La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Archive for décembre 2014

LIGNE 7

Posted by lagazou sur 27 décembre 2014


Ligne 7

Dans sa jolie maison blanche bien qu’un tantinet délabrée, située pratiquement à la frontière entre Villejuif, la porte et la mairie d’Ivry, Eric Morland, que son frère cadet s’ingénie à appeler Riquet, est confortablement installé dans la cour neuve sous un soleil digne du pays des pyramides. Neuve en effet la cour, tout du moins pour ce qui concerne les plantes puisque, inspiré par trois frères lyonnais, Antoine, Bernard, Joseph et leur oncle Antoine Laurent de Jussieu, Eric avait entamé une refonte complète du jardin.

Il y a quelques années encore, il habitait à Paris aux environs la Place d’Italie, plus vers les Gobelins que Tolbiac, mais la décision de son propriétaire, monsieur Le Peletier, de vendre l’appartement qu’il lui louait, l’a contraint à prospecter pour trouver une nouvelle tanière. Sans posséder la fortune d’une danseuse entretenue de l’Opéra, qui pouvait se loger à la Chaussée d’Antin, il ne put envisager de continuer à vivre dans l’enceinte périphérique et se résigna à orienter ses recherches vers la banlieue. Il ne se sentait pas attiré, à tort peut-être, vers le nord de la capitale, Aubervilliers, pas plus le Fort que la bourgade, Pantin, Porte de la Villette. Son point de départ de prospection, la Porte d’Italie, ouvrait une brèche vers le sud qui lui semblait plus rieur. Région d’enfance met en confiance.

Il avait passé une partie de sa jeunesse au Kremlin-Bicêtre dont le nom lui parut assez énigmatique pour qu’il se penche sur ses origines. Retour aux sources donc, le sud et l’étymologie tirée de « Histoire du Kremlin-Bicêtre – L’identité d’une ville » par Madeleine Leveau-Fernandez. Tout commence par un fief non loin de la Bièvre offert par Louis VIII à son chef cuisinier. Il y fit bâtir « La grange-aux-Queulx » pour y cuisiner sans doute tout à son aise. Saint-Louis rachète ce domaine à l’héritier du cuisinier en 1257 pour y installer des moines le temps de leur fignoler un petit monastère en plein Paris. Quelques années plus tard, passant dans ces riantes contrées, le représentant du roi d’Angleterre à la cour de France, un certain Jean de Pontoise, évêque de Winchester, achète ce qu’il reste du bâtiment, un tas de ruines, pour une bouchée de pain peut-être, en 1286. Rien de surprenant qu’un évêque anglais porte un nom à consonance française puisque tout ceci se déroule après la conquête normande, exploit du fameux Guillaume le Bâtard devenu le Conquérant. Il fait bâtir sur les vestiges décatis qu’il venait d’acquérir un château digne de son rang et qui finit par s’appeler comme lui. Et c’est là qu’on mesure déjà à cette époque le don inimitable des Français pour les langues étrangères.

Le délicat nom de Winchester, dans la bouche des natifs laboureurs et des autres gens du cru peu aptes à reproduire les finales à l’anglaise, devint vite Winchestre. Sans que je puisse préciser le temps que cela a pris, la déformation s’est accentuée, la loi de l’entropie appliquée à la linguistique sans doute, le « w » a laissé place à un « v », Vincestre, puis à un « b », Bicestre pour finalement aboutir à Bicêtre. Si l’on se penche sur les noms des évêques précédant le débarquement normand, la fameuse bataille de Hastings le 14 octobre 1066, et qu’un évêque non normand ait acheté le château, on frémit rien qu’à penser aux difficultés de prononciation qui se seraient alors posées aux autochtones et au nom dont se serait affublé la commune : Hædde, Æthelheard, Ecgbald, Wigthegn, Ealhferth, Frithestan

Ensuite, le château passe de mains en mains, le Duc de Savoie, Philippe d’Orléans fils de Philippe VI, roi de France, le Duc de Berry qui se met en frais pour le retaper de fond en comble. Avant de passer l’arme à gauche, ce dernier fait don de sa sublime demeure aux évêques de Notre-Dame-des-Champs. Querelles d’importance entre Armagnacs et Bourguignons, guerre, dommages collatéraux, plus très belle à voir la bâtisse. Un tas de ruines à vrai dire tout juste bon à servir de carrière sur ordre de François 1er. Désolation donc jusqu’à ce que Richelieu arase le tout pour y construire une sorte de refuge pour soldats salement amochés par les combats. On s’approche de l’hospice.

