La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for février 2014

Gazette numéro 90

Posted by lagazou sur 4 février 2014

 

Baraka

Le lien des rives

La Gazette a choisi pour son dernier numéro une toute nouvelle association créée en aout 2012, elle nous parle de la mémoire multiple et profonde de ceux qui, en France ou en Algérie, restent habités par un passé toujours présent.

L’histoire fait son chemin en chacun et un jour on sait qu’il faut la dire.

C’est l’histoire de Nancy et Phillip Barwell. Le festival d’Avignon, en particulier des créations concernant l’Algérie, ont servi de déclencheur à leur démarche.

Nous avons rencontré Nancy sur le marché Blanqui lors de la rentrée des associations.

Elle présentait sous forme de films le travail réalisé auprès des personnes dont les trajectoires individuelles se sont trouvées prises dans l’histoire avec un grand H.

Rendez vous pris, la Gazette a rencontré Nancy et Phillip. Nancy a vécu à Oran toute son enfance, elle est venue en France à 17 ans. Aujourd’hui elle éprouve le besoin de s’engager  pour faire reculer l’incompréhension et l’ignorance. Le message passe à travers des nombreux films dont Phillip s’est fait le cinéaste, le monteur. C’est peu dire que pour un tel projet la complémentarité est parfaite.

Le couple s’est rendu quatre fois en Algérie. Au début Nancy a pu retrouver ses racines, son école, la piscine, puis les paysages, l’architecture de terre.

En 2012, grâce à un prêtre de l’Oranais, de multiples contacts furent établis et une bonne quinzaine d’interviews furent réalisées : « Ce travail de transmission et de mémoire est réalisé par des gens simples et par des intellectuels … Pour la plupart de ces personnes, ces entretiens filmés sont l’occasion de lever un interdit de la parole, d’évoquer leurs souvenirs d’enfance et de jeunesse, de revenir sur la nature des relations entre les différentes communautés ethniques, de retracer leur éveil politique et surtout d’accepter de confronter leur vécu à d’autres vérités. »*

L’incompréhension et le cloisonnement réciproque, la douleur de ce qui ne peut se dire, les émotions violentes, les colères devant les injustices et les mensonges doivent s’exprimer.

Nancy est psychanalyste, sa démarche passe par la parole, pour elle ces croisements de témoignages dessinent le visage aux multiples facettes de l’Algérie.

La démarche de Baraka concerne plus largement plusieurs générations dont l’histoire et les histoires sont mêlées de près ou de loin à l’Algérie : amours, haines, incompréhensions.

Autour de nous, dans les années noires de la guerre nul ne restait neutre et notre treizième qui abritait dans certains quartiers une très grande proportion d’Algériens garde un souvenir très vivant des prises de positions diverses. Quant à la génération des appelés, aussi traumatisée soit-elle, elle commence à peine à parler.

L’association se présente ainsi :

« Depuis aout dernier Nancy et Philip Barwell ont, avec quelques autres, fondé l’association Baraka dont le but est de favoriser la connaissance réciproque de la France et de l’Algérie,, de donner chance à tous de regarder avec un œil neuf. L’histoire des relations entre ces deux pays, de promouvoir des échanges algéro-français et internationaux par des reportages, des films, des conférences, voyages, séjours linguistiques et de partager des expériences au travers de témoignages divers. »*

Encore modeste, animé par un couple déterminé et talentueux, gageons que Baraka va tracer son chemin. Souhaitons-lui « bonne route »

Sabine

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La petite maison

Quai Panhard et Levassor, une petite maison datant de 1904-1905, plantée au beau milieu du trottoir, apparaît bien insolite au milieu de l’architecture contemporaine qui l’environne. C’était la demeure du directeur de l’usine de la Sudac. Celle-ci a été reconvertie en École d’architecture, mais la maison du directeur est restée inoccupée depuis la fermeture de l’usine. Alors que l’aménageur voulait la démolir plusieurs associations de la concertation PRG, dont Tam-Tam, ont obtenu qu’elle soit conservée. Elle a été restaurée à l’extérieur il y a quatre ans. La Semapa envisage de restaurer l’intérieur, très dégradé, et le mettre en état en vue de la réutilisation de ces 490 m² de surface. Elle compte y déménager courant 2015 son centre d’information de l’avenue de France qui était provisoire, y déplacer son impressionnante maquette de la ZAC et y implanter des salles d’exposition. Un espace de 60m² est aussi prévu pour les associations. C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui ont œuvré à la préservation du bâtiment et pour les habitants de l’arrondissement. C’est aussi une opportunité pour les associations locales et conseils de quartier car les lieux de réunion manquent, malgré la présence active de la Maison des associations du 13e et l’ouverture de Labo 13 qui accueille désormais les associations étudiantes. Ce projet peut vivifier la vie de quartier en favorisant information et dialogue, en servant de « maison de quartier » ouverte aux nouveaux occupants d’une zone en plein développement. Les activités à implanter peuvent être l’occasion d’attirer aussi les habitants de la partie plus ancienne de l’est de l’arrondissement (Chevaleret, Patay, Bédier-Boutroux…). Le raccordement de l’avenue de France aux boulevards extérieurs, le prolongement de l’autobus 62 et du tramway ont permis un désenclavement du secteur et un accès plus facile.

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Petit traité d’ethnologie

 A propos de quelques retraités du 13 e

Grace à la Mairie de Paris j’ai pu connaître les délices d’un voyage en Pologne. Il m’a suffi, pour une grande première, de glisser ma valise dans l’imposant autocar garé à quelques mètres de chez moi. Habituée aux métros et RER et à l’organisation de chaque détail du voyage, j’ai goûté à la facilité et au confort d’être  une retraitée du 13 e.

Mais qui sont ces retraités chouchoutés par notre bonne ville ?

Ces dames, elles sont coriaces, n’ont pas toutes exécuté leur compagnon de route Tout au long du périple les couples ne se quittent guère et du petit déjeuner au dîner assaillent ensemble les tables bien garnies.

Le moment des repas est riche d’enseignements, les menus furent princiers, aucun supplément financier ne grevait le plaisir et, parfois, je m’étonnais que de si frêles personnes puissent engloutir tant de vivres.

J’aurais aimé découvrir des éléments d’ethnologie concernant le courageux peuple polonais et plonger dans l’histoire douloureuse du pays  Sans langue commune et avec des commentaires insuffisants, c’est donc dans cette ethnie très particulière des anciens du quartier que j’ai affiné mon étude.

Pour la plupart mes compagnons avaient bénéficié d’un ou plusieurs des voyages organisés à leur intention, ils en vantaient les mérites et, parfois les insuffisances

Cela suffisait à former une petite communauté et si la priorité revient aux nouveaux bénéficiaires, ces privilégiés de la Ville ont su manœuvrer pour y revenir le plus souvent possible.

