La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for novembre 2011

Gazette 82- exposition

Posted by lagazou sur 26 novembre 2011

EBLOUIE

 Une piscine livrée à l’utopie.                                    

La piscine scintillait, un soleil d’automne, somptueux, donnait à chaque création une lumière fabuleuse. Les artistes réunis dans le groupe « 13 en vue » avaient travaillé autour du thème « constructions utopiques »

Dans la piscine d’été, occupant tout l’espace du grand bain, Jean Louis Mathieu, Dominique Monnier-Saget et Anne Vorms ont crée une construction baptisée Mondes et Merveilles, véritable fruit de leur imagination : la planète terre dans 250 millions d’années, volume changeant au gré du vent, onirique, qui inspire à chacun une lecture personnelle.

Dans le petit bain, des formes plus affirmées animent la surface d’une eau plus bleue que jamais. Il s’agit « d’objets flottants non identifiés »

Tout autour, sur un fond sombre, 50 « hublots » de 50 cm laissent à contempler des paysages imaginaires et des villes utopiques, 30 artistes ont participé et ce tour de piscine nous procure de belles émotions.

Derrière de grandes toiles claires se cachent des « secrets d’alcôves » on y trouve une vision de l’intime, parfois onirique, parfois crue ou idéalisée, le visiteur doit se « laisser aller » devant formes et volumes parfois déconcertants. C’est à ce prix que l’art nous touche..

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Gazette 82- Atelier de reliure Houdart

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

                                       La reliure a aussi ses grands couturiers

C’est une boutique verte, au 77 de la rue Broca, tout près du boulevard  Arago. Au-dessus de la devanture, comme une enseigne, un rectangle gris “ Relieur”. La vitrine est alléchante, mais je n’étais pas en avance à mon rendez-vous, aussi y ai-je à peine jeté un coup d’œil. L’ensemble évoque les anciens magasins d’artisans, mais sans ostentation de passéisme, et pour cause.

En effet, comme va me le montrer M. Escarra, le gérant de Relicentre, maison-mère de cet atelier, l’originalité et le prix des travaux effectués ici, c’est d’allier le savoir-faire traditionnel des artisans aux techniques modernes de mangement.

 Dans les 100 m2de la boutique  s’affairent une jeune femme et deux jeunes gens, à peine la trentaine chacun, au milieu d’une profusion de matières qui donnent envie de les toucher : des papiers de fabrication artisanale, à la colle, à impressions indiennes ou géométriques, des cuirs, veau, chagrin, mouton, buffle, maroquin  ,de la moire, toile, soie, des cartons, bref tout ce qui peut servir à habiller avec luxe ou simplement originalité les livres, collections de journaux ou périodiques, albums de photos, thèses, catalogues raisonnés d’artistes, que les clients apportent pour les transformer en objets personnalisés

Dans l(atelier Houdart sont réalisées couramment  des reliures jusqu’à 10 exemplaires. Mais comme les clients peuvent être, outre des particuliers, des Musées, comme Le Louvre ou Guimet, des institutions, comme l’Assemblée nationale, des bibliothèques ou des mairies, la demande s’étend parfois jusqu’à des centaines d’exemplaires. C’est alors la maison Relicentre, dont le siège est  à Limoges, qui les traite. Chaque semaine, M. Escarra vient à Paris pour rencontrer des donneurs d’ordre. Il apporte dans ce voyages des matières qui n’ont pas la place d’être stockées à Paris. Aussi bien ici qu’à Limoges Relicentre fait travailler des artisans qui fabriquent leurs matières. Des bois ou matières rares viennent de toute l”Europe.

 Dans l’atelier de Paris, Jessica et Xavier travaillent  sur les oeuvres en les traitant de A à Z. Ils ont été formés au lycée Tolbiac ou Paul Cornu de Lisieux, puis chez les meilleurs artisans    Grâce à Relicentre, ils sont déchargés de beaucoup de tâches matérielles et administratives. Ils peuvent donc consacrer plus de temps à s’impliquer dans un travail qui exige d’eux un même état d’esprit : implication totale, sens du service soigné, compétences multiformes. Leur patron en revanche leur laisse le soin de prendre eux-mêmes leurs rendez-vous et  Thierry, le troisième relieurse rend chez les clients, discute de la meilleure façon de réaliser leur demande, présente les échantillons de matières et établit le devis. Il fixe une date de livraison du travail. Au retour dans l’atelier, sur ordinateur, tout le travail est répertorié, comme dans une entreprise industrielle, et sur un simple clic, vous pouvez savoir que tel client a déjà fait relier ici 163 livres ; le travail de mémoire exhaustive est un des atouts des techniques modernes de management. Pour ces jeunes artisans l’enjeu est motivant, et il n’est pas étonnant qu’ils commencent maintenant à mieux gagner leur vie dans un métier qui les passionne.

Une jeune créatrice, depuis peu, s’est jointe au trio. Avec les chutes de matières, elle crée des formes nouvelles et inattendues, ce qui est le principe de la vision de l’artiste. Dans la vitrine, elle a su reconstituer avec précision et humour l’intérieur de l’atelier, si bien que les écoles du coin viennent  admirer les presses en réduction, et tous les outils nécessaires pour mener à bien un habillage de luxe pour un livre. Actuellement elle est concentrée sur le projet d’une vitrine de Noël.

 Quelques exemples précis de demandes de donneurs d’ordre . La maison Hermès via les Editions du regard a réalisé un livre sur ses fameux carrés ouvrage qu’elle a fait relier dans un carré de soie, en 1500 exemplaires. Même à Limoges on n’a pas livré ce nombre en une seule fois, mais en 7 à 8 livraisons de 200 exemplaires chacune pour que la finition artisanale soit respectée. L’actrice Juliette Binoche, qui peint des aquarelles et gouaches, désirait des coffrets étudiés pour présenter ses oeuvres. Entre elle, l’éditeur et M. Escarra a été décidé l’assemblage des 2 couleurs : bordeaux et gris, qui habillerait ces coffrets. Enfin, un jeune « thésard » a envoyé par mail le texte et les illustrations de sa thèse, et a reçu en retour douze exemplaires cartonnés, reliés en toile titrée dans la couleur de son choix !

 J’ai fini ma visite par un grand tour d’atelier où se pressent deux cisailles (que comme bien des profanes j’avais d’abord nommées massicots), 4 presses, 2 en bois, 2 en fonte, dont une électrique, un atelier de dorures, un gros massicot électrique qui occupe le mur du fond.

