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Gazette 69 Des abeilles près de chez nous

Posted by lagazou sur 8 novembre 2008

Au parc Kellermann, lieu tranquille à la périphérie de notre treizième, on peut découvrir ce qui unit la ville et la nature. L’abeille parisienne, qui y est bien présente, donne son nom à une association qui vise à la promotion de l’apiculture en milieu urbain. Elle favorise l’implantation de ruchers, que ce soit dans des lieux publics ou chez des particuliers. La fête de l’ARBP, le 18 mai 2008, donnait l’occasion de découvrir cette expérience originale, développée depuis 1998.

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Dans un enclos du parc Kellermann, sept ruches accueillent chacune environ 60 000 abeilles, dont 2 à 3.000 mâles, qui vivent en colonies. De temps à autre, quand il y a surpopulation, la colonie se scinde en deux et la moitié partante constitue un essaim, à la recherche d’un nouvel emplacement, qui ira ailleurs reconstituer une nouvelle colonie. Les abeilles se nourrissent exclusivement de miel mais fabriquent du « pain d’abeille » pour les larves. Par temps de soleil, les abeilles sortent prendre l’air (mais surtout butiner) et peuvent rayonner assez loin de leurs bases (3 à 4 km), à la recherche des fleurs qu’elles aiment. Et surtout pas les géraniums et autres espèces hostiles. On voit entrer dans la ruche les abeilles qui ont butiné. Elles transportent sur leurs pattes arrière des pelotes dont la couleur varie selon le pollen des fleurs rencontrées : le jaune y domine cependant. D’autres butineuses rapportent plutôt du nectar et, dans leur jabot, le butin est alors invisible. Ce nectar est composé de 85% d’eau et 15 % de sucre. Il faudra, pour le miel, que cette proportion s’inverse pour arriver à 15% d’eau et 85% de sucre. Les abeilles devront ventiler pour obtenir cette énorme évaporation d’eau.

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Le corps de la ruche abrite la colonie. Il est surmonté de réserves de miel qui doivent ravitailler la colonie pour l’hiver ; au dessus sont les greniers à miel où vient s’approvisionner l’apiculteur. La récolte est annuelle. Celle qui est attendue en 2008, tourne autour de 10 kg par ruche soir au total entre 60 et 70 kg de miel. L’association fait parfois des dons de miel (personnes âgées, prisonniers). Ou alors, ce sont les abeilles elles-mêmes qui sont données pour l’apithérapie qui permet de traiter par le biais de piqûres d’abeilles certaines maladies, comme la sclérose en plaque. Les abeilles ne sont d’ailleurs pas dangereuses en elles-mêmes. Elle sont attirées par les fleurs et ne viennent pas, comme guêpes ou frelons, renifler les nourritures humaines. Seul les temps d’orage peuvent les rendre plus agressives.

Les abeilles ont leur ruche attitrée. C’est celle où elles sont nées, où elles ont leur mère, où elles se repèrent par l’odeur. Dans chaque ruche, une seule reine a pour fonction la reproduction. Celle-ci a une alimentation particulière, la gelée royale, et bénéficie d’une cellule plus grande que celle des autres abeilles. En cas d’essaimage, la reine quitte la ruche à la découverte d’un nouveau logement en compagnie d’une moitié de la colonie. Dans la ruche d’origine, les « nourrices » élèvent quelques larves de manière particulière, pour sélectionner une nouvelle reine. Les ouvrières ne peuvent pas être fécondées mais si la reine vient à disparaître par accident et ne peut plus donc les empêcher de pondre (grâce à des phéromones particulières) elles se mettent elles-mêmes à pondre des œufs qui ne donneront que des mâles. Dans ce cas, la ruche est vouée à disparition.

A la différence des fourmis, dont les fonctions sont définies à la naissance, les abeilles assurent des fonctions diversifiées successives. En dehors de la reine, la progression est la même pour toutes, même si le rythme peut varier en fonction des besoins et des disponibilités de la colonie, avec des progressions accélérées ou des régressions d’une étape à l’autre.

Les « nourrices » s’occupent de toutes les larves et fournissent à la reine la gelée royale, qu’elles fabriquent grâce à une glande spéciale située dans leur tête. Les « ventileuses » assurent l’évaporation, en éliminant le trop plein d’eau. Les « nettoyeuses » entretiennent les sols, évacuent les cadavres des abeilles mortes à l’intérieur et nettoient les alvéoles qui vont recevoir du miel ou de nouveaux œufs. Les « cirières », grâce à des glandes situées entre deux segments de l’abdomen, produisent la cire qui sert à construire les rayons et peut être utilisée par l’homme. Les « gardiennes », postées à l’entrée sont chargées de la protection de la ruche.Cette société, bien organisée, cohabite donc gentiment avec nous, habitants du 13ème.


L’Abeille Parisienne, 28 villa Auguste Blanqui, 75013 Paris, 01 45 82 66 47

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