La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

Posts Tagged ‘Alphonse Boudart’

Village de la Récup’ le 30 mai 2015

Posted by lagazou sur 27 mai 2015

Inauguration festive de la boutique associative de réemploi et recyclage :
Animations gratuites sur l’avenue d’Italie de 11 h à 18 h devant le 126 av. d’Italie

Devanture-5mars2015

Pendant la semaine du Développement Durable 2015, le  » Village de la Récup’  » du 13e, organisé par l’Association Ma Ressourcerie, se tiendra de part et d’autre du 126 avenue d’Italie (face à sa boutique associative et solidaire de réemploi).

Cet évènement consiste en un ensemble de stands dans lesquels les acteurs du réemploi et du recyclage présentent leurs activités afin de sensibiliser les habitants, de manière festive et conviviale, à la lutte contre le gaspillage et à la réduction des déchets. Il se tiendra de 11h à 18h.

 Une grande braderie de vêtements (tout à 2 €) et des ateliers Récup’ et fabrication.

♥ Deux spectacles éco-citoyens, clownesques et musicaux de la compagnie Pile-Poil  à11 h 30 et 14 h 30.

Une sensibilisation au tri sélectif

 Partage d’expérience au  » Village de la Récup’. »Installés sur le stand du GDIE, les jeunes des quartiers Masséna et Kellerman partageront leur expérience de démocratie participative avec le public dés 14h30. A 15h30, ils présenteront leurs idées à travers la lecture d’une « Lettre à un élu.

Présentation du projet : http://ecoparlementdesjeunes.info/EPJ-14-GDIE.html

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Gazette 78 Surtout, ne pas bouder Boudard!

Posted by lagazou sur 29 décembre 2010

Qui mieux qu’Alphonse Boudard a raconté le spectacle quotidien qu’offrait la population des rues du XIIIe arrondissement parisien où il a grandi chez sa grand-mère et que tout habitant de ce quartier reconnaît ? Nous lui devons la fière chandelle de nous avoir fait apprécier que l’usage de l’argot véhicule une manière d’être, de vivre, de survivre, de voir les autres et de se voir tant dans la guerre, la maladie, la petite délinquance que dans la paix, l’amour, l’amitié, et les rencontres les plus improbables. Il a su trouver des mots d’une grande délicatesse pour parler de la détresse des prostituées vieillissantes d’où l’on ne peut que déduire la qualité rare de son regard d’homme sur les femmes et admettre que ce n’était pas un vain mot lorsqu’il disait les aimer. Son œuvre est pour moi définitivement exemplaire de la spiritualité populaire, comme dans L’Hôpital quand il dit l’agonie interminable d’un compagnon de chambrée : « Il pipe plus mon copain, mon camarade […] je préférerais qu’il la casse maintenant » et de la fonction pudique de l’argot dont il écrit, p. 17 de la Méthode à Mimile : « Et la discrétion, alors ? […] dans l’usage du langage ». Chaque fois que je lis un écrit d’Alphonse Boudard, je me souviens de la réciprocité de notre estime qui se perpétue avec Gisèle Boudard, son épouse, et les diverses rencontres avec sa sincérité ne cessent de me bouleverser. Et quelques autres aussi…
FMR

Lisez, entre autres, Les Combattants du petit bonheur, La Métamorphose des cloportes ou Chère visiteuse et vous comprendrez mon inhibition, au moment de pondre mon papier pour la Gazette. Le français du tout venant, le seul, hélas, à ma disposition, est bien plat pour évoquer la truculence, le torrent, l’éruption, le bouillonnement de vie énorme portés par l’œuvre  d’Alphonse Boudard, qui « a traîné ses lattes » en compagnie de Musique, fils de Tatahouine, rescapé des Bats d’Af’ (bataillons d’Afrique), dans ce treizième populaire, qu’il connaissait bien pour y avoir vécu mais qui, comme me l’écrit Gisèle Boudard, sa femme, « était si différent de celui d’aujourd’hui ».

Avant de fréquenter, fin 1951, les cellules glacées de la taule (à La Santé ou à Fresnes) où il a attrapé deux maladies graves, la tuberculose et l’écriture, il était ouvrier typographe, avait choisi, dans la drôle de guerre, entre le Maréchal et le Général, et s’était engagé dans l’armée de De Lattre pour bouter le Teuton hors de France. Il en a même été décoré.

Le retour à la vie civile et au chômage le conduisit à vivre d’expédients, et plus même, car affinités, dirions-nous, avec d’autres « malfrats ». Diagnostiqué intelligent par l’administration pénitentiaire, il eut accès aux bibliothèques et, boulimique, s’est promené de la Bible à Céline, en passant par Proust, Stendhal, Tolstoï, Mann … Dis-moi qui tu lis, je te dirai qui tu vas devenir.

