La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

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INVITATION au XVIIIème Concours des Fanfares des Beaux-Arts

Posted by lagazou sur 3 juillet 2015

XVIIIème Concours des Fanfares des Beaux-Arts

( Le Seul, l’Unique, inénarrable, LE précieux !... )

La Grande Masse des Beaux-Arts a l’immense plaisir de te convier à son traditionnel, réputé et incontournable Concours des Fanfares des Beaux-Arts !

Le thème de cette année est donné sur le ton du « Ni Fait, Ni à Faire ! »

Venez découvrir les interprétations toutes plus uniques les unes que les autres que vont nous régaler chaque fanfare !  Parce qu’il ne faut surtout pas le louper, tu es donc très attendu pour encourager ta fanfare de coeur et profiter de ce génial spectacle réunissant plus de 20 fanfares et qui a seulement lieu une fois tous les 4 ans !

Les infos indispensables à retenir pour nous retrouver autour des douces mélopées cuivrées de nos amis fanfaristes :

  • La date : CE samedi 04 juillet 2015 dès midi !
  • Le lieu : Parc Kellermann (Rue de la Poterne des Peupliers) Paris XIIIème
  • Il va faire trèèèès chaud, donc prévoie ta survie avec moult crème solaire, la coiffe qui va bien, les lunettes de soleil et ta méga bonne humeur beaux-artienne !

On vous y attend très très nombreux et en pleine forme !

Le Grand Massier et toute l’équipe de l’association.

Affiche XVIIIème Concours des Fanfares des Beaux-Arts - Samedi 04 juillet 2015
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Ouvrir la petite ceinture aux habitants : c’est presque fait dans le 13e

Posted by lagazou sur 19 juin 2015

petite ceinture secteur Rungis-2Le projet d’aménager la petite ceinture et de l’ouvrir aux habitants se concrétise enfin : il y a eu des études de l’APUR et une concertation avec la population, malheureusement restée trop discrète. Avec la nouvelle mandature parisienne d’avril 2014 et la réorganisation de la SNCF, il a été décidé début 2015 d’ouvrir au public le tronçon situé entre la place Rungis et l’avenue d’Italie. Le terrain y est relativement plat et il est à niveau, ce qui en facilite l’accessibilité, y compris pour les personnes à mobilité réduite. Le rail subsistant sera conservé pour garantir un éventuel retour à une activité ferroviaire. Le parcours, déroulé sur 500 m, reliera le nouveau jardin Charles Trénet (place Rungis), celui de la Poterne des Peupliers et celui du Moulin de la Ponte qui borde l’avenue d’Italie et débouche sur la future station Maison-Blanche de la ligne 14.

L’objectif est d’en faire un espace vert et un lieu de détente, avec un cheminement piétonnier, des pelouses, le verdissement des talus et la préservation des espèces végétales et animales. Le régime des parcs et jardins sera appliqué, avec fermeture de nuit et interdiction des vélos (sauf pour les enfants). Dès septembre, des portions doivent être ouvertes, mais c’est progressivement que doivent être développés les nouveaux usages à définir avec les habitants : jardins partagés, ruchers, activités pédagogiques et de découverte, équipements sportifs… Les idées ne manquent pas.

L’objectif est aussi de désenclaver un secteur jusque là isolé par plusieurs barrières (petite ceinture, boulevards). Il s’agit aussi de la première phase de réaménagement qui va servir d’expérimentation pour une réouverture généralisée de la ligne. Les habitants à l’est du 13e ont aussi des projets et vont suivre avec intérêt cette première réalisation.

 

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SAUVONS LE GRAND ECRAN

Posted by lagazou sur 19 juin 2015

Appel à mobilisation le 20 juin

 En avril 2013, Jérôme SEYDOUX, co-président de PATHÉ, annonçait à la Mairie du 13° qu’il était sur le point de vendre le GRAND ÉCRAN à un organisateur de concerts. Mais aux candidats-repreneurs culturels successifs (qui n’ont jamais été reçus) il a préféré négocier avec un marchand de biens qui prévoit de faire de ce remarquable complexe audiovisuel une salle de sport low-cost !

Aujourd’hui, l’engagement de campagne de la Maire de PARIS d’ « accompagner l’implantation d’une grande salle de spectacle place d’Italie en remplacement du Grand Ecran » et les vœux adoptés en 2013 et 2014 par le CONSEIL DE PARIS pour préserver sa vocation culturelle, sont restés lettre morte.

Depuis, des travaux ont commencé pour transformer les 2 petites salles (« aux qualités de projection exceptionnelles » selon GAUMONT) en boutiques du centre Italie 2.

Face aux pressions des démolisseurs, soyons nombreux le

Samedi 20 Juin, à partir de 14h30

place d’Italie, sur le parvis du Grand Écran

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Grande fête de quartier – 4ème fête des Grands Moulins – samedi 30 Mai 2015

Posted by lagazou sur 27 mai 2015

4ème fête des Grands Moulins samedi 30 Mai 2015 – Quartier Paris Rive Gauche Esplanade Vidal-Naquet
Accès : Métro ligne 14 arrêt Bnf – RER C / Bus 62/64/89 arrêt Rue Thomas Mann / Bus 325 arrêt rue Watt.
Cette année, on dessine et on se dessine. C’est à partir de 14 heures. On vous attend.
fête grands moulins_0001
Animations gratuites
Street-art
Bal populaire
notre quartier 13
NQ13

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Village de la Récup’ le 30 mai 2015

Posted by lagazou sur 27 mai 2015

Inauguration festive de la boutique associative de réemploi et recyclage :
Animations gratuites sur l’avenue d’Italie de 11 h à 18 h devant le 126 av. d’Italie

Devanture-5mars2015

Pendant la semaine du Développement Durable 2015, le  » Village de la Récup’  » du 13e, organisé par l’Association Ma Ressourcerie, se tiendra de part et d’autre du 126 avenue d’Italie (face à sa boutique associative et solidaire de réemploi).

Cet évènement consiste en un ensemble de stands dans lesquels les acteurs du réemploi et du recyclage présentent leurs activités afin de sensibiliser les habitants, de manière festive et conviviale, à la lutte contre le gaspillage et à la réduction des déchets. Il se tiendra de 11h à 18h.

 Une grande braderie de vêtements (tout à 2 €) et des ateliers Récup’ et fabrication.

♥ Deux spectacles éco-citoyens, clownesques et musicaux de la compagnie Pile-Poil  à11 h 30 et 14 h 30.

Une sensibilisation au tri sélectif

 Partage d’expérience au  » Village de la Récup’. »Installés sur le stand du GDIE, les jeunes des quartiers Masséna et Kellerman partageront leur expérience de démocratie participative avec le public dés 14h30. A 15h30, ils présenteront leurs idées à travers la lecture d’une « Lettre à un élu.

Présentation du projet : http://ecoparlementdesjeunes.info/EPJ-14-GDIE.html

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Les chantiers créatifs pour le quartier !

Posted by lagazou sur 28 février 2015

Centre d’Animation René Goscinny
14 rue René Goscinny 75013 Paris
01.45.85.16.63 – www.centregoscinny.org


Des ateliers créatifs sont proposés aux habitants, grands et petits, pour décorer le Parc des Grands Moulins et ses alentours pour 2 temps forts du quartier,
13 en Fête, et le festival Vive l’Art Rue !

Ces événements festifs auront lieu le 30 mai et le 7 juinPour les préparer, rêvons, imaginons, construisons, fabriquons ensemble !


 Atelier Marionnettes Géantes Gratuit

– Mercredis 4 et 18 mars, 1,12 avril, 13 et 20 mai et 3 juin
Attention le 12 avril est un dimanche
Mathieu, intervenant film d’animation et expert en fabrication de marionnettes, voit en grand ! Il proposera des ateliers ouverts à tous de fabrication de marionnettes géantes, conçues en matériaux de récup, qui seront animées par les habitants lors du festival Vive l’Art Rue ! Ça promet d’être spectaculaire !


 

Atelier Décoration Récup Gratuit

– Mercredis 11 et 25 mars, 8 et 15 avril, 13 mai de 14h30 à 17h30 

Anne Gaël, intervenante couture et loisirs créatifs du Centre Goscinny, propose quant à elle d’imaginer des décos originales pour l’espace public en matériaux de récup (plastiques, cartons, tissus, vieux vêtements). Est-il possible de décorer notre environnement urbain à partir de rien – ou presque ? Oui ! Un ciel de couleur en textile, des sculptures de plastique, tout est imaginable…


 Stage Double Dutch Tarif stage : 31.20€ le stage / pour les 10-15 ans

– Samedis du 21 mars au 30 mai de 14h30 à 16h 

Cette pratique consiste à faire tourner 2 grandes cordes à sauter dans lesquelles des acrobaties sont réalisées en rythme par les sauteurs.
Le festival Vive l’Art Rue ! le 7 juin verra les participants au stage Double Dutch réaliser une performance, accompagnés par une fanfare…
Le Centre Goscinny s’associe à l’association locale Génération Double Dutch pour promouvoir cette pratique, surtout que cette année le championnat du monde se déroulera en Juillet dans le 13ème !


Ateliers scénographie urbaine Gratuit

– Mercredi 6 mai de 15h à 18h,
puis les samedis de 15h à 18h et les mardis de 16h30 à 19h30 :
chantier ouvert dans le jardin des Grands Moulins, jusqu’au 26 mai.

Le collectif Jouir, composé de Johan et Alice, 2 jeunes architectes, ont déjà travaillé à la construction de mobilier urbain pour les dernières éditions de 13 en Fête.
Cette année ils ont très envie de partager cette aventure et proposer aux habitants d’inventer et construire avec eux de nouveaux modules en bois de récupération qui serviront à la fois sur les temps forts du quartier mais pourront aussi être utilisés par des associations locales, des collectifs d’habitants…


 Collecte de matériels.

Pour les Chantiers Créatifs, le Centre récupère :

– des bouteilles plastiques tout format toutes couleurs, barils de lessives, bouteilles de lait, mais rincées/lavées- des draps, housse  de couette,
– des cravates, des chutes de tissus
– des vêtements types chemise pantalon t shirt colorés,
– de la laine, du fil,
– des abats-jours même vieux même moches
– des sacs plastiques de tous formats et de toutes couleurs,
– des boites d’œufs
– des cintres en  fil  de fer
– des parapluies ou parasols
– des tasseaux, ou  tige de bambou
– du grillage / croisillons

Merci.

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Des enfants découvrent la gestion des déchets dans 3 quartiers du 13ème

Posted by lagazou sur 11 février 2015

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Des enfants découvrent la gestion des déchets dans 3 quartiers du 13ème

Le Groupe de Diffusion d’Informations sur l’Environnement est une association de loi 1901 qui propose cette année aux enfants de plusieurs résidences de 3 quartiers du 13ème arrondissement de découvrir le monde des déchets, et en particulier du tri sélectif et de la récup’. Le projet s’intitule « Le tri et la récup’ ça se passe dans mon quartier », il concerne au total 5 quartiers situés à Paris et Malakoff, et il s’inscrit dans le cadre de l’Eco-Parlement des jeunes ©, dispositif national coordonné par le Réseau Ecole et Nature et Eco-Emballages.

Une visite de « Ma Ressourcerie » sera proposée aux participants des quartiers Kellermann et Masséna le mardi 24 février 2015 à partir de 14h. Les enfants découvriront alors cet acteur majeur de la gestion des déchets dans le 13ème arrondissement qui vient d’emménager dans de nouveaux locaux (126 avenue d’Italie) et ses multiples rôles : collecter les objets que les parisiens abandonnent (vêtements, chaussures, livres, DVD, vaisselle, petit électroménager, jouets, bibelots, petits meubles, cuir, tissu…), revendre les objets en bon état à prix minimal, transformer les autres pour leur donner une nouvelle vie, utile, belle et souvent ludique, et sensibiliser la population au développement durable.

Plusieurs ateliers suivront avec des débats, la réalisation d’une enquête de voisinage et la fabrication d’objets à partir de déchets. Une restitution du projet aura lieu dans chaque quartier concerné en juin et juillet 2015 lors d’évènements locaux de type Fête de quartier. Les enfants y proposeront notamment la lecture publique d’une lettre à un élu local présentant le résultat de leur réflexion concernant l’amélioration de la gestion des déchets dans leur quartier.

Ils soutiennent le projet : Eco-Emballages, Réseau Ecole et Nature, Ville de Paris, Paris Habitat OPH, Ma Ressourcerie, Centre social 13pourTous, Courant d’Art Frais, Compost et Compagnie.

Contact: Hervé Bressaud (courriel: gdie.contact@gmail.com, tel: 06 30 58 50 73)

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Je suis Charlie

Posted by lagazou sur 12 janvier 2015

 

Marianne va à la République.JPG-2Marianne et la République

L’événement ne concerne pas seulement le XIIIe, c’est vrai, mais foin des règles !
Quand il est planétaire, une Gazetteuse se sent autorisée à vous donner sa réaction.

Mercredi dernier 7 janvier, sidération totale :
Parvenus à entrer dans la rédaction de Charlie Hebdo (et on saura plus tard qu’ils s’étaient d’abord trompés d’adresse) deux hommes tirent à la kalachnikov dans une rue du XIe arrondissement sur ceux qui sont en train de “fabriquer” leur journal, et sortent en tuant un policier.
Bilan : 12 morts dont des”génies” du dessin satirique, Cabu, Honoré, Wolinski, Charb, patron du journal. Cabu avait été l’un des invités des soirées de Jonas.
L’horreur est bien réelle. En sortant les deux brutes achèvent froidement un autre policier blessé qui demandait grâce
Au volant d’une voiture, vite abandonnée pour sauter dans une autre, ils réussissent à fuir.

On apprend qu’à Montrouge une autre policière, le lendemain 8 janvier, est abattue par un inconnu.
Est-on dans un western ? Non ces assassinats ont eu lieu dans Paris et la proche banlieue en plein jour.
Ce n’est pas fini.

Orchestrées pour se passer simultanément le vendredi 9 janvier, en Seine et Marne et à Paris, porte de Vincennes, soit dans une imprimerie, qui, comme le journal est un lieu abhorré des tueurs, soit dans une supérette Casher, ce sont des prises d’otage auxquelles se livrent les tueurs, revenus sur les lieux de leurs crimes, et ce jour-là, grande et horrible première, tous ceux qui avaient accès à un poste de télé ont pu suivre le déroulement des actions, jusqu’aux issues soulageantes : les monstres ont été abattus.
Je ne vous donne pas leurs noms ; vous les connaissez et je ne veux pas avec ce bref article les pérenniser.

