La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

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Grande fête de quartier – 4ème fête des Grands Moulins – samedi 30 Mai 2015

Posted by lagazou sur 27 mai 2015

4ème fête des Grands Moulins samedi 30 Mai 2015 – Quartier Paris Rive Gauche Esplanade Vidal-Naquet
Accès : Métro ligne 14 arrêt Bnf – RER C / Bus 62/64/89 arrêt Rue Thomas Mann / Bus 325 arrêt rue Watt.
Cette année, on dessine et on se dessine. C’est à partir de 14 heures. On vous attend.
fête grands moulins_0001
Animations gratuites
Street-art
Bal populaire
notre quartier 13
NQ13
Publicités

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Gazette 82- Atelier de reliure Houdart

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

                                       La reliure a aussi ses grands couturiers

C’est une boutique verte, au 77 de la rue Broca, tout près du boulevard  Arago. Au-dessus de la devanture, comme une enseigne, un rectangle gris “ Relieur”. La vitrine est alléchante, mais je n’étais pas en avance à mon rendez-vous, aussi y ai-je à peine jeté un coup d’œil. L’ensemble évoque les anciens magasins d’artisans, mais sans ostentation de passéisme, et pour cause.

En effet, comme va me le montrer M. Escarra, le gérant de Relicentre, maison-mère de cet atelier, l’originalité et le prix des travaux effectués ici, c’est d’allier le savoir-faire traditionnel des artisans aux techniques modernes de mangement.

 Dans les 100 m2de la boutique  s’affairent une jeune femme et deux jeunes gens, à peine la trentaine chacun, au milieu d’une profusion de matières qui donnent envie de les toucher : des papiers de fabrication artisanale, à la colle, à impressions indiennes ou géométriques, des cuirs, veau, chagrin, mouton, buffle, maroquin  ,de la moire, toile, soie, des cartons, bref tout ce qui peut servir à habiller avec luxe ou simplement originalité les livres, collections de journaux ou périodiques, albums de photos, thèses, catalogues raisonnés d’artistes, que les clients apportent pour les transformer en objets personnalisés

Dans l(atelier Houdart sont réalisées couramment  des reliures jusqu’à 10 exemplaires. Mais comme les clients peuvent être, outre des particuliers, des Musées, comme Le Louvre ou Guimet, des institutions, comme l’Assemblée nationale, des bibliothèques ou des mairies, la demande s’étend parfois jusqu’à des centaines d’exemplaires. C’est alors la maison Relicentre, dont le siège est  à Limoges, qui les traite. Chaque semaine, M. Escarra vient à Paris pour rencontrer des donneurs d’ordre. Il apporte dans ce voyages des matières qui n’ont pas la place d’être stockées à Paris. Aussi bien ici qu’à Limoges Relicentre fait travailler des artisans qui fabriquent leurs matières. Des bois ou matières rares viennent de toute l”Europe.

 Dans l’atelier de Paris, Jessica et Xavier travaillent  sur les oeuvres en les traitant de A à Z. Ils ont été formés au lycée Tolbiac ou Paul Cornu de Lisieux, puis chez les meilleurs artisans    Grâce à Relicentre, ils sont déchargés de beaucoup de tâches matérielles et administratives. Ils peuvent donc consacrer plus de temps à s’impliquer dans un travail qui exige d’eux un même état d’esprit : implication totale, sens du service soigné, compétences multiformes. Leur patron en revanche leur laisse le soin de prendre eux-mêmes leurs rendez-vous et  Thierry, le troisième relieurse rend chez les clients, discute de la meilleure façon de réaliser leur demande, présente les échantillons de matières et établit le devis. Il fixe une date de livraison du travail. Au retour dans l’atelier, sur ordinateur, tout le travail est répertorié, comme dans une entreprise industrielle, et sur un simple clic, vous pouvez savoir que tel client a déjà fait relier ici 163 livres ; le travail de mémoire exhaustive est un des atouts des techniques modernes de management. Pour ces jeunes artisans l’enjeu est motivant, et il n’est pas étonnant qu’ils commencent maintenant à mieux gagner leur vie dans un métier qui les passionne.

Une jeune créatrice, depuis peu, s’est jointe au trio. Avec les chutes de matières, elle crée des formes nouvelles et inattendues, ce qui est le principe de la vision de l’artiste. Dans la vitrine, elle a su reconstituer avec précision et humour l’intérieur de l’atelier, si bien que les écoles du coin viennent  admirer les presses en réduction, et tous les outils nécessaires pour mener à bien un habillage de luxe pour un livre. Actuellement elle est concentrée sur le projet d’une vitrine de Noël.

 Quelques exemples précis de demandes de donneurs d’ordre . La maison Hermès via les Editions du regard a réalisé un livre sur ses fameux carrés ouvrage qu’elle a fait relier dans un carré de soie, en 1500 exemplaires. Même à Limoges on n’a pas livré ce nombre en une seule fois, mais en 7 à 8 livraisons de 200 exemplaires chacune pour que la finition artisanale soit respectée. L’actrice Juliette Binoche, qui peint des aquarelles et gouaches, désirait des coffrets étudiés pour présenter ses oeuvres. Entre elle, l’éditeur et M. Escarra a été décidé l’assemblage des 2 couleurs : bordeaux et gris, qui habillerait ces coffrets. Enfin, un jeune « thésard » a envoyé par mail le texte et les illustrations de sa thèse, et a reçu en retour douze exemplaires cartonnés, reliés en toile titrée dans la couleur de son choix !

 J’ai fini ma visite par un grand tour d’atelier où se pressent deux cisailles (que comme bien des profanes j’avais d’abord nommées massicots), 4 presses, 2 en bois, 2 en fonte, dont une électrique, un atelier de dorures, un gros massicot électrique qui occupe le mur du fond.

Pour la Noël ce peut être une idée originale de cadeau que d’offrir un livre ou un album de photos ou…toute autre idée réalisable, et vous avez constaté qu’il n’en manque pas. Qu’en pensez-vous ? Allez  donc faire un tour rue Broca.                                          G. Mennessons

 Atelier Houdart

77 rue Broca

78013 Paris

Tél : 01 43 31 40 36

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La Gazette du 13e- Un fil rouge

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

 POUR LES CENTRES D’ANIMATION DU 13e

Cette année le fascicule consacré à faire connaître les centres d’animation a été distribué à tous les habitants, on le trouve aussi à la Mairie.

A lire la liste des différentes activités, on retrouve sensiblement les mêmes programmes.

La Gazette a souhaité en savoir plus, ces lieux représentent une telle invitation à la culture du corps et de l’esprit, de telles chances de rencontres qu’il nous a paru presqu’urgent d’en parler en ce début de saison.

Sofiane AOUDIA, bien connu pour avoir initié les concerts de musique sacrée dont il a voulu faire l’expression des trois religions monothéistes, se consacre depuis octobre 2010 à la direction de l’ensemble des centres du quartier.

Animé d’une véritable passion pour la rencontre des cultures il ne pouvait trouver un meilleur terrain d’exercice que notre territoire autant métissé que bigarré.

 Un peu d’histoire 

 En septembre 2010, à la suite d’un appel d’offre, le dossier de gestion des centres présenté par La Ligue de l’Enseignement a remporté la décision du conseil de Paris et du conseil d’arrondissement. La fédération de Paris de la Ligue est donc chargée pour cinq ans de l’organisation, la gestion, la coordination de l’ensemble, elle joue aussi le rôle d’employeur.

Sofiane AOUDIA a bien voulu accepter la direction des différents centres. Son histoire le prédisposait à remplir cette fonction : avant d’être directeur des 6 centres il a été directeur des centres Dunois et Charles Richet.  Il a commencé son engagement dans l’arrondissement en tant qu’éducateur sportif où il a été professeur d’arts martiaux pendant 15 ans pour plus de 8000 élèves. L’enseignement des arts martiaux a été pour lui un véritable outil pour participer à l’éducation des plus jeunes et pour créer du lien social entre les adultes.

Depuis un an, il initie la mise en place d’un programme proposé par le gestionnaire. Il s’agit principalement de proposer aux différents centres un projet d’arrondissement destiné à rapprocher les lieux d’animation les uns des autres.

Un fil rouge

 Priorité est donnée  à l’ouverture, au souci de toucher tous les publics. Une telle palette de possibilités est susceptible d’intéresser tous les âges et tous les milieux sociaux. Une partie des jeunes n’ont pas compris que les centres leur étaient largement ouverts. Un effort particulier devra être fait en leur direction..