Il faut bien dire qu’en fonction des revenus la participation minimum est de 220 €  et pour des personnes à très petit revenu le confort, parfois le luxe doit faire l’effet d’un conte de fées.

Conscients, conscientes de leurs privilèges, rarement grognons, les compagnons se faisaient un devoir de respecter  l’exactitude en matière de rendez vous. Si l’appel était fixé à 9 heures on peut dire que tout le monde était là à 8h45 et celle qui arrivait à 8h55 faisait l’objet d’un opprobre certain, cela avait un petit relent d’ordre moral, on jetait des regards noirs à la rebelle.

Mais voilà que la rébellion était dans nos rangs ! En la personne d’une dame russe particulièrement indisciplinée. Certainement une artiste en mal de reconnaissance. Sa carrière de danseuse, de pianiste et de chanteuse, même en déshérence, l’habitait encore. Il lui arrivait dans un lieu public, sans rien demander, d’ouvrir le piano, de jouer, de chanter.

On l’appelait la Princesse, elle jouait et chantait fort bien mais quel scandale !!!

Ouvrir un piano sans permission, la Princesse était vraiment insupportable. Pour couronner le tout elle avait refusé dans le car la place qu’on lui assignait.

Notre accompagnateur et son adjointe ont tout essayé, de la morale à la menace, mais pourquoi ne pas lui laisser une place choisie ?

Moi, ça me plaisait bien cet électron libre, je crois qu’on aurait pu lui épargner l’humiliation et la laisser chanter. La tolérance n’est pas des mieux partagée, en tous cas, à l’avenir les voyages disciplinés lui seront interdits.                                                                                           v90 petit traité  d'ethno

 Parmi nous, il y avait de braves gens, de ces femmes venues à Paris pour gagner leur vie à l’usine ou à l’atelier de couture, des chemins de vie qu’on aime à partager, des dames qui n’ont l’air de rien, qui ont montré dans la vie un sacré caractère, du courage, de l’indépendance.

.Notre encadrement pratiquait le style répressif et pourtant personne ne se révoltait, la discipline trop bien consentie, la docilité même un peu absurde avait un petit goût  qui pourrait faire craindre une dérive dangereuse d’autant que l’humour ne figurait pas au programme.

Ce ne sont que quelques retraités, ils ont en commun la nécessité d’être accompagnés. Pour la plupart ils avaient peu voyagé hors de ce type de structure, n’avaient pas de notions de langues étrangères.

Notre quartier compte bien d’autres retraités plus armés pour gérer eux-mêmes les problèmes d’organisation ou bien entrainés et accompagnés par leurs enfants.

Je pense à l’association AG13 dont Gazette vous a beaucoup parlé et qui pratique l’autogestion. Lors d’un séjour de randonnée, l’une ou l’autre des adhérents (tes) gère les transports et les hébergements. Le dernier de ces séjours a eu lieu sur une île grecque.

S.L.

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À la Butte-aux-Cailles, les murs parlent…

 et racontent la vie du quartier

Meet my Paris (http://www.meet-my-paris.fr/) est une petite entreprise, sensibilisée à consommation responsable et au développement durable, qui propose des balades destinées à faire découvrir un quartier à travers son passé, son vécu d’aujourd’hui et son expression artistique. Le guide est équipé d’une tablette qui lui permet d’illustrer en direct le parcours par des photos.

A l’occasion d’une visite de deux heures à la Butte-aux-Cailles, organisée cet été, nous avons pu ainsi évoquer l’histoire locale, les pratiques urbaines actuelles et la vitalité artistique de ces lieux très accueillants pour le street art. Ce quartier ancien, caractérisé jadis par ses chiffonniers, ses tavernes et ses petits métiers, s’est métamorphosé mais il a conservé ses maisons basses, ses rues pittoresques et son dynamisme. On le dit certes « boboïsé », mais en fait il est resté une zone d’activité, de mixité et d’animation nocturne. Ses ateliers d’artiste et ses murs peints attestent notamment de son attractivité culturelle.

La balade proposée débute boulevard Blanqui, à la station de métro Corvisart, où est apposée une installation du diamantaire, artiste qui découpe des morceaux de miroir récupérés : taille et contenu varient mais la forme de diamant est constante, avec une idée de mettre en valeur des éléments recyclés. Par un escalier voisin, on gagne le jardin BrassaÏ, du nom du célèbre photographe de la nuit parisienne, auteur du livre Graffiti (1960) Ce parc pentu est installé dans une ancienne carrière d’argile, rue Eugène Atget (celui qui a inventé la photo documentaire). Sous ces auspices prometteurs, on découvre ensuite dans les ruelles voisines toute une série de réalisations d’artistes de la rue, bien connus aujourd’hui. Ils ont fait ici leurs premières armes et ont accompagné depuis 2001 la manifestation annuelle des Lézarts de la Bièvre qui inclut dans son parcours la Butte-aux-Cailles (voir Gazette n° 88) et invite chaque fois un artiste à baliser le circuit reliant les portes ouvertes des ateliers qui s’échelonnent le long de la Bièvre. Au départ, il y a eu les pochoirs avec Miss Tic (qui associe femmes fatales et textes poétiques), Mosko (un collectif apparu rue de la Moskowa et connu pour ses animaux exotiques) ou encore Jeff Aérosol (pour qui « la musique adoucit les murs »). De son côté, Speedy Graphito recourt à la fresque au pochoir : on le voit ici rendre avec son Pinocchio un hommage à la culture populaire et critiquer la société de consommation. Vers la rue de l’Espérance, les pochoirs de Jana&JS dessinent des personnages représentés en miroir, avec notamment des fragments d’autoportraits.

À ces pionniers qui ont vécu les premiers temps des Lézarts, et qui sont maintenant bien connus localement,  sont venus au fil des ans s’ajouter d’autres artistes invités, utilisant d’autres techniques. Philippe Baudelocque ne s’inscrit pas dans une démarche contestataire : cet ancien « graffeur » s’intéresse avant tout au dessin. Il utilise la craie pour ses fresques murales et livre un travail minutieux présentant avec un trait précis  des animaux cosmiques : c’est ainsi, qu’en qualité d’invité 2012, il a rendu hommage à Mosko&associés en remplaçant l’hippopotame qu’ils avaient dessiné passage Boiton par un nouveau qui a la même taille, mais qui présente un aspect tout différent. Par contre, l’invité 2013, Julien Malland dit Seth, a jalonné son parcours de la Bièvre d’œuvres en forme de clins d’œil aux artistes qui l’ont précédé dans cette aventure et qui montre des enfants dans l’action ou le jeu. Sa grande fresque de la rue Deslandres, face au square Le Gall, évoque avec ses couleurs riantes le rêve et le voyage.

