plâtre, béton…), en matériaux naturels, écologiques, recyclés (résine bio, poudre de métal, agrégats et fibres naturelles) et en matériaux synthétiques (polymères, silicones…). Avec tout cela, on peut mettre au point des matériaux de façon infinie pour des applications multiples.

Site : http://www.ateliers-stephane-gerard.fr

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Gazette 79 Prolongement de la ligne 14

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Pourquoi une pétition ? Pourquoi la signer ?

Deux projets d’amélioration des transports parisiens et franciliens sont présentés en parallèle : celui de l’État, « Le Grand Paris » et celui de la Région « Arc Express ». Leur objectif commun est de faciliter les déplacements dans la région capitale, mais tous deux supposent une charge financière très lourde que nous devrons supporter. Il est donc important de bien y réfléchir pour que ces projets, que nous souhaitons voir s’harmoniser, nous apportent un service de qualité. « Arc Express » prévoit des phases successives de réalisation en fonction des besoins prioritaires : chaque phase doit donner lieu à une concertation en amont, pour faire participer tous ceux qui sont concernés. C’est ce qui s’est passé pour les premiers segments programmés (Val-de-Marne) et ce qui est prévu pour les tronçons qui restent à aménager. Par contre « Grand Paris » n’a pas donné lieu à concertation préalable.

Au-delà de la réflexion globale nécessaire, nous devons nous interroger sur les enjeux qui concernent plus précisément les habitants et les salariés du 13e. Le prolongement de la ligne 14 signifie une liaison accélérée avec l’ensemble du réseau, comme nous l’avons déjà expérimenté (stations Gare de Lyon, Saint-Lazare…). On peut donc rêver d’une jonction rapide entre Roissy et Orly. Mais ce gain de temps ne risque-t-il pas de provoquer une thrombose sur cette ligne déjà très chargée ? Un système de correspondances bien pensé serait une alternative.

On peut aussi espérer de cette prolongation une meilleure desserte locale. Le rattachement à la ligne 7, à partir de la station Maison Blanche, a été évoqué depuis la mise en service de Méteor, rebaptisée ensuite ligne 14. Nombreux sont ceux qui l’attendent avec impatience. D’où leur mécontentement, car le projet « Grand Paris » prévoit ce raccordement plus au Sud, probablement à Villejuif. À leur vive déception, s’ajoutent plusieurs arguments pour conserver l’option annoncée :

◊ C’est à Maison-Blanche que la ligne 7 se divise en deux tronçons : la partie qui va à Mairie d’Ivry dessert une zone urbaine très peuplée et très active (Ivry, Vitry). Il faudrait remonter jusqu’à Châtelet pour rattraper la ligne 14.

◊ Le quartier Paris-Rive gauche est en plein essor et très attractif (BnF, université, grandes entreprises, résidents, visiteurs). Un accès par une ligne supplémentaire de métro permettrait de le relier plus facilement au réseau métropolitain, et plus particulièrement au « vieux 13» (place d’Italie et ouest de l’arrondissement).

◊ Des ateliers techniques pour la ligne 14 sont déjà installés à Maison-Blanche et pourraient facilement être aménagés en station, comme cela a déjà été fait à la station Olympiades.

Bien sûr, on peut comprendre l’intérêt d’améliorer les transports à Villejuif et aux alentours, mais on peut satisfaire les besoins des deux zones. L’objectif des deux projets est bien d’améliorer la desserte de proximité : deux stations ne seraient pas de trop dans ce secteur très fréquenté et souvent saturé. On peut ainsi envisager l’ouverture d’une nouvelle station à un autre emplacement, mais aussi une modification du tracé de la ligne 14 qui ne doublerait pas forcément la ligne 7. Prévoir un tronçon couvrant l’autoroute au Sud de Paris permettrait un redéploiement financier, en économisant les frais de creusement d’un métro souterrain, avec l’avantage de ne pas empiéter sur l’espace public. Un meilleur accès aux transports en commun est une condition pour réduire l’usage de la voiture.