 Des Axes

 *Souci de communiquer : cette année les boites à lettre ont été inondées, d’autres efforts sont en cours auprès des habitants, des écoles.

  *Dépassement du rôle de gestionnaire d’activités : il faut aller plus loin  afin de créer à partir des loisirs du lien, de la convivialité. Il ne s’agit pas d’un libre service d’activités mais tout autant d’un lieu de rencontres. Au sein des ateliers le travail collectif peut devenir la base de liens.

 * Interaction au sein des centres : Il s’agit de créer des liens étroits entre les centres, de faire en sorte que les équipements de certains puissent se mettre au service des moins bien lotis. Deux centres possèdent de belles salles de spectacles, deux autres des studios d’enregistrement. Ces lieux-ressource doivent servir à tous, y compris aux acteurs locaux, associations, groupes de musique et autres.

 S’adresser à toutes les jeunesses : Sofiane ne tombe pas dans le travers de la généralisation, il sait qu’une partie de la jeunesse n’entre pas facilement dans les espaces publics, cette jeunesse-là pense que les centres, ce n’est pas pour eux. Il s’agit donc de pratiquer une écoute attentive pour être en adéquation avec leurs besoins, leur faire comprendre que c’est facile d’entrer.

Ces jeunes pratiquent une culture de la rue, s’adonnent à la musique, au graphisme (Graf) et au théâtre, on peut accompagner leurs projets, leur donner des possibilités. Il faut des réalisations concrètes. Un thème leur a été proposé : la vie de la cité, l’urbanisme. D’abord surpris qu’on leur demande leur avis, ils ont joué le jeu ; écrire des chansons sur le thème proposé, les œuvres enregistrés en studio ont fait l’objet d’un DVD baptisé BATIMENT 13 dont le lancement au Bateau-Phare fut un événement. Tiré à 5000 exemplaires on peut parler d’un succès gratifiant pour tous.

 *Rapprocher les classes sociales et les âges

 Fort de sa pratique en matière d’animation et de travail collectif, mon interlocuteur fut à l’origine d’un festival des arts martiaux qui a réuni une trentaine de groupe à la halle Carpentier. Le bénéfice  de la manifestation a été versé au Téléthon. Classes sociales mêlées et mosaïque de quartiers du 13e étaient au rendez-vous.

 La rencontre de générations s’effectue lors des fêtes de Noël. Une enquête auprès des gardiens d’immeuble permet de localiser les personnes vraiment seules au moment des fêtes. Le repas est préparé par les animateurs du centre, tout le monde s’y met, enfants, adolescents pour animer la soirée, l’échange se fait assez naturellement, les aînés apportent des cadeaux. –

Une autre activité permet de réunir les générations, elle prend une place importante, dans les 6 centres d’animation du 13ème, et concerne des activités d’insertion : soutien scolaire, alphabétisation, rédaction de CV, etc.  Ces activités sont encadrées essentiellement par des bénévoles de l’arrondissement  (des retraités, des salariés et des étudiants)

Après avoir évoqué les projets à venir Sofiane cite toutes les manifestations auxquelles se joignent animateurs et usagers des centres : entre autres, la Semaine de Solidarité Internationale, la semaine du goût, la fête de la jeunesse et bien d’autres encore.

Une vaste entreprise à laquelle nous souhaitons de beaux lendemains.

En quittant le centre Dunois, j’emporte deux cadeaux bien symboliques : le fameux CD réalisé par les jeunes des rues et un DVD consacré au festival des musiques sacrées.

 La Gazette remercie Sofiane Aoudia pour son accueil chaleureux

SL

 

 

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La Gazette du 13e- Centre Daviel

Posted by lagazou sur 25 novembre 2011

                        Service Public créateur de convivialité et de démocratie

Lecteurs assidus de la Gazette, heureux habitants du 13e., oyez la bonne nouvelle :  à tous, adultes, seniors, jeunes, voire bébés, toute l’année, même pendant les vacances et les jours fériés, six Centres d’animation  offrent  des activités de loisirs, de culture, de rencontres, favorisent le “ vivre ensemble”, luttent contre l’anonymat et la solitude, bref  donnent du goût à la vie.

Pour vous donner l’envie d’y aller voir, nous avons pris rendez-vous en cette rentrée des classes, avec la directrice adjointe du plus gros centre de Paris, (avec celui des Amandiers) qui est le Centre Daviel, au métro Glacière, 24 rue Daviel. (1)

Il a été construit dans les années 70, dans un bâtiment de la Ville de Paris. Au début, le Théâtre 13, dont il a été question dans d’autres livraisons de la Gazette, faisait partie de ce Centre. Il a pris son indépendance, en devenant Théâtre d’arrondissement, et n’est plus géré maintenant par le même organisme

Le Centre, lui, devenu Délégation de service public, est géré depuis 2010 par la Ligue de l’Enseignement. Les budgets ont été fixés lors des négociations. L’actuelle directrice  Mireille Handt, est aux commandes depuis 2008 et son adjointe, Alix De Finance, depuis 1999. L’ex-directeur du Centre Dunois est maintenant directeur général des Centres du 13e.

Dans le cadre du projet associatif de la Ligue de l‘Enseignement, le centre met gratuitement à la disposition des associations oeuvrant dans le domaine social, un très bel espace “ le  café Daviel”, qui s’étend sur plusieurs niveaux, comme cela se produit par exemple aux Semaines de Solidarité. Il propose des expositions à thèmes, ou à caractère pédagogique, qui allient le  ludique et l’esthétique.

Nous n’allons pas faire une présentation exhaustive de la  brochure que vous pouvez vous procurer à la Mairie de l’arrondissement, mais sachez que tous les âges, des tout petits aux seniors, peuvent trouver ici leur plaisir. Ainsi, par exemple :

Des animations WI pour des jeux kinect sont offerts par la mairie. On est “in” ou on ne l’est pas !

Des permanences sont tenues par  l’antenne Jeune Fontaine à Mulard et le Conseil de la Jeunesse à destination des 13/25 ans autour de la recherche de stages, d’emploi, des dispositifs parisiens d’aide, etc..

Dans une petite salle au rez-de chaussée, se déroulent des spectacles qui ne nécessitent pas de régie, ou de lumière, où se produisent  parfois des conteurs, des marionnettistes. Cinq dimanches par an ont ainsi lieu des spectacles pour tout-petits.

Vous pouvez aussi suivre des cours de conversation anglaise ou espagnole.

Les adeptes des Arts martiaux : karaté, aïkido, jiu-jitsu  judo viennent s’exercer sur les tatamis.

On y pratique aussi l’apprentissage de différents styles de danses, de la classique à l’africaine, à la danse jazz, ou orientale, à la salsa, à la capoeira. Et cela à des niveaux différents, des débutants aux confirmés, donc on peut se lancer sans inhibition.

Il y a même de la magie, des arts du cirque, et du théâtre également à tous niveaux et tous les âges.

La musique  n’est pas oubliée, avec la pratique du chant ou d’instruments comme guitare classique et piano, le tout accompané  de la base nécessaire: le solfège.

N’oublions pas la gym, même pour bébés à partir de 9 mois.

Si vous voulez vous lancer dans la poterie, de belles salles avec tout l’espace et le matériel nécessaires sont à votre disposition et il y a un four pour cuire vos productions.

Pendant les vacances sont organisés des stages pour les enfants et, en fin de journée, des moments de bien-être et de danse pour  leurs parents.

Vous pouvez proposer des activités qui vous intéressent ou que vous pouvez faire partager à d’autres, comme de la dentelle au fuseau ou des clubs de broderie.

Tout cela est mis à la disposition des amateurs, soit gratuitement, soit avec une modeste participation qui est adaptée aux ressources de chacun. Vous trouverez  le détail de ces conditions dans la brochure à la mairie ou sur place au centre Daviel

Nous espérons  qu’en ce début d’année vous allez organiser un planning serré pour passer une année enrichissante qui vous permettra de faire des découvertes ( y compris sur vous-même!) et de sympathiques rencontres. Bonne rentrée !                                                Séraphine

P.S.