Pour la Noël ce peut être une idée originale de cadeau que d’offrir un livre ou un album de photos ou…toute autre idée réalisable, et vous avez constaté qu’il n’en manque pas. Qu’en pensez-vous ? Allez  donc faire un tour rue Broca.                                          G. Mennessons

 Atelier Houdart

77 rue Broca

78013 Paris

Tél : 01 43 31 40 36

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La Gazette du 13e- Un fil rouge

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

 POUR LES CENTRES D’ANIMATION DU 13e

Cette année le fascicule consacré à faire connaître les centres d’animation a été distribué à tous les habitants, on le trouve aussi à la Mairie.

A lire la liste des différentes activités, on retrouve sensiblement les mêmes programmes.

La Gazette a souhaité en savoir plus, ces lieux représentent une telle invitation à la culture du corps et de l’esprit, de telles chances de rencontres qu’il nous a paru presqu’urgent d’en parler en ce début de saison.

Sofiane AOUDIA, bien connu pour avoir initié les concerts de musique sacrée dont il a voulu faire l’expression des trois religions monothéistes, se consacre depuis octobre 2010 à la direction de l’ensemble des centres du quartier.

Animé d’une véritable passion pour la rencontre des cultures il ne pouvait trouver un meilleur terrain d’exercice que notre territoire autant métissé que bigarré.

 Un peu d’histoire 

 En septembre 2010, à la suite d’un appel d’offre, le dossier de gestion des centres présenté par La Ligue de l’Enseignement a remporté la décision du conseil de Paris et du conseil d’arrondissement. La fédération de Paris de la Ligue est donc chargée pour cinq ans de l’organisation, la gestion, la coordination de l’ensemble, elle joue aussi le rôle d’employeur.

Sofiane AOUDIA a bien voulu accepter la direction des différents centres. Son histoire le prédisposait à remplir cette fonction : avant d’être directeur des 6 centres il a été directeur des centres Dunois et Charles Richet.  Il a commencé son engagement dans l’arrondissement en tant qu’éducateur sportif où il a été professeur d’arts martiaux pendant 15 ans pour plus de 8000 élèves. L’enseignement des arts martiaux a été pour lui un véritable outil pour participer à l’éducation des plus jeunes et pour créer du lien social entre les adultes.

Depuis un an, il initie la mise en place d’un programme proposé par le gestionnaire. Il s’agit principalement de proposer aux différents centres un projet d’arrondissement destiné à rapprocher les lieux d’animation les uns des autres.

Un fil rouge

 Priorité est donnée  à l’ouverture, au souci de toucher tous les publics. Une telle palette de possibilités est susceptible d’intéresser tous les âges et tous les milieux sociaux. Une partie des jeunes n’ont pas compris que les centres leur étaient largement ouverts. Un effort particulier devra être fait en leur direction..

 Des Axes

 *Souci de communiquer : cette année les boites à lettre ont été inondées, d’autres efforts sont en cours auprès des habitants, des écoles.

  *Dépassement du rôle de gestionnaire d’activités : il faut aller plus loin  afin de créer à partir des loisirs du lien, de la convivialité. Il ne s’agit pas d’un libre service d’activités mais tout autant d’un lieu de rencontres. Au sein des ateliers le travail collectif peut devenir la base de liens.

 * Interaction au sein des centres : Il s’agit de créer des liens étroits entre les centres, de faire en sorte que les équipements de certains puissent se mettre au service des moins bien lotis. Deux centres possèdent de belles salles de spectacles, deux autres des studios d’enregistrement. Ces lieux-ressource doivent servir à tous, y compris aux acteurs locaux, associations, groupes de musique et autres.

 S’adresser à toutes les jeunesses : Sofiane ne tombe pas dans le travers de la généralisation, il sait qu’une partie de la jeunesse n’entre pas facilement dans les espaces publics, cette jeunesse-là pense que les centres, ce n’est pas pour eux. Il s’agit donc de pratiquer une écoute attentive pour être en adéquation avec leurs besoins, leur faire comprendre que c’est facile d’entrer.

Ces jeunes pratiquent une culture de la rue, s’adonnent à la musique, au graphisme (Graf) et au théâtre, on peut accompagner leurs projets, leur donner des possibilités. Il faut des réalisations concrètes. Un thème leur a été proposé : la vie de la cité, l’urbanisme. D’abord surpris qu’on leur demande leur avis, ils ont joué le jeu ; écrire des chansons sur le thème proposé, les œuvres enregistrés en studio ont fait l’objet d’un DVD baptisé BATIMENT 13 dont le lancement au Bateau-Phare fut un événement. Tiré à 5000 exemplaires on peut parler d’un succès gratifiant pour tous.

 *Rapprocher les classes sociales et les âges

 Fort de sa pratique en matière d’animation et de travail collectif, mon interlocuteur fut à l’origine d’un festival des arts martiaux qui a réuni une trentaine de groupe à la halle Carpentier. Le bénéfice  de la manifestation a été versé au Téléthon. Classes sociales mêlées et mosaïque de quartiers du 13e étaient au rendez-vous.

 La rencontre de générations s’effectue lors des fêtes de Noël. Une enquête auprès des gardiens d’immeuble permet de localiser les personnes vraiment seules au moment des fêtes. Le repas est préparé par les animateurs du centre, tout le monde s’y met, enfants, adolescents pour animer la soirée, l’échange se fait assez naturellement, les aînés apportent des cadeaux. –

Une autre activité permet de réunir les générations, elle prend une place importante, dans les 6 centres d’animation du 13ème, et concerne des activités d’insertion : soutien scolaire, alphabétisation, rédaction de CV, etc.  Ces activités sont encadrées essentiellement par des bénévoles de l’arrondissement  (des retraités, des salariés et des étudiants)

Après avoir évoqué les projets à venir Sofiane cite toutes les manifestations auxquelles se joignent animateurs et usagers des centres : entre autres, la Semaine de Solidarité Internationale, la semaine du goût, la fête de la jeunesse et bien d’autres encore.

Une vaste entreprise à laquelle nous souhaitons de beaux lendemains.

En quittant le centre Dunois, j’emporte deux cadeaux bien symboliques : le fameux CD réalisé par les jeunes des rues et un DVD consacré au festival des musiques sacrées.

 La Gazette remercie Sofiane Aoudia pour son accueil chaleureux

SL

 

 

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La Gazette du 13e- Centre Daviel

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

                        Service Public créateur de convivialité et de démocratie

Lecteurs assidus de la Gazette, heureux habitants du 13e., oyez la bonne nouvelle :  à tous, adultes, seniors, jeunes, voire bébés, toute l’année, même pendant les vacances et les jours fériés, six Centres d’animation  offrent  des activités de loisirs, de culture, de rencontres, favorisent le “ vivre ensemble”, luttent contre l’anonymat et la solitude, bref  donnent du goût à la vie.