Ce qui m’a frappé, comme vous tous, c’est l’effet de surprise et d’horreur, la peur que ces hommes ont voulu provoquer pour montrer leur puissance, et finalement le sursaut d’indignation et d’honneur des Français.
Ils ont découvert à cette occasion que les forces, dites “de l’ordre,” contre lesquelles notre esprit critique s’en donne à cœur joie savent se montrer héroïques, que des citoyens lambda se sont aussi sublimés. Que des pratiquants des 3 religions ont fait preuve du même courage.
Le hasard, la chance ont certes joué leur rôle, funeste pour un livreur à Charlie hebdo, arrivé au mauvais moment, heureux pour Pelloux, le médecin qui était en retard et qui a d’abord cru à une blague quand on l’a appelé. Bref, nous ne maîtrisons pas tout, mais finalement l’unanimité s’est faite au nom des valeurs qui donnent sens à la vie: Courage,
dignité, et amour qui prévaut sur la haine.
Tout le pays s’est réuni hier, dimanche 11 janvier, pour les célébrer.

C’est ce qui nous aide, un peu, à atténuer l’horreur qui a marqué ce début d’année.
Nos vœux pour 2015 : maintenir vives ces Valeurs dans nos esprits et dans nos cœurs.

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LIGNE 7

Posted by lagazou sur 27 décembre 2014


Ligne 7

Dans sa jolie maison blanche bien qu’un tantinet délabrée, située pratiquement à la frontière entre Villejuif, la porte et la mairie d’Ivry, Eric Morland, que son frère cadet s’ingénie à appeler Riquet, est confortablement installé dans la cour neuve sous un soleil digne du pays des pyramides. Neuve en effet la cour, tout du moins pour ce qui concerne les plantes puisque, inspiré par trois frères lyonnais, Antoine, Bernard, Joseph et leur oncle Antoine Laurent de Jussieu, Eric avait entamé une refonte complète du jardin.

Il y a quelques années encore, il habitait à Paris aux environs la Place d’Italie, plus vers les Gobelins que Tolbiac, mais la décision de son propriétaire, monsieur Le Peletier, de vendre l’appartement qu’il lui louait, l’a contraint à prospecter pour trouver une nouvelle tanière. Sans posséder la fortune d’une danseuse entretenue de l’Opéra, qui pouvait se loger à la Chaussée d’Antin, il ne put envisager de continuer à vivre dans l’enceinte périphérique et se résigna à orienter ses recherches vers la banlieue. Il ne se sentait pas attiré, à tort peut-être, vers le nord de la capitale, Aubervilliers, pas plus le Fort que la bourgade, Pantin, Porte de la Villette. Son point de départ de prospection, la Porte d’Italie, ouvrait une brèche vers le sud qui lui semblait plus rieur. Région d’enfance met en confiance.

Il avait passé une partie de sa jeunesse au Kremlin-Bicêtre dont le nom lui parut assez énigmatique pour qu’il se penche sur ses origines. Retour aux sources donc, le sud et l’étymologie tirée de « Histoire du Kremlin-Bicêtre – L’identité d’une ville » par Madeleine Leveau-Fernandez. Tout commence par un fief non loin de la Bièvre offert par Louis VIII à son chef cuisinier. Il y fit bâtir « La grange-aux-Queulx » pour y cuisiner sans doute tout à son aise. Saint-Louis rachète ce domaine à l’héritier du cuisinier en 1257 pour y installer des moines le temps de leur fignoler un petit monastère en plein Paris. Quelques années plus tard, passant dans ces riantes contrées, le représentant du roi d’Angleterre à la cour de France, un certain Jean de Pontoise, évêque de Winchester, achète ce qu’il reste du bâtiment, un tas de ruines, pour une bouchée de pain peut-être, en 1286. Rien de surprenant qu’un évêque anglais porte un nom à consonance française puisque tout ceci se déroule après la conquête normande, exploit du fameux Guillaume le Bâtard devenu le Conquérant. Il fait bâtir sur les vestiges décatis qu’il venait d’acquérir un château digne de son rang et qui finit par s’appeler comme lui. Et c’est là qu’on mesure déjà à cette époque le don inimitable des Français pour les langues étrangères.

Le délicat nom de Winchester, dans la bouche des natifs laboureurs et des autres gens du cru peu aptes à reproduire les finales à l’anglaise, devint vite Winchestre. Sans que je puisse préciser le temps que cela a pris, la déformation s’est accentuée, la loi de l’entropie appliquée à la linguistique sans doute, le « w » a laissé place à un « v », Vincestre, puis à un « b », Bicestre pour finalement aboutir à Bicêtre. Si l’on se penche sur les noms des évêques précédant le débarquement normand, la fameuse bataille de Hastings le 14 octobre 1066, et qu’un évêque non normand ait acheté le château, on frémit rien qu’à penser aux difficultés de prononciation qui se seraient alors posées aux autochtones et au nom dont se serait affublé la commune : Hædde, Æthelheard, Ecgbald, Wigthegn, Ealhferth, Frithestan

Ensuite, le château passe de mains en mains, le Duc de Savoie, Philippe d’Orléans fils de Philippe VI, roi de France, le Duc de Berry qui se met en frais pour le retaper de fond en comble. Avant de passer l’arme à gauche, ce dernier fait don de sa sublime demeure aux évêques de Notre-Dame-des-Champs. Querelles d’importance entre Armagnacs et Bourguignons, guerre, dommages collatéraux, plus très belle à voir la bâtisse. Un tas de ruines à vrai dire tout juste bon à servir de carrière sur ordre de François 1er. Désolation donc jusqu’à ce que Richelieu arase le tout pour y construire une sorte de refuge pour soldats salement amochés par les combats. On s’approche de l’hospice.

Louis XIV ne rigole pas avec les miséreux, par un édit de 1656, il les met en cabane et Bicêtre en accueille une bonne partie en jouant la double carte d’hospice et de prison. La route qui y mène gagna peu à peu en fréquentation, en commerces, en tout ce qui compose une vie sociale. Après la gloriole européenne, la face peu glorieuse des guerres bérézinesques de Napoléon a charrié bon nombre de retraités de Russie mal en point et un habile profiteur a sauté sur l’occasion pour ouvrir, non pas une cité des sciences et de l’industrie, mais un estaminet couleur locale « Au Sergent du Kremlin ». En 1896, alliance hasardeuse du sabre et du goupillon, l’évêque et le massacreur, fut créée la commune du Kremlin-Bicêtre.

Passionné d’histoire, Eric ne dédaignait pas l’étude des évènements que de multiples spécialistes décortiquent savamment. Sa maison regorgeait de livres hétéroclites où se côtoyaient des historiens donc, de grands auteurs, Louis Aragon, Céline, Echenoz, Hugo, Flaubert, de brillants étrangers, des quasi anonymes de la littérature et des ouvrages de documentation disparates parmi lesquels un opuscule sur la vie de Maria Salomea Skłodowska, Marie Curie. Il apprit à quel point elle avait été brillante et acharnée : médaille d’or en fin d’études secondaires en Pologne en 1883, première au concours d’agrégation pour l’enseignement des jeunes filles section mathématiques, deux fois prix Nobel, une première en 1903 en physique avec son mari Pierre et Henry Becquerel, une seconde, en 1911, en chimie, première femme lauréate de la médaille Davy, prix Gegner de l’Académie des sciences à trois reprises, enterrée au Panthéon. Il fut soulagé de constater que, le 8 mai 2007, journée internationale de la femme, son prénom fut associé à celui de son mari sur la ligne 7 du métro parisien, élevant ainsi à trois le nombre de stations dédiées aux femmes avec Louise Michel et Marguerite de Rochechouart.

Son chat, Telet, trouvé il y a quelques années sous une arche qui enjambe la Seine sans qu’il se rappelle s’il s’agissait du Pont-Neuf ou du Pont-Marie, un quadrupède parmi les deux cents qu’a décrit avec une précision remarquable Louis Jean-Marie D’Aubenton, dit Daubenton dans « Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy » sous la direction de Buffon, vint se frotter avec insistance contre sa jambe. Son maître ne devait pas oublier qu’on était dimanche et que l’heure était venue de déguster le menu dominical appelé « Poissonnière à la Censier » composé exclusivement de sardines fraîches sans têtes pour favoriser la brillance du poil. Par un caprice de félidé, Telet, dédaignait effectivement les têtes de poissons, d’où l’appellation « Censier » pour son plat du dimanche. On comprend mieux si l’on sait que la rue de même nom était autrefois une impasse, « rue du cul-de-sac sans Chef » autrement dit sans tête, et qu’au fil des générations et des évolutions de la prononciation et de l’orthographe elle devint tout à tour Sancée, Censée, Sancier puis Censier. Ah, la belle époque de l’orthographe flottante.

Après avoir nourri le chat, Eric repris sa lecture sur l’épopée de Guiseppe Garibaldi en Amérique du sud et en Europe, célèbre au point que Victor Hugo lui consacra une chambre dans sa demeure de Hauteville-House à Guernesey. Maison construite vers 1800 par un corsaire anglais, William Ozanne, hantée, visionnée, par l’évanescence d’une femme qui s’y était suicidée. Hugo, dans « Les travailleurs de la mer » y fera allusion : « La maison comme l’homme peut devenir un cadavre. Il suffit qu’une superstition l’a tue. Alors elle est terrible. Ces maisons mortes ne sont point rares dans les îles de la Manche ». Il en fallait évidemment davantage pour décourager Hugo qui transforma cette maison de fond en comble pour la modeler à son image d’homme de génie à tout faire. C’est qu’en 1867 que la chambre fut baptisée Garibaldi. Invité par le poète à le rejoindre en exil, le « Héros des deux mondes » y fut sensible, mais n’y mit jamais les pieds. Quant au don des langues des Français, Victor ne dérogea pas à la règle : « Quand l’Angleterre voudra causer avec moi, elle apprendra ma langue. »

Ce titre glorieux, « Héros des deux mondes », intrigua Eric, il lui semblait bien qu’il fut également décerné à un autre personnage célèbre. Un petit tour par la bibliothèque lui apporta la réponse. Dans la section histoire, près des livres consacrés à Léo Lagrange, Paul Vaillant-Couturier, Corentin Cariou et Louis Blanc, il dénicha un ouvrage sur le fils de Marie Louise Jolie de La Rivière, Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette. Acteur non négligeable de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, partie prenante de la Révolution française où il œuvra pour atténuer l’absolutisme du pouvoir royal, il émigra en 1792 et revint jouer un rôle important dans la monarchie de juillet.

Son aventure américaine ne manqua pas de panache. Contre l’ordre du roi, il s’embarqua à 19 ans prêter main-forte aux insurgés du Nouveau monde, finançant par ses soins l’achat d’un navire « La Victoire », une trentaine d’hommes d’équipage et de quelques milliers de fusils. Après plusieurs séjours où son ardeur et son efficacité furent appréciées, La Fayette fut naturalisé américain. De retour à Paris, auréolé de gloire, non content de retrouver sa toute jeune femme, Marie Adrienne Françoise de Noailles épousée à quatorze ans et demi alors qu’il en avait à peine plus de seize, il s’éprend de maîtresses prestigieuses à la beauté légendaire, Charlotte Gabrielle Elisabeth Aglae de Puget de Barbentane, comtesse d’Hunolstein et Pauline Adhémar de Monteil de Grignan, fille de Françoise de Sévigné, elle-même fille de Madame de Sévigné, marquise de Simiane par mariage dont l’époux, marquis de Miremont, se donna la mort à l’annonce de cette déconvenue sentimentale. On ne sait comment réagit Pauline, mais elle se montra très active en n’y allant pas par quatre chemins pour favoriser la publication des lettres de sa grand-mère.

Sans l’avoir précédemment averti, un groupe d’amis fit irruption dans sa cour avec tant de fougue qu’Eric compara leur intrusion à la charge de la brigade légère. Fanfaronnade en grande pompe pour beaucoup de victimes et un piètre résultat. La célèbre scène s’est jouée à la bataille de Blaklava, le 25 octobre 1854, pendant la guerre de Crimée. Imbroglio militaire qui a mis en scène deux beaux-frères anglais qui se détestaient copieusement, Lord Lucan, peu réputé pour son intelligence, commandant de la cavalerie et Lord Cardigan, major-général, son subordonné direct, les deux sous les ordres de Lord Raglan, commandant de l’armée. Ce dernier donna l’ordre à la cavalerie de charger une position russe, mais mauvaise analyse, quiproquo sur l’objet exact de la mission, obéissance aveugle aux injonctions hiérarchiques, bévue de taille, boucherie inutile. Dans ce jardin de banlieue, du tumulte, mais aucune victime à déplorer. Nulle débâcle donc, plutôt ambiance de 8 mai 1945. Le projet était simplement d’aller se balader, de sortir un peu Eric de ses livres : « On descend place Monge et on fait un tour au Jardin des Plantes et aux Arènes de Lutèce ! »

Eric répliqua en falsifiant une citation de Diderot tirée du « Neveu de Rameau » : « Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, ce n’est pas mon habitude d’aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal ni au musée du Louvre. » Il ajouta : « Comme Maximilien de Béthune, duc de Sully, pair de France, maréchal de France, prince souverain d’Henrichemont et de Boisbelle, baron puis marquis de Rosny, marquis de Nogent-le-Rotrou, comte de Muret et de Villebon, vicomte de Meaux, qui a si bien conseillé Henri IV, je ne vous opposerai pas une résistance acharnée digne de la bataille de Stalingrad, je ne dédaigne pas votre proposition, je vous suis. » En chemin, en voyant défiler les stations de la ligne 7, il ne put s’empêcher de faire remarquer à ses amis que contrairement aux trains, le métro roulait à droite. Donc, leur dit-il, si vous descendez du métro à Gare de l’Est, ancien embarcadère de Strasbourg, pour prendre un train, vous changerez de sens de circulation. Il y a une exception notable, ajouta-t-il, puisqu’en Alsace-Lorraine, suite à l’occupation allemande de 1870 à 1918, la norme du conquérant s’imposa. Un échangeur particulier, un saut-de-mouton, permet à la voie de gauche de passer sous celle de droite pour se retrouver à droite. Pour les trains, les Anglais eurent la préséance qu’ils importèrent en France. Ainsi, en 1827, la première ligne de chemin de fer française, Saint-Etienne / Andrézieux, longue de 18 kilomètres est directement inspirée du modèle outre-Manche.