Principaux thèmes de l’année : animations seniors (conversation anglaise, jeux kinect…) le jeudi, sensibilisation aux handicaps, expositions sur les rapaces, Journée du Conte en mars…

(1)Centre d’animation Daviel

24 rue Daviel  01 45 89 05 99

cadaviel@laligue.org

 

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Gazette 82 Au Temps des Cerises

Posted by lagazou sur 17 novembre 2011

« On vit autrement : c’est aux autres de s’en apercevoir »

Le Temps des Cerises, le restaurant qui arbore fièrement sa qualité de société ouvrière de production au 18 de la rue de la Butte-aux-Cailles fait tellement partie du paysage qu’il suscite peu les curiosités. Derrière ce qui apparaît comme une sorte d’institution incontournable où il fait bon se restaurer avec de vieux ou jeunes amis, il y a une équipe, un projet, un choix d’un type de  vie et de travail reposant sur des valeurs toujours bien vivantes. C’est en fait un petit bout d’utopie réalisée qui a su durer, née d’une démarche collective et égalitaire qui imprègne toujours les lieux.

La Gazette : Si nous parlions de l’histoire de ce lieu qui apparaît à certains si familier ?

Guy :Bien volontiers. Sa création date de juin 1976. A l’origine il y a une équipe d’un lieu alternatif qui se trouvait dans le 15e , le San Pierro Corso qui était à la fois un restaurant et un lieu culturel dédié à la musique, au théâtre et à la chanson. Certains de ses membres étaient à la recherche d’un autre lieu qu’ils ont trouvé ici à cet endroit  qui était autrefois une épicerie coopérative. Cette épicerie était fermée depuis 10  ans, il n’y a pas eu de bail à racheter. Les débuts du lieu ont été facilités du fait que les travaux ont été effectués par des bénévoles et que les premières mises de fonds sont provenues de dons. Au départ il y avait deux projets : le restaurant ou une librairie qui s’est installée finalement rue Barrault, ( Le Dilettante ).

Dès le départ,  le restaurant a connu un grand succès dû surtout au bouche à oreille et à la spécificité du projet : un restaurant convivial certes mais aussi culturel. A cette époque le restaurant était déjà une SCOP, c’est-à-dire une société coopérative ouvrière de production dont la caractéristique est de bénéficier d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats qui favorise la pérennité de l’outil de travail et des emplois. Chaque associé-coopérateur ne dispose que d’une seule voix lors de l’AG de l’entreprise, ce qui induit un autre rapport au travail. Chacun se sent responsable de la bonne marche de l’entreprise et le gérant est élu par les autres salariés. A lui de convaincre du bien-fondé de ses décisions ; il ne peut s’imposer par le pouvoir de l’argent.

Pour en revenir à l’historique, malgré des débuts prometteurs, le restaurant a assez vite connu des problèmes financiers, ce qui a amené  l’arrivée d’une nouvelle équipe en 1979 et le retour du premier cuisinier en 1985. En 1986 à la suite d’un contrôle fiscal le restaurant a été mis en faillite. L’équipe de 8 personnes de l’époque a décidé alors de faire front et de remonter le restaurant, en acceptant de ne plus être payés pendant un temps et de régler les arriérés selon un échéancier. C’est à partir de ce moment qu’un tournant décisif a été pris ;  un passage à l’âge adulte en quelque sorte que beaucoup d’entre nous réalisait aussi dans leurs vies personnelles avec la naissance d’enfants et la prise de conscience de la nécessité d’une stabilité financière, le tout sans renier nos principes : avoir un autre rapport au travail, établir un véritable partenariat entre la société commerciale et les individus qui y travaillent. Cela a été au prix d’une hausse des prix mais aussi d’une hausse de la qualité.

La Gazette : Combien de personnes travaillent au Temps des Cerises actuellement ?

Guy : 15 équivalents plein temps. Nous avons vraiment créé des emplois.

La Gazette : Au niveau humain, que t’a apporté cette vie au Temps des Cerises ?

Guy : Une cohérence entre mes valeurs et mon choix de vie et de travail. Je viens de l’Aveyron, d’un milieu paysan, je n’ai jamais adhéré au culte de l’argent. J’adhère pleinement aux principes de la SCOP, le fait que nous soyons salariés-coopérateurs change pour nous la vision de cet endroit, c’est aussi un lieu de vie ; nous aimons le faire partager le temps d’un repas à d’autres qui viennent pour la qualité de la nourriture et la convivialité du lieu. Rien n’a changé depuis le départ, contrairement à tant d’autres endroits qui s’épuisent à suivre les modes successives qui les rendent tous semblables ; les longues tables sont toujours là, la peinture des murs, aussi, les ardoises, les thèmes des affiches sont proches de ceux d’hier … La plupart des clients apprécient de retrouver ce lieu à part ou de le découvrir ainsi que ce qui transpire de son histoire à travers les signes matériels. La seule chose qui ait vraiment changé est que ce lieu n’est plus un lieu culturel, les gens s’y rencontrent toujours autour d’un repas, c’est le plus important. Un temps, le Merle Moqueur a assuré le relais,  mais en 1991 cela a pris fin.

La Gazette : Justement, à propos des dernières polémiques concernant le bruit, quelle est la position du Temps des Cerises ?

Guy : Je crois qu’il faudrait établir une charte entre toutes les parties concernées. De façon plus générale, il est dommage que les cafés cultures de proximité disparaissent les uns après les autres. Le Temps des Cerises adhère au collectif citoyen bar-bars qui s’est créé récemment au plan national pour soutenir la création culturelle dans les bars, bistrots et estaminets en tout genre.

La Gazette : Merci. Je souhaite à tous ceux qui ne connaissent pas le Temps des Cerises de venir y manger un jour.

                                                                                F.W.

Pour aller plus loin :deux sites :

http://www.cooperativetempsdescerises.eu

http://www.bar-bars.com

Le Temps des Cerises-SCOP ouvert tous les jours sauf dimanche et samedi midi.

18-20, rue de La Butte-aux-Cailles

tel : 01 45 89 69 48

 La citation est tirée d’un court métrage tourné sur le Temps des Cerises.

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Gazette 79 Sauver le Grand Écran : un combat de longue haleine

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

David contre Goliath ?

Ils sont obstinés les membres de l’association « Sauvons le Grand Écran » (www.sauvonslegrandecran.org) qui veulent à tout prix faire revivre le lieu du même nom, pièce maîtresse dans l’animation de la place d’Italie et pour le rayonnement culturel du 13e arrondissement. Nous étions nombreux à aimer fréquenter ce complexe cinématographique aujourd’hui en péril et nous voulons en garder une image vivante plutôt qu’un souvenir nostalgique. C’est Jacques Toubon qui est à l’origine de la construction de cet équipement ambitieux, destiné au développement de l’audiovisuel (création d’une nouvelle chaîne TV) mais qui, à défaut de la réalisation du projet initial, a été reconverti en cinéma. Gaumont y a ouvert trois salles, une grande salle magnifique et deux petites. Un certain nombre de manifestations prestigieuses s’y sont déroulées. La programmation attirait gens du quartier et amateurs de cinéma venus de toute l’Ile-de-France. Et puis Gaumont s’est retiré de nombreuses salles parisiennes et aussi de celle-ci, en prétextant une rentabilité insuffisante. Pourtant les entrées au Grand Écran n’étaient pas plus mauvaises qu’ailleurs, au contraire !

Rappelons qu’il s’agit d’un établissement polyvalent dont la vocation n’est pas dédiée qu’au seul cinéma et qu’on y trouve une salle de spectacle, des loges d’artistes, un immense monte-charge pour les décors. L’accès handicapé et l’excellente insonorisation s’y ajoutent pour lui conférer une qualité sans équivalent dans toute la région parisienne.

L’association, créée dès le retrait de Gaumont, s’est battue pour conserver la vocation culturelle de ce complexe. Mais cette attente s’est trouvée rapidement déçue puisque, dans ce domaine, il ne s’est pas trouvé de repreneur. C’est finalement une extension du centre commercial qui a été proposée. Et, dans la logique qui prévaut à Italie 2, c’est bien sûr de nouveaux magasins de vêtements qui ont été prévus, comme si on n’en avait pas déjà assez. Peut-on voir avec indifférence brader ainsi cet équipement exceptionnel qui a bénéficié à l’origine d’un financement public en contrepartie d’obligations envers la municipalité ?