Pour vous donner l’envie d’y aller voir, nous avons pris rendez-vous en cette rentrée des classes, avec la directrice adjointe du plus gros centre de Paris, (avec celui des Amandiers) qui est le Centre Daviel, au métro Glacière, 24 rue Daviel. (1)

Il a été construit dans les années 70, dans un bâtiment de la Ville de Paris. Au début, le Théâtre 13, dont il a été question dans d’autres livraisons de la Gazette, faisait partie de ce Centre. Il a pris son indépendance, en devenant Théâtre d’arrondissement, et n’est plus géré maintenant par le même organisme

Le Centre, lui, devenu Délégation de service public, est géré depuis 2010 par la Ligue de l’Enseignement. Les budgets ont été fixés lors des négociations. L’actuelle directrice  Mireille Handt, est aux commandes depuis 2008 et son adjointe, Alix De Finance, depuis 1999. L’ex-directeur du Centre Dunois est maintenant directeur général des Centres du 13e.

Dans le cadre du projet associatif de la Ligue de l‘Enseignement, le centre met gratuitement à la disposition des associations oeuvrant dans le domaine social, un très bel espace “ le  café Daviel”, qui s’étend sur plusieurs niveaux, comme cela se produit par exemple aux Semaines de Solidarité. Il propose des expositions à thèmes, ou à caractère pédagogique, qui allient le  ludique et l’esthétique.

Nous n’allons pas faire une présentation exhaustive de la  brochure que vous pouvez vous procurer à la Mairie de l’arrondissement, mais sachez que tous les âges, des tout petits aux seniors, peuvent trouver ici leur plaisir. Ainsi, par exemple :

Des animations WI pour des jeux kinect sont offerts par la mairie. On est “in” ou on ne l’est pas !

Des permanences sont tenues par  l’antenne Jeune Fontaine à Mulard et le Conseil de la Jeunesse à destination des 13/25 ans autour de la recherche de stages, d’emploi, des dispositifs parisiens d’aide, etc..

Dans une petite salle au rez-de chaussée, se déroulent des spectacles qui ne nécessitent pas de régie, ou de lumière, où se produisent  parfois des conteurs, des marionnettistes. Cinq dimanches par an ont ainsi lieu des spectacles pour tout-petits.

Vous pouvez aussi suivre des cours de conversation anglaise ou espagnole.

Les adeptes des Arts martiaux : karaté, aïkido, jiu-jitsu  judo viennent s’exercer sur les tatamis.

On y pratique aussi l’apprentissage de différents styles de danses, de la classique à l’africaine, à la danse jazz, ou orientale, à la salsa, à la capoeira. Et cela à des niveaux différents, des débutants aux confirmés, donc on peut se lancer sans inhibition.

Il y a même de la magie, des arts du cirque, et du théâtre également à tous niveaux et tous les âges.

La musique  n’est pas oubliée, avec la pratique du chant ou d’instruments comme guitare classique et piano, le tout accompané  de la base nécessaire: le solfège.

N’oublions pas la gym, même pour bébés à partir de 9 mois.

Si vous voulez vous lancer dans la poterie, de belles salles avec tout l’espace et le matériel nécessaires sont à votre disposition et il y a un four pour cuire vos productions.

Pendant les vacances sont organisés des stages pour les enfants et, en fin de journée, des moments de bien-être et de danse pour  leurs parents.

Vous pouvez proposer des activités qui vous intéressent ou que vous pouvez faire partager à d’autres, comme de la dentelle au fuseau ou des clubs de broderie.

Tout cela est mis à la disposition des amateurs, soit gratuitement, soit avec une modeste participation qui est adaptée aux ressources de chacun. Vous trouverez  le détail de ces conditions dans la brochure à la mairie ou sur place au centre Daviel

Nous espérons  qu’en ce début d’année vous allez organiser un planning serré pour passer une année enrichissante qui vous permettra de faire des découvertes ( y compris sur vous-même!) et de sympathiques rencontres. Bonne rentrée !                                                Séraphine

P.S.

Principaux thèmes de l’année : animations seniors (conversation anglaise, jeux kinect…) le jeudi, sensibilisation aux handicaps, expositions sur les rapaces, Journée du Conte en mars…

(1)Centre d’animation Daviel

24 rue Daviel  01 45 89 05 99

cadaviel@laligue.org

 

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Gazette 82- Un âge d’or

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

Générations 13

 Décidément le 13e est un arrondissement privilégié à bien des titres.

La Gazette a rencontré Henri Pousset, président de l’association Générations13. A l’issue de la rencontre on mesure la chance extraordinaire que représente pour les retraités ce maillage d’activités ou chacun, chacune peut trouver son bonheur et bénéficier du lien qu’une pratique commune tisse tout naturellement.

Un peu d’histoire.

Notre arrondissement, en matière de santé mentale, avait bénéficié d’un secteur d’avant-garde qui constituait un modèle en matière de prise en charge sectoriel. Les docteurs Balier, Lebovici et Paumelle restent des références en la matière. Anticipant l’impact du vieillissement sur la population, considérant que les problèmes de santé des personnes âgées ne relevaient pas de la psychiatrie, ils ont ouvert l’Association de Gérontologie du 13e. Pour ces praticiens, autant que le soin, il fallait proposer des lieux de convivialité pour « mieux vieillir et mieux vivre ». Ce fut la naissance des ateliers. On doit au docteur Guillet, porteur d’une conception extrêmement dynamique de l’âge un vent d’optimisme bien salutaire.

Néanmoins, faute de financements, l’association a du cesser ses activités en 2006. Plusieurs partenaires ont repris la structure, la S.P.A.M, Société Parisienne d’Aide à la Santé Mentale prend en charge le Centre de Prévention et les hôpitaux de jour.

Que deviennent alors les ateliers ?

Par la volonté des animateurs de l’époque, avec le soutien de la Mairie du 13e, les participants des ateliers créent l’association Générations 13. La S.P.A.M. en fait un partenaire pour gérer le centre.

 Un autre regard sur l’âge

 Dans un éditorial Henri Pousset dénonce un vocable mortifère :

« J’ai envie de vous proposer un autre regard qui vient d’ailleurs. En effet, nos voisins espagnols pour dire cette réalité qu’est la retraite disent }Jubilation~. Nous partons dans le temps de la retraite, eux partent dans le temps de la jubilation. Notre mot est très négatif, il évoque le retrait, battre en retraite. On se retire comme après une bataille perdue. Nos amis espagnols se retrouvent à la casa de la Jubilacion, pour parler, se rencontrer …….. Je pense que c’est ce que nous essayons de faire à Générations 13, les ateliers que nous proposons sont autant de lieux de rencontres où nous partageons ce bonheur de vivre qui se risque à la jubilacion »

Ici, aucune référence à la gériatrie, on a l’impression d’entrer dans un centre de loisirs. A la création la structure, en 2006, ils étaient une centaine, inscrits à l’association, aujourd’hui, ils sont 450 et les ateliers se multiplient. Le bilan de l’année passée atteint 48.547  heures d’activités, quand on  mesure la variété des loisirs proposés, on se dit que chacun doit y trouver son plaisir.