Louis XIV ne rigole pas avec les miséreux, par un édit de 1656, il les met en cabane et Bicêtre en accueille une bonne partie en jouant la double carte d’hospice et de prison. La route qui y mène gagna peu à peu en fréquentation, en commerces, en tout ce qui compose une vie sociale. Après la gloriole européenne, la face peu glorieuse des guerres bérézinesques de Napoléon a charrié bon nombre de retraités de Russie mal en point et un habile profiteur a sauté sur l’occasion pour ouvrir, non pas une cité des sciences et de l’industrie, mais un estaminet couleur locale « Au Sergent du Kremlin ». En 1896, alliance hasardeuse du sabre et du goupillon, l’évêque et le massacreur, fut créée la commune du Kremlin-Bicêtre.

Passionné d’histoire, Eric ne dédaignait pas l’étude des évènements que de multiples spécialistes décortiquent savamment. Sa maison regorgeait de livres hétéroclites où se côtoyaient des historiens donc, de grands auteurs, Louis Aragon, Céline, Echenoz, Hugo, Flaubert, de brillants étrangers, des quasi anonymes de la littérature et des ouvrages de documentation disparates parmi lesquels un opuscule sur la vie de Maria Salomea Skłodowska, Marie Curie. Il apprit à quel point elle avait été brillante et acharnée : médaille d’or en fin d’études secondaires en Pologne en 1883, première au concours d’agrégation pour l’enseignement des jeunes filles section mathématiques, deux fois prix Nobel, une première en 1903 en physique avec son mari Pierre et Henry Becquerel, une seconde, en 1911, en chimie, première femme lauréate de la médaille Davy, prix Gegner de l’Académie des sciences à trois reprises, enterrée au Panthéon. Il fut soulagé de constater que, le 8 mai 2007, journée internationale de la femme, son prénom fut associé à celui de son mari sur la ligne 7 du métro parisien, élevant ainsi à trois le nombre de stations dédiées aux femmes avec Louise Michel et Marguerite de Rochechouart.

Son chat, Telet, trouvé il y a quelques années sous une arche qui enjambe la Seine sans qu’il se rappelle s’il s’agissait du Pont-Neuf ou du Pont-Marie, un quadrupède parmi les deux cents qu’a décrit avec une précision remarquable Louis Jean-Marie D’Aubenton, dit Daubenton dans « Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy » sous la direction de Buffon, vint se frotter avec insistance contre sa jambe. Son maître ne devait pas oublier qu’on était dimanche et que l’heure était venue de déguster le menu dominical appelé « Poissonnière à la Censier » composé exclusivement de sardines fraîches sans têtes pour favoriser la brillance du poil. Par un caprice de félidé, Telet, dédaignait effectivement les têtes de poissons, d’où l’appellation « Censier » pour son plat du dimanche. On comprend mieux si l’on sait que la rue de même nom était autrefois une impasse, « rue du cul-de-sac sans Chef » autrement dit sans tête, et qu’au fil des générations et des évolutions de la prononciation et de l’orthographe elle devint tout à tour Sancée, Censée, Sancier puis Censier. Ah, la belle époque de l’orthographe flottante.