La Mairie du 13e, sensible à la grande qualité de cet équipement, voulait en préserver le caractère culturel et a cherché en ce sens des repreneurs potentiels, notamment auprès des autres firmes de cinéma, mais sans grand succès. Il s’est vite avéré que le coût particulièrement élevé du loyer et des charges locatives ne pouvait être assumé que par des chaînes commerciales aux reins solides. Le pouvoir de la municipalité, limité en ce qui concerne les installations d’entreprises privées, ne peut intervenir sur la nature de celles qui seront implantées. Le repreneur pressenti s’est finalement retiré, ce qui laisse un peu de répit. Mais la question de l’utilisation des locaux reste la même : trouver un financement est devenu encore plus difficile en période de crise économique et renforce la toute puissance des lois du marché.

L’association veut stimuler la recherche d’exploitants qui proposent des activités culturelles. Elle évoque le développement d’un centre à vocation européenne à la hauteur des ambitions de départ et qui contribuerait à la renommée de notre arrondissement. La diversification des activités est possible dans ces salles polyvalentes, dans un contexte où la place du cinéma en salle se relativise. Il faut poursuivre à la fois les démarches et la réflexion. C’est en ce sens que les membres de « Sauvons le Grand Écran » s’appuient sur le conseil de quartier concerné (le CQ 4) mais veulent également associer les autres conseils de quartier du 13e, en proposant que se constituent des commissions inter-quartiers avec ceux qui partagent leur volonté de préserver ce « fleuron du patrimoine des Parisiens ».

B.E.


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Gazette 79 Et les Amis de Tolbiac attendaient…

Posted by lagazou sur 24 avril 2011

Une affaire à suivre

En janvier 2006, l’espace culturel et associatif Le Barbizon, haut lieu de la vie de quartier du 13e arrondissement, était muré par la police. L’association « les Amis de Tolbiac » qui avait redonné vie à ce cinéma désaffecté depuis 20 ans, devenait elle aussi SDF, s’empressant de demander un relogement, promis 7 fois en 8 ans par la mairie lors de vœux adoptés aux différents conseils de Paris, vœux pieux à l’évidence, puisque plus de 4 ans après l’expulsion, la situation n’a toujours pas évolué. Lors du dernier compte rendu de mandat de Bertrand Delanoë dans le 13e, promesse publique a été faite d’un relogement imminent… dans ce qui s’est révélé être un local de 17 m2 et qui, comble de l’absurde, n’était pas du tout prévu pour les amis de Tolbiac par la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) !

En attendant, le maire affiche la réhabilitation du Barbizon, une salle de spectacle est prévue au RdC et des logements sociaux au dessus… après 25 ans d’abandon seulement… mais sans l’intervention des Amis de Tolbiac où en serions-nous aujourd’hui ?

Rappelons en effet qu’entre 2002 et 2006, plus de trois cents événements ont été présentés dans ce lieu atypique et citoyen : projections, débats, théâtre, expositions, musique, en participation libre à l’entrée, en autogestion, grâce à la mobilisation des habitants et associations du quartier. En 2006, tout ce travail est battu en brèche par la préfecture de police qui expulse l’association contre l’avis de la mairie qui s’empresse de condamner publiquement cette intervention. Et de re-voter un nouveau vœu promettant une fois de plus le relogement de l’association. L’espoir fait vivre…

La nouvelle salle de spectacle du Barbizon sera une propriété supplémentaire dans des mains qui détiennent déjà, entre autres lieux, un immeuble et un café dit « associatif » dans le 13e – il paraît qu’on ne prête qu’aux riches. L’heureux futur propriétaire nous a gentiment proposé de nous associer, dans le futur, à la programmation… mais pourrons-nous dans ces conditions recréer le lieu ouvert et convivial qu’a été le Barbizon de 2002 à 2006 ? Quelles seront les modalités de cette participation dans un lieu où la rentabilité semble être le maître mot ? Et d’ici 2012, l’idée de nous y faire participer n’aura-t-elle pas tout simplement changé ? Ce ne serait pas la première fois, loin s’en faut, qu’on nous aurait tendu un miroir aux alouettes…

Pourtant le relogement de notre association est possible. Certains squats ont été relogés par la mairie de Paris tous frais payés, dans des lieux somptueux en plein cœur de Paris. Quelque chose dans nos activités empêcherait-il qu’il en soit de même pour notre association ? Leur nature, le fonctionnement autogéré, le refus de l’élitisme et des portes fermées, l’échange entre habitants du quartier dans leur absolue diversité ? Ne veut-on pas simplement éviter que se recrée ce qui avait été initié au Barbizon de 2002 à 2006, un espace qui serait la propriété publique de tous les habitants du quartier, dans une société où la notion de propriété ne peut être associée qu’au mot « privée » ?

En attendant, avec ferveur, que ces vœux multiples se muent en une réalité tangible, les Amis de Tolbiac poursuivent une partie de leurs activités et proposent des projections en itinérance. Pour savoir où, n’hésitez pas à consulter notre site : www.lebarbizon.org

Thierry Wurtz, pour l’association « les Amis de Tolbiac »

PS : aux dernières nouvelles, le maire d’arrondissement lors d’un conseil de quartier nous a affirmé qu’il ne pouvait pas nous donner un lieu gratuitement (ce que nous n’avons jamais réclamé). Le Barbizon a fonctionné pendant quatre ans sans aucune aide autre que l’énergie des habitants et des associations du quartier. Avec ou sans subvention, nous pouvons faire vivre un lieu, si le loyer n’est pas exorbitant bien sûr.

Nous avons aussi rencontré Bertrand Delanoë récemment qui a convenu comme nous que la dernière solution proposée n’était pas viable et qu’il fallait en trouver une autre…

Et maintenant ?

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Gazette 78 Un Ecoquartier à Paris

Posted by lagazou sur 29 décembre 2010

Premier lancé, premier livré

La Gazette en avait parlé dans son numéro du printemps 2006, elle relatait une des réunions régulières qui regroupait les habitants intéressés autour de l’association des « Amis de l’Ecozac ». Il s’agissait de saisir l’opportunité laissée par une friche ferroviaire de 3,8 hectares près de la place Rungis.

Une mobilisation gagnante

C’est en mai 2005, ils étaient une poignée réunie autour de Philippe Bovet. A l’époque, ni la Mairie, ni les associations de quartier ne semblaient sensibilisées aux exigences de l’écologie. Devant l’urgence de la prise de conscience nul projet novateur ne se dessinait.

L’association des « Amis de l’Ecozac » a donc pris le dossier en mains, sa vocation était multiple, aussi bien technique, administrative, que pédagogique. Elle se réunissait tous les 15 jours abordant des thèmes variés. Très vite les animateur, devant la complexité et la charge de travai,l comprirent la nécessité d’embaucher une salariée. Elsa Gheziel  fut donc chargée d’un véritable travail de lobbying : construction de dossiers, rencontres techniques, rendez-vous avec les décideurs. Les membres actifs de l’association, dont le bureau comptait 7 à 8 personnes, les adhérents qui oscillaient entre 150 et 200 apportaient leur aide ponctuelle.

Au chapitre de la sensibilisation, plusieurs voyages furent organisés ; d’abord en Angleterre à Bed Zedt, ensuite à Fribourg en Allemagne. Ce furent de véritables leçons d’architecture climatique. Les heureux bénéficiaires constatèrent dans les moindres détails les bienfaits des énergies douces et respectueuses de l’environnement. Hors le fait que de nombreux immeubles produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment, chacun fait le constat des transformations qui résultent de ces nouvelles manières d’habiter : respect mutuel, convivialité, sérénité.

Lors du dernier bilan ce dernier aspect apparaît : « Au-delà des résultats mesurables, ce sont les jeux des acteurs et les méthodes de travail qui ont été bousculés par l’action citoyenne et qui sont sources de changement et de progrès dans la construction de la ville durable. »

Ils ont gagné, mais tout n’est pas gagné !

Compte tenu du retard de notre pays en la matière, on peut parler d’une grande première qui pourrait devenir contagieuse. Les militants du premier jour, comme ceux qui les ont rejoints, peuvent se féliciter du travail accompli. En matière de résultats : des énergies renouvelables, un faible impact sur l’environnement, des transports doux, une autosuffisance énergétique.

L’immeuble le plus écologique construit par Winy Maas sera celui des bureaux, il sera équipé de 1500 m2 de panneaux photovoltaïques et thermiques, sa consommation ne dépassera pas 32 Kwh par an. La pluie tombée des toits alimentera les chasses d’eau des bureaux et des chambres étudiantes, l’excédent servira à l’arrosage des jardins (il paraît que Jérôme Coumet a ferraillé pour obtenir ce dernier point ).