Vielle histoire que celle du choix du sens de la circulation, pas si simple à démêler. Les chevaliers du Moyen Age, pour dégainer leur épée plus aisément, empruntaient volontiers le côté gauche de la route. Un pape, Boniface VIII, celui qui canonisa Saint-Louis en août 1297, promulgua un édit incitant les pèlerins à marcher à gauche et l’Europe lui emboita le pas. Bien plus tard, à la fin du XVIIIème siècle, un type de véhicule américain va changer la donne. Le Conestoga, originaire de Pennsylvanie, ancêtre du Schooner qu’on voit dans quasiment tous les westerns attaqué par les Indiens, est un chariot à grandes roues, tiré par trois ou quatre paires de mules, est destiné initialement au transport du blé. Il a une particularité qui va radicalement transformer le comportement routier. Aucun siège n’est prévu pour le cocher qui chevauche, muni d’un fouet tenu dans la main droite, l’animal le plus près du chariot à gauche. Pour des raisons éminemment pratiques, la circulation se fit alors à droite, ce qu’officialise la Pennsylvanie en 1792. Pour les Etats-Unis, c’est réglé. Napoléon va se charger de l’Europe. Dans la foulée de la révolution française, l’Empereur, fin stratège comme chacun sait, lança plus d’une attaque sur le flanc droit pour surprendre l’ennemi habitué à des assauts venus de la gauche et, fort de ses victoires, imposa à tous les pays conquis l’obligation de circuler à droite. Un peu de malchance au combat et on se verrait sans doute rouler à gauche aujourd’hui.

Lors de leur promenade dans le Jardin des Plantes, un des amis évoqua ses prochaines vacances dans la région de Rocamadour. Ce à quoi un autre, un peu moqueur, lui demanda s’il s’agissait de « La citadelle de la Foi » qui domine la vallée de l’Alzou en Haut-Quercy, avec sa célèbre Vierge Noire et ses miracles ou bien le « Rocamadour du Gâtinais », Château-Landon, cité des arts médiévaux, célèbre entre autre pour ses carrières de pierre. Celle notamment qu’on a utilisée pour le Sacré-Cœur de Paris et qui a la particularité de secréter du calcin qui durcit et blanchit sous l’action de la pluie.

« J’ai choisi, ne t’en déplaise, la porte, la destination qui m’éloigne de cette blancheur permanente qui trône sur la capitale et quelquefois m’écœure un peu. » Céline le dit à sa manière dans « Maudits soupirs pour une autre fois » : « C’est le Sacré-Cœur qui me fascine, là-haut en gris pâle sur le bleu… sa masse, son œuf, son sucre doux… » Eric proposa d’aller discuter de la relation entre Paris et les écrivains en buvant un thé à la menthe à la mosquée voisine.

 

Les stations de la ligne 7

La Courneuve – 8 mai 1945 / Fort d’Aubervilliers / Aubervilliers – Pantin – Quatre chemins / Porte de la Villette (Cité des sciences et de l’industrie) / Corentin Cariou / Crimée / Riquet / Louis Blanc Stalingrad / Château Landon / Gare de l’Est / Poissonnière / Cadet Le Peletier / Chaussée d’Antin – La Fayette / Opéra / Pyramides Palais Royal – Musée du Louvre / Pont Neuf / Châtelet / Pont Marie (Cité des Arts) / Sully-Morland / Jussieu / Place Monge (Jardin des Plantes – Arènes de Lutèce) / Censier – Daubenton / Les Gobelins / Place d’Italie / Tolbiac / Maison Blanche / Porte d’Italie / Porte de Choisy / Porte d’Ivry /Pierre et Marie Curie / Mairie d’Ivry / Le Kremlin – Bicêtre / Villejuif – Léo Lagrange / Villejuif – P. V. Couturier / Villejuif – Louis Aragon

 

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Ma ville c’est le treizième

Posted by lagazou sur 19 décembre 2014

espace inter-âge

Projet d’installation d’un espace inter-âges

Mon 13e, disent les jeunes, est en pleine évolution

Près de la Seine se termine le plus grand chantier d’Europe. Après les TGI et autres TGB, nous attendons maintenant l’assaut des nombreuses start up dans la halle Freyssinet ? Belle alliance entre l’industrie du passé et celle de l‘avenir ; ça vaut le coup d’être nés à notre époque. Nous en sommes très fiers : au moins du moderne dans la ville car notre 13e n’est pas un musée permanent J’espère que nos responsables seront assez audacieux, pour en construire qu’on s’éclate un peu ! Avec les 30000 étudiants qui arrivent dans les locaux nouvellement rénovés des universités, en toutes sortes de disciplines comme Paris 7-Diderot et l’Inalco, c’est peu dire, quel avenir on aura; ça va donner un coup de jeune à tous nos p’tits vieux qui j’en suis sûr(e) en sont déjà tous fort heureux. Déjà on nous surnomme « le nouveau quartier latin ».

Mon 13e, disent les parents, n’est pas toujours marrant.

Les immeubles sont trop hauts, trop semblables, trop serrés ; cela crée des vents qui vous décoiffent régulièrement. Et puis la nature est trop cachée derrière des grilles d’immeubles, qui grandissent pareillement. Notre 13e, ce n’est pas pour les chiens, même savants. Les cinés ou les boites sont rarement bien près. Sauf bien sûr les complexes pour le cinéma. Sortir le soir, c’est toute une histoire ! Moi ce que j’aime le mieux, c’est les voisins de palier qui pour parler ne se font pas prier !

Mon 13e, disent les jeunes seniors, recèle de véritables trésors

On y rencontre des gens de tous bords, des jeunes, des vieux, des blancs, des noirs, des jaunes.  Toute la planète est là autour de nous.  Pas besoin de voyager au loin, tout est à portée de la main même si c’est hors de prix. C’est comme les associations qui sont si nombreuses pour combler nos désirs qu’on ne sait plus lesquelles choisir. Pourtant dans mon 13e, il n’y a pas de quoi moisir mais plutôt à s’investir ! Mais pour se déplacer, il vaut mieux être motorisé ! c’est fatiguant de marcher car il n’y a plus de bancs pour se reposer. Même pour les handicapés  ou tout simplement gens fatigués. C’est indigne d’un pays civilisé ;

Moi mon 13e, dit le vieillard ou l’handicapé,

S’éloigne un peu plus derrière les années.Mais il a depuis longtemps une sacrée réputation de solidarité qui fait chaud au cœur, quand cette vocation se passe dans la réalité. Prendre le métro, faut pas y penser : on vous monte sur le quai, c’est parfait, mais pour descendre (cela m’est arrivée) comment est-ce qu’on se débrouille avec tous ces escaliers ? Il faut toujours se faire aider. Si on réclame encore plus d’ascenseurs, c’est pour préserver ce qui reste de notre précieuse autonomie et cela nous réjouirait, infiniment car, si nous la perdons, c’est le fauteuil roulant qui nous attend. Nous voulons un avenir plus convivial et positif. Nous comptons sur nos élus pour réaliser ce programme exigeant.

 Moi mon 13e, dit le SDF, n’a ni odeur, ni saveur, ni couleur,

Mon seul territoire, c’est mon bout de trottoir, il s’est tant rétréci autour de moi ; je peux ainsi le transporter chaque jour avec moi mais il est tellement lourd de violence, de peurs, de douleurs et de méfiance. Si bien que je ne peux franchir les limites de l’arrondissement sans oublier qu' »ils » m’enferment ainsi plus sûrement aux postes de douane au moment des contrôles. Les seuls qui les franchissent vraiment, plus que les montgolfières de jadis, sont les rêves qui toutes les nuits m’envahissent. Avec à ma portée la chaleur d’un foyer, ou même seulement un peu de solidarité et d’amitié.

Moi, mon pays, c’est le 13e dit l’étranger.

Pour survivre, j’ai tout quitté sans savoir où j’aboutirais. C’est là, dans ce 13e, sans papiers, que l’on m’a débarqué. Je suis obligé de travailler dans des conditions si dures que je n’ose pas les nommer, tellement elles sont précarisées. Heureusement, d’autres sont arrivés avant moi, qui m’ont tendu la main pour me procurer ces papiers vitaux et m ’apprendre le Français, trouver à me loger près de mes nombreux frères d’Asie. Chinatown est le nom de ce récent quartier dont les habitants, dans leurs tours, sont prêts à nous entraîner vers des sphères`plus ensoleillées, au propre comme au figuré .

       Geneviève  Juillet

nov. 201
Gazette du 13e n° 88

 

 

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Gazette numéro 90

Posted by lagazou sur 4 février 2014

 

Baraka

Le lien des rives

La Gazette a choisi pour son dernier numéro une toute nouvelle association créée en aout 2012, elle nous parle de la mémoire multiple et profonde de ceux qui, en France ou en Algérie, restent habités par un passé toujours présent.

L’histoire fait son chemin en chacun et un jour on sait qu’il faut la dire.

C’est l’histoire de Nancy et Phillip Barwell. Le festival d’Avignon, en particulier des créations concernant l’Algérie, ont servi de déclencheur à leur démarche.

Nous avons rencontré Nancy sur le marché Blanqui lors de la rentrée des associations.

Elle présentait sous forme de films le travail réalisé auprès des personnes dont les trajectoires individuelles se sont trouvées prises dans l’histoire avec un grand H.

Rendez vous pris, la Gazette a rencontré Nancy et Phillip. Nancy a vécu à Oran toute son enfance, elle est venue en France à 17 ans. Aujourd’hui elle éprouve le besoin de s’engager  pour faire reculer l’incompréhension et l’ignorance. Le message passe à travers des nombreux films dont Phillip s’est fait le cinéaste, le monteur. C’est peu dire que pour un tel projet la complémentarité est parfaite.

Le couple s’est rendu quatre fois en Algérie. Au début Nancy a pu retrouver ses racines, son école, la piscine, puis les paysages, l’architecture de terre.

En 2012, grâce à un prêtre de l’Oranais, de multiples contacts furent établis et une bonne quinzaine d’interviews furent réalisées : « Ce travail de transmission et de mémoire est réalisé par des gens simples et par des intellectuels … Pour la plupart de ces personnes, ces entretiens filmés sont l’occasion de lever un interdit de la parole, d’évoquer leurs souvenirs d’enfance et de jeunesse, de revenir sur la nature des relations entre les différentes communautés ethniques, de retracer leur éveil politique et surtout d’accepter de confronter leur vécu à d’autres vérités. »*

L’incompréhension et le cloisonnement réciproque, la douleur de ce qui ne peut se dire, les émotions violentes, les colères devant les injustices et les mensonges doivent s’exprimer.

Nancy est psychanalyste, sa démarche passe par la parole, pour elle ces croisements de témoignages dessinent le visage aux multiples facettes de l’Algérie.

La démarche de Baraka concerne plus largement plusieurs générations dont l’histoire et les histoires sont mêlées de près ou de loin à l’Algérie : amours, haines, incompréhensions.

Autour de nous, dans les années noires de la guerre nul ne restait neutre et notre treizième qui abritait dans certains quartiers une très grande proportion d’Algériens garde un souvenir très vivant des prises de positions diverses. Quant à la génération des appelés, aussi traumatisée soit-elle, elle commence à peine à parler.

L’association se présente ainsi :

« Depuis aout dernier Nancy et Philip Barwell ont, avec quelques autres, fondé l’association Baraka dont le but est de favoriser la connaissance réciproque de la France et de l’Algérie,, de donner chance à tous de regarder avec un œil neuf. L’histoire des relations entre ces deux pays, de promouvoir des échanges algéro-français et internationaux par des reportages, des films, des conférences, voyages, séjours linguistiques et de partager des expériences au travers de témoignages divers. »*

Encore modeste, animé par un couple déterminé et talentueux, gageons que Baraka va tracer son chemin. Souhaitons-lui « bonne route »

Sabine

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La petite maison

Quai Panhard et Levassor, une petite maison datant de 1904-1905, plantée au beau milieu du trottoir, apparaît bien insolite au milieu de l’architecture contemporaine qui l’environne. C’était la demeure du directeur de l’usine de la Sudac. Celle-ci a été reconvertie en École d’architecture, mais la maison du directeur est restée inoccupée depuis la fermeture de l’usine. Alors que l’aménageur voulait la démolir plusieurs associations de la concertation PRG, dont Tam-Tam, ont obtenu qu’elle soit conservée. Elle a été restaurée à l’extérieur il y a quatre ans. La Semapa envisage de restaurer l’intérieur, très dégradé, et le mettre en état en vue de la réutilisation de ces 490 m² de surface. Elle compte y déménager courant 2015 son centre d’information de l’avenue de France qui était provisoire, y déplacer son impressionnante maquette de la ZAC et y implanter des salles d’exposition. Un espace de 60m² est aussi prévu pour les associations. C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui ont œuvré à la préservation du bâtiment et pour les habitants de l’arrondissement. C’est aussi une opportunité pour les associations locales et conseils de quartier car les lieux de réunion manquent, malgré la présence active de la Maison des associations du 13e et l’ouverture de Labo 13 qui accueille désormais les associations étudiantes. Ce projet peut vivifier la vie de quartier en favorisant information et dialogue, en servant de « maison de quartier » ouverte aux nouveaux occupants d’une zone en plein développement. Les activités à implanter peuvent être l’occasion d’attirer aussi les habitants de la partie plus ancienne de l’est de l’arrondissement (Chevaleret, Patay, Bédier-Boutroux…). Le raccordement de l’avenue de France aux boulevards extérieurs, le prolongement de l’autobus 62 et du tramway ont permis un désenclavement du secteur et un accès plus facile.

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Petit traité d’ethnologie

 A propos de quelques retraités du 13 e

Grace à la Mairie de Paris j’ai pu connaître les délices d’un voyage en Pologne. Il m’a suffi, pour une grande première, de glisser ma valise dans l’imposant autocar garé à quelques mètres de chez moi. Habituée aux métros et RER et à l’organisation de chaque détail du voyage, j’ai goûté à la facilité et au confort d’être  une retraitée du 13 e.

Mais qui sont ces retraités chouchoutés par notre bonne ville ?

Ces dames, elles sont coriaces, n’ont pas toutes exécuté leur compagnon de route Tout au long du périple les couples ne se quittent guère et du petit déjeuner au dîner assaillent ensemble les tables bien garnies.

Le moment des repas est riche d’enseignements, les menus furent princiers, aucun supplément financier ne grevait le plaisir et, parfois, je m’étonnais que de si frêles personnes puissent engloutir tant de vivres.