Une appellation particulièrement adapté, des jeunes retraités de 55 ans aux aînés qui, parfois, approchent de la centaine, ce sont vraiment plusieurs générations qui se croisent rue Bobillot.

L’organisation apparaît comme auto-gestionnaire et chaque année la naissance d’un nouvel atelier est le fruit d’une initiative personnelle.

Tel professeur de philosophie a la retraite propose ses services, un autre, économiste propose de « décortiquer l’économie à partir d’un texte, d’un événement »

De même les randonneurs, plus ou moins sportifs, (il y a deux niveaux) imaginent entre eux des week-ends à la campagne et même des séjours dans nos belles régions, un groupe part à Belle Isle en septembre, un autre parcourut l’Ardèche au printemps dernier.

 Une perspective ouverte à toutes les aspirations

  C’est bien aux temps de la retraite que l’on peut enfin choisir et aborder des activités auxquelles on a rêvé sans en avoir le temps. Tout le monde n’a pas la chance des heureux habitants du 13e. Ici, tout ou presque devient possible y compris du point de vue du budget, nombre d’activités sont gratuites, d’autres requièrent une participation assez modeste.

L’impressionnant programme reproduit dans le dossier vous en donnera une idée. Outre une gymnastique salutaire tant du point de vue physique que mental, les rencontres sont des occasions de se faire des amis.

D’ailleurs le président raconte combien les petits cafés et restaurants du coin se félicitent de ces retrouvailles nourricières.

 Une philosophie inter-âge

Henri Pousset confie son grand projet : promouvoir une « Maison de l’âge ». Conscient que les personnes âgées ont besoin de d’être en phase avec tous les âges de la société, et que réciproquement, c’est une richesse pour les plus jeunes de nouer le dialogue avec les aînés, le président a déjà posé des pierres pour construire un dessein qui lui est cher.

Trois initiatives forment le pilier de ce programme :

*Les rendez vous de l’atelier  écrivain public, ils ont lieu deux fois par semaine et sont ouverts à tous.

*L’accueil de l’association Solidarité Nouvelle face au Chômage.

Il s’agit de l’accueil, de l’écoute et de l’orientation des demandeurs d’emploi, il est assuré par des personnes compétentes et attentives.

*Le soutien scolaire, les mardis, mercredis, jeudis à partir de 19h30 et jusqu’à 22h, les parents accompagnent leurs enfants, le plus souvent ils restent sur place et discutent entre eux. Il y a aussi de grands adolescents qui viennent aider.

 Pour une société inter-âges

Pour Henri Pousset qui rêve d’une maison des âges, ce n’est qu’un début.

Il s’émerveille de l’énergie formidable de ceux et celles qui ont choisi de se retrouver, il de réjouit de la richesse de certains échanges entre générations.

« ces gens »nous dit-il « qui ont subi tant de contraintes et viennent ici par plaisir avec un sentiment de liberté »

Pour lui, chaque ville devrait s’honorer de créer des lieux ouverts à tout les âges.

 Des chiffres à propos de la fréquentation de l’association

 Les origines professionnelles en partant de la nomenclature INSEE

–         5%  viennent de l’artisanat et du commerce

–         12% viennent du secteur bancaire

–         15% viennent de l’enseignement

–         20% viennent des professions de santé

–         48% viennent du secteur tertiaire

Sur la pyramide des âges :

–         7% ont moins de 65 ans

–         21% ont entre 65 et 69 ans

–         29% ont entre 70 et 74 ans

–         18% ont entre 75 et 79 ans

–         16% ont entre 80 et 84 ans

–         9% ont entre 85 et 95 ans

–         Et ça n’étonnera personne, 86% sont des femmes

 Une politique désastreuse.

On se souvient du centre de la rue Pirandello qui proposait aux retraités un certain nombre d’activités intéressantes et parfois ludiques.

Subventionnée par les caisses de retraite, l’AGIRD et l’ARCO, ces dernières ont décidé de suspendre ces activités pour se consacrer aux bilans de santé, conférences sur les maladies de l’âge et autre conseils de prévention. Les bailleurs, loin de reconnaître les vertus de l’activité choisie semblent réduire l’âge a son lot possible de maladies. Beaucoup de gens du quartier le regrettent.

Sabine

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Gazette 82-Loris et son scooter électrique

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

 J’ai été intriguée par un homme en fauteuil électrique, impassible et immobile, que je voyais assez régulièrement dans notre quartier. Peu à peu, il était devenu comme un symbole dans le 13e qu’il habite depuis 6 ans. Par tous les temps, qu’il pleuve, neige ou vente, on le voit assis, imperturbable, dans son fauteuil électrique. Car, bien qu’il reste longtemps sans bouger, il ne supporte pas de rester enfermé. En effet, avant, jusqu’en 1999, il exerçait le métier de pompier, métier qui exige beaucoup de qualités physiques et qui, pour le pratiquer, soumet le candidat

à une sélection sévère. Mais maintenant, il n’a même plus le droit de travailler, pour cause de maladie professionnelle. Le corps médical lui propose de l’opérer, ce qu’il refuse pour l’instant, craignant les effets secondaires. Malgré tout, il a conscience d’être très fatigable.

 Mais il aime beaucoup notre 13e qu’il trouve accueillant et surtout très accessible physiquement à beaucoup de niveaux. Il s’est installé dans notre arrondissement pour être avec sa fille de 12 ans et sa femme. Il est heureux de sa situation ; et pour lui, ce qui reste primordial pour un handicapé, c’est d’être reconnu.

Nous avons bien ri quand je lui ai dit que dans le 13e, il n’y avait que les handicapés en fauteuil qui ne se plaignent pas de la disparition progressive des bancs ! Il s’est plaint par contre du manque, trop souvent, de « vespasiennes » d’autant plus utiles en ces temps de vieillissement de la population.

 Il équilibre sa vie par les relations qu’il tisse au fil des jours avec les piétons qu’il voit de manière régulière, car il est très communiquant et affable, son grand sourire en est le principal atout. C’est sa compensation avec la contemplation dont il garde le secret.

 Cependant, ce qu’il souhaite vraiment, comme tous les handicapés d’ailleurs, c’est que la recherche fasse de tels progrès qu’il puisse en bénéficier, car Loris n’a que la quarantaine.  Cela lui donne de l’espérance

 G. Juillet

(Loris, nom dont il ignore l’origine; alors, avis aux chercheurs…)

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Gazette 82- Un plaisir partagé

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

A la Butte aux Cailles, sur la place Paul Verlaine, connaissez vous les deux terrains de pétanque tout près de la fontaine ?