Après avoir nourri le chat, Eric repris sa lecture sur l’épopée de Guiseppe Garibaldi en Amérique du sud et en Europe, célèbre au point que Victor Hugo lui consacra une chambre dans sa demeure de Hauteville-House à Guernesey. Maison construite vers 1800 par un corsaire anglais, William Ozanne, hantée, visionnée, par l’évanescence d’une femme qui s’y était suicidée. Hugo, dans « Les travailleurs de la mer » y fera allusion : « La maison comme l’homme peut devenir un cadavre. Il suffit qu’une superstition l’a tue. Alors elle est terrible. Ces maisons mortes ne sont point rares dans les îles de la Manche ». Il en fallait évidemment davantage pour décourager Hugo qui transforma cette maison de fond en comble pour la modeler à son image d’homme de génie à tout faire. C’est qu’en 1867 que la chambre fut baptisée Garibaldi. Invité par le poète à le rejoindre en exil, le « Héros des deux mondes » y fut sensible, mais n’y mit jamais les pieds. Quant au don des langues des Français, Victor ne dérogea pas à la règle : « Quand l’Angleterre voudra causer avec moi, elle apprendra ma langue. »

Ce titre glorieux, « Héros des deux mondes », intrigua Eric, il lui semblait bien qu’il fut également décerné à un autre personnage célèbre. Un petit tour par la bibliothèque lui apporta la réponse. Dans la section histoire, près des livres consacrés à Léo Lagrange, Paul Vaillant-Couturier, Corentin Cariou et Louis Blanc, il dénicha un ouvrage sur le fils de Marie Louise Jolie de La Rivière, Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette. Acteur non négligeable de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, partie prenante de la Révolution française où il œuvra pour atténuer l’absolutisme du pouvoir royal, il émigra en 1792 et revint jouer un rôle important dans la monarchie de juillet.

Son aventure américaine ne manqua pas de panache. Contre l’ordre du roi, il s’embarqua à 19 ans prêter main-forte aux insurgés du Nouveau monde, finançant par ses soins l’achat d’un navire « La Victoire », une trentaine d’hommes d’équipage et de quelques milliers de fusils. Après plusieurs séjours où son ardeur et son efficacité furent appréciées, La Fayette fut naturalisé américain. De retour à Paris, auréolé de gloire, non content de retrouver sa toute jeune femme, Marie Adrienne Françoise de Noailles épousée à quatorze ans et demi alors qu’il en avait à peine plus de seize, il s’éprend de maîtresses prestigieuses à la beauté légendaire, Charlotte Gabrielle Elisabeth Aglae de Puget de Barbentane, comtesse d’Hunolstein et Pauline Adhémar de Monteil de Grignan, fille de Françoise de Sévigné, elle-même fille de Madame de Sévigné, marquise de Simiane par mariage dont l’époux, marquis de Miremont, se donna la mort à l’annonce de cette déconvenue sentimentale. On ne sait comment réagit Pauline, mais elle se montra très active en n’y allant pas par quatre chemins pour favoriser la publication des lettres de sa grand-mère.

Sans l’avoir précédemment averti, un groupe d’amis fit irruption dans sa cour avec tant de fougue qu’Eric compara leur intrusion à la charge de la brigade légère. Fanfaronnade en grande pompe pour beaucoup de victimes et un piètre résultat. La célèbre scène s’est jouée à la bataille de Blaklava, le 25 octobre 1854, pendant la guerre de Crimée. Imbroglio militaire qui a mis en scène deux beaux-frères anglais qui se détestaient copieusement, Lord Lucan, peu réputé pour son intelligence, commandant de la cavalerie et Lord Cardigan, major-général, son subordonné direct, les deux sous les ordres de Lord Raglan, commandant de l’armée. Ce dernier donna l’ordre à la cavalerie de charger une position russe, mais mauvaise analyse, quiproquo sur l’objet exact de la mission, obéissance aveugle aux injonctions hiérarchiques, bévue de taille, boucherie inutile. Dans ce jardin de banlieue, du tumulte, mais aucune victime à déplorer. Nulle débâcle donc, plutôt ambiance de 8 mai 1945. Le projet était simplement d’aller se balader, de sortir un peu Eric de ses livres : « On descend place Monge et on fait un tour au Jardin des Plantes et aux Arènes de Lutèce ! »