Les caractéristiques du site ne permettent pas d’envisager l’usage de la géothermie pour le chauffage, il est donc prévu que les décideurs auront recours à la CPCU, Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain.

Deux éoliennes seront expérimentées dans un jardin, elles vont alimenter en énergie la cabane du jardinier et les toilettes publiques. Le pavage et l’implantation des arbres en bordure du terrain inciteront les automobilistes à rouler au pas. Afin de limiter l’usage des automobiles particulières, un parc d’une quinzaine de voitures partagées sera installé dans le périmètre concerné. Le rôle décisif joué par « les amis de l’Ecozac » s’est poursuivi constamment. En décembre 2009, ils ont participé au jury concernant la construction des logements familiaux. Aujourd’hui, s’ils ont gagné sur l’essentiel de leurs préconisations, ils savent que l’histoire n’est pas aboutie. Ils restent vigilants et souhaitent « convertir l’exemplarité des intentions en exemplarité dans la réalisation ».

Des premières réunions dès 2005 à la réalisation de l’ensemble prévue entre 2012 et 2014, les Amis veillent au grain, un bel exemple de démarche associative !

Aujourd’hui Stéphanie le Dantec coordonne l’ensemble du projet. Par ailleurs, autour de cette grande première, un réseau se crée, il va aider de nouveaux militants à se former et à s’organiser, c’est déjà le cas aux Batignolles, d’autres communes s’organisent.

On peut rêver,

Bruno Fortier envisage de relier par une promenade le parc Montsouris au Jardin du Moulin de la pointe, il paraît que c’est inscrit au PLU, réjouissons-nous à l’avance.

Les bâtiments et services prévus

Une crèche de 80 places

Une maison de retraite de 100 lits adaptée aux cas d’Alzheimer.

Un jardin public de 5000 m2 dont une partie en jardin partagé

Une maison de quartier de 350 m2

3 immeubles d’habitation pour 6700 m2

Une résidence étudiants et chercheurs pour 6300 m2

Des immeubles de bureaux pour 19 300 m2

L’architecte choisie pour les immeubles d’habitation est Anne Démians.

L’architecte coordinateur est Bruno Fortier, il a défini un cahier des charges contextuel, précis et pragmatique.

L’appellation d’Ecoquartier  a été décernée à l’ensemble par le maire de Paris.

S.L.

Pour en savoir plus :

Site de l’association : ecozac-paris.org

www.larevuedurable.com

http://www.negawatt.org

OUVRAGES SUR LES ECOQUARTIERS

Bovet Philippe  – Ecoquartiers en Europe –  Ed. Terre Vivante (mai 2009) –  LEFEVRE Pierre et Sabard Michel – Les éco-quartiers –  Ed. Apogée (février 2009)

Peportier Bruno  – Eco-conception des bâtiments et des quartiers – Ed. Presses de l’École des mines (novembre 2008)

Souami Taoufik – Ecoquartiers, secrets de fabrication – analyse critique d’exemples européens – Ed. Les Carnets De L’info/Scrineo (Avril 2009)

 

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Gazette 78 Un centre social par et pour les habitants

Posted by lagazou sur 29 décembre 2010

Dans l’Eco-Zac de la plage de Rungis, une maison de quartier était prévue, cela a été l’occasion pour l’ARBP ( Association Rungis, Brillat Savarin, Peupliers) de formaliser un projet qui lui tient à cœur et sur lequel elle travaille depuis plusieurs années : celui d’un centre social.

Un centre social n’est pas un centre d’animations ou un nouvel équipement ; c’est un projet porté et géré par les habitants qui définissent entre eux ce qu’ils souhaitent y trouver. C’est un équipement de quartier à vocation sociale et pluri-générationnelle. Pour pouvoir recueillir la parole des habitants, l’ARBP  mène tout un travail de sensibilisation et de concrétisation du projet. Un questionnaire a été élaboré et distribué chez les habitants des quartiers Amiral-Mouchez , Rungis, Brillat-Savarin, Peupliers, en porte à porte par les voisins. L’occasion de discuter avec eux et, de fil en aiguille, de demander l’avis de personnes qui ne se déplacent presque jamais aux réunions d’informations. Une personne à mobilité réduite a été chargée de rencontrer d’autres handicapés pour noter leurs souhaits. En plus de ce travail de fourmi, l’association était présente lors des fêtes de quartier, pique-nique, vide-greniers … Toute occasion était bonne pour rencontrer les habitants et leur parler du projet.  La demande est assez variée : cours de langues, informations concernant la santé, aide juridique et administrative, jardinage, cuisines du monde, bricolage, couture, sorties, ciné-club, sports (tennis de table), accompagnement scolaire, aide à la recherche d’emplois, accès à la culture ainsi que des activités et des équipements adaptées aux personnes handicapés : accès, hauteur du mobilier, mais aussi organisation de sorties pour non-voyants ou malentendants. Face à cette diversité, l’étape suivante consiste à l’analyser et à orienter les habitants vers les structures de proximité qui offrent déjà une réponse (centre d’animation Poterne des peupliers par exemple).. et qu’ils connaissent mal.

Voilà pour le fond mais les habitants se sont aussi occupés de la forme des espaces qu’ils souhaitaient trouver dans ce bâtiment. Des ateliers d’architecture ont eu lieu de nombreux samedis matin au siège de l’association pour l’imaginer et en construire des représentations. Deux maquettes ont été réalisées. Pour mieux concrétiser le projet et élaborer des préconisations à faire parvenir à l’architecte du centre, de septembre à décembre 2010, un samedi par mois une rencontre sera organisée sur le lieu du chantier.

En parallèle le projet se formalise. L’équipe d’habitants qui souhaitent s’impliquer dans sa gestion, se structure et se forme  afin de pouvoir dés sa sortie de terre prendre en main ce centre social. Un bel exemple de démocratie.

M-C. A.

 

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Gazette 77 Une petite boutique

Posted by lagazou sur 8 octobre 2010

Qui cache de grands services

Lorsqu’on passe devant Dom’copie.com en faisant son marché Boulevard Blanqui, on n’imagine pas ! La dame du lieu a trouvé un espace à la mesure de ses talents et de ses compétences. Elle a toujours travaillé dans le commerce et aime le contact clientèle. En rendant visite à sa sœur qui animait un commerce de proximité dans un village du sud de la France, elle a découvert la dimension conviviale de ce type d’activité. Une envie forte qui a donné naissance à un magasin de reprographie très particulier, en fait elle a repris une boutique sur le boulevard Blanqui en lui donnant de nouvelles ouvertures.

Elle raconte : « de l’extérieur le magasin peut paraître froid, une fois à l’intérieur l’ambiance surprend agréablement. Je ressens beaucoup ce passage-extérieur-intérieur et j’aime le lien qui, souvent, se crée. »

À l’intérieur, c’est vraiment sa maison. En guise de décor, pas de chromos de classiques paysages, mais des dessins d’enfants et des photos des neveux et nièces dans tous leurs états, du maillot de bain à l’anorak.

On pourrait parler des choix réalisés en matière de services, comme si les photocopieuses, vitrine officielle, cachaient d’autres réalités beaucoup plus joyeuses. Pour Anne, le bonheur de certains échanges justifierait complètement sa place dans le quartier. Il y a de l’émotion quand elle parle d’une certaine grand-mère qui demande l’agrandissement d’un modèle au « point de croix » pour mieux le réaliser, un exemple entre cent de la diversité des requêtes des uns et des autres. D’ailleurs elle adore cette diversité et le matin lorsqu’elle ouvre le magasin « elle sait qu’elle ne sait pas » ce que sera la journée.

Parmi les bons côtés de la locataire de Dom’copie.com celui qui mérite la palme c’est la simplicité de personnes qui manifestent une grande confiance.

(je ne comprends pas cette phrase)

« Je suis vraiment touchée par des gens qui me confient des souvenirs personnels, me livrent leur histoire. Je peux aider à créer des albums de famille illustrés, on me confie des photos, j’ai l’impression d’être un peu de leur famille. »

Anne, on le sent, prend beaucoup de plaisir à la diversité des tâches, pour une clientèle extrêmement hétéroclite elle est à la fois maquettiste, graphiste, un peu bricoleuse, d’ailleurs elle pratique à l’occasion l’échange de savoirs. Elle aime bien réaliser des faire-part personnalisés qui demandent imagination et créativité.