Il y a cinq ans, à la fin de l’été, des copains avaient oublié leur jeu de boules chez nous dans le sud ouest.

Revenus à Paris à la rentrée, attendant qu’ils viennent les récupérer, nous avons décidé de prolonger un peu les vacances et de nous retrouver pour une partie, suivie d’un diner improvisé tous ensemble.

Ce moment chaleureux et joyeux nous a donné envie de recommencer.

Et nous avons commencé et recommencé à nous réunir ainsi chaque semaine pour jouer et souvent diner ensemble.

Le plaisir de se retrouver est devenu si grand que nous avons, depuis 5 ans, joué par tous les temps, sous la pluie harnachés comme des pêcheurs à la crevette ou même dans la neige emmitouflés comme des Inuits.

Peu à peu, notre groupe de base s’est agrandi, d’autres copains sont venus nous rejoindre, des copains de copains, des habitants du quartier qui passaient par là sont revenus de semaine en semaine agrandir le cercle. Il est même arrivé que les 2 terrains ne suffisent pas!

Quelquefois ils n’étaient pas libres et nous avons essayé les arènes de Lutèce, le boulevard Blanqui et même la rue du Figuier, mais celui de la Butte aux Cailles avec ses bosses et ses goulottes, sous les arbres l’été, sous les réverbères l’hiver, est devenu notre île chaque semaine!

Nous y fêtons les anniversaires, partageons des gâteaux ou des inventions culinaires, une bonne bouteille ou du chocolat chaud sur le banc à la fin de la partie.

Maintenant, nous savons que ce jour là, notre jour des boules, on peut passer presque sans se concerter. Les autres seront là.

Ce moment est devenu un rite festif et ludique que nous retrouvons avec délice.

Gagner la partie nous importe peu, nous aimons les routes extraordinaires suivies souvent par nos boules pour approcher le cochonnet mais le plus important est la joie de se retrouver, la magie des échanges et du partage, oublier tout et s’inventer une parenthèse d’enfance…

« Allez, on joue! ».

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Gazette 82 L’APF de Paris XIII

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

 Pour « normaliser » et épanouir la vie des handicapés moteurs.

C’est notre arrondissement qui accueille à la fois le centre National de l’Association des Paralysés de France, 17 Bd. Auguste  Blanqui, et la délégation Départementale de Paris,13 Place de Rungis, soutenue par 6 relais regroupant  chacun plusieurs arrondissements parisiens.

La directrice de cette délégation, Mme Mauceri, a pris le temps de  recevoir longuement  La Gazette pour détailler le fonctionnement de l’institution.

Le créateur de l’association est M. A.Tranois qui, en 1933, après les ravages exercés par la guerre de 14-18, veut réclamer les moyens nécessaires à la vie des nombreux amputés. Elle est à la fois service social spécialisé et réseau d’entraide. Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour qu’elle soit reconnue d’utilité publique en 1945.

Même dans des départements à faible densité de population, il existe une délégation pour que dans toute la France les paralysés isolés ne se sentent pas abandonnés. Ces délégations se sont développées en fonction des besoins et du nombre d’adhérents. Celle de Paris est la plus importante avec 760 adhérents. Lille abrite aussi une forte délégation

Elles comprennent toutes des bénévoles et des professionnels  pour les encadrer.

 Quelle est leur action ?

Ils appuient les demandes pour améliorer l’accessibilité des logements. Beaucoup de handicapés en effet sont désemparés et ne savent ni comment s’y prendre ni où s’adresser. Un chargé de mission juridique éclaire leurs droits et prend la défense de leur handicap. Ils font aussi avancer la législation et la pratique dans l’accessibilité aux transports, aux lieux de travail. Avec lui ils peuvent saisir l’ex-Halde, qui depuis 2 mois s’appelle Défenseurs des droits.

L’APF se charge de récupérer du matériel : si un fauteuil est cassé on peut donner ou prêter un remplaçant. Ceci vaut aussi pour un touriste handicapé qui sans cette aide devrait interrompre ses vacances. La directrice souligne que les Parisiens sont très généreux, et si les fauteuils donnés sont en surnombre on les envoie dans les pays étrangers en manque.

Pour ceux qui recherchent un emploi, professionnels et bénévoles leur apprennent comment s’évaluer, en les aidant à rédiger un CV, avec accueil au service informatique , que je suis allée visiter guidée par l’assistante de Mme Mauceri. Pour le prix d’une adhésion à l’association, soit 25€ par an, tout le monde, même non-handicapé peut venir se servir du matériel informatique. Le formateur pendant 4 matinées  par semaine  adapte ses cours au handicap. Il ne prend pas plus de 4 ou 5 élèves dans la grande salle, où le reste du temps  fonctionnent des ateliers de yogas et d’arts plastiques. Quand il a affaire à des déficients sensorieels, auditifs par exemple, il use du langage des signes.

Pour aider des adultes à domicile existe un service d’Accompagnement médico-social qui emploie des ergothérapeutes et orthothérapeutes ; des animateurs,éducateurs et assistantes sociales les aident à maîtriser la législation et établir des dossiers grâce aux équipes pluri-disciplinaires. Des aides pour les actes de la vie quotidienne assurent lla toilette, les repas, bref ce qui et vital et indispensable.

Rue Zadkine, un service  d’Education et Soins Spéciaux à Domicile s’occupe des jeunes de 6 mois à 20 ans  et intervient dans tous leurs lieux de vie, domicile, école, centre de loisirs. L’enfant peut par exemple, si  c’est vraiment nécessaire, rester à domicile, on lui envoie des éducateurs sous l’égide de médecins de rééducation fonctionnelle. Ceci vaut essentiellement dans notre arrondissement.

En liaison avec ce service se sont créés il y a 2 ans dans les six relais de Paris des groupes d’échanges pour réunir les parents d’enfants handicapés. Ils paient l’adhésion, et c’est gratuit pour les jeunes. Ils se réunissent une fois tous les 2 mois sur une thématique. Comme ils viennent de tout le département le lieu choisi est dans le centre de Paris, à la maison des associations du 3e arrondissement. Le 18 octobre le thème sera : l’aide humaine, auxiliaires de vie à domicile.

Par ailleurs à la rue de Rungis les adhérents peuvent pratiquer yoga, piscine,arts plastiques.Des actions collectives sont menées soit ponctuellement, soit de manière permanente.