J’aurais aimé découvrir des éléments d’ethnologie concernant le courageux peuple polonais et plonger dans l’histoire douloureuse du pays  Sans langue commune et avec des commentaires insuffisants, c’est donc dans cette ethnie très particulière des anciens du quartier que j’ai affiné mon étude.

Pour la plupart mes compagnons avaient bénéficié d’un ou plusieurs des voyages organisés à leur intention, ils en vantaient les mérites et, parfois les insuffisances

Cela suffisait à former une petite communauté et si la priorité revient aux nouveaux bénéficiaires, ces privilégiés de la Ville ont su manœuvrer pour y revenir le plus souvent possible.

Il faut bien dire qu’en fonction des revenus la participation minimum est de 220 €  et pour des personnes à très petit revenu le confort, parfois le luxe doit faire l’effet d’un conte de fées.

Conscients, conscientes de leurs privilèges, rarement grognons, les compagnons se faisaient un devoir de respecter  l’exactitude en matière de rendez vous. Si l’appel était fixé à 9 heures on peut dire que tout le monde était là à 8h45 et celle qui arrivait à 8h55 faisait l’objet d’un opprobre certain, cela avait un petit relent d’ordre moral, on jetait des regards noirs à la rebelle.

Mais voilà que la rébellion était dans nos rangs ! En la personne d’une dame russe particulièrement indisciplinée. Certainement une artiste en mal de reconnaissance. Sa carrière de danseuse, de pianiste et de chanteuse, même en déshérence, l’habitait encore. Il lui arrivait dans un lieu public, sans rien demander, d’ouvrir le piano, de jouer, de chanter.

On l’appelait la Princesse, elle jouait et chantait fort bien mais quel scandale !!!

Ouvrir un piano sans permission, la Princesse était vraiment insupportable. Pour couronner le tout elle avait refusé dans le car la place qu’on lui assignait.

Notre accompagnateur et son adjointe ont tout essayé, de la morale à la menace, mais pourquoi ne pas lui laisser une place choisie ?

Moi, ça me plaisait bien cet électron libre, je crois qu’on aurait pu lui épargner l’humiliation et la laisser chanter. La tolérance n’est pas des mieux partagée, en tous cas, à l’avenir les voyages disciplinés lui seront interdits.                                                                                           v90 petit traité  d'ethno

 Parmi nous, il y avait de braves gens, de ces femmes venues à Paris pour gagner leur vie à l’usine ou à l’atelier de couture, des chemins de vie qu’on aime à partager, des dames qui n’ont l’air de rien, qui ont montré dans la vie un sacré caractère, du courage, de l’indépendance.

.Notre encadrement pratiquait le style répressif et pourtant personne ne se révoltait, la discipline trop bien consentie, la docilité même un peu absurde avait un petit goût  qui pourrait faire craindre une dérive dangereuse d’autant que l’humour ne figurait pas au programme.

Ce ne sont que quelques retraités, ils ont en commun la nécessité d’être accompagnés. Pour la plupart ils avaient peu voyagé hors de ce type de structure, n’avaient pas de notions de langues étrangères.

Notre quartier compte bien d’autres retraités plus armés pour gérer eux-mêmes les problèmes d’organisation ou bien entrainés et accompagnés par leurs enfants.

Je pense à l’association AG13 dont Gazette vous a beaucoup parlé et qui pratique l’autogestion. Lors d’un séjour de randonnée, l’une ou l’autre des adhérents (tes) gère les transports et les hébergements. Le dernier de ces séjours a eu lieu sur une île grecque.

S.L.

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À la Butte-aux-Cailles, les murs parlent…

 et racontent la vie du quartier

Meet my Paris (http://www.meet-my-paris.fr/) est une petite entreprise, sensibilisée à consommation responsable et au développement durable, qui propose des balades destinées à faire découvrir un quartier à travers son passé, son vécu d’aujourd’hui et son expression artistique. Le guide est équipé d’une tablette qui lui permet d’illustrer en direct le parcours par des photos.

A l’occasion d’une visite de deux heures à la Butte-aux-Cailles, organisée cet été, nous avons pu ainsi évoquer l’histoire locale, les pratiques urbaines actuelles et la vitalité artistique de ces lieux très accueillants pour le street art. Ce quartier ancien, caractérisé jadis par ses chiffonniers, ses tavernes et ses petits métiers, s’est métamorphosé mais il a conservé ses maisons basses, ses rues pittoresques et son dynamisme. On le dit certes « boboïsé », mais en fait il est resté une zone d’activité, de mixité et d’animation nocturne. Ses ateliers d’artiste et ses murs peints attestent notamment de son attractivité culturelle.

La balade proposée débute boulevard Blanqui, à la station de métro Corvisart, où est apposée une installation du diamantaire, artiste qui découpe des morceaux de miroir récupérés : taille et contenu varient mais la forme de diamant est constante, avec une idée de mettre en valeur des éléments recyclés. Par un escalier voisin, on gagne le jardin BrassaÏ, du nom du célèbre photographe de la nuit parisienne, auteur du livre Graffiti (1960) Ce parc pentu est installé dans une ancienne carrière d’argile, rue Eugène Atget (celui qui a inventé la photo documentaire). Sous ces auspices prometteurs, on découvre ensuite dans les ruelles voisines toute une série de réalisations d’artistes de la rue, bien connus aujourd’hui. Ils ont fait ici leurs premières armes et ont accompagné depuis 2001 la manifestation annuelle des Lézarts de la Bièvre qui inclut dans son parcours la Butte-aux-Cailles (voir Gazette n° 88) et invite chaque fois un artiste à baliser le circuit reliant les portes ouvertes des ateliers qui s’échelonnent le long de la Bièvre. Au départ, il y a eu les pochoirs avec Miss Tic (qui associe femmes fatales et textes poétiques), Mosko (un collectif apparu rue de la Moskowa et connu pour ses animaux exotiques) ou encore Jeff Aérosol (pour qui « la musique adoucit les murs »). De son côté, Speedy Graphito recourt à la fresque au pochoir : on le voit ici rendre avec son Pinocchio un hommage à la culture populaire et critiquer la société de consommation. Vers la rue de l’Espérance, les pochoirs de Jana&JS dessinent des personnages représentés en miroir, avec notamment des fragments d’autoportraits.

À ces pionniers qui ont vécu les premiers temps des Lézarts, et qui sont maintenant bien connus localement,  sont venus au fil des ans s’ajouter d’autres artistes invités, utilisant d’autres techniques. Philippe Baudelocque ne s’inscrit pas dans une démarche contestataire : cet ancien « graffeur » s’intéresse avant tout au dessin. Il utilise la craie pour ses fresques murales et livre un travail minutieux présentant avec un trait précis  des animaux cosmiques : c’est ainsi, qu’en qualité d’invité 2012, il a rendu hommage à Mosko&associés en remplaçant l’hippopotame qu’ils avaient dessiné passage Boiton par un nouveau qui a la même taille, mais qui présente un aspect tout différent. Par contre, l’invité 2013, Julien Malland dit Seth, a jalonné son parcours de la Bièvre d’œuvres en forme de clins d’œil aux artistes qui l’ont précédé dans cette aventure et qui montre des enfants dans l’action ou le jeu. Sa grande fresque de la rue Deslandres, face au square Le Gall, évoque avec ses couleurs riantes le rêve et le voyage.

Quant au céramiste Jérôme Gulon, il a illustré par la mosaïque l’histoire locale, à l’occasion des 140 ans de la Commune : il représente, rue des Cinq-diamants devant le local des Amis de la Commune, le général  Wroblewski, héros de la courageuse résistance du quartier pendant la semaine sanglante de 1871 ; et rue de la Butte-aux-Cailles, à côté du restaurant le Temps des Cerises, il a installé le portrait de Jean-Baptiste Clément.

D’autres traces du passé se retrouvent, place Verlaine,  à l’emplacement  du puits artésien qui date de 1866 et qui devait fournir de l’eau à la Bièvre.  Après le comblement de celle-ci, il a servi à alimenter les bains-douches construits en 1926 qui ont été suivis en 1928-1929 par la piscine de la Butte-aux-Cailles. C’est aussi, tout à côté, qu’a atterri  en 1793 la montgolfière partie du château de la Muette, réalisant ainsi le premier vol en ballon habité. La vie de tous les jours est aussi bien présente dans cette balade vivante et interactive, avec l’accent mis sur les activités locales : les restaurants et bistrots animés, la Ressourcerie qui permet de recycler plutôt que de jeter, la boutique Paris-Mythique qui est une sorte de syndicat d’initiatives consacré au quartier (informations, livres, cartes postales, tableaux). Sans oublier que l’affiche, témoin de la vie politique, peut être détournée et devenir une autre forme d’expression murale, aussi éphèmère que les illustrations ponctuelles des artistes du street art. On est au village, mais on n’oublie pas qu’on est aussi dans la grande ville et dans son mouvement perpétuel !

Brigitte Einhorn

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 « Médaille d’or de la Gazette »

  Pour « Mieux vivre ensemble »

L’ARBP devient la « Passerelle citoyenne du 13° »

Depuis  plus de 15 ans l’ARBP  agit sur le territoire Kellerman, compris entre les rues Rungis, Brillat-Savarin et Peupliers. Créée en décembre 1997 pour organiser la fête des associations et des habitants, elle est devenue un véritable lieu d’échanges, d’entraide et de partage.

Elle a mis en place des actions de proximité facteurs de cohésion sociale,  qui sont devenues, pour certaines  des « institutions » :

  • la fête des associations et des habitants, qui se tient le temps d’un week-end square Paul Grimault, où se retrouvent de manière festive associations et habitants et qui se prépare tout au long de l’année
  • le pique nique de rentrée des voisins, moment de retrouvailles et de rencontre entre habitants et associations autour de plats partagés
  • les vide greniers organisés autour de la place de Rungis qui permettent aux habitants de se défaire de ce qu’ils ont en trop et aux visiteurs de chiner et d’acheter à petit prix dans la convivialité ce dont ils ont besoin et qui sont aussi  pour les associations l’occasion de récolter des fonds pour leurs actions.
  • la balade des écoliers  qui emmène une dizaine d’enfants de 8 à 10 ans à la découverte de la richesse culturelle de leur quartier et de leur ville.
  • des activités autour de l’image qui propose des cours de cinéma dans les locaux de l’Action collégien au collège Evariste Galois, deux fois par semaine et organise en partenariat avec la mairie du 13° des projections en été  de courts et longs métrages dans les squares dans le cadre de Ciné quartier 13

L’association accompagne aussi les habitants dans la réalisation  de leurs projets pour animer leur quartier.

Elle gère le FAIH, fonds d’aide aux initiatives des habitants, qui permet de financer des  petits projets  portés par des habitants en direction et au service de ceux qui vivent dans les  quartiers  dits « politiques de la ville ». Le principe est simple ; il suffit de retirer une fiche projet à la boutique ARBP, de présenter  ses  motivations, son projet, son déroulé, ses besoins de financement  devant le Comité FAIH qui prend sa décision qui, si elle est positive, finance le projet à hauteur maximum de 450€.

Un groupe de bénévoles et d’administrateurs de l’association a créé le GLIC ou Groupe locale d’initiatives citoyennes. C’est une structure qui cherche à encourager les habitants à mettre en œuvre des initiatives pour mieux vivre ensemble dans tous les quartiers du 13°. Contrairement au FAIH, elles ne doivent pas obligatoirement s’inscrire dans un territoire dit «  politique de la ville ».

Afin de récolter ces bonnes idées, des boîtes à idées sont distribuées chez les commerçants et dans les lieux publics afin que quiconque puisse en proposer. Deux fois par trimestre le GLIC se réunit, examine les propositions et voit de quelle manière ensemble avec les porteurs de projet, elles peuvent se réaliser.

Le développement de cette activité correspond à une nouvelle orientation de l’ARBP. En effet depuis deux ans l’association se pose des questions quant à son rôle dans le quartier. Les événements organisés permettent participation et rencontre mais ce ne sont que des actions ponctuelles qui ne donnent pas la parole à tous. Les habitants sont le plus souvent « consommateurs » de ces activités, il s’agit de les rendre acteurs de leur citoyenneté. De là est née l’idée de faire de l’ARBP, « une passerelle citoyenne ».

Durant près de 15 ans l’ARBP a agi auprès des habitants en répondant à ses besoins. Il y a plus de 10 ans elle avait noté la nécessité d’un centre social dans ce quartier. Ce projet a été repris dans le programme municipal en 2007 qui prévoyait la création d’un centre social sur la ZAC Rungis. Avec l’appui de la municipalité l’ARBP s’est investi complètement dans ce projet  Durant deux ans elle a travaillé auprès des habitants pour  aller à la rencontre de chacun et recueillir leurs avis un par un, puis ensuite  créer des ateliers de rencontre où la discussion était soutenue par des activités conviviales (construction de ponts en allumettes, jeux, petit-déjeuner, ateliers d’architecture). Ce travail a abouti à un projet complet liant le fond à la forme architecturale. Il s’agissait à cette étape là de former le groupe d’habitants qui allait porter ce projet. Suite à des désaccords l’ARBP se retire du projet en 2011. Actuellement une association  Maison 13 solidaire, a été créée à l’initiative de l’EDL et de la Fédération des centres sociaux pour porter le projet de centre socio culturel  et «  créer une cohésion entre le nouveau quartier « Gare de Rungis » et les anciens quartiers environnants, en favorisant la solidarité, la convivialité et les échanges », comme écrit dans l’annuaire des associations, comme si il n’existait ni réflexion, ni projet antérieurement. Drôle d’histoire quand même , espérons cependant que ce centre remplira sa fonction car c’est un besoin réel pour ce quartier.

L’ARBP était née il y a presque 16 ans pour organiser une fête et existe toujours aujourd’hui , elle a permis de créer du lien social dans tout un quartier, dépasse aujourd’hui son territoire où la population a d’ailleurs changé, et donne ainsi à chacun des outils pour transformer sa vie quotidienne pour le mieux vivre ensemble.

Si vous souhaitez participer à ce renouveau le prochain rendez vous de la métamorphose de l’ARBP en lieu de rencontre citoyenne du 13° est le 17 octobre dans les locaux de l’association.