Quant au céramiste Jérôme Gulon, il a illustré par la mosaïque l’histoire locale, à l’occasion des 140 ans de la Commune : il représente, rue des Cinq-diamants devant le local des Amis de la Commune, le général  Wroblewski, héros de la courageuse résistance du quartier pendant la semaine sanglante de 1871 ; et rue de la Butte-aux-Cailles, à côté du restaurant le Temps des Cerises, il a installé le portrait de Jean-Baptiste Clément.

D’autres traces du passé se retrouvent, place Verlaine,  à l’emplacement  du puits artésien qui date de 1866 et qui devait fournir de l’eau à la Bièvre.  Après le comblement de celle-ci, il a servi à alimenter les bains-douches construits en 1926 qui ont été suivis en 1928-1929 par la piscine de la Butte-aux-Cailles. C’est aussi, tout à côté, qu’a atterri  en 1793 la montgolfière partie du château de la Muette, réalisant ainsi le premier vol en ballon habité. La vie de tous les jours est aussi bien présente dans cette balade vivante et interactive, avec l’accent mis sur les activités locales : les restaurants et bistrots animés, la Ressourcerie qui permet de recycler plutôt que de jeter, la boutique Paris-Mythique qui est une sorte de syndicat d’initiatives consacré au quartier (informations, livres, cartes postales, tableaux). Sans oublier que l’affiche, témoin de la vie politique, peut être détournée et devenir une autre forme d’expression murale, aussi éphèmère que les illustrations ponctuelles des artistes du street art. On est au village, mais on n’oublie pas qu’on est aussi dans la grande ville et dans son mouvement perpétuel !

Brigitte Einhorn

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 « Médaille d’or de la Gazette »

  Pour « Mieux vivre ensemble »

L’ARBP devient la « Passerelle citoyenne du 13° »

Depuis  plus de 15 ans l’ARBP  agit sur le territoire Kellerman, compris entre les rues Rungis, Brillat-Savarin et Peupliers. Créée en décembre 1997 pour organiser la fête des associations et des habitants, elle est devenue un véritable lieu d’échanges, d’entraide et de partage.

Elle a mis en place des actions de proximité facteurs de cohésion sociale,  qui sont devenues, pour certaines  des « institutions » :

  • la fête des associations et des habitants, qui se tient le temps d’un week-end square Paul Grimault, où se retrouvent de manière festive associations et habitants et qui se prépare tout au long de l’année
  • le pique nique de rentrée des voisins, moment de retrouvailles et de rencontre entre habitants et associations autour de plats partagés
  • les vide greniers organisés autour de la place de Rungis qui permettent aux habitants de se défaire de ce qu’ils ont en trop et aux visiteurs de chiner et d’acheter à petit prix dans la convivialité ce dont ils ont besoin et qui sont aussi  pour les associations l’occasion de récolter des fonds pour leurs actions.
  • la balade des écoliers  qui emmène une dizaine d’enfants de 8 à 10 ans à la découverte de la richesse culturelle de leur quartier et de leur ville.
  • des activités autour de l’image qui propose des cours de cinéma dans les locaux de l’Action collégien au collège Evariste Galois, deux fois par semaine et organise en partenariat avec la mairie du 13° des projections en été  de courts et longs métrages dans les squares dans le cadre de Ciné quartier 13

L’association accompagne aussi les habitants dans la réalisation  de leurs projets pour animer leur quartier.

Elle gère le FAIH, fonds d’aide aux initiatives des habitants, qui permet de financer des  petits projets  portés par des habitants en direction et au service de ceux qui vivent dans les  quartiers  dits « politiques de la ville ». Le principe est simple ; il suffit de retirer une fiche projet à la boutique ARBP, de présenter  ses  motivations, son projet, son déroulé, ses besoins de financement  devant le Comité FAIH qui prend sa décision qui, si elle est positive, finance le projet à hauteur maximum de 450€.

Un groupe de bénévoles et d’administrateurs de l’association a créé le GLIC ou Groupe locale d’initiatives citoyennes. C’est une structure qui cherche à encourager les habitants à mettre en œuvre des initiatives pour mieux vivre ensemble dans tous les quartiers du 13°. Contrairement au FAIH, elles ne doivent pas obligatoirement s’inscrire dans un territoire dit «  politique de la ville ».

Afin de récolter ces bonnes idées, des boîtes à idées sont distribuées chez les commerçants et dans les lieux publics afin que quiconque puisse en proposer. Deux fois par trimestre le GLIC se réunit, examine les propositions et voit de quelle manière ensemble avec les porteurs de projet, elles peuvent se réaliser.

Le développement de cette activité correspond à une nouvelle orientation de l’ARBP. En effet depuis deux ans l’association se pose des questions quant à son rôle dans le quartier. Les événements organisés permettent participation et rencontre mais ce ne sont que des actions ponctuelles qui ne donnent pas la parole à tous. Les habitants sont le plus souvent « consommateurs » de ces activités, il s’agit de les rendre acteurs de leur citoyenneté. De là est née l’idée de faire de l’ARBP, « une passerelle citoyenne ».

Durant près de 15 ans l’ARBP a agi auprès des habitants en répondant à ses besoins. Il y a plus de 10 ans elle avait noté la nécessité d’un centre social dans ce quartier. Ce projet a été repris dans le programme municipal en 2007 qui prévoyait la création d’un centre social sur la ZAC Rungis. Avec l’appui de la municipalité l’ARBP s’est investi complètement dans ce projet  Durant deux ans elle a travaillé auprès des habitants pour  aller à la rencontre de chacun et recueillir leurs avis un par un, puis ensuite  créer des ateliers de rencontre où la discussion était soutenue par des activités conviviales (construction de ponts en allumettes, jeux, petit-déjeuner, ateliers d’architecture). Ce travail a abouti à un projet complet liant le fond à la forme architecturale. Il s’agissait à cette étape là de former le groupe d’habitants qui allait porter ce projet. Suite à des désaccords l’ARBP se retire du projet en 2011. Actuellement une association  Maison 13 solidaire, a été créée à l’initiative de l’EDL et de la Fédération des centres sociaux pour porter le projet de centre socio culturel  et «  créer une cohésion entre le nouveau quartier « Gare de Rungis » et les anciens quartiers environnants, en favorisant la solidarité, la convivialité et les échanges », comme écrit dans l’annuaire des associations, comme si il n’existait ni réflexion, ni projet antérieurement. Drôle d’histoire quand même , espérons cependant que ce centre remplira sa fonction car c’est un besoin réel pour ce quartier.

L’ARBP était née il y a presque 16 ans pour organiser une fête et existe toujours aujourd’hui , elle a permis de créer du lien social dans tout un quartier, dépasse aujourd’hui son territoire où la population a d’ailleurs changé, et donne ainsi à chacun des outils pour transformer sa vie quotidienne pour le mieux vivre ensemble.

Si vous souhaitez participer à ce renouveau le prochain rendez vous de la métamorphose de l’ARBP en lieu de rencontre citoyenne du 13° est le 17 octobre dans les locaux de l’association.