On peut créer des événements : ainsi le 27 septembre les handicapés moteurs se rassemblent devant le Sénat pour réclamer l’attention des élus sur une loi qui faisait avancer l’accessibilité  et qui est remise en question par l’ajout d’articles  visant à bloquer son application . Cette action a pour nom “Des bâtons dans les rues” et elle se produira dans toute la France

Sur le marché aux fleurs du 5e,, Place Monge, depuis 2 ans, des fleuristes sont invités à vendre leurs produits sur un stand APF et on leur loue l’emplacement, tout en donnant une allure festive à l’événement grâce à un orchestre que l’APF engage pour animer son stand. Cela contribue à faire connaître l’APF au grand public.

Toutes les années l’APF participe au Forum des associations du 13e.. Cette année, impossible, car ce jour-là, 17 septembre, elle organise à la place de  Rungis sa journée porte ouverte .

Comment financer tous ces services  ?

Grâce à des dons et aux cotisations ; modestes, vous l’avez constaté : 25€ par an, et une subvention est versée aussi par les entreprises  qui n’embauchent pas 6% de leur effectif  en personnes  handicapées.

Dans notre arrondissement quelques entreprises, n’employant que des handicapés qui ne peuvent travailler dans les milieux ordinaires, reçoivent une subvention de l’Etat.

Sans prétendre avoir circonscrit tout le domaine d’action de l’APF, nous espérons donner l’envie au lecteur de mieux connaître une association si nécessaire à notre vie commune.

 Georgia

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Gazette 82 Chantons et jardinons

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

   Ensemble, sous le soleil !

Un beau dimanche de septembre, nous nous sommes retrouvés une fois de plus avec plaisir  au square le Gall pour la fête des jardins.  Les animateurs avaient bien fait les choses avec un programme impressionnant qui proposait découverte du jardin partagé, festivités et dégustation. Il y en avait pour tout le monde, ceux qui ont la main verte et les autres. Les premiers, répartis en 11 équipes concurrentes, étaient invités à identifier les espèces cultivées, avec possibilité de consulter les livres mis à disposition par la librairie « Les Oiseaux rares ». Les seconds pouvaient s’initier aux joies de la botanique sous la conduite éclairée de Sylvain, architecte certes, mais aussi paysagiste. Quant aux plus jeunes, ils ont suivi avec une attention passionnée la course de vitesse où s’affrontaient cinq escargots cueillis dans le jardin qu’on pouvait identifier grâce à une marque colorée sur leur carapace à la façon d’un dossard de sportif et rendus à la nature après leur course…. Cette journée a permis aux visiteurs d’admirer le travail de l’association, maintenant constituée d’une soixantaine de membres. On trouve dans ce jardin des plantations variées où se mêlent fleurs, fruits, légumes et herbes aromatiques, sauge, tomate, haricots, fraisiers, courge et sauge dominés par un massif de cosmos aux couleurs mauves, rouges et blanches, avec des références à l’esprit du quartier évoquant les Gobelins (plantes tinctoriales) ou la Bièvre (osiers). Cette rencontre a été aussi l’occasion de constater que le jardin s’équipe progressivement, avec la mise en place d’un récupérateur des eaux de pluie, une cuve à compost pour les déchets végétaux, et un bac en hauteur accessible aux personnes en fauteuil roulant.

Après la remise des prix aux gagnants des équipes en compétition, on est passé aux festivités qui rassemblaient les jardiniers, leurs amis, leurs voisins et tous les curieux attirés par cette sympathique manifestation. Le goûter a permis de découvrir  les tartes au potiron et à la rhubarbe confectionnées à partir des produits du jardin,            tartes tellement appétissantes qu’elles ont été vite englouties. Ce fut un moment de convivialité et de gourmandise, aux sons du saxophone de Claude. Et puis on est passé aux spectacles qui ont captivé grands et petits : d’abord deux jeunes saxophonistes venues d’une école de musique voisine, Arphonie ; puis un chanteur d’opéra et un choeur de quelques chanteurs-jardiniers ou jardiniers-chanteurs.

Après cette journée très réussie, il reste un challenge : dans le jardin pousse une plante mystérieuse que personne n’a pu identifier. Celui qui pourra résoudre cette énigme devrait être récompensé !

BE

 

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Gazette 82 La nouvelle rive gauche

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

Regard croisés, un architecte, un écrivain

Ils ont mêlé leurs talents, échangé leurs regards, donné libre cours à leurs divagations savantes et très littéraires. L’écrivain, c’est Pierre Assouline ,un auteur qui a fait ses preuves, l’architecte Marc Mimram a posé un regard neuf sur un urbanisme auquel il n’avait pas participé. Les pages paires sont livrées à l’architectes, les pages impaires à l’écrivain.

« La rencontre » nous annonce l’architecte « priT la forme d’une promenade ou chacun ne revendiquait pas sa spécialité mais partageait avec l’autre  les traces, les étonnements, les plaisirs urbains. Cela donne lieu à un récit croisé, iconographique et écrit, une mise en résonnance. »

Cela nous donne un livre original, très savant, parfois agaçant par sa recherche d’une élégance littéraire un peu « décalée » d’une réalité qui nous touche de manière plus concrète.

Par ailleurs il ne manque pas de vertus, l’une des plus essentielles, c’est qu’il nous donne envie d’y aller voir de plus près, de décrypter ce nouveau paysage, d’y voir vivre ses habitants, ses étudiants, de revoir nos « idées préconçues » de vérifier si vraiment le lien entre « l’ancien et la nouveau » est en voie de s’accomplir.

Autre vertu, sa lecture a quelque chose d’une invitation à « rêver autrement ». A maintes reprises je me suis dit : « Et si j’écrivais ce quartier avec mes propres références ? Et vous lecteur, qu’en dites vous ? la Gazette est prête à recevoir vos écrits, il y a, en effet mille manières de regarder cette « nouvelle rive gauche ».

Il faut parfois se secouer pour ne pas être nostalgique, mais franchement, ces frigos étouffés, cette Sudac étriquée, ça peut faire mal et le regard, c’est comme l’intelligence, ça peut évoluer.

On se le souhaite !

Paru aux éditions de l’Arsenal

Il se peut que la Gazette sollicite auprès de l’architecte une visite guidée.

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Gazette 82 Le suspense est fini !

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

Nous avons suivi au fil des années et nous avons apprécié l’action courageuse de l’association « Sauvons le Grand Écran » qui s’est investie dans la défense et l’illustration de ce joyau de notre patrimoine dont le sort est en train d’être scellé.