MCD

ARBP

11 rue de la Fontaine à Mulard 75013 Paris

Tel 01 45 65 27 17  courriel : contact@arbp.fr site http://arbp.fr

La Gazette a suivi le cheminement de l’ARBP puisqu’elle a en parlé dans les numéros, 31, 77, 78 et 80

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« Médaille d’or de la Gazette »

Des Violons bien accordés

 Il «était une fois …une librairie de quartier, la librairie

 Jonas qui, dès son ouverture en 1957 , manifestait sa vocation

 associative : Ce fut d’abord  un ciné-club, puis un club

 D’animation pour les enfants.

Plus tard les premières réunions de la Gazette s’y tenaient

dans une ambiance joyeuse et arrosée.

Chez Jonas, on invitait des auteurs, on refaisait le monde entouré d’amis fidèles et actifs. L’idée a donc germé : animer collectivement les activités culturelles de la librairie. C’était en 1986, les Violons sont nés dans l’allégresse.

Vingt sept ans déjà ! Une longue histoire ponctuée de temps forts, d’entreprises ambitieuses, à la mesure des projets de chacun.

Ainsi quand notre ami Patrick, musicologue nous entraînait dans l’organisation d’un concert avec location de piano ou lors des anniversaires de la librairie quand les Violons animaient des fêtes fabuleuses.

Voilà quelques extraits de notre présentation :


Notre spécificité

 

Nos choix se portent le plus souvent sur des sujets d’actualité

et sur ceux qui touchent aux sciences humaines. Les thèmes qui alimentent la réflexion et le débat nous tiennent à cœur.

Au fil des ans s’est dessiné un projet pour lequel on pourrait parler  «d’une culture de résistance», qui nous fournit des outils susceptibles de nous former une opinion plus libre au regard de la pensée dominante.

 

La convivialité

Nous tenons beaucoup à réunir dans nos soirées un public large qui n’exclut pas les moins informés.

La convivialité joue donc un rôle très important et nos adhérents le disent : beaucoup d’entre eux n’iraient pas dans les salles de conférence. Ils apprécient la simplicité des débats, la richesse des échanges, l’occasion de faire des rencontres et la fameuse sangria en fin de soirée.

 

Demandez le programme !

 

Chaque mois, les «Violons» proposent une rencontre autour d’un livre ou d’un problème de société, animée par un ou plusieurs auteurs. En complément, s’y ajoutent des sorties d’architecture ou des sorties théâtrales. Pour le cinéma, nous proposons une rencontre avec le réalisateur du film.

La régularité de ces rendez-vous, le travail réalisé dans le bulletin trimestriel (comptes-rendus des soirées), la qualité des intervenants sont à la base de la fidélité de nos adhérents

 

 

Un petit aperçu de nos débats…

 

Nous pouvons ainsi retenir quelques noms, parmi les

Intervenants de l’années récentes

Jacques Généreux pour « la grande régression »

Georges Corn  pour  « le Proche Orient éclaté » 

Marie-Monique Robin pour « notre poison quotidien »

Didier Porte ; « Carte blanche »

Paul Ariès pour le socialisme gourmand

Les Pinçon-Charlot pour le président des riches

J.P. Filiu pour la révolution arabe

T.Rakhmanova pour Au cœur du pouvoir russe

Alain Lipietz pour Green deal

Un petit aperçu de nos sorties

   Concert Michèle Bernard au théâtre d’Ivry

   Sortie à la maison d’Elsa-Aragon pour « l’art dans l’air »

   Sortie à Ivry pour « Une Antigone palestinienne »

 

En fonction de l’implication des membres de notre équipe d’animation, les projets se font plus ou moins nombreux, mais la rencontre mensuelle est toujours assurée. Chacun, chacune, membres de l’association peut proposer des thèmes, des sorties, randonnées ou restaurant.

Pendant de longues années les « Violons » ont organisé des week-ends culturels en province créant ainsi un lien amical entre les participants.

 On nous demande souvent le pourquoi de notre poétique appellation :Aux Violons de la Baleine Blanche et bien voilà : Plantu à notre demande avait dessiné un petit bonhomme, un peu hilare jouant du violon sur une portée dont les notes étaient des livres. La Baleine, c’est la Baleine qui avala le prophète Jonas et Blanche, c’est la rue de la Maison Blanche, notre rue.

Les Violons de la Baleine Blanche ont pris part à toutes les aventures, for nombreuses de la librairie et comme dit la chanson, ils en sont un peu devenus l’âme.

 

Nous aimons aussi écrire des chansons sur des airs connus voici un extrait de :

 

Les Violons de la  Baleine

Ont rallumé la flamme

Et de la librairie

Les voilà devenus l’âme     

 

2 On va vous raconter comment

L’aventure s’est envolée

Elle a bâti allégrement

Avec les copains enrôlés

Un monde d’élucubrations

Et de débats autour des livres

C’est incroyable cette passion

Des échanges qui nous enivre

REFRAIN

 

3 Depuis vingt ans combien d’auteurs

Ont animé nos assemblées

Parfois savant, souvent acteurs

D’un monde de solidarité

C’est tellement plus vivifiant

De réfléchir en compagnie

De s’informer en partageant

Que jamais on s’en rassasie

REFRAIN

 

4 L’heure est venue de boire un verre                                                  

Avec les invités du jour

On plie les chaises, on accélère   

Pour éponger tous ces discours

La sangria, on l’attend tous

C’est l’heure de boire les Violoneux !                                                

Les bavards viennent à la rescousse

C’est un moment très chaleureux

REFRAIN

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  Vint trois ans déjà, TAM-TAM

 Suite et encore !

« Médaille d’or de la Gazette »

Vingt trois ans déjà, la Gazette !  Pour cette ultime ( ?) parution, nous voulons rendre hommage à la vie associative, en montrer le travail et faire le bilan des acquis.

Nous décernons donc quelques médailles d’or à trois associations dont l’efficience n’est plus à prouver.  TAM-TAM, plus d’une fois nous a donné un modèle de ce que peut une association forte, cohérente, têtue. La Gazette en a parlé dans  les parutions de novembre 1995, octobre 2004, janvier 2007, avril 2010.

Comme la Gazette TAM-TAM  a tenu 23 ans, une belle longévité qui témoigne d’une volonté forte et partagée.

Manières de faire, Manières de voir

TAM-TAM, tout un style, toute une histoire

 

C’est en créant un rapport de force que nous avons pu en venir au dialogue et à l’idée même d’une possible concertation.

Le président Fabrice Piault rappelle cette idée force ; il y a un monde entre les échanges de vues qu’on nomme concertation et le véritable pouvoir d’œuvrer au changement.

Petit centre d’initiatives à ses débuts, TAM-TAM s’est attaché à développer auprès des habitants l’idée qu’il était possible d’agir. Il fallait se faire connaître. Sur un modèle alors à la mode, l’Agit-Prop TAM-TAM invitait en 1996 les associations du quartier à s’exprimer sur un long ruban de toile (2 mètre e haut sur un kilomètre). Le ruban a réuni 4000 personnes le long des quais de la Seine.

L’outil concertation

Un outil construit patiemment au fil des mois, il réunit plusieurs associations ; entre autres l’ADA 13 (Association de Développement et d’Aménagement du 13 e) l’ADLP (les Frigos), des associations de locataires des rues Fulton, Bellièvre et Edmond Flamand.

Au fil des ans, des réunions publiques, les actions concrètes, les priorités se dessinent et des modifications, suppressions de projets, innovations sont actées.

Construire l’outil concertation.

Pour l’association la recherche permanente d’associer le plus grand nombre d’habitants au processus de concertation s’est toujours manifesté comme une priorité.

Si la Ville affiche une volonté d’ouvrir aux habitants des réunions de concertation, en fait elle n’a pas mis en œuvre cette démarche.
Dans ses écrits TAM-TAM s’interroge :
« Pourquoi les travaux du Comité permanent de concertation (CPC) de la Zac Paris rive gauche sont-ils aussi peu connus des habitants ? Pourquoi certaines associations qui ne participent guère à ces travaux ou n’ont aucune représentativité y sont toujours officiellement inscrites ? Pourquoi les conseils de quartiers sont-ils aussi peu associés au travail du CPC bien qu’ils aient obtenu, à la demande de plusieurs associations, dont TAM-TAM, la possibilité d’y envoyer des délégués A la critique succèdent toujours les propositions, concrètes et nombreuses » :

Dans une note remise dès avril 2001 à la Ville (Voir notre bulletin La Zacophonie n° 7 de juillet 2001, pp. 4-5), TAM-TAM formulait un ensemble de propositions pour « relancer et élargir la concertation ». Nous suggérions notamment que les groupes de travail de la concertation se réunissent « sur le territoire de la Zac » et soient « ouverts au public », que le centre d’information de la Semapa devienne un « centre d’information et de concertation », que soient mises en place « des structures permettant la participation directe des habitants » telles des réunions locales d’information et de proposition et des « ateliers urbains »..

  Des modes d’intervention  constructifs

Une idée constructive de la fonction associative qui favorise la mixité des activités et des usages       urbains.

Une conception polyvalente de l’action associative liant l’initiative de terrain, festive et humoristique, la proposition, une stratégie  de réseau, l’action juridique,  la concertation et la négociation..

 –                     De multiples résultats

TAM-TAM a obtenu, seule ou avec d’autres, toujours en concertation avec les habitants de très nombreuses victoires en matière d’urbanisme, ellle a contribué à modifier nombre de projets contestables. On peut dire que l’association a su en partie modeler le visage actuel du quartier Paris Rive Gauche. Parmi les réussites on peut citer :

*L’abandon du projet de voies express souterraines et la préservation des platanes centenaires du     quai d’Austerlitz et celui de traversée routière puis de contournement routier de la halle de la gare.

*L’abandon du projet d’installer le tribunal de grande instance de Paris sur le site Tolbiac.

* La remise en cause du projet de couverture total des voies ferrées

* Une hausse des parts du logement, notamment  social, et des espaces verts dans le programme de la Zac Paris Rive gauche.

*La conservation et réhabilitation des Frigos, de la halle aux farines, des ex-grands moulins, des magasins généraux du quai d’Austerlitz, de la rue Watt, de l’ex-usine Sudac, et d’autres lieux qui font aujourd’hui notre paysage respectueux du passé et de l’architecture industrielle bien présente dans le 13 e.

* Des équipements publics supplémentaires : jardins, équipement sportifs, école.

* De nouvelles liaisons  entre l’ancien 13 e et la Seine, et entre Paris et Ivry sur Seine.

* La reconfiguration, quai d’Ivry, de l’échangeur du boulevard périphérique

* De multiples remises en cause, des propositions concrètes d’adaptations, de reconfigurations, de liaisons nouvelles, la liste serait trop longue.

 Aujourd’hui TAM-TAM dit STOP ET ENCORE

 Stop ; TAM-TAM  prend acte de la fin d’un cycle. Elle décide d’interrompre son activité sous sa forme actuelle et de quitter le comité permanent de concertation de Paris Rive Gauche dont elle a contribué à obtenir la création en avril 1997.

TAM-TAM, stop et encore créée en avril 2013 s’est fixé  pour fonction :

–          d’assurer, notamment via le site internet www.associatintamtam.fr, la connaissance et l’appropriation de l’expérience accumulée par l’association.

–          d’assurer un suivi vigilant des grands projets urbains et métropolitains.

–          d’aider tous ceux qui le souhaitent à réinvestir ses acquts dans de nouvelles expériences associatives

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 Vivent les associations

C’est bon pour la santé !

 Drôle de rencontre, c’était dans une libraire. Un couple plutôt âgé, juste après la visite au médecin tend son ordonnance au libraire : en guide de remède, deux titres de livres. Aucun frais pour la sécu, rien pour l’industrie pharmaceutique.

J’ai appris plus tard que les lecteurs avaient fait leur profit des messages proposés par les auteurs choisis.

Si les livres peuvent nous aider, la vie associative nous apporte bien des éléments facteurs de mieux vivre.

Certes elle ne guérit pas toutes les maladies, pourtant elle opère de mille manières. Le docteur Guillet qui anima longtemps l’institution de la rue Bobillot* s’employait à favoriser toutes sortes d’activités pour les retraités, il percevait l’ennui comme un état pathogène. Aux personnes qui disaient la tristesse de manger seules, il disait : « pourquoi ne pas inviter la voisine ? » L’association  de gérontologie a évolué en devenant « Générations 13 ». Aujourd’hui elle ouvre tant d’activités possibles  que chacun, chacune doit y trouver sa place et son intérêt.

Peu importe qu’on vienne seulement tricoter, bavarder ou qu’on y prenne des responsabilités, pour tous la solitude recule, l’isolement cède un peu, la vie reprend des couleurs et, peut-être l’appétit, le sommeil.

La santé est une chose étrange, la médecine n’est pas une science exacte, nous savons tous et toutes combien la vie associative, familiale, culturelle peut contribuer à relativiser des symptômes, qui, parfois disparaissent.

Un remède à la sclérose

Les années passent, les performances physiques diminuent. Il n’en est pas de même de nos capacités à comprendre, à apprendre, à créer des liens, à aimer.

Bien au contraire, il n’y a  pas d’âge pour progresser mais il y faut des aliments, une nourriture tonique, des confrontations, des mises en cause, toutes choses que la vie associative peut nous apporter. La sclérose s’installe vite quand les liens au monde vivant sont taris.

Une source d’amitiés

Je rencontre souvent des personnes âgées qui se plaignent que les amis disparaissent les uns après les autres, elles souffrent de solitude.

Il est un peu tard pour leur dire qu’elles auraient pu …..

La vie associative mélange les âges et chaque participation à une activité nouvelle ouvre la voie à d’autres rencontres. En plaisantant, j’aime dire qu’il faut renouveler le stock des amis !

En pensant à la diatribe entre Brassens qui pourfend « les ligues en procession » et Jean Ferrat, je prends le parti de Jean :

On peut me dire sans rémission
Qu’en groupe en ligue en procession
On a l’intelligence bête
Je n’ai qu’une consolation
C’est qu’on peut être seul et con
Et que dans ce cas on le reste

Nous côtoyons chaque jour des personnes rongées par l’ennui, le vide, nous savons aussi que, parfois, un simple compagnonnage, un geste solidaire, une invitation à une rencontre peut, mieux qu’un cachet redonner le goût de vivre.

Par chance, notre quartier offre presque tous les possibles, cela va du club de pétanque, aux associations de jardinage en passant par des structures plus cérébrales ou artistiques.

La Gazette, depuis 23 ans s’est consacré en grande partie à faire connaitre ce monde associatif veut encore se faire l’agent actif, la propagandiste des bienfaits des multiples ouvertures qu’offre  ce précieux réseau.