MCD

ARBP

11 rue de la Fontaine à Mulard 75013 Paris

Tel 01 45 65 27 17  courriel : contact@arbp.fr site http://arbp.fr

La Gazette a suivi le cheminement de l’ARBP puisqu’elle a en parlé dans les numéros, 31, 77, 78 et 80

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« Médaille d’or de la Gazette »

Des Violons bien accordés

 Il «était une fois …une librairie de quartier, la librairie

 Jonas qui, dès son ouverture en 1957 , manifestait sa vocation

 associative : Ce fut d’abord  un ciné-club, puis un club

 D’animation pour les enfants.

Plus tard les premières réunions de la Gazette s’y tenaient

dans une ambiance joyeuse et arrosée.

Chez Jonas, on invitait des auteurs, on refaisait le monde entouré d’amis fidèles et actifs. L’idée a donc germé : animer collectivement les activités culturelles de la librairie. C’était en 1986, les Violons sont nés dans l’allégresse.

Vingt sept ans déjà ! Une longue histoire ponctuée de temps forts, d’entreprises ambitieuses, à la mesure des projets de chacun.

Ainsi quand notre ami Patrick, musicologue nous entraînait dans l’organisation d’un concert avec location de piano ou lors des anniversaires de la librairie quand les Violons animaient des fêtes fabuleuses.

Voilà quelques extraits de notre présentation :


Notre spécificité

 

Nos choix se portent le plus souvent sur des sujets d’actualité

et sur ceux qui touchent aux sciences humaines. Les thèmes qui alimentent la réflexion et le débat nous tiennent à cœur.

Au fil des ans s’est dessiné un projet pour lequel on pourrait parler  «d’une culture de résistance», qui nous fournit des outils susceptibles de nous former une opinion plus libre au regard de la pensée dominante.

 

La convivialité

Nous tenons beaucoup à réunir dans nos soirées un public large qui n’exclut pas les moins informés.

La convivialité joue donc un rôle très important et nos adhérents le disent : beaucoup d’entre eux n’iraient pas dans les salles de conférence. Ils apprécient la simplicité des débats, la richesse des échanges, l’occasion de faire des rencontres et la fameuse sangria en fin de soirée.

 

Demandez le programme !

 

Chaque mois, les «Violons» proposent une rencontre autour d’un livre ou d’un problème de société, animée par un ou plusieurs auteurs. En complément, s’y ajoutent des sorties d’architecture ou des sorties théâtrales. Pour le cinéma, nous proposons une rencontre avec le réalisateur du film.

La régularité de ces rendez-vous, le travail réalisé dans le bulletin trimestriel (comptes-rendus des soirées), la qualité des intervenants sont à la base de la fidélité de nos adhérents

 

 

Un petit aperçu de nos débats…

 

Nous pouvons ainsi retenir quelques noms, parmi les

Intervenants de l’années récentes

Jacques Généreux pour « la grande régression »

Georges Corn  pour  « le Proche Orient éclaté » 

Marie-Monique Robin pour « notre poison quotidien »

Didier Porte ; « Carte blanche »

Paul Ariès pour le socialisme gourmand

Les Pinçon-Charlot pour le président des riches

J.P. Filiu pour la révolution arabe

T.Rakhmanova pour Au cœur du pouvoir russe

Alain Lipietz pour Green deal

Un petit aperçu de nos sorties

   Concert Michèle Bernard au théâtre d’Ivry

   Sortie à la maison d’Elsa-Aragon pour « l’art dans l’air »

   Sortie à Ivry pour « Une Antigone palestinienne »

 

En fonction de l’implication des membres de notre équipe d’animation, les projets se font plus ou moins nombreux, mais la rencontre mensuelle est toujours assurée. Chacun, chacune, membres de l’association peut proposer des thèmes, des sorties, randonnées ou restaurant.

Pendant de longues années les « Violons » ont organisé des week-ends culturels en province créant ainsi un lien amical entre les participants.

 On nous demande souvent le pourquoi de notre poétique appellation :Aux Violons de la Baleine Blanche et bien voilà : Plantu à notre demande avait dessiné un petit bonhomme, un peu hilare jouant du violon sur une portée dont les notes étaient des livres. La Baleine, c’est la Baleine qui avala le prophète Jonas et Blanche, c’est la rue de la Maison Blanche, notre rue.

Les Violons de la Baleine Blanche ont pris part à toutes les aventures, for nombreuses de la librairie et comme dit la chanson, ils en sont un peu devenus l’âme.

 

Nous aimons aussi écrire des chansons sur des airs connus voici un extrait de :

 

Les Violons de la  Baleine

Ont rallumé la flamme

Et de la librairie

Les voilà devenus l’âme     

 

2 On va vous raconter comment

L’aventure s’est envolée

Elle a bâti allégrement

Avec les copains enrôlés

Un monde d’élucubrations

Et de débats autour des livres

C’est incroyable cette passion

Des échanges qui nous enivre

REFRAIN

 

3 Depuis vingt ans combien d’auteurs

Ont animé nos assemblées

Parfois savant, souvent acteurs

D’un monde de solidarité

C’est tellement plus vivifiant

De réfléchir en compagnie

De s’informer en partageant

Que jamais on s’en rassasie

REFRAIN

 

4 L’heure est venue de boire un verre                                                  

Avec les invités du jour

On plie les chaises, on accélère   

Pour éponger tous ces discours

La sangria, on l’attend tous

C’est l’heure de boire les Violoneux !                                                

Les bavards viennent à la rescousse

C’est un moment très chaleureux

REFRAIN

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  Vint trois ans déjà, TAM-TAM

 Suite et encore !

« Médaille d’or de la Gazette »

Vingt trois ans déjà, la Gazette !  Pour cette ultime ( ?) parution, nous voulons rendre hommage à la vie associative, en montrer le travail et faire le bilan des acquis.

Nous décernons donc quelques médailles d’or à trois associations dont l’efficience n’est plus à prouver.  TAM-TAM, plus d’une fois nous a donné un modèle de ce que peut une association forte, cohérente, têtue. La Gazette en a parlé dans  les parutions de novembre 1995, octobre 2004, janvier 2007, avril 2010.

Comme la Gazette TAM-TAM  a tenu 23 ans, une belle longévité qui témoigne d’une volonté forte et partagée.

Manières de faire, Manières de voir

TAM-TAM, tout un style, toute une histoire

 

C’est en créant un rapport de force que nous avons pu en venir au dialogue et à l’idée même d’une possible concertation.

Le président Fabrice Piault rappelle cette idée force ; il y a un monde entre les échanges de vues qu’on nomme concertation et le véritable pouvoir d’œuvrer au changement.

Petit centre d’initiatives à ses débuts, TAM-TAM s’est attaché à développer auprès des habitants l’idée qu’il était possible d’agir. Il fallait se faire connaître. Sur un modèle alors à la mode, l’Agit-Prop TAM-TAM invitait en 1996 les associations du quartier à s’exprimer sur un long ruban de toile (2 mètre e haut sur un kilomètre). Le ruban a réuni 4000 personnes le long des quais de la Seine.