Comme les membres de cette association nous pensons que le 13e a bénéficié d’un bel équipement avec l’installation du cinéma Grand Écran place d’Italie : un bâtiment signé par un grand nom de l’architecture, Kenzo Tange, une salle de 650 places, un écran de 240 m², une scène immense, des loges pour les artistes, une excellente insonorisation couvrant les bruits environnants, une exceptionnelle qualité d’acoustique. Il y avait là de quoi dynamiser la place d’Italie et lui permettre de conserver son rayonnement dans l’arrondissement. Nous avions la chance de disposer là d’un atout culturel de premier ordre. Nous sommes conscients du coût de gestion de ce bâtiment et nous apprécions qu’on ait pu avec ce projet échapper à la logique financière du tout commerce qui dicte trop souvent la banalisation de nos équipements. L’immobilisation prolongée de cette salle représentait un énorme gâchis,  préjudiciable pour l’arrondissement, pour le bon fonctionnement du centre commercial, pour tout le monde. Ils étaient nombreux ceux qui avaient connu et aimé fréquenter la grande salle et ses deux petites annexes, même si la programmation n’était pas toujours au rendez-vous, et qui espéraient  voir la culture reprendre de la vigueur dans un monde où s’estompent nos repères.

Un multiplexe, c’est bien sûr mieux  que des boutiques d’autant que l’on n’est pas en manque dans le domaine de la fringue partout présente. A défaut d’un projet grandiose ou simplement un peu créatif, on peut espérer que la reprise des salles par Pathé va redonner vie au centre Italie 2, qui s’est banalisé avec la perte de pôles d’attractivité comme la librairie Flammarion ou le Grand Écran. Il faut souhaiter que la programmation sera de qualité et que l’on ne regrettera pas d’avoir sacrifié cet équipement au réalisme économique.

Brigitte Einhorn

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Gazette 82 Livres

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

« Mon 13e, des fortifs aux tours » par Francis Doignon-Tournier

 Promenade vagabonde dans le 13e, ce livre évoque, sans chronologie aucune, les aspects surannés mais aussi présents de notre arrondissement.

Parce qu’il vit dans le 13e depuis plus de quarante ans, l’auteur décrit quelques rues choisies pour des raisons qui lui sont propres, telles que la rue Gandon, la rue Dunois, le boulevard Vincent-Auriol ou le quartier Jeanne d’Arc. Il nous emmène également découvrir certains lieux riches d’une histoire dont toute trace a disparu, le plus souvent, l’ensemble des Olympiades, le square René Le Gall, le faubourg Saint-Marceau et, parfois aussi, le fantôme de la Bièvre.

Cette balade nous emporte également à la rencontre de quelques écrivains afin de nous faire découvrir comment ils ont évoqué le 13e dans leur œuvre : Victor Hugo dans Les Misérables, Émile Gaboriau avec une enquête de Monsieur Lecocq, ainsi que des extraits de L’Éducation Sentimentale, de Gustave Flaubert et de Sans Famille d’Hector Malot. Même si nous y ajoutons Louis-Sébastien Mercier, Alain Demouzon et Léo Malet, la liste n’est pas exhaustive.

Cette flânerie paresseuse offre aux amoureux du 13e l’occasion d’en découvrir certains aspects méconnus ou trop bien cachés pour être mis au jour sans indices préalables.

Mais l’auteur ne s’interdit pourtant pas de donner son avis, parfois fort critique, sur l’évolution récente et les transformations, parfois silencieuses, infligées à de trop nombreuses parcelles de l’arrondissement. Même si, comme l’écrivait Simone Signoret, « la nostalgie n’est plus ce qu’elle était », elle n’en demeure pas moins vivace dans les regrets qu’engendrent certaines destructions évidemment excessives. Mais chacun en jugera selon ses préférences.

 

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Gazette 82 Joëlle à la Margelle

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

Notre attachement commun à la TERRE a renforcé l’amitié entre Joëlle et moi.

Pour couronner notre même philosophie du monde et de « la terre » nous avons décidé de participer ensemble à la Semaine de la Solidarité Internationale 2010. Preuve de son ouverture à l’autre et au monde … Joëlle et Madagascar …

 Nous fûmes ainsi tous réunis à La Margelle, au 48 rue Samson, ce 20 Novembre 2010, autour de trois peintres et trois associations « liées à la Terre » :

 D’abord, LA MARGELLE : Joëlle (re)présentait LA TERRE comme matière à caresser, à modeler, … à transformer … Tout en discrétion et en réserve … elle a fait de son atelier un endroit attachant pour ses élèves et pour tous ceux qui sont passés par La Margelle … elle a donné une âme à cet endroit …

 Puis, Mamelomaso, la 2ème association, qui parlait du « Tanindrazana ». Mot malgache qui se traduit par TERRE des ANCÊTRES. Mme Nosy Rabejaona, historienne et archéologue, présidente de Mamelomaso a fait, lors de cette réunion, une conférence sur l’importance de la Terre en tant que matière mais aussi en tant que symbolique de l’âme dans la culture ancestrale malgache …

 Enfin, l’association « Sport Asa Tany », apportait la valeur TERRE nourricière. D’origine malgache, Asa voulant dire Travail et Tany= Terre, l’association Sport Asa Tany oeuvre pour la valorisation du travail des paysans des pays pauvres, qui travaillent encore leur terre à la bêche. Le Sport Asa Tany consiste tout simplement en un concours de bêchage !

Joëlle a complètement adhéré à cette forme d’aide aux plus pauvres : la reconnaissance de leur travail … En août 2010, les poteries de Joëlle furent parmi les plus beaux lots offerts aux paysans malgaches gagnants du concours.

 Ce soir du Samedi 20 novembre 2010, nous avons tous eu du mal à nous séparer … une communion autour de LA TERRE … nous ne savions pas encore que cette réunion était comme un cadeau de départ que Joëlle nous a offert …

                                                                                               Aurélie

 

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Gazette 82 Joëlle, la potière de la Butte

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

C’était un matin de novembre, gris dans la rue des Cinq diamants, une petite échoppe minuscule, sans apprêt, simplement marqué « poterie, » elle est fermée et je lorgne quelques pots en terre dans la vitrine, quelque chose d’incongru dans cette époque moderne.

 On est en 1989. J’y retourne le lendemain soir. Première rencontre avec Joëlle. Elle est bourrue, Les phrases sont courtes et hachées. C’est petit à l’intérieur. Le plus grand, c’est le four dont elle est fière. Elle m’explique  qu’ici, c’est un atelier de poche, Elle porte un grand tablier bleu  de jardinière, et ses doigts habiles retouchent  quelques œuvres branlantes  d’enfants insouciants. Oui, elle reçoit des enfants le mercredi, pas trop, c’est vite rempli, ici. J’accueille comme un privilège l’inscription de ma fille, et désormais, l’atelier fait partie de mes parcours familiers ; Les discussions en hiver, autour de tout et de rien, je passe, je vais voir Joëlle. Je m’assois sur un grand tabouret, et mes doigts s’égarent dans la terre  rouge, brune. Un jour, je lui demande si elle peut m’apprendre à tourner. Elle possède un vieux tour à pédale, bricolé par un copain. Imperturbable, elle m’explique que pour tourner correctement, il faut tourner tous les jours, plusieurs heures pendant un an ; peu importe, c’est le plaisir d’être là, sentir la terre monter sous les doigts, sous son œil vigilant, son regard malicieux quand tout s’effondre. Encore une fois, je lui demande de recommencer «  montre moi ! » le plaisir de sentir la terre vivante sous ses doigts, cette magie à chaque fois.