                                                                                               Sabine

* Association de gérontologie du 13 e

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1

En ce dernier ? numéro,  la Gazette, fidèle à sa vocation  a décerné une médaille d’or à cinq associations dont la longévité, le sérieux, la conpétence ont donné des résultats tangibles et donné aux habitants  d’autres manières de voir et de participer

« Médaille d’or de la Gazette 

Sauvons le Grand Écran

Sommes-nous proches d’une fin heureuse  ?  Suspense…

Comme le serpent de mer, ressurgit périodiquement dans notre journal, (voir le blog lagazou du 8 novembre 2008 dans La Gazette n° 69) La Saga du Grand Écran.

En cette année 2013, où l’on sent plus que des frémissements d’espoir sur le sort de ce monument culturel du 13e,il est temps de reprendre brièvement l’historique de ce lieu  mythique.

Naissance

En 1988 , sa construction s’inscrit dans le cadre d’un plan-programme de mise en valeur de l’Est parisien. C’est ainsi que fut édifié place d’Italie, dans l’immeuble du même nom “un ensemble polyvalent unique dans Paris, à vocation locale, régionale et nationale, un centre voué au 7e. art”. Sa réalisation est confiée à un architecte de réputation internationale, le Japonais Kenzo Tange.

Dans ce vaste complexe de 3 salles, la plus grande, équipée d’un écran panoramique géant et d’un vaste plateau avec emplacement pour fosse d’orchestre, était conçue pour programmer aussi bien des avant-premières et festivals de cinéma, des retransmissions culturelles ou sportives, des concerts et des spectacles, et tout type d’événements et de manifestations. Il a bénéficié de conditions exceptionnelles d’insonorisation et est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.

Exploitation

Cinema

En contrepartie d’un prix préférentiel accordé sur le terrain par la Villle de Paris, l’exploitant était soumis à des obligations de programmation précises. Outre les films à grand spectacle, programmés par Gaumont des avant-premières réservées au cinéma français ou européen, suivies de débats avec l’équipe du film remportaient un vif succès. Depuis son inauguration en 1992 les queues s’allongeaient sur le parvis du Grand  Écran et la  grande salle ne désemplissait pas.

Menaces

Aussi quand à la fin mars 2005 le journal Le Parisien annonce que le Grand Écran laissera  place à 2 enseignes commerciales : H&M et Esprit, les lecteurs croient  à un poisson d’avril avant l’heure.

Contactée la mairie ne dément pas ce projet. Serge Blisko, alors maire de l’arrondissement, après avoir déclaré en février 2005 sur France 3 qu’il “s’opposerait par tous les moyens politiques et juridiques à la transformation  en magasins de cette salle“ deux mois plus tard annonce pourtant sa fermeture définitive pour la fin de l’année. Puis il avalise les autorisations aux enseignes commerciales et les permis de démolir et de construire!

Luttes et arguments

Face à ce rouleau compresseur, le collectif “Sauvons le Grand Écran”lance dès avril 2005 une pétition et un site internet. Depuis lors cette association, enregistrée au Journal Officiel en février 2006, ne cesse de se battre et attaque toutes les décisions administratives impliquant la démolition de la salle.

Elle  s’appuie notamment sur le fait que le changement d’affectation prévu est contraire à la mission de service public attribuée au Grand Ècran  par le Conseil de Paris dès 1989, et au cahier des charges de 1991 toujours en vigueur à l’époque .

S’ensuit un dialogue de sourds avec la Mairie qui se retranche derrière l’argument de non-rentabilité avancé par le groupe EuroPalaces (Pathé-Gaumont), pourtant démenti par les chiffres. Du côté du ministère de la Culture l’association ne trouve guère plus d’écoute, et se heurte à l’inertie des pouvoirs publics de tous bords. Quant aux divers repreneurs qui se manifestent, ils ne sont pas mieux reçus.

2

Des témoignages dénoncent la gestion d’EuroPalaces qui a succédé à Gaumont en 2001, et a supprimé coup sur coup : les projections laser avant chaque séance, la séance de minuit, les festivals de films asiatiques, et la version française. La prétendue perte d’attractivité de la salle ne serait donc pas seulement due à la concurrence des multiplexes comme le prétend la version officielle, mais aurait été sciemment organisée.

Mais le plus surprenant c’est que malgré ce régime draconien qui lui a fait perdre des milliers de spectateurs, jusqu’à sa fermeture le Grand Ècran affichait toujours une des meilleures fréquentations de Paris.

Le combat continue

Lorsqu’en septembre 2011 l’actuel maire de l’arrondissement annonce la “bonne nouvelle” : Pathé veut construire à sa place un multiplexe de 10 petites salles, l’association ne partage pas son enthousiasme : si on a évité les enseignes commerciales, ce n’est pas pour mutiler ce lieu magnifique, doté d’un écran de 243 m2, et  d’une scène de 300m2 !

L’association qui ne peut compter que sur ses généreux adhérents et donateurs, continue donc de mobiliser sur le parvis du Grand Écran ou sur internet. En février 2012, elle est intervenue à la Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique contre l’autorisation accordée au multiplexe et a renouvelé ses demandes de protection au titre du patrimoine auprès du Ministère de la Culture.

Cette année

Début 2013, nouveau coup de théâtre : Pathé a abandonné son projet de multiplexe et remis la salle en vente. Un jeune chef d’orchestre prévoit de la transformer en salle de concerts tout en conservant sa vocation multiculturelle et son écran géant.. Lors de la réunion  à la mairie d’arrondissement en avril 2013  pour  présenter  la rénovation du Gaumont-Fauvette, (situé face à la future Fondation Jérôme Seydoux-Pathé), Jérôme Seydoux  en personne a confirmé que les pourparlers avec l’acheteur étaient bien avancés, sans préciser qu’une promesse de vente avait déjà été signée avec une société immobilière. Mais aux dernières nouvelles cette transaction n’aurait pas abouti et la promesse n’a pas non plus été transférée à l’opérateur culturel. Le marchand de biens aurait finalement décidé d’exploiter lui-même la salle et attendrait une licence d’entrepreneur de spectacles pour conclure la vente.

Face à cet imbroglio  à l’issue incertaine  le seul  point vraiment positif  est qu’au Conseil de Paris en juillet dernier  le groupe des Verts, a  émis  un vœu pour le maintien de cette salle polyvalente. Or le vœu cette fois-ci a été adopté.

Au bout de toutes ces années de lutte le but de l’association n’a certes pas encore été pleinement atteint (“la réouverture et le maintien de l’exploitation cinématographique et/ou culturelle du complexe audiovisuel Grand Écran Italie”), mais sa détermination et ses recours devant les tribunaux (jusqu’en Appel et en Cassation, pour un coût avoisinant les 20 000 €) ont au moins réussi à arrêter le processus de démolition et à faire admettre la vocation culturelle du lieu, ce qui est déjà en soi une belle victoire.

Nous voulons terminer sur cette note d’espoir, saluer le courage et la ténacité de Marie-Brigitte Andrei, et souhaiter que, comme dans la Bible, le petit David soit vainqueur du géant Goliath (en l’occurrence le  pouvoir, l’argent et le profit).

L’association ne se démobilise pas. Avec elle soyons attentifs  et réactifs.

Vous trouverez d’excellentes photos de la salle sur le site : sauvonslegrandecran. org

Séraphine

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Des « Deux orphelines » à Renzo Piano.

C’est un véritable saut dans la modernité pour un lieu qui incarna le théâtre populaire au 19e siècle.

Un peu d’histoire : Le théâtre Saint Marcel, démoli vers 1865 sera remplacé par le théâtre des Gobelins dont la véritable carrière commence en septembre 1876.  On y passe, « La Vénitienne », « Le courrier de Lyon », « la Tour de Nesle », « les Deux orphelines » … .C’est une véritable institution, on s’habille pour s’y rendre.

Henri Larochelle avait acheté tous les terrains bordés par l’avenue des Gobelins, les rues Véronèse, Coypel et Primatice, il garda ce dont il avait besoin et revendit le surplus. « Il est à présumer que celui qui fit la maçonnerie s’appelait Garnier, que Rodin statufia ainsi que sa femme selon ce que m’apprend Madame Goldschneider, conservateur du musée Rodin à Paris »*

Une histoire prémonitoire

« Extrait de la Bibliothèque historique : on y signale un événement considérable et prémonitoire, on annonce :

« THEATRE DES GOBELINS

Pour la première fois dans le monde entier

Du 25 au 31 mai 1912

Premières représentations de

PATHE-THEATRE

Le Pathé-théâtre constitue une innovation sensationnelle. Le Pathé-Théâtre ainsi que la presse a été unanime à le reconnaître, est l’épanouissement d’un art nouveau qui va révolutionner le Théâtre moderne. Le Pathé-Théâtre n’a rien du Cinématographe, la pièce est vraiment jouée toute entière par les artistes réels, sur une véritable scène, dans de vrais décors. En écoutant une représentation donnée par le Pathé-Théâtre, on sent planer sur soi, comme le dit fort bien M..Nozière, une terreur sacrée ». *

Le grand acteur Frédérick Lemaître s’y est produit. Ce théâtre à l’italienne de 800 places, avec deux balcons, se consacre d’abord aux pièces à grand spectacle comme Le Tour du monde en quatre-vingts jours d’après Jules Verne, puis aux spectacles de variétés. À partir de 1906, sont projetés des films documentaires, comiques et de fiction.

Devenu cinéma permanent en 1934, restauré en 1993 (avec deux salles) sous le nom de Gaumont Gobelins-Rodin, et fermé depuis le 18 novembre 2003, il a servi d’entrepôt pour un cinéma voisin.

Depuis début 2010, est ouvert un chantier de restructuration intégrale du site qui accueillera la fondation Jérôme Seydoux-Pathé, centre de recherche, de documentation et de consultation sur l’histoire du cinéma, destiné aux historiens, enseignants et étudiants. Les travaux sont réalisés sur les plans de l’architecte Renzo Piano

Un temple du cinéma pour Pathé.

90PHOTO SEYDOX

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Reconnue d’utilité publique le 9 mai 2006, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé.

Centre de  documentation pour les chercheurs et les étudiants, véritable musée du Cinéma ouvert à tous les passionnés du septième art, il permettra de véritables complémentarités  au sein de l’immense coquille de verre dont le sous-sol et le rez-de-chaussée seront ouverts au public, comme s’en réjouit Sophie Seydoux . « On pourrait par exemple montrer des films d’Abel Gance et des extraits de sa correspondance »

Le nouveau centre va rassembler l’exceptionnel fonds d’archives de la Fondation, régulièrement enrichi par de nouvelles acquisitions. Elles comprennent un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création. A ce jour, le catalogue Pathé se compose de plus de 10 000 films dont 9 000 films muets.

Véritable musée du Cinéma la fondation rassemble de nombreuses collections:

  • 4 000 affiches, enseignes, maquettes et dessins
  • 250 000 photographies de tournage et d’exploitation
  • 400 appareils et accessoires
  • 27 000 documents imprimés : programmes, catalogues de films et d’appareils, scénarii, dossiers et revues de presse, manuels d’exploitation, synopsis, bibles de tournage…
  • 3 500 ouvrages
  • 110 titres de périodiques
  • 300 objets et costumes
  • 120m³ d’archives historiques
  • 700 films
  • des documents multimédias
  • des interviews

Une architecture d’avant-garde

La façade sculptée par Rodin, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques est préservée. Le projet conserve le premier bâtiment, démolit le second qui sera remplacé par un nouveau,  dont le rez-de-chaussée en verre, aboutit sur un jardin de 200 m2. Un effet de transparence est ainsi créé de l’avenue des Gobelins jusqu’au jardin. La forme organique choisie et dessinée par Renzo Piano résulte de l’astreinte d’un espace très contraint. La grande coquille de verre de cinq étages  s’ouvrira pour le public au sous-sol et au rez-de-chaussée avec une salle de projection et un espace d’expositions. Le premier niveau est destiné à l’accueil des collections permanentes (matériel cinématographique historique de Charles Pathé). Les autres étages abritent des archives et des bureaux. Cette sorte d’œuf superpose différents espaces sur 2 000 m2 .Le sommet du  bâtiment haut de 26 mètres  sera visible de l’avenue des Gobelins.

*Tiré du livre de Paul Larochelle « Trois hommes de théâtre »

S.L.

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Le cinéma, ça s’apprend

Bravo l’Escurial !

L’Escurial Panorama est la seule et dernière salle indépendante classée Art et Essai du 13 e Arrondissement et aussi l’une des plus anciennes (création en 1911).

La Gazette vous a déjà parlé de ce lieu né sous une bonne étoile : dans les années 1980, après avoir longtemps été la propriété du cinéaste Jean Gourguet, il est sauvé de la transformation en supermarché grâce à la volonté de jeunes fous de cinéma.

La salle fait partie du groupe des « Ecrans de Paris » dont Sophie Dulac a pris la direction en 2001. Elle a impulsé au sein des cinq salles un ensemble de manifestations :

Au-delà des films proposés à l’affiche, l’Arlequin dans le 6e arrondissement, propose des débats, des avant-premières, accueille le très célèbre  » Ciné Club de Claude Jean Philippe  » tous les dimanches matin

Depuis 2002,  » les soirées courts-métrages  » de l’Escurial vous permettent de voir des chefs d’œuvre au format court, dans une ambiance bon enfant et décontractée, le dernier mardi de chaque mois.  Deux fois par mois sont également organisées des projections de documentaires le dimanche matin, suivies de débats. Il s’agit d’un vrai travail d’analyse et de sensibilisation.  Ainsi, ce matin j’ai pu assister à la projection du film Le Léviathan, réalisation aussi forte que déconcertante. Ce film passé dans une salle de l’avenue des Gobelins aurait, il me semble, fait fuir une partie du public et entrainé des soupirs plus ou moins excédés pour une autre partie.        Le public retenait son souffle et la qualité de l’écoute attestait d’une attention extrême, un public qui s’est révélé dans la rencontre particulièrement compétent en matière de 7e art.  La coréalisatrice, Verena Paravel nous a livré la démarche de ce documentaire expérimental qui montre la brutalité du travail en haute mer à travers une expérience sensorielle. Nous sommes soumis physiquement, viscéralement dans un chaos qui nous malmène et prenons de plein choc la dureté de la condition du martin-pêcheur.