Eric répliqua en falsifiant une citation de Diderot tirée du « Neveu de Rameau » : « Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, ce n’est pas mon habitude d’aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal ni au musée du Louvre. » Il ajouta : « Comme Maximilien de Béthune, duc de Sully, pair de France, maréchal de France, prince souverain d’Henrichemont et de Boisbelle, baron puis marquis de Rosny, marquis de Nogent-le-Rotrou, comte de Muret et de Villebon, vicomte de Meaux, qui a si bien conseillé Henri IV, je ne vous opposerai pas une résistance acharnée digne de la bataille de Stalingrad, je ne dédaigne pas votre proposition, je vous suis. » En chemin, en voyant défiler les stations de la ligne 7, il ne put s’empêcher de faire remarquer à ses amis que contrairement aux trains, le métro roulait à droite. Donc, leur dit-il, si vous descendez du métro à Gare de l’Est, ancien embarcadère de Strasbourg, pour prendre un train, vous changerez de sens de circulation. Il y a une exception notable, ajouta-t-il, puisqu’en Alsace-Lorraine, suite à l’occupation allemande de 1870 à 1918, la norme du conquérant s’imposa. Un échangeur particulier, un saut-de-mouton, permet à la voie de gauche de passer sous celle de droite pour se retrouver à droite. Pour les trains, les Anglais eurent la préséance qu’ils importèrent en France. Ainsi, en 1827, la première ligne de chemin de fer française, Saint-Etienne / Andrézieux, longue de 18 kilomètres est directement inspirée du modèle outre-Manche.

Vielle histoire que celle du choix du sens de la circulation, pas si simple à démêler. Les chevaliers du Moyen Age, pour dégainer leur épée plus aisément, empruntaient volontiers le côté gauche de la route. Un pape, Boniface VIII, celui qui canonisa Saint-Louis en août 1297, promulgua un édit incitant les pèlerins à marcher à gauche et l’Europe lui emboita le pas. Bien plus tard, à la fin du XVIIIème siècle, un type de véhicule américain va changer la donne. Le Conestoga, originaire de Pennsylvanie, ancêtre du Schooner qu’on voit dans quasiment tous les westerns attaqué par les Indiens, est un chariot à grandes roues, tiré par trois ou quatre paires de mules, est destiné initialement au transport du blé. Il a une particularité qui va radicalement transformer le comportement routier. Aucun siège n’est prévu pour le cocher qui chevauche, muni d’un fouet tenu dans la main droite, l’animal le plus près du chariot à gauche. Pour des raisons éminemment pratiques, la circulation se fit alors à droite, ce qu’officialise la Pennsylvanie en 1792. Pour les Etats-Unis, c’est réglé. Napoléon va se charger de l’Europe. Dans la foulée de la révolution française, l’Empereur, fin stratège comme chacun sait, lança plus d’une attaque sur le flanc droit pour surprendre l’ennemi habitué à des assauts venus de la gauche et, fort de ses victoires, imposa à tous les pays conquis l’obligation de circuler à droite. Un peu de malchance au combat et on se verrait sans doute rouler à gauche aujourd’hui.

Lors de leur promenade dans le Jardin des Plantes, un des amis évoqua ses prochaines vacances dans la région de Rocamadour. Ce à quoi un autre, un peu moqueur, lui demanda s’il s’agissait de « La citadelle de la Foi » qui domine la vallée de l’Alzou en Haut-Quercy, avec sa célèbre Vierge Noire et ses miracles ou bien le « Rocamadour du Gâtinais », Château-Landon, cité des arts médiévaux, célèbre entre autre pour ses carrières de pierre. Celle notamment qu’on a utilisée pour le Sacré-Cœur de Paris et qui a la particularité de secréter du calcin qui durcit et blanchit sous l’action de la pluie.

« J’ai choisi, ne t’en déplaise, la porte, la destination qui m’éloigne de cette blancheur permanente qui trône sur la capitale et quelquefois m’écœure un peu. » Céline le dit à sa manière dans « Maudits soupirs pour une autre fois » : « C’est le Sacré-Cœur qui me fascine, là-haut en gris pâle sur le bleu… sa masse, son œuf, son sucre doux… » Eric proposa d’aller discuter de la relation entre Paris et les écrivains en buvant un thé à la menthe à la mosquée voisine.