Sans assurer vraiment un atelier d’écriture, elle est un peu écrivain public, on la consulte même à propos de tournures littéraires. Celui qui peine à s’exprimer, comme l’étudiant qui s’inquiète pour son rapport de stage, il se fie aux conseils délivrés par cette dame à tout faire, à tout écrire, à tout écouter.

Et cela lui plaît terriblement, même les courriers administratifs ne peuvent l’abattre, quant à la rédaction de curriculums, c’est une entreprise délicate qui demande finesse d’écoute et intelligence.

Installée depuis quatre ans, Anne a conservé les domiciliations postales de petites sociétés et d’associations, elle semble un peu déçue de ne pouvoir établir avec ces « visiteurs » des relations plus attrayantes.

Le 43 boulevard Blanqui invite les voisins à disposer d’un cyber-espace dans un cadre tranquille et lumineux. En ce moment, c’est la période des examens, lycéens, étudiants, les écoles sont nombreuses dans le secteur. Ils trouvent à Dom’copie.com la reliure adéquate pour leur dossier qui valorise leur travail. Une clientèle pressée, peu fortunée mais qui met de l’ambiance !

De plus, Anne s’est lancée dans l’initiation à l’informatique, il semble qu’il y faille beaucoup de patience et que la tranquillité requise ne soit pas toujours suffisante.

À ma question sur l’équilibre financier de la structure, elle me confie que c’est un peu difficile, les charges sont lourdes.

En conclusion : « Je préfère me contenter de peu et réaliser un travail varié dans un commerce de proximité », elle ajoute, « je ne reviendrai jamais travailler en entreprise »

Dom’copie.com 43 bd Blanqui -Tél : 01 53 62 81 91 – Fax 01 45 65 37 10

domcopiesart@yahoo.fr – Site internet http://www.domcopie.com

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Gazette 77 Café du Commerce

Posted by lagazou sur 8 octobre 2010

Des Arts graphiques à l’art culinaire

Début d’après-midi, heure de la pause, ambiance calme et feutrée, deux hommes sirotent leur café, je me présente : la Gazetteuse annoncée… le grand brun, aux yeux rieurs, au grand sourire, qui m’invite à leur table, c’est Christian Barnathan, le patron du lieu.

Dehors, j’ai bien lu : maison ouverte depuis 1927, certes, mais sûrement pas par mon hôte. En effet, me dit-il, il n’a repris ladite maison qu’en 1996, mais ni ses études, ni son début de vie professionnelle, ne paraissaient le prédisposer à tenir un restaurant dans le quartier de la Butte-aux-Cailles.

Entre deux blagues (ce qui donne une touche primesautière à l’interview), il m’apprend qu’il est diplômé de la renommée École Estienne, bd. Blanqui, et que son parcours atypique l’a d’abord mené au Venezuela comme expert en arts graphiques à l’âge de 22 ans, missionné par l’ONU, et à son retour, vers les facs en sciences humaines, Jussieu et Vincennes. Passionné de la vie, polyglotte, Christian Barnathan ne se tourne pas tout de suite vers la profession… En 1984, il découvre le Macintosh d’Apple, et c’est une vraie rencontre, il comprend tout de suite que le monde des Arts et Industries graphiques n’a pas réalisé sa révolution numérique. Il pressent le fabuleux parcours que cet outil va connaître et en devient le spécialiste. Il fonde son agence de communication graphique. Grands éditeurs, grands comptes, institutionnels sont ses clients et en 1996, il a le projet d’ouvrir un cybercafé à la Butte-aux-Cailles.

Obligé de choisir, il ferme son agence de communication graphique et se lance un nouveau défi. Il faut l’entendre évoquer ses démêlés avec des cuisiniers alcooliques qui vident la cave à vins ou les fûts de bière !

Il prend alors la direction des opérations avec sa femme Marie-Christine, elle s’occupant de la cuisine, lui de la salle.

Ils ne se cantonnent pas à la cuisine d’un seul terroir, choisissent des plats, qu’ils réinterprètent, de tous horizons. Du cassoulet à la choucroute alsacienne, Méditerranée, Italie mais aussi Normandie, Bretagne ou même Mexique, les inspirent. On y trouve aussi bien la modernité que la tradition. En passant par le délicieux foie gras de fabrication maison, leur spécialité, les confits et pommes de terre à la graisse d’oie, la souris d’agneau cuite sept heures et ses lentilles au lard, l’espadon au pesto rouge à la plancha, les très bons fromages au lait cru et de délicieux desserts comme les glaces de fabrication maison, le désormais fameux apple crumble ou le mascarpone au café, vous pouvez déguster là des produits dont ils contrôlent la qualité. Ils ont choisi leurs fournisseurs à Rungis et Métro, où la fraîcheur des produits est garantie.

Bien sûr, il y a des petits plus, dans ce Café du commerce, moins banal que son appellation ne le laisserait penser. Une fois par mois, il y a un vernissage d’exposition de photos, de peintures ou de sculptures légères dans le creux de l’après-midi qui se prolonge jusqu’au service du soir.

L’ambiance de convivialité que le couple a su créer se manifeste lors des vide-greniers que Christian, président des commerçants de la Butte aux Cailles, organise deux fois par an. Une joyeuse réunion de voisinage !

Avec le site web du vide-grenier, il soutient le nouveau « Théâtre des Cinq-Diamants », envahi par des squatteurs qui prétendaient que la nouvelle directrice n’allait pas rouvrir un théâtre. Or cette dernière a reconstruit entièrement celui-ci. La réouverture prévue pour octobre 2010 promet de belles surprises (www.theatre-5-diamants.fr).

Il donne aussi de l’écho à la pétition organisée par son voisin, responsable de l’association « Les Amis de la Bienvenue », en faveur d’un sans-papier, menacé d’expulsion et la mobilisation est réussie, mais le chemin de sa régularisation est encore long.

Lors de sa première Fête de la musique en 1996, il « parraine » un orchestre cubain installé devant chez lui sur une plateforme de camion, mais l’envahissement des décibels qui tue toute vraie musique lui fait préférer une terrasse de restaurant, occasionnelle, puisque la rue des Cinq-Diamants est privée de droit de terrasse.

Et puis, la Butte aux Cailles, c’est un petit village, et l’on s’y sent bien.

Un ancien du quartier et ami, malade et expulsé de son appartement, se laissait lentement mourir, dormant dans un camion et refusant tout aide, pourtant généreusement prodiguée par le quartier proche. Christian obtient finalement de lui l’acceptation d’une hospitalisation, après deux semaines de traque, de réconciliation familiale et d’appels aux pompiers dont il refuse l’aide. À sa sortie de l’hôpital, il est complètement remis sur pied et on lui trouve un foyer logement près de sa fille.

Vous aurez, j’espère, compris que l’aura de ce patron du Café du commerce dépasse ce qu’on entend par « propos de Café du commerce ».

G. Mennessons

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Gazette 77 L’âge d’or

Posted by lagazou sur 8 octobre 2010

Un des plus beaux textes de Léo Ferré

Pour dire avec la force de la poésie

Le rêve heureux qui nous habite.

En ces temps livrés à l’imbécillité la plus crasse, à la médiocrité, au chacun pour soi, je rêve à l’âge d’or et je me dis en passant devant l’enseigne de la rue du Docteur Magnan : y trouverons-nous un peu de ce rêve ?

Le patron s’appelle Tristan, un nom de théâtre et comme par hasard ? Il nous vient de la scène. Codirecteur du théâtre de la Clarté à Boulogne, il avait, avec son équipe, développé un travail à travers le prisme du théâtre à l’intention des écoles, maternelles, primaires et collèges, certaines d’elles situées dans le 13e.

Quittant les planches, il y a deux ans, il se consacrait à la recherche d’un lieu à créer. Enfant du 13e, il a étudié au lycée Rodin, parent d’Olivier Lafon, moderne mécène dont les choix ont souvent plébiscité notre quartier, ce fut assez naturellement que la Mairie lui proposait la gestion du lieu tout neuf dont ce coin du 13e attendait beaucoup.*

Six mois de bilan, six mois, c’est peu, pourtant à l’écoute de Tristan, c’est déjà beaucoup, déjà, pas mal de paris réussis.