Très loin de l’idée qu’on se fait d’un documentaire, grâce aux réponses de Véréna Paravel, aux échanges avec les spectateurs nous sommes entrés de plain pied dans une œuvre forte.

Ce n’était pas gagné ! Merci à l’Escurial pour ce beau travail de Ciné-Club.

Une occasion de plus pour inviter nos lecteurs à soutenir les salles d’Art et d’Essais indépendantes.                                                                             Sabine

L’Escurial Panorama, 11 Bd DE Port Royal

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                                               Taïchi au parc de Choisy

                                                   Ou : comment améliorer sa maîtrise de soi

En novembre dernier, un dimanche matin, où une réaction saine contre mon existence sédentaire me poussait à vouloir arpenter à petites foulées “mon” square de Choisy,  je croise deux voisines de mon immeuble qui en sortaient, et elles m’apprennent qu’elles viennent de participer à une séance de “Taïchi”.

Cette pratique asiatique n’est pas pour étonner dans notre arrondissement, mais je ne savais pas qu’elle avait lieu à cadence fréquente, en plein air, sous la conduite de guides chevronnés, et, c’est un plus, vous en conviendrez, à titre gratuit.

J’ai appris que ces cours avaient lieu car Jean-Louis et Brigitte, deux des guides, veulent   perpétuer l’enseignement de Maître Truong To. Celui-ci a, le premier, fait se succéder dans chaque séance les “Six sons”, le “Taïchi,” et le Qi Gong (prononcé Tchi Gong)

Les mercredis et les dimanches toute l’année on peut s’y essayer à partir de 9h.30. Les samedis à partir de 9h.

Sans plus attendre me voilà le mercredi suivant au fond du square, près de l’estrade où ont lieu parfois des spectacles. Des passants curieux s’arrêtent un moment pour observer des participants asiatiques et européens effectuer des figures, gracieuses chez les “bons élèves,” plus hésitantes et empruntées  pour les autres.

Comment qualifier le Taïchi, précédé d’un entraînement dans des mouvements où sont sollicités tous nos organes intérieurs : foie, rate, coeur, reins, pancréas, poumons ? Est-ce … une médecine douce, une philosophie de la vie, une poésie incarnée en actes corporels ? En tout cas, la règle est le silence à l’écoute du guide, le respect des autres, et le but : atteindre une fluidité dans l’enchaînement des gestes, un contrôle de sa respiration et un équilibre du corps tout entier. Chaque séquence de travail se déroule en 3 parties qui se fondent l’une dans l’autre sans coupure.

Des images, nées d’une histoire, la ponctuent; elles sont exprimées par les paroles du guide, car nos gestes dessinent des figures : envol du héron blanc, fille de jade qui tisse et lance la navette, mouvement des bras comme des nuages qui passent devant les yeux, résistance à une éventuelle attaque, tigre que l’on doit rapporter à la montagne, cheval dont on caresse l’encolure. …..

Tout ceci vous fait virevolter en essayant d’harmoniser mouvements des jambes, des bras et des mains. Tout ceci en souplesse : quand une jambe est pliée en avant ou en arrière, l’autre est tendue, on peut ainsi pivoter en assurant ses appuis. Bras pliés et tendus alternativement les  mains vont chercher la vague et la repoussent en aspirant et expirant.

Facile et logique, direz-vous en lisant ces lignes. Dans la tête, oui, mais le corps met, selon les participants, plus ou moins de temps à assimiler cette logique, et à mémoriser  des enchaînements de gestes qui se répètent avec des variantes subtiles tout au long de ce ballet en 3 parties.

Selon les acteurs, ceci apporte décontraction, et c’est bien précieux quand il arrive que la vie vous malmène, ou fatigue, mais, comme on dit pour se conforter, c’est de la bonne fatigue.

En tout cas, et croyez-en une actrice peu douée (que voulez-vous, le corps est plus rétif avec l’avancement de l’âge) quand on a goûté à cette discipline, doué ou non, on n’a plus envie de l’abandonner. En vacances, consciencieusement, on essaye, au petit matin par exemple, quand tout le monde dort encore, de “répéter”, même si ce n’est pas aussi longtemps que lors d’une vraie séance ; sans le soutien du groupe, on se sent un peu perdu, mais avec la bonne conscience de ne pas laisser rouiller ce corps qu’il faut faire durer jusqu’au bout  dans le meilleur état possible.

Quelques personnes, actives et retraités de bonne volonté, viennent parfois assurer l’intérim entre les séances de mercredi et dimanche, à partir de 9h.30, et l’un d’eux, né dans notre 13e ne peut s’empêcher de regretter le temps où petit garçon il venait faire voguer des bateaux dans le bassin, certes animé maintenant par un jet d’eau ;  sûrement les enfants, qui ne manquent pas au parc de Choisy, seraient heureux de l’imiter aujourd’hui.

Vous rencontrerez des poètes et des amoureux de vie harmonieuse, simple et légère en devenant adeptes du Taïchi au parc de Choisy.                                     Geori

4328 c .

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GAZETTE-89 Z comme Zellidja

Posted by lagazou sur 29 octobre 2013

Des bourses de voyage pour les jeunes de 16 à 20 ans

10 000 jeunes gens – garçons puis filles – de 1939 à aujourd’hui, ont voyagé sous égide « Z » – dont, parmi eux/elles, près de 1 500 ont été déclaré(e)s « lauréat(e)s ».

Qui sont ils ?

Nous sommes allés rencontrer un Z , comme ils se nomment et visiter l’exposition qui leur est consacré dans le hall des donateurs de la BnF. Z non pas comme Zorro mais comme Zellidja, qui signifie mosaïque, du nom du village marocain où se trouvaient les mines de plomb et de zinc que Jean Walter , architecte géologue avait découvert  (en 1935)  et qui lui apporteront  fortune et notoriété. Jeune homme, en été 1898, il avait fait le tour de l’Italie en bicyclette. C’est lors de ce voyage qu’est née sa vocation d’architecte et que s’est construite, selon lui, sa personnalité et son esprit d’entreprise. Convaincu de l’importance de ce type d’expérience il souhaite la mettre à la portée de nombreux jeunes et fonde donc en 1938 les bourses Zellidja financées par les revenus tirés de l’exploitation minière. Ces bourses visent à «  Donner aux jeunes le moyen de compléter leurs études par des connaissances qu’ils n’ont pas acquises dans les établissements scolaires et n’acquerront pas davantage dans les grandes écoles ou en faculté » 

En quoi consistent elles ?

Il s’agit d’attribuer à des jeunes, au début seulement des garçons,  une somme d’argent limité afin  de partir en solitaire au moins un mois (durant les vacances d’été en général)  avec un sujet d’étude laissé au libre choix du candidat.  Au retour les participants s’engagent à fournir un rapport en trois parties : un journal de route , narration quotidienne des épisodes du voyage, un rapport d’étude sur le thème choisi et un carnet de comptes attestant de l’emploi de l’argent de la bourse.

Le fondateur Jean Walter administre son œuvre d’abord directement  puis au travers de la Fondation nationale des Bourses Zellidja créée en 1947 dont la direction est confiée à l’Académie française  avec  le concours du Ministère de l’Education nationale. Au sommet de sa notoriété dans les années 50-60, la Fondation traitait annuellement 2000 dossiers de candidatures, décernait 200 bourses de premier voyage et 50 bourses de deuxièmes voyages attribuées aux meilleurs dossiers du premier voyage. A l’issue de cette seconde expérience les meilleurs dossiers étaient déclarés lauréats et les meilleurs distingués. L’ensemble des prix était remis aux boursiers lors d’une manifestation conjointe au  concours général. Parallèlement à la vie de la Fondation était créée l’Association des lauréats Zellidja par Jean Crozel (Z 49) qui regroupait l’ensemble des jeunes déclarés lauréats.

Dans les années 70 la Fondation a quelques soucis, secouée par les évènements de 1968, elle est jugée élitiste et décalée. L’Académie française décide donc de la dissoudre et d’arrêter le programme en 1974. Mais les anciens lauréats ne se résignent pas à voir cette histoire se terminer ainsi. Un petit groupe décide donc  en 1978 en mettant la main à leurs poches de lancer une nouvelle génération de Zellidja. Fidèle à l’esprit du fondateur elle propose des bourses aux jeunes gens et aux jeunes filles de 16 à 20 ans. En 2004, des lauréats reconstituent une Fondation Zellidja sous l’égide la Fondation de France permettant ainsi de pérenniser leur action.

PhotosZelidjaCarnets de voyage

Lors de la dissolution de la Fondation en 1974, rien n’avait été prévu pour les carnets de voyage collectés depuis sa création, ils risquaient le pilon. Alerté par cette situation un ancien Z, se propose de les récupérer et des les entreposer dans son garage en attendant de trouver mieux. Lorsqu’un membre de l’association  en parle à une bibliothécaire de la BnF,  elle s’enthousiasme et propose de recueillir ce fonds  et l’on comprend pourquoi lorsque l’on visite l’exposition qui présente dans la Galerie des donateurs  une centaine de rapports parmi les plud de trois mille donnés au département de Cartes et plans.(jusqu’au 7 juillet). Ces journaux et récits de voyage révèlent le regard des jeunes sur un monde souvent disparu ; ce sont de superbes témoignages de la vie culturelle, économique et sociale de nombreux pays y compris la France. Voyageant seul, avec peu de moyens, le jeune peut plus facilement s’insérer dans la vie locale et appréhender ainsi le quotidien des habitants.

Les premières destinations sont de voyages en France. On part souvent à vélo  la tente sur le dos. On y étudie l’architecture, la vie agricole, les coutumes régionales, les grands ouvrages d’ingénierie ou la vie dans les mines. L’Europe est aussi une source d’inspiration, les grandes capitales, Paris, Berlin juste avant la construction du mur, Londres, les villes d’art. Les destinations lointaines attirent  aussi : l’Afrique plus accessible où l’on y étudie le développement économique mais aussi les traditions, les vies et coutumes… Dans les années 60, l’Amérique est une destination phare. Le voyage commence par une traversée en bateau souvent en cargo et l’on y étudie le modèle économique mais aussi la musique, la mode, .. Certains candidats sont devenus célèbres : Dominique Lapierre parti étudier la civilisation aztèque, Daniel Buren, la peinture moderne au Mexique, Philippe Labro, le cinéma aux Etats Unis, Jean-Pierre Elkabbach, l’amiante au Canada… Certains récits sont édités chez l’Harmattan.

Aujourd’hui de nouveaux pays apparaissent ; l’Inde, la Chine, le Guatemala, Cuba, … ainsi que de nouveaux thèmes plus liées à la culture, à l’étude d’une autre vision du monde  comme les pratiques ancestrales des chamans, le tissage et sa signification, la musique populaire cubaine … L’objet « carnet de voyage » évolue aussi avec les nouveaux modes de collecte et de transmission d’informations (enregistrement audiovisuels, création numérique) mais l’utilisation du dessin, du croquis est encore très présente.

Des bourses pour toutes et tous

Depuis l’ouverture de la Bourse aux jeunes filles, elles sont largement majoritaires (plus de 80%), les garçons à cet âge sont souvent plus grégaires. L’assise sociale des boursiers s’est élargie avec l’opération Zellidja pour tous qui offre aux boursiers la possibilité d’un accompagnement pour rédiger le projet, le présenter et rédiger le rapport de retour.  Une priorité est donnée aux boursiers de l’Education nationale. Le 26 juin lors d’un colloque organisé à la BnF « Zellidja : la découverte de soi au bout du voyage » aura lieu la cérémonie de remise des prix à 150 candidats, des jeunes de 16 à 20 ans qui vont voyager cet été grâce à elles.

L’esprit Z

On pourrait le présenter comme l’ensemble des valeurs qui permettent à un voyage d’apporter ces bénéfices et qui unit tous ceux qui ont voyagé avec cette bourse. A l’issue d’un voyage Zellidja, chacun comprend qu’il ne peut plus désormais rester spectateur du monde, mais qu’il doit s’engager pour en devenir acteur. Le boursier, à l’issue du voyage, a appris à se connaître, à prendre confiance en lui et en le monde, et il sait que désormais, avec de la méthode, de l’enthousiasme et de la détermination, ses rêves sont à sa portée.

Partir seul  permet de rencontrer les autres, c’est donc se confronter à la solitude et se mettre à l’entière disponibilité de nouvelles rencontres. Cela permet de  bien s’immerger dans un pays, de se confronter à soi, de se donner un défi : partir seul, c’est se dire : « je peux le faire ! », c’est se mettre au défi de gérer tout seul toutes sortes de situations et en tirer une grande satisfaction et une grande fierté après coup. Partir avec un objectif donne un fil conducteur, l’on n’est plus un touriste consommateur de monuments. La rédaction d’un projet permet de mettre à plat cet objectif , de le rendre cohérent avec les moyens mis à sa disposition ; Rédiger un journal de route, un rapport d’étude et un carnet de compte, aide à prendre du recul par rapport à son voyage, à le partager et à rendre des comptes. C’est l’aboutissement du projet, sa valorisation.

Jean-Jacques Walter, petit-fils de Jean Walter, résume ainsi cet esprit Z si particulier : « L’esprit des bourses est l’orientation vers le caractère, et non pas l’intelligence ou l’information. Dans ce but, chaque boursier part seul. Il constate qu’il peut réussir seul une entreprise, qu’il peut vaincre seul bien des difficultés qui lui auraient paru insurmontables s’il les avait envisagées avant de partir. Il découvre aussi que lorsqu’il entreprend, beaucoup d’opportunités se présentent, auxquelles il ne s’attendait pas. »

Voilà une belle association dont le siège est dans le 13°, arrondissement où Jean Walter a laissé des traces puisque en  1914,  il a édifié un ensemble de pavillons bâtis autour d’un jardin « La Petite alsace » située au 10 de la rue Daviel,  pour la société L’habitation familiale fondée par l’abbé Viollet

Comment ça marche ?

Montant des bourses accordées :

Jusqu’à 900 euros pour un premier voyage

Jusqu’à1100 euros pour un second voyage

Comment postuler ?

Avoir entre 16 et 20 ans le mois du premier voyage

Etre francophone

Partir seul(e) pour une durée minimale de 1 mois

Présenter un dossier de 8 à 10 pages exposant son projet de voyage et d’étude

S’inscrire en ligne et télécharger son projet de voyage avant le 31 janvier

Défendre son projet à l’oral devant un jury régional

Pour équilibrer le budget des compléments sont autorisés : petits boulots ici et là-bas, bourses complémentaires à condition que la bourse Zellidja couvre au moins 50% des frais. Le soutien familial ne doit être s’il existe que négligeable.