 

Les stations de la ligne 7

La Courneuve – 8 mai 1945 / Fort d’Aubervilliers / Aubervilliers – Pantin – Quatre chemins / Porte de la Villette (Cité des sciences et de l’industrie) / Corentin Cariou / Crimée / Riquet / Louis Blanc Stalingrad / Château Landon / Gare de l’Est / Poissonnière / Cadet Le Peletier / Chaussée d’Antin – La Fayette / Opéra / Pyramides Palais Royal – Musée du Louvre / Pont Neuf / Châtelet / Pont Marie (Cité des Arts) / Sully-Morland / Jussieu / Place Monge (Jardin des Plantes – Arènes de Lutèce) / Censier – Daubenton / Les Gobelins / Place d’Italie / Tolbiac / Maison Blanche / Porte d’Italie / Porte de Choisy / Porte d’Ivry /Pierre et Marie Curie / Mairie d’Ivry / Le Kremlin – Bicêtre / Villejuif – Léo Lagrange / Villejuif – P. V. Couturier / Villejuif – Louis Aragon

 

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en décembre chez Jonas

Posted by lagazou sur 20 décembre 2014

*** AUX VIOLONS DE LA BALEINE BLANCHE ***

 

Librairie JONAS 16 rue de la Maison Blanche75013 PARIS M° Tolbiac ( 01 44 24 25 96

Site : http://www.librairiejonas.fr/

Mercredi 3 décembre

A 20h15 à la librairie

Rencontre littéraire autour de  Jean JAURES

Extrait du spectacle

JAURES, assassiné deux fois !…

 

   écrit et interprété par Pierrette DUPOYET (site: www.pierrette-dupoyet.com)

(création soutenue par  la Ligue des droits de l’Homme et de la Sté des Etudes Jaurèsiennes)

L’extrait du spectacle sera suivi d’une rencontre avec l’auteur et d’une séance de dédicace

Le spectacle commence le 31 Juillet 1914…Jean Jaurès vient d’être assassiné…

Trois jours plus tard, la guerre éclate. Grâce à Louise, sa femme, nous découvrons qui était Jaurès dans l’intimité, ses doutes, ses engagements, lui qui croyait tant en la fraternité entre les peuples !

Presse au Festival d’Avignon : « Pierrette Dupoyet ranime de son souffle

l’étincelle d’humanité enfouie en chacun, sous les cendres du temps. Elle conte avec flamme Jaurès.

Le spectacle sonne juste. Elle est très convaincante. Ses mots nous fissurent le cœur et l’emplissent

de chaleureuse lumière. Beaucoup de sincérité et d’émotion.

De sa voix envoutante, Pierrette raconte un pan de l’Histoire de France ». (site: www.pierrette-dupoyet.com)

 

 

Réservation obligatoire : 01.44.24.25.96  ou sabinel13@laposte.net  Participation aux frais : 5€

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Bulletin d’inscription

Nom prénom —————————-  tel——————–     mail ……………………

Je m’inscris pour la soirée du 3 décembre,

Nombre de places :                         a envoyer par mail, courrier ou téléphone avant le 20 novembre

Participation aux frais :5 €

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Ma ville c’est le treizième

Posted by lagazou sur 19 décembre 2014

espace inter-âge

Projet d’installation d’un espace inter-âges

Mon 13e, disent les jeunes, est en pleine évolution

Près de la Seine se termine le plus grand chantier d’Europe. Après les TGI et autres TGB, nous attendons maintenant l’assaut des nombreuses start up dans la halle Freyssinet ? Belle alliance entre l’industrie du passé et celle de l‘avenir ; ça vaut le coup d’être nés à notre époque. Nous en sommes très fiers : au moins du moderne dans la ville car notre 13e n’est pas un musée permanent J’espère que nos responsables seront assez audacieux, pour en construire qu’on s’éclate un peu ! Avec les 30000 étudiants qui arrivent dans les locaux nouvellement rénovés des universités, en toutes sortes de disciplines comme Paris 7-Diderot et l’Inalco, c’est peu dire, quel avenir on aura; ça va donner un coup de jeune à tous nos p’tits vieux qui j’en suis sûr(e) en sont déjà tous fort heureux. Déjà on nous surnomme « le nouveau quartier latin ».