La mise en débat public du projet Grand Paris, qui n’a pas été soumis à concertation préalable, ne permet de s’exprimer qu’à partir d’un schéma déjà « ficelé ». La participation des élus et de la population concernés aurait permis de mieux connaître leurs besoins et de dégager les enjeux locaux. C’est pourquoi il est intéressant d’exprimer notre opinion par le biais de la pétition proposée par la mairie du 13e.

Pétition disponible à la mairie du 13e, place d’Italie ou sur son site www.mairie13.paris.fr

Brigitte Einhorn


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Gazette 79 Sauver le Grand Écran : un combat de longue haleine

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

David contre Goliath ?

Ils sont obstinés les membres de l’association « Sauvons le Grand Écran » (www.sauvonslegrandecran.org) qui veulent à tout prix faire revivre le lieu du même nom, pièce maîtresse dans l’animation de la place d’Italie et pour le rayonnement culturel du 13e arrondissement. Nous étions nombreux à aimer fréquenter ce complexe cinématographique aujourd’hui en péril et nous voulons en garder une image vivante plutôt qu’un souvenir nostalgique. C’est Jacques Toubon qui est à l’origine de la construction de cet équipement ambitieux, destiné au développement de l’audiovisuel (création d’une nouvelle chaîne TV) mais qui, à défaut de la réalisation du projet initial, a été reconverti en cinéma. Gaumont y a ouvert trois salles, une grande salle magnifique et deux petites. Un certain nombre de manifestations prestigieuses s’y sont déroulées. La programmation attirait gens du quartier et amateurs de cinéma venus de toute l’Ile-de-France. Et puis Gaumont s’est retiré de nombreuses salles parisiennes et aussi de celle-ci, en prétextant une rentabilité insuffisante. Pourtant les entrées au Grand Écran n’étaient pas plus mauvaises qu’ailleurs, au contraire !

Rappelons qu’il s’agit d’un établissement polyvalent dont la vocation n’est pas dédiée qu’au seul cinéma et qu’on y trouve une salle de spectacle, des loges d’artistes, un immense monte-charge pour les décors. L’accès handicapé et l’excellente insonorisation s’y ajoutent pour lui conférer une qualité sans équivalent dans toute la région parisienne.

L’association, créée dès le retrait de Gaumont, s’est battue pour conserver la vocation culturelle de ce complexe. Mais cette attente s’est trouvée rapidement déçue puisque, dans ce domaine, il ne s’est pas trouvé de repreneur. C’est finalement une extension du centre commercial qui a été proposée. Et, dans la logique qui prévaut à Italie 2, c’est bien sûr de nouveaux magasins de vêtements qui ont été prévus, comme si on n’en avait pas déjà assez. Peut-on voir avec indifférence brader ainsi cet équipement exceptionnel qui a bénéficié à l’origine d’un financement public en contrepartie d’obligations envers la municipalité ?

La Mairie du 13e, sensible à la grande qualité de cet équipement, voulait en préserver le caractère culturel et a cherché en ce sens des repreneurs potentiels, notamment auprès des autres firmes de cinéma, mais sans grand succès. Il s’est vite avéré que le coût particulièrement élevé du loyer et des charges locatives ne pouvait être assumé que par des chaînes commerciales aux reins solides. Le pouvoir de la municipalité, limité en ce qui concerne les installations d’entreprises privées, ne peut intervenir sur la nature de celles qui seront implantées. Le repreneur pressenti s’est finalement retiré, ce qui laisse un peu de répit. Mais la question de l’utilisation des locaux reste la même : trouver un financement est devenu encore plus difficile en période de crise économique et renforce la toute puissance des lois du marché.

L’association veut stimuler la recherche d’exploitants qui proposent des activités culturelles. Elle évoque le développement d’un centre à vocation européenne à la hauteur des ambitions de départ et qui contribuerait à la renommée de notre arrondissement. La diversification des activités est possible dans ces salles polyvalentes, dans un contexte où la place du cinéma en salle se relativise. Il faut poursuivre à la fois les démarches et la réflexion. C’est en ce sens que les membres de « Sauvons le Grand Écran » s’appuient sur le conseil de quartier concerné (le CQ 4) mais veulent également associer les autres conseils de quartier du 13e, en proposant que se constituent des commissions inter-quartiers avec ceux qui partagent leur volonté de préserver ce « fleuron du patrimoine des Parisiens ».

B.E.


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