La Gazette du 13ème – Journal de quartier

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Gazette 73 Les résultats d’une mobilisation

Posted by lagazou sur 10 octobre 2009

Soutien à la MECI

Fidèles lecteurs de notre Gazette, nous vous avions alertés, dans le n° 70, vous vous en souvenez, sur l’expulsion des familles du 150 bd Vincent Auriol, qui abritait la Meci : Maison des Étudiants de la Côte d’Ivoire. Nous ne reprenons pas l’historique, sinon pour rappeler que ce n’était plus depuis longtemps des étudiants qui y résidaient. L’évacuation avait été « musclée », j’en témoigne.

Le n° 71 vous donnait quelques nouvelles desdits locataires expulsés et appelait à la vigilance.

Grâce à la mobilisation quotidienne de quelques membres très actifs du comité de soutien de la Meci, et à des réunions hebdomadaires, pour faire avancer le relogement des évacués et la régularisation des sans-papiers, voici le point de la situation, près de 8 mois après cette expulsion.

Sur 69 familles à reloger, 58 l’ont été. Il est évident que celles qui restent trouvent le temps long, mais elles savent que leur situation est suivie de près par tous les membres actifs du comité de soutien qui les accompagnent lors de leurs convocations et ont confiance dans leur efficacité.

Il faut souligner que tous les résidents se sont mobilisés sur le long terme, malgré leur dispersion due au fait qu’ils avaient été envoyés en grande banlieue.

Il y a eu des « expulsés hôteliers », si on peut ainsi les nommer, qui ont été renvoyés des hôtels où ils étaient hébergés « provisoirement ». Ce sont des « sans-papiers » en majorité, que le comité de soutien activement appuyé par le M.R.A.P., s’emploie à faire régulariser. Leurs hébergements ont été maintenus finalement jusqu’à leur régularisation et leur éventuel relogement. Pourtant, 7 d’entre eux ont été définitivement expulsés et « squattent » où ils peuvent dans des conditions très difficiles. Par ailleurs, l’absence de bonne volonté de la Préfecture de police et quelques lenteurs de l’Hôtel de Ville de Paris ralentissent les procédures.

Quand la Préfecture avait renvoyé ces « sans-papiers » à « France Terre d’Asile » cette association s’était déclarée incompétente et impuissante à les aider. L’association de soutien à la Meci et les résidents avaient envoyé une lettre le 28 janvier et 3 mois se sont écoulés avant les premières convocations.

Pourtant le 11 mai, la Mairie de Paris a assuré le comité de soutien de son appui auprès des Préfectures de police et de Paris, et a assuré qu’elle tiendrait compte du vœu que les « Verts » de la mairie du 13e ont obtenu de faire voter en conseil de Mairie : il l’a été à l’unanimité.

Actuellement, tout en se débattant au milieu des difficultés juridiques qui nécessitent l’aide d’une avocate, laquelle est en permanence sur la brèche, les membres des comités de soutien ont obtenu 6 régularisations : 6 personnes qui ne vivront plus dans la crainte d’être expulsées. Il y en a près de 40 encore, et toutes ne seront sans doute pas régularisées, car les conditions ont été durcies : il faut 10 ans de regroupement familial et non 5, par exemple. La mobilisation du M.R.A.P. , de la L.D.H., du R.E.S.F.* et de bien d’autres organisations, permettra peut-être d’en ajouter d’autres, en attirant l’attention sur les familles avec enfants.

Tout n’est donc pas réglé huit mois après la dispersion des résidents du 150 Bd Vincent Auriol, mais grâce à leur persévérance, au temps qu’ils donnent sans compter, les membres du comité de soutien ont aidé à trouver des solutions à des situations de détresse qui, sans eux et sans la mobilisation active des ex-résidents, risquaient de perdurer bien plus longtemps.

Pourtant, comme les feuilletons, celui-ci est « à suivre » tant que tous les problèmes n’auront pas été réglés.

