La Gazette du 13ème – Journal de quartier

La Gazou

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Gazette 72 Un marginal aux Gobelins

Posted by lagazou sur 21 juin 2009

Pour une amoureuse du quartier la découverte est stupéfiante. Voilà soixante ans que je « perche » en haut des Gobelins, presque autant que je me passionne pour le 13e, son histoire, sa vie foisonnante. Grâce à une amie orientaliste je viens juste de découvrir des pages d’histoire qui se sont déroulées à quelques mètres de chez moi. J’en suis encore « sous le coup », un coup que j’aimerai faire partager et j’envie nos lecteurs qui auront le privilège de la découverte.

Né en 1915, Maxime Rodinson, historien, sociologue, grand spécialiste de l’Islam a  passé une bonne partie de sa vie au 59 avenue des Gobelins, puis rue Véronèse. D’une famille juive et russe immigrée, ce grand militant, après avoir fréquenté la communale du boulevard Saint Marcel, « monta » avec sa famille au 69 avenue des Gobelins. A l’époque, les anciens s’en souviennent, deux passages conduisaient de l’avenue des Gobelins à la rue Rubens, entourés de maisons basses. La famille s’installait, l’atelier de vêtements  jouxtait les pièces d’habitation dans l’un de ces passages. Maxime du quitter l’école à 14 ans, faute de moyens, il fallait travailler. Ses capacités, sa curiosité  firent de lui le grand orientaliste qu’on connaît. La communauté juive russe, autour des Rodinson  animait les assemblées de quartier favorisant une conscience politique en éveil. Nombre de réunions, la participation actives aux fêtes et meeting du Parti, les débats, parfois houleux, les actions lancées par les Communistes, un monde vivant, coloré se développait dans ce passage vétuste.

Ceux qui ont connu la pizzeria situé dans ce lieu historique savent ils qu’elle avait pris la place de la Bibliothèque des Amis de l’Instruction du 13e arrondissement ? Que dans ce coin secret les grands classiques de la littérature voisinaient avec ceux du Marxisme. Ce fut un lieu de vie  bouillonnent pour ces familles de militants riches de curiosité et pauvres en ressources.

Un peu plus tard la famille s’installait au 3, rue Véronèse, aujourd’hui repris par le restaurant Nuits d’Asie. L’auteur nous raconte : il existait une géographie communiste de Paris parsemée de lieux où la ferveur pouvait s’exprimer » Il cite boulevard Auguste Blanqui une sorte de hangar ou l’on jouait des pièces qu’on dirait aujourd’hui politiquement correctes. Il fait revivre le florilège des manifestations euphorisantes, révolutionnaires, animées de chansons et de blagues. Il nous ouvre, cinémas et théâtre de l’avenue et nous fait rencontrer les grands noms du monde politique, Rappoport et bien d’autres.

 En ces temps là et puisque l’école laissait les enfants à l’âge du certificat, les jeunes les plus motivés pratiquaient l’Auto-éducation parallèle. La bibliothèque, les cours d’espéranto se trouvaient à deux pas. Maxime s’y engouffra avec une ardeur peu commune.

Chers lecteurs, il vous faut découvrir ces périodes ferventes et savoureuses à travers le récit, véritable plongée dans notre treizième d’avant-hier.

Maxime Rodinson Souvenirs d’un marginal éditions Fayard 2005

S. L.

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