Contact :

www.zellidja.com

60 rue Régnault 75013 Tel. 01 40 21 75 32

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GAZETTE 89 -Henri Pousset,

Posted by lagazou sur 25 octobre 2013

 

Une longue fidélité

 

Henri Pousset a vu le jour en 1931 à Val d’Izé près de Vitré, en Bretagne. La région, à cette époque était particulièrement catholique. Son enfance en fut profondément marquée, il a vécu un conditionnement extrêmement fort et prégnant, il semble que rien n’échappait à l’emprise d’une religion figée et conventionnelle. « Il a fallu m’en sortir » raconte Henri « il y a eu des ruptures ». Ce sera le début d’un chemin jalonné de périodes libératrices. Henri quitte Rennes et la Bretagne, s’il ne quitte pas l’Eglise il choisit une famille en mouvement, c’est celle de la Mission de France. A l’origine, dans  le livre France pays de mission, les auteurs constatent que la grande masse des ouvriers demeure étrangère à l’Eglise sous sa forme paroissiale. C’est le début d’une prise de conscience pour des Chrétiens, prêtres ou laïcs qui vont vivre autrement leur foi dans le monde.

Depuis 1941, les prêtres et les diacres de la Mission de France partagent l’existence quotidienne des hommes et des femmes au travail, dans les associations, dans les quartiers. Certains travaillent en usine, mènent une vie pauvre qu’ils choisissent comme une proximité avec le monde du travail. C’est aussi l’époque des prêtres ouvriers, très présents dans notre arrondissement.  Le séminaire de la Mission de France se trouve à Pontigny, dans l’Yonne. En même temps qu’il accomplit ses études, il fait son choix, il sera prêtre ouvrier en milieu hospitalier. Sa vocation auprès des malades est très profonde, il trouve, au sein de sa communauté un groupe de réflexion ouvert qui lui permet d’élaborer une pensée qui ne cessera de s’enrichir au gré des expériences et des rencontres. « J’ai travaillé à Paris dans les hôpitaux, j’ai connu les grandes salles de trente malades. La qualité des soins a beaucoup changé, les gens passaient plus de temps à l’hôpital, il y avait entre malades et soignants un compagnonnage. En équipe nous abordions les problèmes éthiques et c’était précieux ».

89 photo pouset

Pour la hiérarchie catholique , les prêtres allaient trop loin, ils se mêlaient de syndicalisme, militaient avec les communistes. La condamnation des prêtres ouvriers fut un drame pour beaucoup. Dans sa fonction d’infirmier Henri put continuer son travail d’accompagnement et rester fidèle à sa vocation. Pour lui action rimait toujours avec réflexion, au début des années 1960 il adhéra au PSU (Parti Socialiste Unifié) rejoignant beaucoup de Chrétiens engagés.

Plus tard, j’ai choisi de travailler à l’hôpital Charles Foix à Ivry. C’était le rassemblement de beaucoup de Parisiens exclus des hôpitaux. Au sein d’une équipe constituée d’un groupe de soignants, nous avons beaucoup réfléchi et commencé un travail sur le « bien vieillir ».  Une préoccupation qui va nourrir plus tard une pratique associative sur notre quartier. Dans le récit d’Henri se mêlent des histoires de vie et des considérations personnelles. A propos de l’âge, il parle d’un regard distancié, du désir de partage,  il rappelle les changements opérés, la richesse des groupes et des amitiés. Dans les combats de mai 68, se sont crée d’autres équipes, des amitiés nouvelles qui ont fleuri.

En 1973 il épouse Monique, un événement personnel relié à une réflexion profonde. Il en parle à la fois comme d’ une rupture etd’ une fidélité. Deux enfants sont nés : les parents leur ont transmis des valeurs pour qu’ils inventent leur propre vie en liberté .Avec leurs parents ils échangent facilement à propos de leurs choix de vie. Ils ont aujourd’hui 34 et 40 ans. La suite est toute logique, quittant son travail d’infirmier à 63 ans, il prend contact avec Pierre Guillet, directeur de l’Association de Gérontologie du 13. La structure était née au début des années 1960, lancée par l’équipe de l’ASM du 13e (Association de Santé Mentale) animée par les docteurs Lebovici et Paumel. Pierre Guillet avait une conception de l’âge novatrice et assez tonique. Il semble cependant que la maison de la rue Bobillot en restait souvent à des aspects médicaux, psychologiques voir psychiatriques de la vieillesse. Un élan avait cependant été donné pour proposer des activités diverses susceptibles d’intéresser les personnes retraitées. Henri était entré au CA de l’association apportant la richesse de son expérience en la matière.

Avec la création de l’association Générations 13, c’est une nouvelle page qui s’inscrit dans le paysage associatif. Le titre, déjà, ne fait pas référence à la gérontologie, il annonce une réalité : les retraités représentent plusieurs générations, il s’agit donc d’un nouveau chapitre de la vie qui peut être  extrêmement riche. Herri s’insurge contre le vocable, retraite synonyme de retrait de la vie. Il donne en exemple le mot espagnol « jubilacion » qui exprime la jubilation. En guise de programme une assertion : « Mieux vivre ensemble pour mieux vieillir »

Aujourd’hui  la structure compte 500 adhérents. Une cinquantaine d’ateliers sont pris en charge par une cinquantaine de bénévoles, mises à part quelques activités payantes.   J’ai un peu fréquenté quelques ateliers, l’organisation semble aller de soi, en fait dans la majorité des groupes, c’est l’autogestion. Une personne compétente en philosophie, en économie, en cinéma va proposer un ensemble de rencontres, il en est de même dans bien d’autres domaines. Le président semble être là, présent, il ne s’affirme pas. Très peu directif, il facilite et encourage ces prises en charge qui semblent se faire si naturellement.  S’il est resté croyant, Henri s‘attache aux valeurs de la laïcité, il fait partie de ces nombreux chrétiens qui ont partagé avec passion les années 50 /60, celles d’une vitalité incroyable au cours desquelles  les forces vives, chrétiens et communistes, s’engageaient au service des humbles dans les actions pour le logement, la santé, la culture Ceux qui ont connu cette période dans notre XIIIe savent que les militants chrétiens de cette époque, aujourd’hui, qu’ils soient restés croyants ou non animent bien des associations du quartier et quelques soient leurs couleurs politiques, ils sont restés fidèles à leurs engagements.

Comme beaucoup il a rejeté l’esprit dogmatique et infaillible de l’Eglise, toujours en recherche Henri confie qu’il s’est laissé interroger par toutes les religions, celles d’Orient, l’Islam en particulier, il se dit « chercheur de Dieu », ajoute qu’autrefois «  il nous était donné ». A l‘entendre, on pense qu’il n’a pas fini de chercher. Un homme paisible, réconcilié avec lui-même, qui jette sur son histoire un regard serein, il  manifeste d’une belle liberté intérieur.

De cette histoire de fidélité notre arrondissement n’a pas fini de gouter les fruits.

 

Sabine

 

 

 

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GAZETTE 89 – Le tintammarre

Posted by lagazou sur 25 octobre 2013

                                    Rassemblement festif de jeunes majeurs sans papiers.

Ce dimanche 9 juin 2013 le ciel avait décidé d’aider les Jeunes Majeurs du Ve. et du XIIIe.,  réunis avec leurs amis à la place Nationale, puis à la place Pinel pour attirer l’attention du public sur leur sort. Pas de pluie et pas trop de vent, température clémente, c’était enfin le printemps !  Tout a commencé place Nationale par le gonflage de ballons. En dernière minute, panne d’hélium, on avait donc apporté des gonfleurs à main, à pied, et on poussait ferme pour obtenir les plus gros ballons possibles. Bientôt, avec leurs inscriptions R E.S.F., ils se balançaient en bouquets multicolores sur les cordes tendues entre les arbres de la place  Tout à côté, autour d’une table, s’affairaient en même temps, conseillés par des spécialistes de la question, des fabricants d’instruments de musique : à partir de capsules de bouteilles, de bouts de bois de récupération, de bouts de ficelle, c’est fou ce qu’on, peut obtenir : des castagnettes, des sortes de crécelles, bref des percussions pour faire beaucoup de bruit et ne pas passer inaperçus.  Au centre de la petite place un vrai orchestre talentueux (maniant des instruments plus traditionnels) avec chanteurs, danseurs, faisait s’arrêter les passants, à qui on distribuait des tracts sur le mouvement R.E.S.F. : Pour les non encore initiés, cela signifie Réseau d’Education Sans Frontières.

Beaucoup d’habitants du coin se sont arrêtés, rassurés sans doute par le côté joyeux, musical, débonnaire de ce rassemblement, et le fait que deux motards suivaient d’un œil complice cette manifestation joyeuse. La majorité des Jeunes était composée d’Africains qui s’étaient mobilisés, ravis de pouvoir ainsi rencontrer d’autres compagnons de “galère”, car c’en est une vraie d’être sans papiers. Un initiateur du rassemblement, appartenant au réseau du XIIIe. expliquait les tracasseries auxquelles sont en butte ces jeunes, malgré les promesses d’assouplissement de la législation. Le Maire de l’arrondissement, M. Jérôme Coumet nous a honorés de sa présence.

C’est ainsi que de 11 heures à 13 heures on a réveillé la place Nationale.

Puis, précédés comme des officiels par nos deux motards, on a marché, avec des arrêts bien synchronisés où l’on scandait “ Jeunesse sans papiers, Solidarité, Régularisez.” tout au long de la rue Nationale vers la place Pinel. Là les estomacs commençaient à crier famine. Qu’à cela ne tienne. On avait tout prévu,  et tartes salées ou sucrées, cakes variés, salades composées, préparés d’avance, sandwiches, que les jeunes ont confectionnés sur place, fruits divers, nous ont réconfortés.

A nouveau prise de parole par l’un des organisateurs pour rendre conscients les passants de l’injustice subie par des élèves, ou étudiants, ou travailleurs à qui on refuse le droit à un séjour en paix dans un pays à qui ils apportent leurs compétences, leur envie de s’enraciner, leur vitalité. S’ils veulent plus tard retourner dans leur pays d’origine, ce seront les meilleurs ambassadeurs de la France, pays qui reste encore dans l’imaginaire collectif comme la patrie des droits de l’homme. Des jeunes ont pu passer un moment de convivialité, se rencontrer autrement que dans des queues pour se faire régulariser. Le 19 juin, à la Mairie du XIIIe.il y aura encore un parrainage républicain. Il ne faut pas fermer les yeux ; il faut aider une jeunesse en grand danger d’expulsion.

G. Mennessons

 

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GAZETTE 89 -EMMA

Posted by lagazou sur 25 octobre 2013

  Une présence

 

Je me souviens d’une voisine, une dame très littéraire, quelque peu précieuse, elle parlait de notre gardienne avec une bienveillance amusée : Notre Emma n’aime pas un locataire ou copropriétaire en particulier, elle aime son immeuble. C’est une belle entrée en matière pour dire un attachement, non seulement à l’immeuble mais aussi à un coin du 13e dont elle a fait son domaine. Arrivée d’un village du Portugal, Algoso, au cœur de la région du Tras os Monto, la première loge qui lui fut confiée, rue Philippe de Champagne la mit en relation avec une autre gardienne venue du Portugal. Lorsque la loge du 77 se libéra Emma en eut vent et l’affaire fut conclue. C’était en 1987, le 21 septembre. Bientôt 26 ans en compagnie des locataires et copropriétaires de l’immeuble. les services prodigués ne se comptent plus. Pour l’essentiel les personnes âgées, encore présentes ou déjà décédées lui doivent beaucoup. Le profond désir de finir sa vie dans son appartement, c’est grâce à notre gardienne qu’elles ont pu le réaliser. Plus présente souvent que la famille de ces résidents, son souci constant des personnes seules ou malades a pu leur éviter l’hôpital ou la maison de retraite. Je me souviens d’un épisode assez cocasse : un nouveau copropriétaire retraité vivait seul dans son appartement. Parti en week-end sans avoir prévenu Emma, il a reçu un accueil plus que froid à son retour, elle s’était inquiété et a montré sa colère avec vigueur.

Lors de la période de Noël, le hall d’entrée, le départ d’escalier étaient illuminés avec éclat. Une crèche installée était complétée la nuit du 24 par l’arrivée d’un petit Jésus en plâtre. Une année, au retour des gardiens qui avaient réveillonné chez des amis l’enfant  Jésus avait disparu. Indignation bien partagée de tous les résidents ! Peu de temps après l’un des habitants prit l’initiative de proposer à chacun de se cotiser pour acheter une belle crèche. Inutile de dire qu’elle fut installée hors de portée d’éventuels  fâcheux, elle fut exposée sur la cheminée de la loge pendant une semaine. Nous eûmes la permission de venir l’admirer. Tout le monde était content de participer à ce geste collectif, chacun disait qu’il aurait dû y penser.

Le 77 est un immeuble bourgeois, si les relations sont cordiales à tous les étages, c’est tout de même le « chacun pour soi », chacun chez soi ». Les seules occasions de rencontres ont été créees par Emma et son mari Mario. Plus tard, à l’occasion des 18 ans,  à l’occasion du mariage de leur fils et malgré l’exiguité de la loge, locataires, copropriétaires furent tous invités. Le jeudi soir le 1er et 2e étage, le vendredi, 3e et 4 e étage, le samedi 5e et 6e étage.  A l’image des gens du sud Emma exprime son désir de rassembler à travers l’abondance du buffet proposé. On imagine les heures de travail pour réaliser ces montagnes de beignets  à la morue, ces gâteaux impressionnants ! Les soirs où nous fêtions le mariage, la télévision passait en boucle le film de la cérémonie. L’histoire de la crèche a crée un lien entre tous, ce fut le prélude a la mise en place de la fête des voisins qui eut lieu pendant deux ou trois ans.

Emma est une personne entière, qui a beaucoup donné, sa rancune peut être vive lorsqu’un résident la traite en domestique et lui manque de considération. Alors, nous sommes tous punis, finis les fêtes des voisins, terminés aussi les services pour lesquels elle n’est pas rémunérée. Toujours polie, jamais servile, pour la plupart d’entre nous elle est précieuse. N’oublions pas qu’elle tient la gazette des grands et petits évènement liés à l’immeuble. C’est par elle que nous apprenons la vie cachée de notre immeuble. Ceux du 77 peuvent dire un grand merci à Emma et à Mario !

 

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