L’outil concertation

Un outil construit patiemment au fil des mois, il réunit plusieurs associations ; entre autres l’ADA 13 (Association de Développement et d’Aménagement du 13 e) l’ADLP (les Frigos), des associations de locataires des rues Fulton, Bellièvre et Edmond Flamand.

Au fil des ans, des réunions publiques, les actions concrètes, les priorités se dessinent et des modifications, suppressions de projets, innovations sont actées.

Construire l’outil concertation.

Pour l’association la recherche permanente d’associer le plus grand nombre d’habitants au processus de concertation s’est toujours manifesté comme une priorité.

Si la Ville affiche une volonté d’ouvrir aux habitants des réunions de concertation, en fait elle n’a pas mis en œuvre cette démarche.
Dans ses écrits TAM-TAM s’interroge :
« Pourquoi les travaux du Comité permanent de concertation (CPC) de la Zac Paris rive gauche sont-ils aussi peu connus des habitants ? Pourquoi certaines associations qui ne participent guère à ces travaux ou n’ont aucune représentativité y sont toujours officiellement inscrites ? Pourquoi les conseils de quartiers sont-ils aussi peu associés au travail du CPC bien qu’ils aient obtenu, à la demande de plusieurs associations, dont TAM-TAM, la possibilité d’y envoyer des délégués A la critique succèdent toujours les propositions, concrètes et nombreuses » :

Dans une note remise dès avril 2001 à la Ville (Voir notre bulletin La Zacophonie n° 7 de juillet 2001, pp. 4-5), TAM-TAM formulait un ensemble de propositions pour « relancer et élargir la concertation ». Nous suggérions notamment que les groupes de travail de la concertation se réunissent « sur le territoire de la Zac » et soient « ouverts au public », que le centre d’information de la Semapa devienne un « centre d’information et de concertation », que soient mises en place « des structures permettant la participation directe des habitants » telles des réunions locales d’information et de proposition et des « ateliers urbains »..

  Des modes d’intervention  constructifs

Une idée constructive de la fonction associative qui favorise la mixité des activités et des usages       urbains.

Une conception polyvalente de l’action associative liant l’initiative de terrain, festive et humoristique, la proposition, une stratégie  de réseau, l’action juridique,  la concertation et la négociation..

 –                     De multiples résultats

TAM-TAM a obtenu, seule ou avec d’autres, toujours en concertation avec les habitants de très nombreuses victoires en matière d’urbanisme, ellle a contribué à modifier nombre de projets contestables. On peut dire que l’association a su en partie modeler le visage actuel du quartier Paris Rive Gauche. Parmi les réussites on peut citer :

*L’abandon du projet de voies express souterraines et la préservation des platanes centenaires du     quai d’Austerlitz et celui de traversée routière puis de contournement routier de la halle de la gare.

*L’abandon du projet d’installer le tribunal de grande instance de Paris sur le site Tolbiac.

* La remise en cause du projet de couverture total des voies ferrées

* Une hausse des parts du logement, notamment  social, et des espaces verts dans le programme de la Zac Paris Rive gauche.

*La conservation et réhabilitation des Frigos, de la halle aux farines, des ex-grands moulins, des magasins généraux du quai d’Austerlitz, de la rue Watt, de l’ex-usine Sudac, et d’autres lieux qui font aujourd’hui notre paysage respectueux du passé et de l’architecture industrielle bien présente dans le 13 e.

* Des équipements publics supplémentaires : jardins, équipement sportifs, école.

* De nouvelles liaisons  entre l’ancien 13 e et la Seine, et entre Paris et Ivry sur Seine.

* La reconfiguration, quai d’Ivry, de l’échangeur du boulevard périphérique

* De multiples remises en cause, des propositions concrètes d’adaptations, de reconfigurations, de liaisons nouvelles, la liste serait trop longue.

 Aujourd’hui TAM-TAM dit STOP ET ENCORE

 Stop ; TAM-TAM  prend acte de la fin d’un cycle. Elle décide d’interrompre son activité sous sa forme actuelle et de quitter le comité permanent de concertation de Paris Rive Gauche dont elle a contribué à obtenir la création en avril 1997.

TAM-TAM, stop et encore créée en avril 2013 s’est fixé  pour fonction :

–          d’assurer, notamment via le site internet www.associatintamtam.fr, la connaissance et l’appropriation de l’expérience accumulée par l’association.

–          d’assurer un suivi vigilant des grands projets urbains et métropolitains.

–          d’aider tous ceux qui le souhaitent à réinvestir ses acquts dans de nouvelles expériences associatives

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 Vivent les associations

C’est bon pour la santé !

 Drôle de rencontre, c’était dans une libraire. Un couple plutôt âgé, juste après la visite au médecin tend son ordonnance au libraire : en guide de remède, deux titres de livres. Aucun frais pour la sécu, rien pour l’industrie pharmaceutique.

J’ai appris plus tard que les lecteurs avaient fait leur profit des messages proposés par les auteurs choisis.

Si les livres peuvent nous aider, la vie associative nous apporte bien des éléments facteurs de mieux vivre.

Certes elle ne guérit pas toutes les maladies, pourtant elle opère de mille manières. Le docteur Guillet qui anima longtemps l’institution de la rue Bobillot* s’employait à favoriser toutes sortes d’activités pour les retraités, il percevait l’ennui comme un état pathogène. Aux personnes qui disaient la tristesse de manger seules, il disait : « pourquoi ne pas inviter la voisine ? » L’association  de gérontologie a évolué en devenant « Générations 13 ». Aujourd’hui elle ouvre tant d’activités possibles  que chacun, chacune doit y trouver sa place et son intérêt.

Peu importe qu’on vienne seulement tricoter, bavarder ou qu’on y prenne des responsabilités, pour tous la solitude recule, l’isolement cède un peu, la vie reprend des couleurs et, peut-être l’appétit, le sommeil.

La santé est une chose étrange, la médecine n’est pas une science exacte, nous savons tous et toutes combien la vie associative, familiale, culturelle peut contribuer à relativiser des symptômes, qui, parfois disparaissent.

Un remède à la sclérose

Les années passent, les performances physiques diminuent. Il n’en est pas de même de nos capacités à comprendre, à apprendre, à créer des liens, à aimer.

Bien au contraire, il n’y a  pas d’âge pour progresser mais il y faut des aliments, une nourriture tonique, des confrontations, des mises en cause, toutes choses que la vie associative peut nous apporter. La sclérose s’installe vite quand les liens au monde vivant sont taris.

Une source d’amitiés

Je rencontre souvent des personnes âgées qui se plaignent que les amis disparaissent les uns après les autres, elles souffrent de solitude.

Il est un peu tard pour leur dire qu’elles auraient pu …..