 Nous étions une petite bande, on venait pour la terre et aussi pour ce lieu hors du temps, pour Joëlle. Quelquefois, on lui disait : » tu pourrais les mettre en valeur, là dans la vitrine, tes formes en terre mélangée, c’est beau, tu pourrais les vendre ». Elle marmonnait, la vitrine restait poussiéreuse, et un peu plus tard, elle nous offrait une forme ronde et colorée.

Joëlle nous a quittés au mois d’août, brutalement

 J’aurais bien retouché à la terre, maintenant  j’ai du temps, je suis à la retraite.

 Annette

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Gazette 82 Au Temps des Cerises

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

« On vit autrement : c’est aux autres de s’en apercevoir »

Le Temps des Cerises, le restaurant qui arbore fièrement sa qualité de société ouvrière de production au 18 de la rue de la Butte-aux-Cailles fait tellement partie du paysage qu’il suscite peu les curiosités. Derrière ce qui apparaît comme une sorte d’institution incontournable où il fait bon se restaurer avec de vieux ou jeunes amis, il y a une équipe, un projet, un choix d’un type de  vie et de travail reposant sur des valeurs toujours bien vivantes. C’est en fait un petit bout d’utopie réalisée qui a su durer, née d’une démarche collective et égalitaire qui imprègne toujours les lieux.

La Gazette : Si nous parlions de l’histoire de ce lieu qui apparaît à certains si familier ?

Guy :Bien volontiers. Sa création date de juin 1976. A l’origine il y a une équipe d’un lieu alternatif qui se trouvait dans le 15e , le San Pierro Corso qui était à la fois un restaurant et un lieu culturel dédié à la musique, au théâtre et à la chanson. Certains de ses membres étaient à la recherche d’un autre lieu qu’ils ont trouvé ici à cet endroit  qui était autrefois une épicerie coopérative. Cette épicerie était fermée depuis 10  ans, il n’y a pas eu de bail à racheter. Les débuts du lieu ont été facilités du fait que les travaux ont été effectués par des bénévoles et que les premières mises de fonds sont provenues de dons. Au départ il y avait deux projets : le restaurant ou une librairie qui s’est installée finalement rue Barrault, ( Le Dilettante ).

Dès le départ,  le restaurant a connu un grand succès dû surtout au bouche à oreille et à la spécificité du projet : un restaurant convivial certes mais aussi culturel. A cette époque le restaurant était déjà une SCOP, c’est-à-dire une société coopérative ouvrière de production dont la caractéristique est de bénéficier d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats qui favorise la pérennité de l’outil de travail et des emplois. Chaque associé-coopérateur ne dispose que d’une seule voix lors de l’AG de l’entreprise, ce qui induit un autre rapport au travail. Chacun se sent responsable de la bonne marche de l’entreprise et le gérant est élu par les autres salariés. A lui de convaincre du bien-fondé de ses décisions ; il ne peut s’imposer par le pouvoir de l’argent.

Pour en revenir à l’historique, malgré des débuts prometteurs, le restaurant a assez vite connu des problèmes financiers, ce qui a amené  l’arrivée d’une nouvelle équipe en 1979 et le retour du premier cuisinier en 1985. En 1986 à la suite d’un contrôle fiscal le restaurant a été mis en faillite. L’équipe de 8 personnes de l’époque a décidé alors de faire front et de remonter le restaurant, en acceptant de ne plus être payés pendant un temps et de régler les arriérés selon un échéancier. C’est à partir de ce moment qu’un tournant décisif a été pris ;  un passage à l’âge adulte en quelque sorte que beaucoup d’entre nous réalisait aussi dans leurs vies personnelles avec la naissance d’enfants et la prise de conscience de la nécessité d’une stabilité financière, le tout sans renier nos principes : avoir un autre rapport au travail, établir un véritable partenariat entre la société commerciale et les individus qui y travaillent. Cela a été au prix d’une hausse des prix mais aussi d’une hausse de la qualité.

La Gazette : Combien de personnes travaillent au Temps des Cerises actuellement ?

Guy : 15 équivalents plein temps. Nous avons vraiment créé des emplois.

La Gazette : Au niveau humain, que t’a apporté cette vie au Temps des Cerises ?

Guy : Une cohérence entre mes valeurs et mon choix de vie et de travail. Je viens de l’Aveyron, d’un milieu paysan, je n’ai jamais adhéré au culte de l’argent. J’adhère pleinement aux principes de la SCOP, le fait que nous soyons salariés-coopérateurs change pour nous la vision de cet endroit, c’est aussi un lieu de vie ; nous aimons le faire partager le temps d’un repas à d’autres qui viennent pour la qualité de la nourriture et la convivialité du lieu. Rien n’a changé depuis le départ, contrairement à tant d’autres endroits qui s’épuisent à suivre les modes successives qui les rendent tous semblables ; les longues tables sont toujours là, la peinture des murs, aussi, les ardoises, les thèmes des affiches sont proches de ceux d’hier … La plupart des clients apprécient de retrouver ce lieu à part ou de le découvrir ainsi que ce qui transpire de son histoire à travers les signes matériels. La seule chose qui ait vraiment changé est que ce lieu n’est plus un lieu culturel, les gens s’y rencontrent toujours autour d’un repas, c’est le plus important. Un temps, le Merle Moqueur a assuré le relais,  mais en 1991 cela a pris fin.

La Gazette : Justement, à propos des dernières polémiques concernant le bruit, quelle est la position du Temps des Cerises ?

Guy : Je crois qu’il faudrait établir une charte entre toutes les parties concernées. De façon plus générale, il est dommage que les cafés cultures de proximité disparaissent les uns après les autres. Le Temps des Cerises adhère au collectif citoyen bar-bars qui s’est créé récemment au plan national pour soutenir la création culturelle dans les bars, bistrots et estaminets en tout genre.

La Gazette : Merci. Je souhaite à tous ceux qui ne connaissent pas le Temps des Cerises de venir y manger un jour.

                                                                                F.W.

Pour aller plus loin :deux sites :

http://www.cooperativetempsdescerises.eu

http://www.bar-bars.com

Le Temps des Cerises-SCOP ouvert tous les jours sauf dimanche et samedi midi.

18-20, rue de La Butte-aux-Cailles

tel : 01 45 89 69 48

 La citation est tirée d’un court métrage tourné sur le Temps des Cerises.

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