L’Âge d’or a trouvé son public, le public a trouvé son Âge d’or. Le lieu, lui-même dégage une ambiance particulière. La cuisine mérite qu’on l’adopte et le rapport qualité-prix tient la comparaison.

Le restaurant, avec sa forme particulière, ménage des espaces élus par quelques-uns pour lire ou travailler sur l’ordinateur. Une petite bibliothèque fournit les curieux, l’ensemble constituant une manière de lieu de vie.

Le site annonce en lettres capitales :

L’ÂGE D’OR

BOIRE

MANGER

ÉCOUTER

On aurait pu ajouter REGARDER puisque ici les expositions se succèdent.

Au premier étage, la salle est toute consacrée aux concerts, conférences, films.

Distincte de la SARL qui gère la partie commerciale, une association s’est créée pour assurer le programme culturel, riche de « copains » plus versés, soit dans la musique, les arts plastiques, soit dans l’animation des débats.

La société qui gère le restaurant se doit de reverser une part financière à l’association culturelle, cela explique en partie la presque gratuité des activités ouvertes aux treziémois.

C’est donc une très bonne nouvelle pour le quartier.

Depuis six mois donc, très régulièrement, se sont succédé de nombreux concerts. Une préférence se fait jour pour le jazz, les musiques du monde, le lieu reste ouvert à bien d’autres formes musicales.

Tristan souhaite offrir à de jeunes talents la possibilité d’avoir un cadre, il parle d’une sorte de laboratoire, par ailleurs une collaboration se fait jour avec le conservatoire du 13e et le conservatoire de musique de Paris.

À faire le tour des animations du lieu, on découvre la grande ouverture de l’équipe : débat philo organisé par France Culture, quelques rendez-vous œnologiques le samedi midi pour le goût, les cours de tango du mardi soir font fureur et l’on annonce pour bientôt les cours de salsa.

« À la rentrée, me confie Tristan, nous donnerons des concerts de musiques baroques, instrumentaux et lyriques ».

C’est facile à deviner, devant tant de diversité se crée un public très hétérogène, c’était d’ailleurs un peu le but : gagné !

La plupart des activités sont gratuites, quelques-unes appellent à une participation modeste de 5 €, les cours de tango sont à 15 €.

Je m’inquiète, connaissant le manque de lieux pour les associations, des possibilités de louer la salle les jours où elle est vacante, cela ne semble pas impossible contre une participation raisonnable.

J’avais voulu rencontrer Olivier Lafon, curieuse de découvrir un itinéraire très particulier au service de la vie associative, ce sera pour une autre Gazette.

Tristan a bien voulu me faire connaître ce qu’il appelle les satellites, des lieux dans lesquels Olivier Lafon, son oncle, a investi.

Chronologiquement, il s’est porté acquéreur du Divan du Monde et, presque en même temps, du grand immeuble de la rue des Terres-aux-Curés dont la Gazette vous a déjà parlé. C’est devenu la MAS, Maison des Associations de Solidarité.

Autre projet mené à terme, le Comptoir général*, sous titré Commerce et Développement, sorte de phalanstère dédié à l’écologie et au développement durable. En collaboration étroite avec La Ruche, la structure accueille très largement les petites sociétés et associations dans « un espace collectif de création pour entreprendre autrement à Paris » et loue des salles de réunion.

Dernière en date, l’Âge d’Or, structure dans laquelle Tristan est associé avec Olivier Lafon.

* On nous avait promis de longue date un café associatif, beaucoup furent donc déçus de découvrir que l’espace était confié à une société commerciale.

* 80 quai de Jemmapes

L’Âge d’or, 26 rue du Docteur Magnan

Tel : 01 45 85 10 58

Mail : contact@lagedorparis.com

Site : http://www.lagedorparis.com

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Gazette 77 Commerce et pédagogie

Posted by lagazou sur 8 octobre 2010

Biocoop Glacière

 

Près du métro Glacière, deux magasins de l’enseigne Biocoop (alimentation et produits généraux/compléments alimentaires et cosmétiques) se font face de part et d’autre de la rue éponyme. Ils sont 14 à faire tourner la boutique sous la houlette de son responsable, M. Dollé. À 33 ans, sa carrière professionnelle lui a déjà permis d’acquérir de fortes compétences commerciales qu’il a décidé depuis longtemps de mettre au service du bio. Après avoir travaillé plusieurs années chez Naturalia, et entre autres à cause du rachat de cette chaîne par Monoprix, il a choisi de s’engager chez Biocoop – un choix délibéré qui semble lui avoir donné encore plus de mordant. « Chez Biocoop, on se mouille » est une de ses expressions récurrentes. C’est donc avec aisance et force qu’il m’a parlé de son rôle multiple et des spécificités de Biocoop tant au niveau du fonctionnement interne que de ce qui relève de la relation clients.

Environ 90 % des marchandises proposées viennent de la plate-forme Biocoop, le reste provient des relations directes que le magasin noue et entretient avec des fournisseurs de son choix – dans les deux cas priorité est donnée à l’approvisionnement local et de saison. Ce principe de base permet principalement, d’une part, de limiter la pollution et les coûts liés au transport des marchandises et, d’autre part, de soutenir l’agriculture biologique de proximité et, par conséquent, le développement durable comme l’économie régionale. Il n’est pas rare d’ailleurs que ce soit les producteurs ou agriculteurs (maraîchers, fabricants de cidre, vignerons…) eux-mêmes, seuls ou en collectif, qui prennent contact avec M. Dollé pour lui proposer leurs produits.

Autre procédé d’importance : privilégier, autant que faire se peut et en minimisant au maximum les risques de pertes et du nombre d’invendus, les commandes en quantité afin d’abaisser les coûts de transport et de manutention. La marge plus importante parfois ainsi obtenue sert à traverser en interne les moments difficiles et à offrir aux clients des promotions ponctuelles.

S’intéresser au transport et à la manutention, c’est aussi se pencher sur la question des coûts de production, des emballages et des déchets. Ainsi, comme dans d’autres biocoops, Biocoop Glacière on ne trouve plus d’eau en bouteille en plastique. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, il a fallu faire en amont une longue campagne d’explication, mais aujourd’hui même si certains rares clients sont fâchés, cette décision a permis diverses et importantes économies sur le plan environnemental et a conduit le réseau à développer comme alternative son offre de systèmes de filtration. M. Dollé cherche aussi par exemple à réduire les emballages de la charcuterie ; il lui faut pour cela trouver les bons fournisseurs et, comme le prix de vente risque d’augmenter, expliquer aux clients que la qualité du produit considérée sous tous ses aspects en vaut la chandelle.

Ce travail pédagogique, de longue haleine, est une des caractéristiques de la biocoop Glacière ; les collaborateurs sont souvent sollicités pour obtenir des informations diverses sur les produits en vente. C’est un service essentiel aux yeux de M. Dollé irrité par la concurrence potentielle exercée par Naturalia et les grands groupes qui se targuent de « faire du bio » auprès de clients peu ou mal informés et pas assez curieux.

Il y a donc encore du pain sur la planche…

Muriel Fuchs

Biocoop Glacière : 53, rue de la Glacière – Tél. : 01 45 35 24 36

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Gazette 76 Les Oiseaux Rares

Posted by lagazou sur 11 septembre 2010

Le tour du livre avec Fabienne

Pour notre quartier c’est une très bonne nouvelle, des oiseaux rares viennent d’y faire leur nid. Des oiseaux que la Gazette a voulu connaître.

Une vraie librairie dans notre treizième, c’est un évènement joyeux, porteur d’avenir. Le livre nous instruit, nous fait rêver, nous fait rire, nous invite au partage et parfois à l’action.

J’ai donc rencontré Fabienne, j’avais déjà souvent croisé sa route. Une route toute entière qui flirte avec le livre sous toutes ses formes. C’est d’ailleurs plus qu’un flirt, plutôt une histoire d’amour.

Son chemin ne quitte jamais l’objet imprimé, elle l’accompagne, en fait le tour, le fait vivre. Des études de lettres à Aix en Provence, puis Fabienne « s’établit »* en travaillant dans une imprimerie autogérée à Lyon dans le quartier Saint Georges dont elle garde un souvenir très riche. Suivent quelques années chez l’éditeur Fédérop, puis l’animation des librairies créées à l’occasion de grandes rencontres telles que celle du Larzac en 2003, un passage à la librairie La Réserve de Mantes la Jolie, un autre à la Procure.