La vie associative mélange les âges et chaque participation à une activité nouvelle ouvre la voie à d’autres rencontres. En plaisantant, j’aime dire qu’il faut renouveler le stock des amis !

En pensant à la diatribe entre Brassens qui pourfend « les ligues en procession » et Jean Ferrat, je prends le parti de Jean :

On peut me dire sans rémission
Qu’en groupe en ligue en procession
On a l’intelligence bête
Je n’ai qu’une consolation
C’est qu’on peut être seul et con
Et que dans ce cas on le reste

Nous côtoyons chaque jour des personnes rongées par l’ennui, le vide, nous savons aussi que, parfois, un simple compagnonnage, un geste solidaire, une invitation à une rencontre peut, mieux qu’un cachet redonner le goût de vivre.

Par chance, notre quartier offre presque tous les possibles, cela va du club de pétanque, aux associations de jardinage en passant par des structures plus cérébrales ou artistiques.

La Gazette, depuis 23 ans s’est consacré en grande partie à faire connaitre ce monde associatif veut encore se faire l’agent actif, la propagandiste des bienfaits des multiples ouvertures qu’offre  ce précieux réseau.

                                                                                               Sabine

* Association de gérontologie du 13 e

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1

En ce dernier ? numéro,  la Gazette, fidèle à sa vocation  a décerné une médaille d’or à cinq associations dont la longévité, le sérieux, la conpétence ont donné des résultats tangibles et donné aux habitants  d’autres manières de voir et de participer

« Médaille d’or de la Gazette 

Sauvons le Grand Écran

Sommes-nous proches d’une fin heureuse  ?  Suspense…

Comme le serpent de mer, ressurgit périodiquement dans notre journal, (voir le blog lagazou du 8 novembre 2008 dans La Gazette n° 69) La Saga du Grand Écran.

En cette année 2013, où l’on sent plus que des frémissements d’espoir sur le sort de ce monument culturel du 13e,il est temps de reprendre brièvement l’historique de ce lieu  mythique.

Naissance

En 1988 , sa construction s’inscrit dans le cadre d’un plan-programme de mise en valeur de l’Est parisien. C’est ainsi que fut édifié place d’Italie, dans l’immeuble du même nom “un ensemble polyvalent unique dans Paris, à vocation locale, régionale et nationale, un centre voué au 7e. art”. Sa réalisation est confiée à un architecte de réputation internationale, le Japonais Kenzo Tange.

Dans ce vaste complexe de 3 salles, la plus grande, équipée d’un écran panoramique géant et d’un vaste plateau avec emplacement pour fosse d’orchestre, était conçue pour programmer aussi bien des avant-premières et festivals de cinéma, des retransmissions culturelles ou sportives, des concerts et des spectacles, et tout type d’événements et de manifestations. Il a bénéficié de conditions exceptionnelles d’insonorisation et est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.

Exploitation

Cinema

En contrepartie d’un prix préférentiel accordé sur le terrain par la Villle de Paris, l’exploitant était soumis à des obligations de programmation précises. Outre les films à grand spectacle, programmés par Gaumont des avant-premières réservées au cinéma français ou européen, suivies de débats avec l’équipe du film remportaient un vif succès. Depuis son inauguration en 1992 les queues s’allongeaient sur le parvis du Grand  Écran et la  grande salle ne désemplissait pas.

Menaces

Aussi quand à la fin mars 2005 le journal Le Parisien annonce que le Grand Écran laissera  place à 2 enseignes commerciales : H&M et Esprit, les lecteurs croient  à un poisson d’avril avant l’heure.

Contactée la mairie ne dément pas ce projet. Serge Blisko, alors maire de l’arrondissement, après avoir déclaré en février 2005 sur France 3 qu’il “s’opposerait par tous les moyens politiques et juridiques à la transformation  en magasins de cette salle“ deux mois plus tard annonce pourtant sa fermeture définitive pour la fin de l’année. Puis il avalise les autorisations aux enseignes commerciales et les permis de démolir et de construire!

Luttes et arguments

Face à ce rouleau compresseur, le collectif “Sauvons le Grand Écran”lance dès avril 2005 une pétition et un site internet. Depuis lors cette association, enregistrée au Journal Officiel en février 2006, ne cesse de se battre et attaque toutes les décisions administratives impliquant la démolition de la salle.

Elle  s’appuie notamment sur le fait que le changement d’affectation prévu est contraire à la mission de service public attribuée au Grand Ècran  par le Conseil de Paris dès 1989, et au cahier des charges de 1991 toujours en vigueur à l’époque .

S’ensuit un dialogue de sourds avec la Mairie qui se retranche derrière l’argument de non-rentabilité avancé par le groupe EuroPalaces (Pathé-Gaumont), pourtant démenti par les chiffres. Du côté du ministère de la Culture l’association ne trouve guère plus d’écoute, et se heurte à l’inertie des pouvoirs publics de tous bords. Quant aux divers repreneurs qui se manifestent, ils ne sont pas mieux reçus.

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Des témoignages dénoncent la gestion d’EuroPalaces qui a succédé à Gaumont en 2001, et a supprimé coup sur coup : les projections laser avant chaque séance, la séance de minuit, les festivals de films asiatiques, et la version française. La prétendue perte d’attractivité de la salle ne serait donc pas seulement due à la concurrence des multiplexes comme le prétend la version officielle, mais aurait été sciemment organisée.

Mais le plus surprenant c’est que malgré ce régime draconien qui lui a fait perdre des milliers de spectateurs, jusqu’à sa fermeture le Grand Ècran affichait toujours une des meilleures fréquentations de Paris.

Le combat continue

Lorsqu’en septembre 2011 l’actuel maire de l’arrondissement annonce la “bonne nouvelle” : Pathé veut construire à sa place un multiplexe de 10 petites salles, l’association ne partage pas son enthousiasme : si on a évité les enseignes commerciales, ce n’est pas pour mutiler ce lieu magnifique, doté d’un écran de 243 m2, et  d’une scène de 300m2 !

L’association qui ne peut compter que sur ses généreux adhérents et donateurs, continue donc de mobiliser sur le parvis du Grand Écran ou sur internet. En février 2012, elle est intervenue à la Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique contre l’autorisation accordée au multiplexe et a renouvelé ses demandes de protection au titre du patrimoine auprès du Ministère de la Culture.

Cette année

Début 2013, nouveau coup de théâtre : Pathé a abandonné son projet de multiplexe et remis la salle en vente. Un jeune chef d’orchestre prévoit de la transformer en salle de concerts tout en conservant sa vocation multiculturelle et son écran géant.. Lors de la réunion  à la mairie d’arrondissement en avril 2013  pour  présenter  la rénovation du Gaumont-Fauvette, (situé face à la future Fondation Jérôme Seydoux-Pathé), Jérôme Seydoux  en personne a confirmé que les pourparlers avec l’acheteur étaient bien avancés, sans préciser qu’une promesse de vente avait déjà été signée avec une société immobilière. Mais aux dernières nouvelles cette transaction n’aurait pas abouti et la promesse n’a pas non plus été transférée à l’opérateur culturel. Le marchand de biens aurait finalement décidé d’exploiter lui-même la salle et attendrait une licence d’entrepreneur de spectacles pour conclure la vente.