En 1958, s’il n’a pas fini de traîner les séquelles de sa « tubardise », son style, au mélange détonant d’argot « vrai de vrai », de langue populaire et de maîtrise syntaxique, séduisit un éditeur moins frileux que la moyenne. La Métamorphose des cloportes remporta un succès immédiat, en 1962, avant d’être adapté pour le cinéma, en 1965. Bien d’autres suivirent : Prix Renaudot pour Les Combattants du petit bonheur, en 1977, Grand Prix du roman de l’Académie française pour Mourir d’enfance, en 1995, Prix des Romancières pour Chère visiteuse, en 1999.

Son éditeur principal Robert Laffont projette d’éditer un triple volume qui réunira Mourir d’enfance, L’étrange Monsieur Joseph et La Fermeture (des maisons closes). Ce livre paraîtra onze ans après la mort de Boudard survenue le 14 janvier 2000, à Nice, où il retrouvait très souvent son ami Louis Nucéra, décédé en août de la même année.

Son écriture donne à ses lecteurs un aperçu des joies de vivre dans des logements pourtant minables, comme celui de la rue Philibert Lucot, où sa femme et lui habitèrent jusqu’en 1956, de la gaieté et des bonheurs simples de ce petit peuple qui se retrouvait dans des cinémas, aujourd’hui disparus, et des troquets style « avant-guerre ». Dans ses romans, on retrouve certains de ses amis d’enfance.

Plus tard, Jo Privat, qui inventa l’expression « boîte à frissons » pour nommer l’accordéon, et Albert Simonin, l’auteur de Touchez pas au grisbi, furent ses familiers.

F.M.R. (Françoise Mandelbaum-Reiner), fondatrice du Centre d’argotologie à la Sorbonne, avait proposé à l’Assemblée générale de 1989, qui l’accepta à l’unanimité, qu’Alphonse Boudard en soit un des Vice-Présidents d’Honneur. Elle a monté en 1991 trois journées d’argot, à la Maison des écrivains, rue Vaneau, où elle a réuni, autour de la deuxième table ronde sur cinq, Le Breton, Boudard et Thierry Jonquet, pour représenter trois générations d’argotiers, dont deux n’avaient pour tout bagage que le certificat d’études. Elle se souvient que le dialogue entre Le Breton et Boudard fut très intéressant et éclairant pour le public sur les pratiques de l’argot. Ces amoureux des mots n’hésitaient jamais à inventer celui qui leur manquait.

C’est ce mélange de langage cru, de pudeur, d’humour, de clin d’œil au lecteur, comme Diderot, deux siècles auparavant l’avait osé, qui fait le charme bien particulier d’une œuvre, déjà appréciée et à ne pas laisser tomber dans l’oubli.

Et si, comme Guy Konopnicki l’a suggéré dans l’hebdomadaire Marianne, en janvier dernier, on honorait Alphonse Boudard d’une rue dans cet arrondissement de Paris ? Il rejoindrait, dans l’Histoire parisienne, le manouche Django Reinhardt, autre célèbre artiste de notre XIIIe, également marginal de son vivant.

Séraphine

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Gazette 78 Ce théâtre des Gobelins…

Posted by lagazou sur 29 décembre 2010

il est total, dirait-on maintenant… je veux dire le spectacle… Une sorte de véritable maison de la culture. On y bouffe, on y jouit, on y braille, on s’y bat. On gonfle des capotes anglaises qu’on lâche pendant la projection… ça fait une sorte de dirigeable qui passe. Ça hurle aux actualités… ça commente tout haut les films… toutes les impressions… on incendie le traître. Ceux des balcons, les loustics voyous du quartier, bombardent le parterre de boulettes, peluches diverses… ça va jusqu’à des glaviots… des étrons enveloppés dans du papier journal… certain jour, un chat crevé ! Là, alors, ça déclenche la guerre-éclair… tout l’orchestre se rue vers le balcon ! Le choc… dans les escaliers… les galeries… horions! hurlements ! les insultes! Ça sort jusqu’à des surins, des barres de fer… le bombardement… tout s’emmêle et tout pêle-mêle, matrones, prolos, malfrats ! Comme dans un dessin de Dubout. Pour éviter la ruine de son entreprise culturelle, le patron a donc recruté sa brigade de brandillons… balèzes simiesques… hercules de fêtes foraine ! anciens boxeurs ! Des ouvreuses il en trouve plus… la dernière s’est faite violer dans les gogues… une dame pourtant plus toute jeune. Fatal, des pugilats pareils, ça ramène parfois le car de police. Il s’arrête devant l’entrée… Les cognes se ruent à l’intérieur… remettent de l’ordre à coups de gourdin, de pèlerine avec des bouteilles au fond des poches. Sans délicatesse aucune, sans ménagement… ils n’en ont pas le loisir… »

A. Boudard

  • Le cinéma a fermé en 2004 et il est prévu de le réutiliser afin d’accueillir les archives de la société Pathé pour les chercheurs et le public.

 

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