Toujours autour du livre et de l’écrit, elle crée une maison d’édition, Macadam, participe au journal Sans frontières et à la gestion d’un groupe de revues, Diff’Pop.

Jamais à court d’idées en matière de projet, Fabienne crée avec des amies l’association « Autrement dit » qui assure des animations autour du livre dans les écoles et les bibliothèques. Comme une idée peut en cacher une autre, des ateliers d’écriture et de fabrication de livres voient le jour, il s’agit de construire l’objet de A à Z, papier fabriqué à partir de récupérations, textes écrits par les enfants avec la méthode des contraintes, inspirées de la technique dite Oulipo*.

Après une formation à l’Asfodelp*, Fabienne se lance à la recherche d’un lieu susceptible d’accueillir une librairie.

Enfin, aujourd’hui le rêve prend forme dans notre arrondissement. Au cours des lectures d’écrivains haïtiens organisées en janvier, on rencontrait souvent les mêmes têtes qui semblaient faire partie de la famille. On devine assez vite que l’aventure est collective, en effet sept personnes proches ont « mis des billes » dans le projet. Ce sont pour la plupart des « copines » avec lesquelles notre nouvelle libraire a pratiqué de multiples activités autour du livre.

Le ton était donné pour la nouvelle boutique, forte de ses relations associatives, Fabienne a pu organiser rapidement cinq soirées consécutives de lectures d’auteurs haïtiens, portées par d’excellents comédiens, une participation était demandée, reversée ensuite à une association d’aide à Haïti.

J’ai demandé à notre nouvelle libraire le style qu’elle souhaitait donner à la récente création. Tout d’abord, elle souhaite une vraie librairie de quartier ouverte, accueillante, un lieu d’échange. Les points forts sont la littérature et les ouvrages pour la jeunesse, un rayon qui regroupe la littérature ancienne, les grands mythes fondateurs. Jacques qui partage le projet et les journées de Fabienne connaît bien la bande dessinée et le roman policier, il a donc construit un fonds conséquent dans ces domaines.

La libraire sent encore le neuf, elle est claire, on y sent d’emblée l’amour des livres et le dédain des « best sellers » qui trônent dans les grandes surfaces.

Heureux habitants du quartier Corvisart, vous pouvez découvrir la richesse d’un lieu qui fait vivre les livres. Chaque mois, un auteur viendra à votre rencontre, en mars il s’agira de la guerre de 14, en mai de poésie avec le

poète Paul Keneg.

Pour le reste, demandez le programme !

* S’établir : pratique des années 70 ; beaucoup d’intellectuels et d’étudiants se faisaient embaucher dans des usines pour partager la condition ouvrière et parfois pratiquer l’agit-prop (propagande, agitation)

*Oulipo : Ouvroir de Littérature Potentielle ; écriture soumise à des contraintes

*Asfodelp : Association de formation de l’édition, du livre et de la papeterie

Librairie Les Oiseaux Rares – 1, rue Vulpian – 75013 paris

Tél. : 01 45 35 38 45

Email : lesoiseaux.rares@orange.fr

Sabine

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Gazette 76 Source 13

Posted by lagazou sur 11 septembre 2010

Lumineuse galerie

Ouverte sur la rue Vandrezanne, côté campagne, et sur la place Paul Verlaine à l’opposé, côté ville, le regard plonge depuis les fenêtres de Source 13 sur la fontaine alimentée par le fameux puits artésien dont la source atteint 600 mètres de profondeur.

Pour Marianne Benchimol, créatrice de la galerie, le symbole est riche : fluidité, inspiration, sources vives, racines profondes.

L’animatrice du lieu raconte son itinéraire : mathématicienne de formation doublée d’un parcours musical, elle s’implique alors dans la méthode Feldenkrais qu’elle va pratiquer et enseigner. Cette méthode conduit par un travail corporel à révéler une image plus précise de soi et mène à la découverte d’un autre rapport à l’espace. Elle ouvre le chemin pour une prise de conscience du corps, un apprentissage du regard et un affinement des sens qui permet dans l’interaction un « agir » du corps plus conscient donc plus efficace.

À l’occasion de ce cheminement original Marianne Benchimol se passionne donc pour la représentation intérieure du corps humain en mouvement. Dans le droit fil de sa recherche, elle participe à des ateliers (dessin, modèle vivant, etc..) pendant que s’élargit progressivement une autre fenêtre, celle de l’histoire de l’art…

À partir de ce point de vue très « organique », considérant par ailleurs que toute image est narration, notre interlocutrice cherche avec modestie et sans a priori comment « imageries intérieures » et imageries extérieures » dialoguent, se racontent, s’exposent, au figuré comme au « propre » : c’est dans ce contexte que Source 13 Gallery voit le jour.

Au cours du dialogue se précise un fil rouge d’une très grande cohérence. « Au début » nous dit-elle « on se cherche, on passe par toutes les étapes liées aux impulsions personnelles ». Puis le fil rouge s’affirme. Une idée-force se dessine : renouer avec les métiers de la tradition dans la peinture, les matières et le geste. De plus en plus une fascination va guider l’entreprise, la galeriste parle du miracle de la main qui dessine, peint, crée, bref qui transmute…

Côté cour, les expositions d’artistes contemporains, côté jardin, le savoir des anciens : Marianne Benchimol met alors en scène cette passion du beau travail de la main en créant des Services ateliers qui donneront vie à des expositions successives :

Le Service-Atelier Copie est consacré aux savoir-faire dans le domaine de la copie. Il réunit un réseau d’artistes de haute qualité qui peuvent répondre à des commandes d’œuvres illustres dans tous les styles (à la cire, à la tempera, à l’huile, icônes etc.…). Certaines de ces réalisations ont été montrées en juin 2009 lors de l’exposition intitulée « Hommage aux grands Maîtres ».

Le Service-Atelier Portrait : du portrait individuel aux portraits de famille, un réseau d’une dizaine d’artistes répond là encore aux demandes des particuliers, « à la manière de », selon Fragonard, Klimt, ou Picasso. Ce fut l’objet d’une exposition réalisée en septembre dernier, « Réaliser un Portrait de Famille ».

Le Service-Atelier Enluminures a été associé à l’exposition « Lumières Dorées » en décembre dernier (c’est à cette occasion que j’ai eu le coup de foudre). Un Saint-Michel terrassant le dragon m’a émerveillée au point que j’aurais bien vidé ma tirelire, en fait ça ne suffisait pas. Là encore, un réseau d’artistes peut aussi, pour des cadeaux plus modestes, réaliser des lettrines à la feuille d’or qui personnalisent un événement (anniversaire, mariage, etc..), il y a aussi des œuvres de petite taille aux couleurs merveilleuses.

Ces 3 Services-ateliers réunissent des artistes prêts à travailler « sur commande » pour réaliser des copies d’œuvres qui vous ont touchés. Pour un cadeau collectif, c’est une idée magnifique.

En ce mois de mars la galerie est confiée à Sylvie Vervaet, artiste confirmée du 13e, pour ses gravures, dessins et acryliques. L’exposition a pour titre « Ma Vie Brandie » et est installée à Source 13 jusqu’au mois d’avril.

À ma question : « quels sont vos critères de choix pour les artistes exposés ? », Marianne Benchimol me répond : « c’est d’abord la matière et puis, bien sûr l’échange et le contact avec l’artiste, mais mon baromètre est… la joie, liée au phénomène de la lumière, c’est cette rencontre que je cherche, ce n’est pas toujours facile de la trouver, ou de dire que l’on ne l’a pas trouvée… »

L’offre de la galerie est large : mon interlocutrice me confie ensuite ses projets pour l’organisation d’autres événements. Déjà deux conférences ont eu lieu à propos de l’enluminure.

« Je souhaite organiser des présentations/Feldenkrais sur le thème : « Relier son geste, reposer ses yeux, préciser sa vision ». J’envisage cela comme une forme d’apprentissage précieux au service du regard et de l’image ».

Elle prévoit également la mise en place d’ateliers-écriture centrés sur une œuvre picturale, dans le prolongement de la devise de Source 13, toute image est narration…

Et si son rêve et sa vocation étaient de susciter des événements heureux !

Sabine

Source 13 Gallery
45, rue Vandrezanne
75013 Paris

www.source13.fr Tél : 01 53 62 98 06 et 06 08 66 98 16

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