Face à cet imbroglio  à l’issue incertaine  le seul  point vraiment positif  est qu’au Conseil de Paris en juillet dernier  le groupe des Verts, a  émis  un vœu pour le maintien de cette salle polyvalente. Or le vœu cette fois-ci a été adopté.

Au bout de toutes ces années de lutte le but de l’association n’a certes pas encore été pleinement atteint (“la réouverture et le maintien de l’exploitation cinématographique et/ou culturelle du complexe audiovisuel Grand Écran Italie”), mais sa détermination et ses recours devant les tribunaux (jusqu’en Appel et en Cassation, pour un coût avoisinant les 20 000 €) ont au moins réussi à arrêter le processus de démolition et à faire admettre la vocation culturelle du lieu, ce qui est déjà en soi une belle victoire.

Nous voulons terminer sur cette note d’espoir, saluer le courage et la ténacité de Marie-Brigitte Andrei, et souhaiter que, comme dans la Bible, le petit David soit vainqueur du géant Goliath (en l’occurrence le  pouvoir, l’argent et le profit).

L’association ne se démobilise pas. Avec elle soyons attentifs  et réactifs.

Vous trouverez d’excellentes photos de la salle sur le site : sauvonslegrandecran. org

Séraphine

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Des « Deux orphelines » à Renzo Piano.

C’est un véritable saut dans la modernité pour un lieu qui incarna le théâtre populaire au 19e siècle.

Un peu d’histoire : Le théâtre Saint Marcel, démoli vers 1865 sera remplacé par le théâtre des Gobelins dont la véritable carrière commence en septembre 1876.  On y passe, « La Vénitienne », « Le courrier de Lyon », « la Tour de Nesle », « les Deux orphelines » … .C’est une véritable institution, on s’habille pour s’y rendre.

Henri Larochelle avait acheté tous les terrains bordés par l’avenue des Gobelins, les rues Véronèse, Coypel et Primatice, il garda ce dont il avait besoin et revendit le surplus. « Il est à présumer que celui qui fit la maçonnerie s’appelait Garnier, que Rodin statufia ainsi que sa femme selon ce que m’apprend Madame Goldschneider, conservateur du musée Rodin à Paris »*

Une histoire prémonitoire

« Extrait de la Bibliothèque historique : on y signale un événement considérable et prémonitoire, on annonce :

« THEATRE DES GOBELINS

Pour la première fois dans le monde entier

Du 25 au 31 mai 1912

Premières représentations de

PATHE-THEATRE

Le Pathé-théâtre constitue une innovation sensationnelle. Le Pathé-Théâtre ainsi que la presse a été unanime à le reconnaître, est l’épanouissement d’un art nouveau qui va révolutionner le Théâtre moderne. Le Pathé-Théâtre n’a rien du Cinématographe, la pièce est vraiment jouée toute entière par les artistes réels, sur une véritable scène, dans de vrais décors. En écoutant une représentation donnée par le Pathé-Théâtre, on sent planer sur soi, comme le dit fort bien M..Nozière, une terreur sacrée ». *

Le grand acteur Frédérick Lemaître s’y est produit. Ce théâtre à l’italienne de 800 places, avec deux balcons, se consacre d’abord aux pièces à grand spectacle comme Le Tour du monde en quatre-vingts jours d’après Jules Verne, puis aux spectacles de variétés. À partir de 1906, sont projetés des films documentaires, comiques et de fiction.

Devenu cinéma permanent en 1934, restauré en 1993 (avec deux salles) sous le nom de Gaumont Gobelins-Rodin, et fermé depuis le 18 novembre 2003, il a servi d’entrepôt pour un cinéma voisin.

Depuis début 2010, est ouvert un chantier de restructuration intégrale du site qui accueillera la fondation Jérôme Seydoux-Pathé, centre de recherche, de documentation et de consultation sur l’histoire du cinéma, destiné aux historiens, enseignants et étudiants. Les travaux sont réalisés sur les plans de l’architecte Renzo Piano

Un temple du cinéma pour Pathé.

90PHOTO SEYDOX

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Reconnue d’utilité publique le 9 mai 2006, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé.

Centre de  documentation pour les chercheurs et les étudiants, véritable musée du Cinéma ouvert à tous les passionnés du septième art, il permettra de véritables complémentarités  au sein de l’immense coquille de verre dont le sous-sol et le rez-de-chaussée seront ouverts au public, comme s’en réjouit Sophie Seydoux . « On pourrait par exemple montrer des films d’Abel Gance et des extraits de sa correspondance »

Le nouveau centre va rassembler l’exceptionnel fonds d’archives de la Fondation, régulièrement enrichi par de nouvelles acquisitions. Elles comprennent un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création. A ce jour, le catalogue Pathé se compose de plus de 10 000 films dont 9 000 films muets.

Véritable musée du Cinéma la fondation rassemble de nombreuses collections:

  • 4 000 affiches, enseignes, maquettes et dessins
  • 250 000 photographies de tournage et d’exploitation
  • 400 appareils et accessoires
  • 27 000 documents imprimés : programmes, catalogues de films et d’appareils, scénarii, dossiers et revues de presse, manuels d’exploitation, synopsis, bibles de tournage…
  • 3 500 ouvrages
  • 110 titres de périodiques
  • 300 objets et costumes
  • 120m³ d’archives historiques
  • 700 films
  • des documents multimédias
  • des interviews

Une architecture d’avant-garde

La façade sculptée par Rodin, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques est préservée. Le projet conserve le premier bâtiment, démolit le second qui sera remplacé par un nouveau,  dont le rez-de-chaussée en verre, aboutit sur un jardin de 200 m2. Un effet de transparence est ainsi créé de l’avenue des Gobelins jusqu’au jardin. La forme organique choisie et dessinée par Renzo Piano résulte de l’astreinte d’un espace très contraint. La grande coquille de verre de cinq étages  s’ouvrira pour le public au sous-sol et au rez-de-chaussée avec une salle de projection et un espace d’expositions. Le premier niveau est destiné à l’accueil des collections permanentes (matériel cinématographique historique de Charles Pathé). Les autres étages abritent des archives et des bureaux. Cette sorte d’œuf superpose différents espaces sur 2 000 m2 .Le sommet du  bâtiment haut de 26 mètres  sera visible de l’avenue des Gobelins.

*Tiré du livre de Paul Larochelle « Trois hommes de théâtre »

S.L.

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Le cinéma, ça s’apprend

Bravo l’Escurial !

L’Escurial Panorama est la seule et dernière salle indépendante classée Art et Essai du 13 e Arrondissement et aussi l’une des plus anciennes (création en 1911).