G. Mennessons

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Gazette 70 Quel avenir pour la MECI ?

Posted by lagazou sur 2 janvier 2009

Après l’incendie survenu au 20 Bd V. Auriol, rue Edmond Flamand, dans la nuit du 25 au 26 août 2005, les résidents de la maison de la Côte d’Ivoire au 148-150 Bd V. Auriol, s’étaient sentis menacés eux-mêmes et une rencontre avait eu lieu entre la Ministre de la solidarité de la Côte d’Ivoire et la mairie du 13e.

Le délabrement des lieux n’a pu être totalement enrayé, aussi en cette année 2008, la Mairie a-t-elle décidé de mener une enquête publique sur ce lieu particulièrement vétuste. Tout l’arrondissement ayant été choqué par les morts lors de l’incendie du 20 Bd. V. Auriol, La Gazette juge qu’elle se doit de vous tenir au courant de cette action nouvelle.

Pour y voir clair, il faut rappeler que le nom de MECI, Maison des Étudiants de Côte d’Ivoire, ne correspond plus à l’occupation des lieux. Primitivement en effet cette maison était la propriété du gouvernement de ce pays, mais depuis l’immeuble a été successivement revendu à des marchands de biens et l’actuel propriétaire n’entretient pas les lieux malgré les diverses injonctions dont il a fait l’objet de la part de la Préfecture

Aujourd’hui l’immeuble, insalubre, est occupé par des familles avec et sans titres de séjour. Au début du mois de Juin, la Mairie, qui souhaite racheter l’immeuble pour y effectuer les travaux nécessaires et transformer les appartements en logements sociaux, a dû diligenter une enquête publique, car ce rachat se fera contre l’avis du propriétaire. Elle a soutenu l’association Malaïkas créée après l’incendie mentionné plus haut, (il y a certes eu pose de détecteurs de fumée et d’extincteurs, affichage de consignes sur la conduite à tenir en cas d’incendie etc…) mais l’état des lieux nécessite une action plus globale.

Où en est-on à ce jour ?

meci-p7

Les représentants de la MECI se sont récemment réunis pour essayer d’établir une ligne de conduite commune, ce qui n’est pas toujours aisé. L’ambassadeur actuel de Côte d’Ivoire, vu les changements dans la diplomatie franco-ivoirienne, soutient moins les résidents actuels, et son avocat est contesté par certains. Il est difficile d’effectuer un recensement précis des sans-papiers (et on comprend l’angoisse de ceux-ci).

Comme le calendrier de préemption de la Mairie et donc d’expulsion avant relogement se précise, 4 membres du Comité de soutien aux Résidents de la MECI ont adressé au Commissaire-Enquêteur qui effectue le recensement des résidents, un avis dans le cadre de l’enquête.

Celui-ci exprime en premier sa satisfaction que cette opération de salubrité publique soit enfin entreprise, avant de demander qu’il n’y ait pas d’expropriation avant relogement préalable, réel et digne, de tous les résidents sur la base d’un recensement le plus objectif et consensuel possible, du type de celui qui vient d’être effectué par Emmaüs. Autre demande : que les 33 logements sociaux qui doivent être construits le soient dans le cadre des dispositifs très sociaux accessibles (type PLA), avec logement prioritaire des occupants.

Ces membres du comité de soutien espèrent enfin que le Commissaire-Enquêteur consultera cet avis comme il y a été invité, et qu’il sera retenu par la puissance publique.

Une expulsion manu militari a été déjà évitée il y a quelques années, la Mairie prend les choses en mains. Voyons-y de l’espoir. Souhaitons que la dignité de tous ces résidents, pourvus ou non de papiers, et leur droit à un logement décent soient pleinement pris en compte. Nous tous, habitants du 13e, sommes concernés par cette démarche de salubrité publique et d’humanité.

 

G.M.

 

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