Mon 13e, disent les parents, n’est pas toujours marrant.

Les immeubles sont trop hauts, trop semblables, trop serrés ; cela crée des vents qui vous décoiffent régulièrement. Et puis la nature est trop cachée derrière des grilles d’immeubles, qui grandissent pareillement. Notre 13e, ce n’est pas pour les chiens, même savants. Les cinés ou les boites sont rarement bien près. Sauf bien sûr les complexes pour le cinéma. Sortir le soir, c’est toute une histoire ! Moi ce que j’aime le mieux, c’est les voisins de palier qui pour parler ne se font pas prier !

Mon 13e, disent les jeunes seniors, recèle de véritables trésors

On y rencontre des gens de tous bords, des jeunes, des vieux, des blancs, des noirs, des jaunes.  Toute la planète est là autour de nous.  Pas besoin de voyager au loin, tout est à portée de la main même si c’est hors de prix. C’est comme les associations qui sont si nombreuses pour combler nos désirs qu’on ne sait plus lesquelles choisir. Pourtant dans mon 13e, il n’y a pas de quoi moisir mais plutôt à s’investir ! Mais pour se déplacer, il vaut mieux être motorisé ! c’est fatiguant de marcher car il n’y a plus de bancs pour se reposer. Même pour les handicapés  ou tout simplement gens fatigués. C’est indigne d’un pays civilisé ;

Moi mon 13e, dit le vieillard ou l’handicapé,

S’éloigne un peu plus derrière les années.Mais il a depuis longtemps une sacrée réputation de solidarité qui fait chaud au cœur, quand cette vocation se passe dans la réalité. Prendre le métro, faut pas y penser : on vous monte sur le quai, c’est parfait, mais pour descendre (cela m’est arrivée) comment est-ce qu’on se débrouille avec tous ces escaliers ? Il faut toujours se faire aider. Si on réclame encore plus d’ascenseurs, c’est pour préserver ce qui reste de notre précieuse autonomie et cela nous réjouirait, infiniment car, si nous la perdons, c’est le fauteuil roulant qui nous attend. Nous voulons un avenir plus convivial et positif. Nous comptons sur nos élus pour réaliser ce programme exigeant.

 Moi mon 13e, dit le SDF, n’a ni odeur, ni saveur, ni couleur,

Mon seul territoire, c’est mon bout de trottoir, il s’est tant rétréci autour de moi ; je peux ainsi le transporter chaque jour avec moi mais il est tellement lourd de violence, de peurs, de douleurs et de méfiance. Si bien que je ne peux franchir les limites de l’arrondissement sans oublier qu' »ils » m’enferment ainsi plus sûrement aux postes de douane au moment des contrôles. Les seuls qui les franchissent vraiment, plus que les montgolfières de jadis, sont les rêves qui toutes les nuits m’envahissent. Avec à ma portée la chaleur d’un foyer, ou même seulement un peu de solidarité et d’amitié.

Moi, mon pays, c’est le 13e dit l’étranger.

Pour survivre, j’ai tout quitté sans savoir où j’aboutirais. C’est là, dans ce 13e, sans papiers, que l’on m’a débarqué. Je suis obligé de travailler dans des conditions si dures que je n’ose pas les nommer, tellement elles sont précarisées. Heureusement, d’autres sont arrivés avant moi, qui m’ont tendu la main pour me procurer ces papiers vitaux et m ’apprendre le Français, trouver à me loger près de mes nombreux frères d’Asie. Chinatown est le nom de ce récent quartier dont les habitants, dans leurs tours, sont prêts à nous entraîner vers des sphères`plus ensoleillées, au propre comme au figuré .

       Geneviève  Juillet

nov. 201
Gazette du 13e n° 88

 

 

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