La Gazette vous a déjà parlé de ce lieu né sous une bonne étoile : dans les années 1980, après avoir longtemps été la propriété du cinéaste Jean Gourguet, il est sauvé de la transformation en supermarché grâce à la volonté de jeunes fous de cinéma.

La salle fait partie du groupe des « Ecrans de Paris » dont Sophie Dulac a pris la direction en 2001. Elle a impulsé au sein des cinq salles un ensemble de manifestations :

Au-delà des films proposés à l’affiche, l’Arlequin dans le 6e arrondissement, propose des débats, des avant-premières, accueille le très célèbre  » Ciné Club de Claude Jean Philippe  » tous les dimanches matin

Depuis 2002,  » les soirées courts-métrages  » de l’Escurial vous permettent de voir des chefs d’œuvre au format court, dans une ambiance bon enfant et décontractée, le dernier mardi de chaque mois.  Deux fois par mois sont également organisées des projections de documentaires le dimanche matin, suivies de débats. Il s’agit d’un vrai travail d’analyse et de sensibilisation.  Ainsi, ce matin j’ai pu assister à la projection du film Le Léviathan, réalisation aussi forte que déconcertante. Ce film passé dans une salle de l’avenue des Gobelins aurait, il me semble, fait fuir une partie du public et entrainé des soupirs plus ou moins excédés pour une autre partie.        Le public retenait son souffle et la qualité de l’écoute attestait d’une attention extrême, un public qui s’est révélé dans la rencontre particulièrement compétent en matière de 7e art.  La coréalisatrice, Verena Paravel nous a livré la démarche de ce documentaire expérimental qui montre la brutalité du travail en haute mer à travers une expérience sensorielle. Nous sommes soumis physiquement, viscéralement dans un chaos qui nous malmène et prenons de plein choc la dureté de la condition du martin-pêcheur.

Très loin de l’idée qu’on se fait d’un documentaire, grâce aux réponses de Véréna Paravel, aux échanges avec les spectateurs nous sommes entrés de plain pied dans une œuvre forte.

Ce n’était pas gagné ! Merci à l’Escurial pour ce beau travail de Ciné-Club.

Une occasion de plus pour inviter nos lecteurs à soutenir les salles d’Art et d’Essais indépendantes.                                                                             Sabine

L’Escurial Panorama, 11 Bd DE Port Royal

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                                               Taïchi au parc de Choisy

                                                   Ou : comment améliorer sa maîtrise de soi

En novembre dernier, un dimanche matin, où une réaction saine contre mon existence sédentaire me poussait à vouloir arpenter à petites foulées “mon” square de Choisy,  je croise deux voisines de mon immeuble qui en sortaient, et elles m’apprennent qu’elles viennent de participer à une séance de “Taïchi”.

Cette pratique asiatique n’est pas pour étonner dans notre arrondissement, mais je ne savais pas qu’elle avait lieu à cadence fréquente, en plein air, sous la conduite de guides chevronnés, et, c’est un plus, vous en conviendrez, à titre gratuit.

J’ai appris que ces cours avaient lieu car Jean-Louis et Brigitte, deux des guides, veulent   perpétuer l’enseignement de Maître Truong To. Celui-ci a, le premier, fait se succéder dans chaque séance les “Six sons”, le “Taïchi,” et le Qi Gong (prononcé Tchi Gong)

Les mercredis et les dimanches toute l’année on peut s’y essayer à partir de 9h.30. Les samedis à partir de 9h.

Sans plus attendre me voilà le mercredi suivant au fond du square, près de l’estrade où ont lieu parfois des spectacles. Des passants curieux s’arrêtent un moment pour observer des participants asiatiques et européens effectuer des figures, gracieuses chez les “bons élèves,” plus hésitantes et empruntées  pour les autres.

Comment qualifier le Taïchi, précédé d’un entraînement dans des mouvements où sont sollicités tous nos organes intérieurs : foie, rate, coeur, reins, pancréas, poumons ? Est-ce … une médecine douce, une philosophie de la vie, une poésie incarnée en actes corporels ? En tout cas, la règle est le silence à l’écoute du guide, le respect des autres, et le but : atteindre une fluidité dans l’enchaînement des gestes, un contrôle de sa respiration et un équilibre du corps tout entier. Chaque séquence de travail se déroule en 3 parties qui se fondent l’une dans l’autre sans coupure.

Des images, nées d’une histoire, la ponctuent; elles sont exprimées par les paroles du guide, car nos gestes dessinent des figures : envol du héron blanc, fille de jade qui tisse et lance la navette, mouvement des bras comme des nuages qui passent devant les yeux, résistance à une éventuelle attaque, tigre que l’on doit rapporter à la montagne, cheval dont on caresse l’encolure. …..

Tout ceci vous fait virevolter en essayant d’harmoniser mouvements des jambes, des bras et des mains. Tout ceci en souplesse : quand une jambe est pliée en avant ou en arrière, l’autre est tendue, on peut ainsi pivoter en assurant ses appuis. Bras pliés et tendus alternativement les  mains vont chercher la vague et la repoussent en aspirant et expirant.

Facile et logique, direz-vous en lisant ces lignes. Dans la tête, oui, mais le corps met, selon les participants, plus ou moins de temps à assimiler cette logique, et à mémoriser  des enchaînements de gestes qui se répètent avec des variantes subtiles tout au long de ce ballet en 3 parties.

Selon les acteurs, ceci apporte décontraction, et c’est bien précieux quand il arrive que la vie vous malmène, ou fatigue, mais, comme on dit pour se conforter, c’est de la bonne fatigue.

En tout cas, et croyez-en une actrice peu douée (que voulez-vous, le corps est plus rétif avec l’avancement de l’âge) quand on a goûté à cette discipline, doué ou non, on n’a plus envie de l’abandonner. En vacances, consciencieusement, on essaye, au petit matin par exemple, quand tout le monde dort encore, de “répéter”, même si ce n’est pas aussi longtemps que lors d’une vraie séance ; sans le soutien du groupe, on se sent un peu perdu, mais avec la bonne conscience de ne pas laisser rouiller ce corps qu’il faut faire durer jusqu’au bout  dans le meilleur état possible.

Quelques personnes, actives et retraités de bonne volonté, viennent parfois assurer l’intérim entre les séances de mercredi et dimanche, à partir de 9h.30, et l’un d’eux, né dans notre 13e ne peut s’empêcher de regretter le temps où petit garçon il venait faire voguer des bateaux dans le bassin, certes animé maintenant par un jet d’eau ;  sûrement les enfants, qui ne manquent pas au parc de Choisy, seraient heureux de l’imiter aujourd’hui.

Vous rencontrerez des poètes et des amoureux de vie harmonieuse, simple et légère en devenant adeptes du Taïchi au parc de Choisy.                                     Geori

4328 c .

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